LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE JUILLET
Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir

VOIX VIVES

LA POÉSIE CHEMIN DE PAIX

Du 18 au 26 juillet

Lieux de quiétude à Sète


Pas moins de 70 voix vives du pourtour méditerranéen convergeront vers la palmeraie du Château d’eau et son archipel d’oasis à travers la ville. Voix consacrées, voix émergentes, elles crient toutes l’espoir de paix, la sérénité et les utopies… Installée à l’entrée du village du Festival, la Place du Livre réunit revues de poésie, libraires et éditeurs dont L’An Demain et sa nouvelle collection L’An Demain poésie. De nombreuses animations sont programmées quotidiennement sur le marché : lectures, rencontres, débats, dédicaces…


Ne manquez pas jeudi 24 juillet Autour de la poésie d’Hubert Haddad. Catherine Blanche, comédienne et Roula Safa, mezzo-soprano avec ses instruments, proposent un spectacle lyrique et poétique sur l'enfance, la transmission par le livre et la disparition de l'être cher, autour de la poésie d’Hubert Haddad. Un poète et romancier ébouriffant que le festival des Automn’Halles accueillera samedi 27 septembre.


Programme sur sete.voixvivesmediterranee.com

Contact 04 67 78 29 18

Hassan Massoudy

Le chorégraphe des lettres

Du 5 juillet au 2 novembre

Musée Champollion à Figeac

« Son art d’une profonde et sobre beauté devient comme un chant d’éternité qui ne nous quitte plus » écrivait Andrée Chedid à propos de Hassan Massoudy. Calligraphe irakien qui osera un temps la peinture figurative, Hassan quitte en 1969 son pays natal en pleine tourmente — marasme endémique de cette région du Globe — pour s’installer à Paris. Son art émaillé de vigoureuses ligatures entre Orient et Occident n’hésite pas à combiner les expressions artistiques. Chez lui, calligraphie et chorégraphie font bon ménage.


Musée et exposition 7 €
Gratuit pour les moins de 18 ans

Contact 05 65 50 31 08


Musée Champollion - Les Écritures du Monde

Place Champollion, Figeac

Requiem de Verdi

Jeudi 3 juillet à 21h

Abbaye de Valmagne à Villeveyrac


À l’origine une messe pour solistes, la Messe da requiem de Giuseppe Verdi, plus communément nommée Requiem de Verdi, reste une valeur sûre du répertoire sacré. Créée le 22 mai 1874 en l’église San Marco de Milan, elle vient de fêter ses 150 ans ! L’abbaye de Valmagne n’aura pas à pousser les murs pour accueillir 140 interprètes, l’ensemble vocal et instrumental de Montpellier et la Chorale de Sète. Une distribution correspondant à celle d’un orchestre d’opéra de cent exécutants—similaire à celle de Don Carlos—avec quatre solistes et un chœur pour une durée gouleyante d’une heure trente minutes.

France Dariz soprano, Lise Ravot mezzo soprano, Patrick Garayt ténor, Jiwon Song baryton

Franck Fontcouberte direction musicale


Renseignements et réservations : 04 67 78 47 32

info@valmagne.com

Tarif prévente : 23 € / le jour du concert : 27 €


Abbaye Sainte-Marie de Valmagne

Villeveyrac

Yuka Matsui

Le Saint-Clair prend la mer

Du 3 au 31 juillet

Musée de la Mer à Sète


Le musée de la mer de Sète présente les dernières œuvres de Yuka Matsui issues de la série Les trente-six vues du mont Saint-Clair. Cet ultime volet intitulé Le Saint-Clair prend la mer présente des créations mêlant matériaux contemporains et traditionnels (papier washi de Kyoto, encre de Chine, bois de shôji). L’artiste japonaise a représenté le mont Saint-Clair sous différents aspects, avec un minimalisme réellement zen oscillant entre le noir et le blanc. Parfois s’y ajoutent des contrastes de couleurs profondes. Après une précédente exposition personnelle à Sète, Yuka Matsui sera en résidence d’artiste au Madlab de Marseillan une partie du mois de juillet. Au bord de l'étang de Thau ou au musée de la Mer, elle rencontrera le public lors de signatures de ses sérigraphies et animera en français des ateliers calligraphiques. 


Vernissage : jeudi 3 juillet à 18h

Site de l’artiste : yukakomatsui.com

Entrée libre et gratuite

Ouvert tous les jours sauf mardi 10h-18h


Musée de la Mer

1 rue Jean Vilar, Sète

JR Adventice

Jusqu’au 7 décembre

Carré Sainte-Anne à Montpellier


L’artiste-plasticien JR a trainé ses initiales d’abord dans les graffitis avant de se faire remarquer par ses collages photographiques en noir et blanc et par sa silhouette godardienne seulement noir. Ses installations monumentales à haute valeur symbolique se résument en un mot-valise tendance, le glocal, fusion de global et local. Pour la réouverture du Carré Sainte-Anne après 4 ans de rénovation par deux cents ouvriers spécialisés, un deux-cent-unième a proposé un dernier coup de mains, en y plantant au cœur de la nef un arbre monumental. Sa frondaison, faite d’empreintes de mains des visiteurs qui souhaitent participer, s’annonce luxuriante—10 000 feuilles à ce jour—au fil des mois à venir. Pour cela, deux photocopieuses cracheront vos paluches jusqu’à plus faim. Dans cinq mois, on ne verra normalement presque plus l’arbre sous le feuillage prédit JR.


Ouvert tous les jours sauf le lundi 10h-13h et 14h-18h

Contact : 04 67 60 82 11


Carré Sainte-Anne

2 rue Philippy, Montpellier

Saravá

Fernande
Jusqu’au 29 juillet

Salle Tarbouriech à Sète


Saravá, de son vrai nom Charlotte Régnier, a puisé sa signature d’artiste dans l’imaginaire carnavalesque du Brésil où elle a vécu avant de poser son baluchon en île singulière. À Rio, le mot Saravá exprime l’enthousiasme et l’énergie des cariocas, que l’on retrouve, avec une pointe d’ironie, dans les créations de l’artiste. Peintes sur des feuilles scotchées sans façon sur le mur ou suspendues par des pinces à linge à des fils sillonnant la salle, vous en pincerez pour cet art et sa scénographie débridés. Un hommage à sa manière impudique et polissonne au festival Quand je pense à Fernande, aux concubines et aux amantes, que l’auteur de Vénus callipyge aurait bigrement paraphé.


Entrée libre aux heures d’ouverture du Théâtre de la Mer

Contact 04 99 04 76 00


Théâtre de la Mer – Salle Tarbouriech

Promenade Maréchal Leclerc, Sète

Cézanne au Jas de Bouffan

Jusqu’au 12 octobre

Musée Granet à Aix-en-Provence


Vous l’avez vu dans des dizaines de toiles de Paul Cézanne sans le savoir ou pas : le Jas de Bouffan. Une massive maison de campagne plantée à quelques foulées de mule d’Aix-en-Provence. Le père de l’artiste l’avait achetée en 1859. Le peintre y a vécu et peint pendant 40 ans. Et si elle n’apparait pas dans de nombreuses autres toiles, c’est qu’elles furent peintes depuis cette bâtisse. D’autres fois, elle accueillait des amis pour des portraits, son parc donnant lieu à des vues imaginaires, des bouquets bucoliques de baigneurs nus. L’exposition rassemble 100 peintures, dessins et aquarelles qui témoignent de la relation particulière que l’artiste entretenait avec sa maison familiale et ses environs. Vous pouvez également visiter le Jas de Bouffan récemment rénové et le dernier atelier du peintre, Les Lauves, où il a travaillé de 1901 jusqu’à sa mort en 1906, et voir ce que Cézanne voyait.


Contact 04 42 52 88 32


Musée Granet

Place Saint-Jean de Malte, Aix-en-Provence

Un hommage solennel et convivial organisé par l’Amicale des Pêcheurs Sète-Môle. Du transfert de la statue de Saint-Pierre à la Grande messe en l’église Saint-Joseph. Des gerbes dispersées en mer aux gerbes déposées à la croix des Missions. Du tournoi de joutes sur chariots au pavoisement de la flottille de Pêche… Découvrez le programme de la St-Pierre du jeudi 3 au dimanche 6 juillet 2025.

Arles 2025 : Images indociles

Du 7 juillet au 5 octobre

Divers lieux à Arles


Des œuvres qui résistent, interrogent et détrônent les récits dominants. Les Rencontres d’Arles 2025 placent les images indociles au cœur de cette 56e édition. Une édition vibrante et engagée, où l’image s’affirme, plus que jamais, comme un espace de prise de conscience et de réinvention. Letizia Battaglia est célébrée à travers une rétrospective saisissante de ses années de combat contre la mafia. Batia Suter détourne les codes de l’image imprimée, tandis que l’accrochage Yves Saint Laurent et la photographie expose la relation unique qu’entretenait le couturier avec ses photographes. Avec Retratistas do Morro, le fonds de 250 000 négatifs des photographes João Mendes et Afonso Pimenta dévoile le quotidien de la communauté de Serra à Belo Horizonte, la plus grande et ancienne favela brésilienne. Les territoires et leurs mutations revisitent avec US Route 1 le projet inachevé de Berenice Abbott. Anna Fox et Karen Knorr poursuivent cette exploration de la route mythique reliant le Maine à la Floride, révélant les mutations profondes des États-Unis accentuées par les récents bouleversements politiques.


Contact 04 00 06 76 06

rencontres-arles.com

Duplessis (1725-1802)

L’art de peindre la vie

Jusqu’au 28 septembre

L’Inguimbertine à Carpentras (84)


Pour le tricentenaire de sa naissance à Carpentras, la cité nichée au cœur de la Provence offre une rétrospective-hommage dans un lieu d’exception : L’Inguimbertine à l’Hôtel-Dieu. Un des portraitistes les plus remarquables du XVIIIe siècle, Joseph-Siffred Duplessis reste pourtant injustement méconnu, même si une gravure de son portrait de Benjamin Franklin orne les billets de cent dollars américains. Ce portrait était le préféré de celui qui fut l’un des pères fondateurs des États-Unis et qui refusa dès lors de poser pour d’autres artistes. La Révolution française met un terme à sa carrière de peintre. Il revient en 1793 dans sa ville natale où il participe à l'inventaire des objets d’art dans le district de Carpentras. Duplessis est nommé conservateur des galeries du château de Versailles en 1796 où meurt le 1er avril 1802. L’exposition réunit, parmi les 200 tableaux qu’il a peints, une soixantaine d’œuvres provenant de collections prestigieuses du Metropolitan Museum of Art de New York, le Nelson-Atkins Museum of Art de Kansas City, le Musée des Beaux-Arts du Canada à Ottawa, le Château de Versailles et le Musée du Louvre.


Ouvert tous les jours sauf le lundi 10h-18h

Tarif normal : 12€

Tarif réduit : 8€

Le site de L’Inguimbertine

Billetterie


L’Inguimbertine à l’Hôtel-Dieu

180 place Aristide Briand, Carpentras

Jî Drü 
Vendredi 4 juillet à 20h

Abbaye de Valmagne à Villeveyrac


La musique de Jî Drü est une invitation au voyage imaginaire. Le son de la flûte du leader du groupe et les voix envoûtantes de celui-ci, de Sandra Nkaké (Voix de l’année et Victoire du jazz 2024), de Mathieu Penot (percussions), Pierre François Blanchard (basse) et de Jî Drü lui-même (flûte) mènent au désir d’une danse transcendantale. Leur prochain album en préparation Poems for dance est composé de mélodies sensibles telle une poésie oscillant entre les musiques traditionnelles et un jazz futuriste. Une soirée magique dans un cadre d’exception.


Always on your mind sur YouTube

Infos et réservations Jazz à Sète

Billetterie 


Abbaye Sainte-Marie de Valmagne

Villeveyrac

Directeur de la publication : Jean-Renaud Cuaz
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par Jean-Renaud Cuaz • 7 octobre 2026
Quand la grande bleue, lourde et tourmentée, s’agitait au loin et qu’au-dessus, immobile et menaçant, un grain de mer orageux souillait le ciel, remontait à la surface le souvenir du naufrage de ce voilier démâté. Deux couples de plaisanciers avaient lancé un appel de détresse, rudoyés par la furie des flots. Un de ces coups de tabac qui se jouent de votre caboteur comme d’un fétu de pirogue. Il le revivait dans ces moments-là, à l’aube, quand il pensait ne pas être dérangé dans le bureau de la snsm *, au bout du môle, du moins par les visites inopinées. Il ouvrait l’armoire métallique pour en saisir le même dossier. D’où il tirait son rapport d’enquête, consigné de mots simples dépourvus d’ornements. Ses photos prises à la volée qu’il étalait sous ses yeux. Ces trois visages saisis entre deux paquets de mer hantaient ses nuits depuis ce jour. Un regard en particulier qui vient de croiser la mort, glacial, muet, qui semble vous questionner. Vous faire regretter de n’être pas arrivé plus tôt, assez tôt pour les secourir. Tous. Cette silhouette venue de nul part s’était vite aperçue qu’un des leurs manquait à bord, quand ça secouait dur, quand les drisses crissaient avant de céder. Les voiles déchirées, le moteur noyé ne présageaient rien de bon malgré la passe du port pourtant proche. Tourmentées par de violents ressacs, trois vies humaines, impuissantes à refouler les déferlements de vagues, écopaient leurs assauts en attendant le canot tous temps des sauveteurs en mer. Pour cet équipage en sursis, l’attente d’une main-forte leur jetant un cordage. Pour lui, l’espoir d’arriver sur zone au plus vite et ramener les survivants. Pour ensuite, de retour au port, consigner le quotidien du sauvetage. Il s’éloignait de son bureau et de sa radio vhs quand la mer somnolait. La plage de la Corniche lui tendait ses bras langoureux et salés. Il aimait l’arpenter de long en long, seulement détourné de son cap par une vaguelette qui lui léchait les semelles et semblait lui dire : tu vois, je sais aussi être bienveillante… Ce matin-là, dans un élan d’amertume, elle avait jeté sur le sable une forme humaine. Soudainement, dans sa tête, les ondes courtes recrachaient l’appel de détresse se mêlant à la sirène du Sémaphore. Les coups de butoir de la mer se réveillaient pour se confondre avec les martèlements de son cœur. Il sortit son portable de la poche et cliqua du pouce, parmi les favoris, le numéro du commissariat de police. « Il me faut une trousse aux morts, plage de la Baleine » . Il aimait désigner ainsi les sacs mortuaires à usage unique, à fermeture éclair. Un clin d’œil à son Hitchcock préféré, et à l’énigmatique Eva Marie Saint. Il redoutait toujours cet instant, malgré son trait d’humour noirci d’amertume… À l’issue d’une autopsie dont il devinait le résultat, il faudra contacter ce visage qui dévorait ses nuits toujours plus courtes. Le corps de son Eva va lui être rendu et pourra rejoindre les siens au cimetière des Saintes-Maries. Le ronflement d’un Canadair se rapprochant lui fit lever la tête. Il l’avait aperçu un peu plus tôt au-dessus des salins. L’appareil le survola, lui fit signe d’un battement d’ailes, puis vira à gauche vers le large pour revenir à la perpendiculaire de la côte, en direction de l’étang. En rase motte, le délicat survol soulevait le sable sur son passage, à quelques mètres des lignes à haute tension. C’était la période d’exercices des bombardiers d’eau, du remplissage de cuve dans les plans d’eau au largage sur cible. Il rendit le salut au pilote d’un battement de bras. C’était son fils qui venait de rejoindre l’escadrille du Sdis 34 **, et se préparait à affronter la saison des feux, toujours plus longue. Fierté d’un père pêcheur de vies pour un fils au destin parallèle. Seulement séparés par l’altitude, accolés quand l’avion effleure les flots de son étrave jaune et rouge. Instinctivement, comme pour évacuer une émotion qu’il ne pouvait saisir, il se mit à courir le long de la grève en attendant l’ambulance. De retour au quartier des Quilles, il gara sa voiture au parking souterrain, près du bac à sable incendie. Il y plongerait volontiers sa main si les mégots accumulés ne l’obligeaient à refouler cet instinct juvénile. Résignés à un sombre destin, ces infortunés fragments de coquillages patientent en attendant d’étouffer un départ d’incendie à coups de pelle. Un de ces mégots mal éteints, une nappe d’huile et ils rejoindront les flots, poussés vers un avaloir par de bienveillants jets d’eau. Ici-bas, ils égrènent leur chapelet, cloitrés dans leur cachot de béton en attendant le retour à la mer patrie, qui les fera à nouveau voyager au gré de ses courants et du caprice des vents. * La Société Nationale de Sauvetage en Mer, seule orga­ni­sa­tion agréée dédiée au sauve­tage en mer en France. ** Le Service Départemental d’Incendie et de Secours de l’Hérault. Photo : La Mort aux trousses (North by Northwest), Cary Grant et Eva Marie Saint
par Jean-Renaud Cuaz • 3 octobre 2026
C’ÉTAIT IA OU MOURIR Un être humain vient de publier C’était ça ou mourir , roman relatant le parcours d’un migrant haïtien qui traverse une douzaine de pays avant d’atteindre le Canada. La critique applaudit à juste titre . Les lecteurs suivirent. La télévision s’en mêla. L’éditeur imagina les bandeaux de couverture pour un prix littéraire alors que le Goncourt inscrivait le livre sur sa liste. Bref, tout était parfaitement normal dans le monde merveilleux de l’édition parisienne. Jusqu’à ce qu’une intelligence artificielle décide de mettre son grain de sel. Ou plutôt que des humains demandent à des intelligences artificielles de déterminer si un humain avait écrit son propre livre. Il fallait y penser. Depuis des siècles, la littérature avait pourtant trouvé un moyen relativement simple de juger les écrivains : on lisait leurs livres. On pouvait les trouver magnifiques, médiocres, prétentieux, bouleversants, illisibles ou géniaux. On pouvait même — luxe suprême — ne pas être d’accord. Mais nous vivons désormais à une époque où lire ne suffit plus. Il faut authentifier. Le roman fut donc passé à la machine. Puis à une autre machine. Puis à une troisième, histoire de donner à l’affaire toute la solennité scientifique nécessaire. Pangram conclut que l’intelligence artificielle avait probablement participé à l’écriture des 34 chapitres. GPTZero arriva à une conclusion similaire. Winston , lui, fut beaucoup plus nuancé, puisqu’il trouva des passages allant de 12 % à 66 % susceptibles d’être humains. La page des remerciements, en revanche, rallia les suffrages : 100 % humaine. On attend désormais avec impatience le premier prix littéraire décerné au meilleur paragraphe de remerciements. Il y a quelque chose, sinon de pourri au royaume du bookmark , du moins d’irrésistiblement comique dans cette affaire. L’auteur affirme avoir commencé son livre en 2017 et terminé un premier manuscrit en 2019. C’est-à-dire à une époque où l’intelligence artificielle générative n’avait pas encore envahi nos écrans, nos bureaux, nos écoles, nos entreprises et nos conversations. Mais peu importe. L’algorithme soupçonne. Donc l’homme doit se justifier. Bienvenue dans la littérature médico-légale. Demain, avant de publier un roman, l’auteur devra probablement déposer son manuscrit chez un laboratoire agréé. On analysera son ADN stylistique, la fréquence de ses adjectifs, la longueur moyenne de ses phrases et la proportion de ses métaphores naturellement produites par son cerveau. Un expert pourra alors déclarer : « Après analyse approfondie, nous estimons que ce paragraphe est humain à 73,4 %. » 73,4 % ! Le reste ? Mystère. Peut-être la machine. Peut-être le stagiaire. Les spécialistes reconnaissent pourtant que les détecteurs d’IA sont loin d’être infaillibles. Certains sont particulièrement fragiles lorsqu’ils analysent des textes qui ne sont pas en anglais. Le patron de Pangram avance un taux de faux positifs extraordinairement faible, tout en reconnaissant que ce taux n’a pas été confirmé par des études indépendantes. Ce qui n’empêche évidemment personne de s’en servir comme d’un détecteur de mensonges littéraire. Après tout, pourquoi faire compliqué ? Il suffit désormais de demander à une machine si une autre machine a écrit le livre d’un homme. Et si la machine dit oui, l’homme est prié de produire les preuves du contraire. On comprend que le monde de l’édition soit quelque peu nerveux. Car l’IA menace évidemment de bouleverser la profession. Les éditeurs redoutent les « livres parasites », les auteurs s’interrogent sur ce qu’ils auront encore le droit de demander à une machine, et certains songent déjà à apposer sur leurs couvertures un label garantissant une œuvre « 100 % humaine ». Ah, le merveilleux concept du 100 % humain… Il faudra donc désormais certifier l’écrivain comme on certifie un produit alimentaire. Sans IA. Sans conservateur. Sans colorant. Sans algorithme. Élevé en liberté dans un bureau à la campagne. Nourri au café. Écrit à la main entre deux crises existentielles. On pourrait même imaginer une nouvelle réglementation : pour obtenir le label, l’auteur devra signer une déclaration sur l’honneur certifiant qu’il n’a jamais demandé à une IA de trouver un synonyme, de corriger une faute, de proposer un titre ou de lui expliquer pourquoi son troisième chapitre était complètement raté. Car voilà le paradoxe : l’IA est déjà partout, mais la littérature voudrait encore croire qu’elle pourra installer une frontière hermétique entre l’homme et la machine. Bonne chance. L’affaire aura au moins révélé quelque chose de beaucoup plus intéressant que la seule question de savoir qui a écrit quoi : notre époque commence à avoir peur de ne plus savoir reconnaître l’humain. Et cette peur est peut-être plus révélatrice que les résultats des détecteurs. Car si un texte nous bouleverse, faut-il vraiment savoir si son auteur a utilisé un logiciel pour chercher un mot ? Si un roman raconte une expérience humaine, doit-on désormais vérifier la composition moléculaire de chaque phrase avant de décider si elle mérite d’être lue ? La littérature risque ainsi de devenir une discipline assez particulière : on ne demandera bientôt plus à l’auteur « Pourquoi avez-vous écrit ce livre ? », mais « Pouvez-vous prouver que vous l’avez écrit ? » Et peut-être qu’un jour, au Goncourt, le jury ne lira même plus les manuscrits. Il les fera scanner. Une machine donnera son verdict. Une autre vérifiera le verdict. Une troisième certifiera que les deux premières sont bien des machines. Puis un quatrième algorithme évaluera leur degré d’humanité. Et pendant ce temps, quelque part, un écrivain écrira tranquillement une phrase. Une phrase imparfaite, inutile. Une phrase magnifique. Que personne n’aura pensé à demander à une machine de valider. Ce jour-là, peut-être, il sera définitivement trop tard. Car C’était ça ou mourir aura changé de sens. Ce n’était plus seulement l’histoire d’un homme qui devait fuir pour survivre. C’était l’histoire d’un écrivain qui devait prouver qu’il était encore vivant. Et dans le grand tintamarre de l’intelligence artificielle, il ne restera bientôt plus qu’une question à poser : Qui, de l’homme ou de la machine, aura finalement le dernier mot ? On peut toujours demander à ChatGPT . Mais attention. Il faudra d’abord vérifier qu’on est bien humain. L’autre jour, en me connectant à Doctolib , l’interface m’a demandé de cocher la case Je suis humain . Ceci afin d’éviter, sur le point de choisir une date de rendez-vous, qu’un robot souffreteux ne prenne ma place. (Illustration : Leon Tolstoï à son bureau par Ilya Repin (1891)
par Jean-Renaud Cuaz • 26 septembre 2026
Dans Gardien de Muse , Serge Neyrat transforme une fonction que l’on imagine plutôt silencieuse — surveiller les salles du Musée Ingres Bourdelle — en matière poétique. Le recueil rassemble une trentaine de poèmes nés d’une expérience très particulière : passer des journées entières face à des chefs-d’œuvre, sans toujours savoir au départ quoi en penser. Le narrateur se présente volontiers comme un gardien « sans grande culture », débarqué au milieu des toiles de Jean-Auguste-Dominique Ingres et des sculptures de Antoine Bourdelle un peu comme un promeneur entré par hasard dans un temple. Peu à peu pourtant, les œuvres d‘art cessent d’être de simples objets accrochés au mur, posés sur un piédestal : elles deviennent des compagnons de service, presque des collègues de travail. On finit par connaître leurs caprices, leurs bizarreries et leurs réputations. Les poèmes évoquent ainsi avec une ironie bon enfant quelques figures incontournables du musée. La célèbre Grande Odalisque apparaît avec ses courbes « discutables », mais sublimées par l’image en regard du poème. Tandis que l’ombre de Raphaël plane sur les ambitions d’Ingres. Du côté de la sculpture, la puissance de Héraclès archer rappelle que les muscles en bronze peuvent impressionner même un gardien pourtant habitué aux visiteurs turbulents. Mais derrière ces rencontres artistiques se glisse la vie très concrète du musée : les rondes quotidiennes, les visiteurs rêveurs ou distraits, et les longues heures où l’on finit par discuter mentalement avec les tableaux. L’humour affleure souvent, comme si l’auteur s’amusait du contraste entre la grandeur des oeuvres et la modestie du gardien chargé de veiller sur elles. Au fil du recueil, l’art finit pourtant par gagner la partie. Ce qui n’était au départ qu’un travail devient une familiarité presque affectueuse. Et lorsque vient l’heure de penser à la retraite, le gardien réalise qu’il aura passé trente ans à converser, mine de rien, avec quelques génies de l’histoire de l’art. Une chose est sûre : les muses ne sont jamais loin de leur gardien. Ce recueil est né de projets atypiques menés en partage. Celui d’un surveillant de musée qui, entouré d’œuvres d’art durant trente années, devient passeur de mémoire. Celui d’une poétesse qui découvre cet homme discret et son histoire, l’invite à faire de ses souvenirs et réflexions une matière poétique, accompagne cette démarche de son regard et de ses photographies, et qui à son tour, devient passeuse de récit. Celui, enfin, d’un éditeur qui, donnant à cette aventure son titre et une forme palpable, se réjouit de voir un Gardien de Muse cheminer jusqu’à ses lecteurs. Avec le précieux soutien de l’équipe du Musée Ingres Bourdelle, ils offrent ainsi à l’ancien palais épiscopal une destinée inattendue, recueillir des confessions d’un nouveau genre. Celui d’une poésie illustrée qui éclaire le lieu et les œuvres d’une émotion insolite, capable de toucher au-delà d’un parcours muséal. Né à Montauban en 1963, Serge Neyrat est surveillant de salle au musée Ingres Bourdelle depuis plus de trente ans. Ancien boulanger, balayeur puis ripeur, il a trouvé dans les salles du musée un écrin pour son regard et sa poésie. Fidèle compagnon des oeuvres et des visiteurs, « celui qui se déplace toujours avec une chaise » signe aujourd’hui un recueil de trente poèmes. Comme un passeur de mémoire, il nous invite à parcourir le musée de ses rêves, pour en faire le nôtre. Jean-Renaud Cuaz, Éditeur À paraître : Gardien de Muse Trente poèmes d’un Surveillant de salle du Musée Ingres Bourdelle de Montauban 68 pages | Format : 210 x 148 mm 15 € | ISBN 9-782487-131552
par Jean-Renaud Cuaz • 26 septembre 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS D’OCTOBRE Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz • 10 septembre 2026
La Pointe Courte (1955) La photographe Agnès Varda tourna en amateur, à l’aide d’un financement coopératif, son tout premier long métrage de fiction, La Pointe Courte , dont la minuscule péninsule tenait le rôle-titre. Elle disait avoir été fascinée par « la lumière écrasante » de ce « quartier insolite ». Le film aura une influence moins perceptible sur les Pointus que sur les cinéphiles à travers le monde, un film « libre et pur, miraculeux. Le premier son de cloche d’un immense carillon », selon la critique quasi unanime. LA NOUVELLE VAGUE , une fois déferlée, a fait émerger dans l’eau ceux qui nageaient sans maillot. De jeunes Parisiens ordinaires en quête d’amour, d’indépendance et de dialogues simples, ne s’occupant que de leurs petites affaires. Souvent oisifs et ne craignant pas d’enfreindre la loi. Sourds à la société et à la famille qu’ils voient en noir et blanc. À l’origine, le terme nouvelle vague était une expression sociétale, mais très vite, une campagne publicitaire du Centre national de la cinématographie — un fonds public qui transforme les cinéastes en fonctionnaires — lui collera une étiquette exclusivement septième art. Pour résumer l’intrigue, c’est l’histoire d’un groupe de critiques surnommés Jeunes Turcs qui, voulant devenir réalisateurs, ont profité de l’apparition de caméras et magnétophones mobiles aisés à manipuler, créant l’effet miroir du regard caméra cher à ce mouvement, sans passer par le parcours traditionnel de la profession. Submergeant le mal-être d’une jeunesse d’avant 1968 aussi déboussolée que révoltée, la Nouvelle Vague fut considérée par une partie de la critique comme un truquage, voire une escroquerie, lui reprochant de se complaire dans la « monarchie gaulliste ». “Pour les blessures de l’âme, la photographie ne suffisait pas.” Agnès Varda, à propos de La Pointe Courte Galvanisée par la cinégénie des décors et de ses occupants, les presqu’insulaires Pointus, Agnès Varda s’embarqua pour des joutes contre les scénarios littéraires et les jeux d’acteur surannés venus du théâtre. Le film fut dévoilé le 10 mai 1955 au Festival de Cannes, pour une sortie nationale le 4 janvier 1956. Avant celle-ci, il fut présenté en avant-première à Sète au cinéma le Colisée le 27 août 1955. Ce jour-là, la cinéaste avait retenu cette réflexion dans l’assistance : « Ce serait pas mal s’il n’y avait pas ces deux bourriques ! » faisant sans peine allusion à Silvia Monfort et à Philippe Noiret qui débutait au cinéma. Le saviez-vous ? C’est Francis Crouzet , ancien conseiller général, initiateur de la statue L’Ajustaïre du Cadre royal, défenseur de l’environnement et du quartier de la Pointe Courte, qui fut à l’initiative de donner le nom d’Agnès Varda à l’une de ses traverses. Demande entérinée par le maire de l’époque, Yves Marchand. Le film n’a jamais bénéficié d’une véritable distribution commerciale et sa diffusion s’est surtout faite dans les ciné-clubs. Aucune affiche n’a donc été créée en 1955, ni pour sa présentation à Cannes (10 mai), ni pour son avant-première au cinéma Le Colisée de Sète (27 août), ou pour sa sortie nationale le 4 janvier 1956. Seuls des tracts et des annonces étaient distribués ou diffusés. Les affiches du film que l’on peut voir sont donc postérieures. DISTRIBUTION Silvia Monfort elle Philippe Noiret lui Les Pointus eux-mêmes FICHE TECHNIQUE Réalisation, scénario Agnès Varda Chef opérateur Louis Stein Assistants opérateurs Paul Soulignac, Bernard Grasberg, Louis Soulanes Montage Alain Resnais, Henri Colpi Assistante montage Anne Sarraute Musique Pierre Barbaud et thèmes folkloriques locaux Conseiller technique Carlos Vilardebó Conseillère artistique Valentine Schlegel Scripte Jane Vilardebó Régisseur général Jean-Pierre Bonfils
par Jean-Renaud Cuaz • 25 août 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE SEPTEMBRE Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz • 20 août 2026
Mariés, tenez-vous bien, voici la jeunesse qui arrive ! Cette joviale mise en garde accompagnait l’air joué au moment de la charge des jouteurs arc-boutés sur leur tintaine. Une rivalité fondée sur l’état civil et la couleur des deux barques, bleu pour les célibataires, rouge pour les mariés. Avant que les tournois ne s’ouvrent aux demoiselles et aux dames, on compensa ce sectarisme par des prénoms féminins donnés aux barques : Mathilde, Véronique, Fanny, Blanche… Question d’équilibre, là aussi. Il fallut attendre le 30 août 1891 pour voir ce privilège jeté à l’eau par deux Cettoises, les sœurs Élise et Anna Sellier. Et le 18 août 2022 , pour voir naître le premier tournoi féminin de la Saint-Louis, après deux années de réflexion sans joutes, dues à une pandémie dévastatrice, mais somme toute salutaire. Élise et Anna Sellier, pionnières de la Saint-Louis Deux jeunes sœurs originaires du quartier de la Bordigue ont eu l’honneur, le 30 août 1891 , d’ouvrir le Grand Prix de la Saint-Louis. Elle furent autorisées à combattre sur la tintaine sous les regards dubitatifs d’une foule plus habituée à de mâles silhouettes. Sous une apparence frêle et juvénile — Anna, la plus jeune, n’avait que 17 ans — rien ne prêtait à confusion malgré leur sportivité. Un corsage à col marin sur une longue et ample jupe, un chapeau à larges bords relevés sur le devant. Leur poitrine arborait une cocarde aux couleurs de leur barque et une médaille gagnée dans un concours à Marseille. Leur père, Pierre Sellier, pêcheur à la Pointe Courte, les avait endurcies par des sorties sur l’étang parfois houleuses. Une tintaine sur un placide canal, fût-il un Cadre royal plein comme un œuf, ce lundi de la Saint-Louis, n’allait pas les effaroucher. Dans son compte-rendu, le journaliste de l’Éclair écrivit : « C’est la plus jeune des deux sœurs, Mlle Anna, qui, à la deuxième passe, expédia Élise à l'eau. Un exploit jamais réalisé à ce jour par aucun jouteur. En réalité, c'est deux adversaires qu'Anna envoya au bain... sa sœur étant dans une situation intéressante… » Car Élise était aussi tombée… enceinte. Le grand peintre des joutes Toussaint Roussy, turlupiné par cet assortiment, formula un jugement sans appel : « Après cette épreuve, sympathique, mais peu concluante, est-il permis de croire que pareil exemple soit suivi dans le futur ? Aussi pouvons-nous prédire, sans crainte de nous tromper, que le féminisme n’encombrera de longtemps nos jeux populaires, vu que l’effort physique qu’il faut y déployer ne se prête nullement à la constitution de la femme pour si robuste qu’elle soit. Quoiqu’il en soit, ce fait unique et nouveau ne restera dans les annales que comme un souvenir sensationnel et de la plus grande originalité ». Si la représentation du monde des joutes par Toussaint Roussy ne manquait ni de finesse ni de justesse, comme le montrent les pages de ce livre, sa vision de la féminité se révèlera aussi rustique que l’était son Repoutegaïre. Extraits de : Le Grand Livres des Joutes, de 1900 à 1951 Les Palmarès de la Saint-Louis et des tournois régionaux Publié en 2024 à l’occasion de la 280e édition de la Saint-Louis Auteurs : Jean-Louis Cianni et Jean-Renaud Cuaz Portfolio au format 217 x 300 mm comprenant : • la pochette cartonnée avec rabats • le livret de 68 pages (A4) • 16 feuillets (A4) • 2 feuillets triptyques 3 volets (891 x 210 mm) Isbn : 9-782487-131217 (décembre 2024) Prix public : 25 € Feuilleter et commander le Portfolio ici Illustrations de Toussaint Roussy : Élise et Anna Sellier, aquarelle de Anna, dessin du Repoutegaïre (rouspéteur)
par Jean-Renaud Cuaz • 28 juillet 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS D’AOÛT Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz • 17 juillet 2026
La mer, la mer, toujours… recommandée ! Dans cette Histoire des bains de mer à Sète , la grande bleue cesse d’être un simple décor. Françoise Lapeyre nous dévoile ce qu’elle fut au XIXe siècle, après une longue période d’appréhension : un remède. On y venait « prendre la vague » comme on va prendre les eaux à Balaruc. Le vitalisme marin attirait des milliers de curistes vers ce qui allait devenir la plus ancienne station balnéaire de la Méditerranée française. La plage était alors une ordonnance, la houle une embrocation salée, l’air marin un adjuvant contre les miasmes urbains. De nos jours, il suffit de contempler la plage de Sète pour croire que tout a toujours été là : le sable, les plagistes, la baignade et les brise-lames. Pourtant, derrière cette apparence, se cache une histoire fascinante des bains de mer curatifs et récréatifs que l’historienne exhume avec une curiosité d’archéologue et un travail de bénédictin. Si la force de cet ouvrage réside dans l’étendue de son propos et dans la richesse de sa documentation — une mosaïque d’archives et de journaux oubliés, correspondances et cartes anciennes, gravures et photographies — l’autrice ne se contente pas de raconter l’histoire. Elle la reconstitue projet après projet, saison après saison, mode après mode… Surgit ainsi au fil des pages, entre des baigneuses crispées et leurs guides-baigneurs, une galerie de portraits déterminants : entrepreneurs audacieux, médecins visionnaires, hôteliers obligeants… Toute une société reprend vie, du Kursaal à la Corniche et la pointe du Lazaret. Et l’on découvre une ville qui invente peu à peu une vocation balnéaire sans jamais renier son identité portuaire et populaire. Françoise Lapeyre nous offre, en redonnant chair à un passé largement effacé par le temps et les transformations urbaines, bien davantage qu’un livre d’histoire locale : un miroir précieux de notre mémoire collective. Une saga sétoise indispensable pour comprendre le charme et l’attrait de la Reine des plages méditerranéennes qui poussa un poète moustachu à se fendre d’une supplique pour passer sa mort en vacance… le long de cette grève où le sable est si fin. Jean-Renaud Cuaz, éditeur HISTOIRE DES BAINS DE MER À SÈTE Des bains thérapeutiques au tourisme balnéaire, de 1812 à nos jours Autrice : Françoise Lapeyre 25 € | ISBN 9-78248131514 Format 30 x 21 cm | 220 pages Couverture rigide
par Jean-Renaud Cuaz • 24 juin 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE JUILLET Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
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