Avec Cimetière marin, suivi de Traits de côtes, Laurent Cachard embarque le lecteur dans une navigation poétique entre mémoire, mer et mélancolie. De Sète à Ouessant, en passant par Étretat, les vers dialoguent avec les ombres tutélaires de Paul Valery, Victor Hugo ou Charles Baudelaire — excusez du peu.
Mais loin du pastiche compassé, le recueil préfère l’embrun à l’emprunt : il y est question d’îles qui vous happent, d’amours englouties, de falaises qui renvoient chacun à sa propre finitude. La mer y devient confidente, juge et consolatrice. On y croise des marins, des revenants, des égéries, et même l’ombre vibrante de Camille Claudel.
Au fond, ces poèmes disent une chose simple : on ne revient jamais indemne d’un paysage. Et l’on comprend que, chez Laurent Cachard, le voyage est moins géographique qu’intérieur — une traversée à ciel ouvert, battue par le vent et la mémoire.
Jean-Renaud Cuaz






