LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE JUIN
Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir

AGNÈS VARDA. JE SUIS CURIEUSE. POINT

Du 28 juin au 4 janvier

Musée Soulages à Rodez


Rodez célèbre l’année de la mer à sa manière, à un petit jet de missile de la Grande bleue. Une explosion de poésie dans l’antre du Grand noir, de souvenirs épars… la plage, les cabanes, les pêcheurs… disséminés façon intime en plus de 100 images et objets. « Je suis curieuse. Point. Je trouve tout très intéressant. La vraie vie. La fausse vie… », nous dit Agnès Varda. Voilà le décor planté dans un sable émouvant. Sa richesse d’inventions sans pareille nous entraîne dans une déambulation à travers ses âges, jusqu’à sa rencontre à Sète avec les Soulages immortalisée lors du tournage des Plages d’Agnès.

Sept ans après son clap de fin, Agnès Varda aurait eu 97 ans ce vendredi 30 mai. Au lieu de la voir sucrer les fraises, elle a préféré qu’on la suive, arpenter les rivages de ses souvenirs—il y a de pires dilemmes—avant de la retrouver en septembre, à la Pointe-Courte.

Cette exposition co-produite avec Ciné-Tamaris et la fille d’Agnès, Rosalie Varda, se prolonge par un sublime catalogue, Les rêveries d’Agnès, à parcourir sur le sable entre deux baignades estivales, et une programmation filmographique dans les cinémas de Rodez.

Photo : La petite mer immense, 2003. Tirage argentique d’après fichier numérique © Succession Varda


Horaires :

Septembre à juin : mardi à vendredi 10h-13h et 14h-18h / samedi et dimanche 10h-18h

Juillet et août : lundi à dimanche 10h-18h


Billetterie

Contact 05 65 73 82 60

Plus d’informations musee-soulages-rodez.fr


Musée Soulages

Jardin du Foirail, avenue Victor Hugo, Rodez

Visages : l’art du portrait grec et romain dans les collections du musée du Louvre

Du 7 juin au 2 novembre

Musée Fenaille à Rodez


Pierre Soulages, leur vouait une fascination notoire. Réputé pour sa collection de statues-menhirs vieille de 5000 ans, la plus importante en Europe, le musée Fenaille nourrit depuis quelques années une vaste réflexion sur la représentation humaine. Cette exposition, organisée avec la collaboration exceptionnelle du musée du Louvre, plonge le visiteur dans une exploration de l’art du portrait qui s’est épanoui dans les mondes grec et romain, où son expression est à son apogée. Une sélection de près de soixante œuvres majeures, où les célèbres portraits de Homère et Alexandre le Grand voisinent ceux des empereurs Auguste et Hadrien.Un buste du jeune Marc Aurèle daté du lle siècle provient sans doute d'une riche demeure de la Rodez antique.


Visites guidées le premier dimanche du mois

avec Jean-Philippe Savignoni, médiateur du patrimoine.

Sans réservation, dans la limite des places disponibles.

Horaires :

Mardi à vendredi 10h-13h et 14h-18h / samedi et dimanche 10h-18h

Contact 05 65 73 84 30


Musée Fenaille

14 place Eugène Raynaldy, Rodez

Philippe Cognée : l’œuvre du temps

Du 21 juin au 2 novembre

Musée Paul Valéry à Sète


La peinture… Elle signe le renouveau d’une figuration qui n’a pas dit son dernier mot. Les badigeonnements bédéesques n’ont qu’à bien se tenir. Restituant des impressions subtiles plutôt que des visions caricaturales, la peinture de Philippe Cognée (né en 1957) nous offre des figures telles qu’elles pourraient exister dans notre mémoire, une réalité altérée par le souvenir. Et une pratique hors des sentiers rebattus. Une toile marouflée sur bois, un médium à base de mélange de cire fondue, colorants et résines, un procédé emprunté aux portraits funéraires de l’Égypte romaine. Et un film plastique qui vient recouvrir la toile, presser la peinture avant d’être décollé comme le faisait Modigliani avec ses moyens du bord, un papier journal. Le résultat fait naître des accidents, des glissements de matière picturale pour Cognée, des textures pour l’artiste Modi.


Ouvert tous les jours sauf le lundi 10h-18h

Entrée 9,90 €

Jeunes 10-18 ans, étudiants (- de 25 ans) 5,30€

Visite commentée +1€

1er dimanche de chaque mois, accès gratuit à l’ensemble du musée


Musée Paul Valéry

148 rue François Desnoyer, Sète

Figures Singulières de Laurent Cachard

60 portraits de Sétois d’aujourd’hui

Du 14 juin au 30 août

Médiathèque F. Mitterrand à Sète


Né en pleine agitation 68, Laurent Cachard a voulu voir si, sous les pavés, sommeillait toujours la plage. Il s’est installé pour cela à Sète, dont le pavement des quais aurait fait le bonheur des boutefeux parisiens abonnés à Libération. C’est justement la dernière page du quotidien, un portrait rédigé avec photo, qui titilla l’auteur. Transposant la manière douce-amère à des Sétois plus ou moins sétois, il les a réunis en un kaléïdoscope composant deux tomes et quelques des Figures Singulières. Pas moins de 60 figures d’aujourd’hui sont ainsi adaptées pour cette exposition. Les colonnes du patio de la médiathèque s’habillent de portraits en duos, que l’on retrouve à l’étage, dans la salle documentaire. L’artiste sétois Eddie Morano, qui lui-même est passé sous le scalpel encré de l’écrivain, lui fait écho avec son mur des portraiturés, transposition peinte des figures accrochées dans le forum.


Entrée libre

Samedi 14 juin à 18h : vernissage, dédicace et vente des Tomes 1 & 2 des Figures Singulières (19€ le Tome)

Feuilletez et commandez les livres sur landemain.fr

contact@landemain.fr 

06 71 72 88 71


Fermé dimanche et lundi

Horaires

Mardi et jeudi 10h-12h30 et 14h-18h

Mercredi et samedi 10h-18h

Vendredi 14h-19h

Horaires du 01/07 au 30/08

Mardi et vendredi 9h30-12h30

Mercredi et samedi 9h30-12h30 et 14h-17h

Jeudi 14h-17h


Médiathèque F. Mitterrand

Boulevard Danielle Casanova, Sète

Jazz en Pic Saint-Loup

Du 5 au 7 juin

Parc de la Plaine, Le Triadou


Le Triadou… Une bucolique scène champêtre au pied du pic Saint-Loup, entre les terroirs héraultais et gardois. Et cerise sur le panier, le village d’Assas pour la soirée du jeudi. Un rendez-vous jazzy invité à l’animer et à inscrire sur vos tablettes festivalières. Cette nouvelle édition, organisée depuis 8 ans par Jazz à Junas, est dédiée à une nouvelle scène du jazz avec la pianiste Madeleine Cazenave, lauréate de nombreux prix, et son trio Rouge à Assas et sur la scène du Triadou ainsi qu’à St-Mathieu-de-Tréviers, la harpiste héraultaise, artiste associée de Jazz à Junas, Camille Heim en solo et en duo, la chanteuse Sarah Lenka en quintet et la violoncelliste/chanteuse cubaine Ana Carla Maza pour une ambiance débordante. À leurs côtés, de nombreux artistes confirmés : Géraldine Laurent, Victoire du Jazz 2023 en duo avec Laurent de Wilde autour du répertoire de Monk, Parker, Coltrane ou l’incroyable quatuor formé de Ballaké Sissoko,  Vincent Segal, Émile Parisien et Vincent Peirani, Victoire du jazz 2024, catégorie Concert de l’année. Le trio acoustique de cuivres Sur la bouche et le duo Camille Heim-Léo Danais complèteront un programme issu de plusieurs mois de travail.


Programme sur le site JazzaJunas.fr

Billetterie Jazz à Pic Saint-Loup


Parc de la Plaine

Chemin du Lavoir, Le Triadou

Camille Castillon : Détours d’horizons
Jusqu’au 5 septembre

Château d’Assas au Vigan


Une œuvre à la croisée de l’observation attentive et de la recomposition mentale, marquée par des influences multiples, gravure japonaise, art contemporain occidental, en passant par la cartographie, le dessin industriel… Née en 1997, Camille Castillon vit et travaille à Ganges. Diplômée des Beaux-Arts de Nîmes avec les félicitations du jury, elle développe une œuvre entre peinture, installation et cartographie sensible. Un parcours jalonné de résidences (Montpellier, Serre, Savoillan, Brésil, Inde) et d’expositions (Nîmes, Port-de-Bouc, Sommières, Rio, Aussillon, Montpellier), où elle affirme un style épuré, lumineux et ancré dans les réalités du monde contemporain. Son travail, oscillant entre utopie réaliste et évocations intimes, interroge les manières d’habiter le monde.


Horaires : du lundi au vendredi 9h30-12h et 13h30-17h

Visites commentées tout public en présence de l’artiste (gratuites, sans réservation) les mercredis matins : 

4 juin - 2 juillet - 30 juillet - 13 août - 27 août

Visites commentées pour groupes (à partir de 10 personnes) possibles sur réservation

Informations 

Contact : poleculturel@gard.fr

04 99 64 26 62 


Château d’Assas

11 rue des Barris, Le Vigan

Gaulois, mais Romains !

Jusqu’au 4 janvier 2026

Musée de la Romanité à Nîmes


Culminant les 12 travaux d’Hercule, celui d’en finir avec le stéréotype du Gaulois, rustique barbare couvert de peaux de bêtes, a la dent dure et de beaux jours devant lui. Le musée de la Romanité s’est donc donné pour mission de bousculer nos fourbes imaginaires. Et de nous démontrer comment, durant près de trois siècles, les habitants de la Gaule conquise par Rome en ont digéré la culture. Avant cela, les Gaulois possédaient déjà un assortiment de divinités assez complet et une kyrielle de druides chargés de la cueillette du gui sacré. Jules César s’employa donc à établir un peu d’ordre dans les mœurs et la tenue des livres de ses voisins, de les mettre à sa caliga, l’ancêtre de la botte. Mais après sa mort, les empereurs qui prirent son fonds s’arrangèrent si bien que la conquête de l’Imperator leur échappa peu à peu. Entre temps, le musée de la Romanité n’a jamais si bien porté son nom, n’en déplaise aux gauloiseries ambiantes. Une immersion fascinante dans l’histoire et l’art de vivre gallo-romain.


Ouvert tous les jours d’avril à octobre : 10h-19h

Dernière entrée une heure avant la fermeture


Billetterie

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Plus d’informations


Musée de la Romanité

16 boulevard des Arènes, Nîmes

Luca Arruda : Deserto-Modelo

Jusqu’au 5 octobre

Carré d’art à Nîmes


Dans le cadre de la Saison du Brésil en France 2025, cette importante rétrospective d’œuvres de Lucas Arruda (né en 1983) présente des peintures, des films et des installations de différentes périodes de sa carrière, dont certaines ont été produites spécifiquement pour l’occasion. Son travail est souvent présenté dans des séries de peintures de petit format regroupées sous le titre Deserto-Modelo, un terme qu’il a emprunté au poète brésilien Joao Cabral de Melo Neto afin de souligner l’idée de prototype et de répétition, « alliée à la métaphore du désert compris comme un lieu atemporel qui ne peut être saisi par le langage ».


Du mardi au vendredi de 10h à 18h

Samedi et dimanche de 10h à 18h30

Fermé le lundi

Contact 04 66 76 35 70

Le week-end et les jours fériés 04 66 76 35 35

Télécharger le dossier de presse


Carré d’Art

16 place de la Maison Carrée, Nîmes

Café littéraire : rencontre avec Valérie Benaïm

Jeudi 12 juin à 18h

Médiathèque Mitterrand à Sète


Dans le cadre de son Café littéraire, Tino Di Martino reçoit Valérie Benaïm pour son roman Il n’est pas celui que vous croyez, publié aux éditions Fayard. Un tas de questions assaillent la romancière et journaliste : qui sont ces femmes qui éprouvent de l’intérêt, de la compassion, de l’attirance et même de l’amour pour des hommes accusés de meurtres, de viols ? Que recherchent-elles ? Y a-t-il un profil particulier ? Ou bien chacune d’entre nous peut-elle tomber sous le charme de ces hommes ? Valérie Benaïm anime l’émission littéraire Droits d’Auteurs sur Mycanal et présente des chroniques de l’émission Touche pas à mon poste ! sur C8. 


Entrée libre

Dédicace et vente du livre sur place (22 €)


Médiathèque F. Mitterrand

Boulevard Danielle Casanova, Sète

Concert Carnatique d’Inde du Sud
Mercredi 18 juin à 19h

Librairie Kailash à Sète


Raj de Condappa vous accueille dans sa nouvelle librairie avec un concert de musique carnatique. Originaire du sud de l’Inde, ce genre musical met l’accent sur la structure et l’improvisation. Une tradition très ancienne, dont les fondations furent écrites entre le IVe siècle av. J.-C. et le IIe siècle av. J.-C, découle de la religion et du théâtre. Profitez-en pour parcourir les rayons des Éditions Kailash, une maison franco-indienne spécialisée sur l’Asie fondée en 1991, basée à Sète et à Pondichéry (Inde du Sud). Dans son catalogue, de grands écrivains voyageurs d’hier et d’aujourd’hui, des spécialistes de cette région, des romanciers français et asiatiques. Et 9 collections réunissant des textes inédits ou épuisés, selon leur genre, leur spécificité, et leur langue d’origine (romans, nouvelles, récits, témoignages, études historiques ou géographiques…).


Concert privé - réservation obligatoire (places limitées)

Participation 50€ suivi d’un verre dinatoire


Contact et réservations :

editionskailash@gmail.com

06 01 12 41 89


Éditions Kailash

4 rue du 14 Juillet, Sète

Directeur de la publication : Jean-Renaud Cuaz
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Ce bulletin culturel est publié par Audasud

8 avenue Victor Hugo, 34200 Sète

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par Jean-Renaud Cuaz 1 janvier 2026
Le Désespéré résume fichtrement l’année culturelle écoulée. L’autoportrait de Gustave Courbet, peint dans sa jeunesse vers 1843, propriété privée depuis la mort de l’artiste, fut exfiltré en 2025 entre deux contrats mirobolants de la pétromonarchie et acquis en catimini par la sœur de l’émir du Qatar, surnommée la Culture Queen . C’est surtout, de notre patrimoine culturel, un portrait faisandé à s’en arracher les cheveux. Loin de ces dérèglements rythmés par des mortiers pétaradants à s’en péter les doigts, sur une île foutrement singulière, 25 Figures d’un même tonneau se massaient en… JANVIER au bar du Plateau comme le fera un nouveau contingent ce 24 janvier 2026, dans cet estaminet du Quartier Haut. Parmi ces FS3 qu’on espère présentes, une rameuse, un néo-crooner, un couple de tiellistes, un fossoyeur, un galérien, une fripeuse, des artistes évidemment… Un micro-festival animé par Laurent Cachard, écrivain-sismographe de la sociologie sétoise. Outre-atlantique, alors qu’un ancien président graciait quasiment tout ceux auxquels il a serré la main, un nouveau leader du monde libre, encadré d’Elon et ses Musketaires, prenait place dans son bureau ovale. À l’écoute du discours inaugural, les Groenlandais se découvrent une ressource stratégique sous leurs pieds emmitouflés : une glace qui produit près de 70 % des cas de gelures dans le monde. À propos de délogement… FÉVRIER voit l’Amadeus, ancien morutier copieusement centenaire, quitter l’angle du quai du Grand Pavois pour aller s’amarrer quai de la République. Le doyen des gréements sétois et son capitaine Jean-Christophe Causse y affichent la fierté des derniers témoins de la pêche à la morue, un patrimoine culinaire bien ancré dans notre île singulière. À Paris, un chahut parlementaire s’installe dans un hémicycle forcé de calfeutrer ses persiennes pour couvrir à la manière d’un fumigène les orgues de Staline de nos banlieues. Alors qu’à l’ombre de l’ancien palais consulaire, l’écrivain-philosophe Jean-Louis Cianni faisait revivre le Dernier rêve de René Descartes à la librairie Kailash et que s’éteignait la voix de The First Time Ever I Saw Your Face , en… MARS le label culturel Audasud montrait la face cachée de Ayerbe y Aragón , village et région ibériques, publié avec le talent acharné de l’archéologue et historien local Marc Lugand. Insatiable quand il s’agit de partager notre patrimoine culturel, Audasud livre à la Sehsser et à ses membres le Bulletin de la Sehsser 2024-2025 , dernier-né d’une collection forte de plus de 300 articles sur l’histoire de Sète et sa région. Toujours à Sète, un capitaine, aussi prompt à lever l'ancre que le coude, s’apprête à inaugurer, avec le même label, les Rencontres de l’Amadeus lors d’une conférence média, programmées à partir d’… AVRIL avec en ouverture le désespéré Arthur Roques, bagnard en Guyanne ressuscité par la voix plus qu’habitée de Simone Pons et par un dessin de presse qui annonce : pas besoin de gilets de sauvetage, ici on voyage sans bouger ! Au Plateau du Quartier Haut est servi, par les Rendez-vous des Automn’Halles, la romancière Cécile Gouy-Gilbert et sa Passion d’Arcélie . Une autre passion désespérée jette dans les rues de France cortèges et contre-cortèges dont on a oublié quelle étincelle mit le feu aux mortiers. Au-dessus de ce vacarme, une fusée plus pacifique, ayant décollé du Texas, mit sur orbite un équipage historique de six célébrités féminines pour une mission de… dix minutes. Depuis ce jour, les petites filles lèvent les yeux vers le ciel en rêvant de se fiancer à Jeff Bezos, à défaut de s’imaginer recevoir en… MAI un des prix du Concours de nouvelles 2024 organisé par les Automn’Halles à la médiathèque de Mèze. Plus de 140 candidats avaient répondu à l’appel du thème Grain de mer, grain de sable . L’Amadeus accueille une expo d’Itinérance Foto pour son festival d’artistes photographes, alors que le Festival de Cannes réunissait les fonctionnaires subventionnés du très très long métrage pour parfois parler cinéma. Là où il semble manquer de fonctionnaires, ce sont les tours de contrôle des aéroports qui, année après année, défraient la chronique et donnent de froides sueurs, avec des contrôleurs hors de contrôle, en congés Maldives ou autres lieux de villégiature. À Rome, Le nouveau pontife yankee, dont le nom officiel est Bob Ier, s’engage à canoniser l’équipe entière des White Sox de Chicago qui remporta les World Series, championnat de baseball, en octobre 2005, leur premier titre en 88 ans. Alors que Rodez célèbre à sa manière, en… JUIN l’année de la mer, à un jet de mortier de la Grande bleue. Une explosion de poésie dans l’antre du Grand noir, de souvenirs épars… la plage, les cabanes, les pêcheurs… disséminés façon intime en plus de 100 images et objets. « Je suis curieuse. Point. Je trouve tout très intéressant. La vraie vie. La fausse vie… » , nous dit Agnès Varda. À Sète, les Figures singulières s’affichent en grand et en duos sur les murs d’une médiathèque transformée en promenoir pour rencontres galantes. Pendant que la Maison des Pieds-Noirs se goinfre du grand méchoui annuel qui aurait fait se dresser sur la tête de BB sa célèbre gerbe de blé grisonnante, sept bombardiers furtifs américains B-2, opérant dans le plus grand secret, décollent d’une base toute aussi furtive et, lors d'une attaque surprise qui choque le monde, larguent 14 bombes anti-bunker sur l’Iran, que Trump accuse d’abriter des dossiers compromettants sur ses torrides escapades chez Jeffrey Epstein. Loin des jardins persans, celui de notre Château d’eau fait l’objet de toutes les attentions de notre quotidien régional, en… JUILLET sous le titre Parc Simone Veil : reflet de la culture sétoise . Une double-page nourrie entre autres d’une excursion du président de la Sehsser accompagné de deux jeunes journalistes pendant que se tramaient, en toute digression, deux limogeages à la tête de la société d’études historiques de Sète. Un putsch qui fait sortir de leurs gonds nombre d’adhérents et de son chantier naval les Gréements languedociens pour disperser en l’étang les cendres du Sehsserois Dominique Potié, pourfendeur de ce complot et initiateur de l’éphémère atelier de généalogie, au grand dam de ses participants. Tournant cette sombre page, Audasud inaugure, lors du festival Voix Vives, sa collection L’An Demain Poésie avec trois recueils : Texture 6, l’anthologie poétique 2025 , par les Amis de Michel Baglin, Carte de visite sétoise de Stéphanie Goué Quitté et Des Ans Parés de Lucile Latour. En pleines festivités de la Saint-Louis, à bord de l’Amadeus en… AOÛT Audasud présente Le Concours de pêche et son auteur Loris Chavanette. Perchée sur un bout de quai, une magnifique épopée fait naître les plus belles émotions, devant laquelle le grand Hemingway aurait certainement opiné du béret. Mais l'événement le plus marquant du mois d’août, si ce n'est de tous les temps, c'est l’annonce des fiançailles de Taylor Swift avec son futur époux, qui lui offre une bague de fiançailles considérée comme le premier bijou fabriqué par l'homme visible depuis l’espace. Ce qu’aurait pu observer un astronaute des odyssées Apollo, Jim Lovell, qui rejoint ce mois-ci les étoiles sans avoir pu marcher sur la Lune. Une infortune partagée par l’auteur de La Terre à la Lune . Jules Verne, l’un de nos plus grands écrivains, était à l’honneur en… SEPTEMBRE lors du Festival du livre de Sète, avec son arrière-petit-fils Jean Verne, présent pour célébrer les 150 ans de la parution de l’Île mystérieuse et lancer le concours de nouvelles 2025 dont la clôture des candidatures fut annoncée hier à minuit par les mortiers d’artifice ici, là et là-bas. Le centenaire de la disparition du grand compositeur Erik Satie fut l’occasion d’une ouverture des Automn’Halles animée par le pianiste concertiste Jean-Pierre Armengaud. Pendant les quatre jours qui suivirent, pas moins de 24 invités ont présenté et dédicacé leurs ouvrages. Parmi eux, deux Prix Goncourt : Pascale Roze en 1996, et un futur impétrant, Laurent Mauvignier, qui sera récompensé quelques semaines plus tard. Alors qu’à Paris tombait un nouveau gouvernement, sur la place du Pouffre, lors de la journée réservée aux plumes locales, Yves Marchand était venu dédicacer, au milieu des feuilles tombées des platanes, ses propres Feuilles Mortes publiées par L’An Demain. À quelques jets de fumigène de là, au Théâtre Molière, Patrick Joubert Annibal célébrait ses 60 ans de spectacle entouré des Frenchy Girls de Johanna et de l’orchestre de Didier Lévêque. À la fin du show, l’artiste dédicaça son épaisse autobiographie Lady Bee Story , publié par L’An Demain, qui à peine… OCTOBRE arrivé, allait présenter à toutes jambes au Plateau du quartier Haut Un monde sans Murat , écrit par Laurent Cachard, l’un de ses inconditionnels. À Paris, des monte-en-l’air, à l’aide d’un monte-charge et d’une disqueuse, dérobent en plein jour au musée du Louvre les joyaux de la Couronne de France. Le musée, bénéficiant du même niveau de sécurité qu'un distributeur automatique de boissons, embarrasse profondément ses responsables par ce vol effronté. Leur humiliation ne fait que s'aggraver lorsqu’ils découvrent une autre fuite, d’eau celle-là, endommageant gravement le manuel d’instructions de sécurité pour le bâtiment. Mais les gardiens était trop occupés à prendre des selfies devant les fenêtres du musée pour s’en apercevoir. Désespéré, l’État nomme un nouveau directeur de la sécurité du Louvre en la personne de François Bayrou, afin qu’il puisse bénéficier de quelques émoluments supplémentaires. À propos de grands commis de l’État, les Rendez-vous des Automn’Halles invitent en… NOVEMBRE Nous les Guilhems de Montpellier , l’histoire d’une grande dynastie montpelliéraine racontée sous la forme d’un roman par l’écrivain Didier Amouroux au Plateau du Quartier Haut. Novembre est un mois grave, on commémore le dixième anniversaire des attentats de 2015, on se recueille, on promet plus jamais ça, tout en constatant que ça est devenu plus fréquent. L’écrivain Boualem Sansal est gracié par le dey d’Alger après avoir goûté aux geôles barbaresques. Valentine Schlegel, elle, aurait eu 100 ans ce mois-ci. Un coin de quai transformé en placette porte désormais son nom. Elle vécut en famille dans l’immeuble qui lui fait face quand elle rencontra Agnès Varda avec qui elle vécut plus tard à Paris. Bien plus qu’une simple amitié à laquelle se limite pourtant la bienséance locale. Autre ambiance à Castries, où la communauté américaine célébra Thanksgiving dans le domaine de Fondespierre, qui offre une des plus belles balades le long de l’aqueduc construit par Paul Riquet en 1676. Tout aussi fascinante, une flânerie vous invite en… DÉCEMBRE à redécouvrir le Rugby du grand AS Béziers des années 1960-1984, un quart de siècle relaté et décortiqué par son indéboulonnable n°8, le Sétois Yvan Buonomo. Son livre, À la recherche du Rugby perdu , fait moins référence au temps de son pendant proustien, qu’aux légendaires troisièmes mi-temps biterroises. Yvan retrouva quelques-uns de ses anciens coéquipiers à l’occasion d’une dédicace de son livre publié par l’An Demain, une réédition augmentée de 40 photos historiques. Le temps de se remémorer, autour d’une bière ou deux, quelques matchs d’anthologie à la brasserie La Coupole, le siège d’avant-match des supporters à un jet de pétard de l’antre du Sauclières. À Sète, la médiathèque accueillait Patrick Joubert Annibal pour une présentation de son autobiographie Lady Bee Story , accompagné de son préfacier Éric Sarner, de son postfacier l’éditeur, et d’un clip vidéo de quelques minutes, condensé de son spectacle au Théâtre Molière. Le mois se terminait avec l’exposition-dédicace Voyage en Haut Aragon avec Topolino à l’Espace Félix, un recueil du dessinateur agrémenté de textes de Marc Lugand en français et en espagnol. Ainsi s’achève l’année 2025 avec la disparition d’une icône du cinéma et de la cause animale, assignée à résidence tropézienne pour avoir hébergé une poupée hypersexualisée et pour être… trop française. Les vœux présidentiels prononcés du bout des lèvres, auxquelles étaient suspendus une poignée de téléspectateurs, finissent de nous anesthésier. À écouter d’une oreille distraite l’Astrologue en chef, ils ont pu apprendre que les enfants qui naîtront au cours de cette nouvelle année seront dodus et radieux. Doués pour la reproduction, ils feront remonter la courbe des naissances. Plus tard, ils feront baisser celle de la dette et ne manqueront pas d’exceller à saigner un peu plus le peuple, remplaçant au fur et à mesure les petits hommes gris. Dans leurs bureaux haussmanniens, leur devise s’affichera en lettres d’or, au-dessus de leurs fauteuils capitonnés : Let’s boogie!
par Jean-Renaud Cuaz 24 décembre 2025
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE JANVIER Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 29 novembre 2025
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE DÉCEMBRE Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 13 novembre 2025
De l’obscurité des music-halls à l’obscurantisme des mollah, des Parapluies de Cherbourg aux machettes de boucher, des Tontons flingueurs aux massacreurs du Bataclan… il n’aura fallu qu’une soixantaine d’années. Les justaucorps jacquard et chapeaux melon ont fait place aux amples cafetans et coiffures d’imam qui peinent à cacher le sang d’un islamofrérisme rampant et son faux frère, l’islamo-gauchisme. Il y a quatre-vingts ans, la guerre, lassée de tant de vacarme, s’en est allée finir ailleurs. Les ondes radiophoniques, jusque-là traumatisées par les sirènes, reprennent du service : elles décident de diffuser autre chose que des alertes. Le 26 mai 1945 , on cherche un quatuor vocal pour mettre un peu de facétie. Quatre jeunes gens se présentent, aussi dégingandés qu’enthousiastes. On leur demande leur nom : ils n’en ont pas. — Appelez-nous les Frères Quelque Chose , proposent-ils avec modestie. Un technicien, homme d’un grand sens du hasard, s’écrie Les Frères Jacques ! Et l’affaire est faite, aussi vite qu’un jeu de mots en goguette. Le nom fleure bon la chanson enfantine et la plaisanterie potache, parfait pour faire les pitres avec gravité. Ils chantent, gesticulent, font le Jacques avec l’élégance d’un sémaphore en délire. Un soir, entre deux refrains et trois nœuds papillon, ils croisent Francis Blanche, qui leur écrit des textes où l’intelligence fait des claquettes. Leur premier répertoire ? Un buffet à volonté : folklore, negro spirituals, chants religieux, le tout saupoudré de synchronisation labiale approximative. En 1948 sort leur premier 78 tours, à une époque où la musique tournait plus lentement et durait plus longtemps. Le succès vient, trébuchant mais poli, et c’est Jacques Canetti qui, tel un bon génie en complet sombre, les propulse dans la lumière des projecteurs. Les voilà chantant sur des ondes enfin réconciliées avec l’humanité. Le 3 janvier 1982, un drame national — que dis-je, cosmique — s’est joué au Théâtre de l’Ouest parisien : les Frères Jacques ont décidé d’arrêter de chanter. Les âmes sensibles ont aussitôt crié au scandale, les autres ont continué à mâcher leur cacahuète, car c’était un dimanche. À la fin du spectacle, quatre chapeaux comiques ont salué le public avant de disparaître dans les coulisses. On raconte qu’ils se sont séparés pour vaquer à leurs occupations. J’en ai interrogé un : il comptait élever des silences en batterie. Un autre envisageait d’ouvrir un magasin de chaussettes pour mains, parce que les gants, c’est surfait . Pendant ce temps, leur pianiste Pierre Philippe, brave homme à doigts multiples, a décidé en 1995 de donner son dernier concert... à Saint-Bouize. Lieu prédestiné, car Saint-Bouize, comme son nom l’indique, est la capitale mondiale du soupir discret. En 1996, au Casino de Paris, on leur rend hommage. Cinq-mille spectateurs émus, pas une seule caméra. C’est dire si la télévision sait se tenir. Elle préfère filmer des débats sur la cuisson du flan plutôt que la gloire des artistes. Les années filent ensuite comme des croches sans mesure. Jean-Denis Malclès, tailleur en habits d’humour, quitte ce monde en 2002. François Soubeyran le suit de près, sans doute pour vérifier les coutures de ses ailes. Puis les frères Bellec s’en vont, l’un après l’autre, avec une ponctualité presque suisse. Paul Tourenne, fidèle jusqu’à la dernière note, s’éclipse en 2016 à Montréal — preuve que même les Jacques ont besoin d’un peu d’exil pour mourir tranquilles. Enfin, Hubert Degex, le dernier pianiste, rend les touches en 2021, à 92 ans, après avoir sans doute trouvé une partition d’éternité en ré majeur.
 La Bibliothèque historique de la Ville de Paris conserve leurs chapeaux, leurs partitions et même leurs coupures de presse — tout ce qu’il faut pour organiser un sabbat érudit. Il ne manque que le son de leurs voix et le rire suspendu entre deux couplets. Leur répertoire, quant à lui, relève de la haute voltige intellectuelle : ils ont tout chanté, du général Castagnetas à la confiture , du Complexe de la truite (de Schubert) au derrière du peuple (voir La Digue du cul , œuvre d’intérêt public). Ils ont prouvé qu’on pouvait philosopher en collant des grimaces sur des vers de Prévert, et pleurer d’émotion tout en chantant des sottises. Ainsi s’achève cette chronique du souvenir. Les Frères Jacques ? Des poètes de velours à la boutonnière, des funambules du calembour, des anges qui savaient rimer avec dingue . Et s’ils nous entendent — là-haut, dans la stratosphère mélodique — qu’ils sachent une chose : le monde est bien triste depuis qu’il ne fait plus le Jacques.
par Jean-Renaud Cuaz 25 octobre 2025
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE NOVEMBRE Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 30 septembre 2025
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS D’OCTOBRE Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 24 septembre 2025
Fin septembre, les Automn’Halles lanceront leur 16e édition. Seize années qu’un pari un peu fou a pris vie : celui de faire vibrer une île singulière au rythme des mots, de la lecture, de la musique et de la peinture. Depuis quatre ans, la reconnaissance officielle du Centre National du Livre est venue confirmer ce que les Sétois savaient déjà : que ce festival a gagné sa place dans le paysage littéraire national. Des partenaires fidèles — le réseau des Médiathèques de l’Agglo, le musée Paul Valéry, les librairies, le Plateau, l’Amadeus et désormais la Maison Régionale de la Mer — apportent leurs sites, leurs énergies. Grâce à eux, la littérature s’installe partout, elle respire dans chaque recoin de la ville, elle s’offre au plus grand nombre. Durant cinq jours, les auteurs se disperseront comme autant de semeurs de songes. Dans les classes, pour éveiller les élèves à la puissance des mots. Dans les espaces de rencontre, pour échanger directement avec leurs lecteurs. Dans les dédicaces, pour ce moment simple et rare où une phrase manuscrite scelle un souvenir. Le programme est riche, multiple, ouvert. Il accueille des figures déjà consacrées, et des voix nouvelles qui montent, prometteuses et fragiles. Il fait place aux auteurs et éditeurs locaux et régionaux, car la littérature vit aussi des racines qui nourrissent son terreau. Il tend la main aux talents en herbe, avec son Concours de nouvelles. Pendant cinq jours, Sète se transforme en une île de papier et de voix, où chaque rencontre devient une aventure, chaque lecture un voyage, chaque instant une célébration. Nous dédions cette édition des Automn’Halles à un auteur que nous avons accueilli au Crac en 2022. Boualem Sansal est emprisonné depuis plus de dix mois par un pouvoir totalitaire. Condamné pour exercice illégal de… sa liberté de penser et d’écrire. En appel de sa condamnation le 24 juin dernier, l’écrivain âgé et malade lâchait devant un tribunal de façade : « La Constitution garantit la liberté d’expression et de conscience et pourtant je suis là » . Yves Izard animait la rencontre avec l’auteur de Abraham ou La Cinquième Alliance paru aux Éditions Gallimard en 2020. En charge avec une équipe des Automn’Halles des relations avec les écrivains et les éditeurs, Yves va vous dire quelques mots sur cette rencontre à laquelle certains d’entre vous ont assistée. Boualem a dû laissé une belle empreinte dans vos mémoires. Les Automn’Halles… Ce pourrait être un titre-valise inventé par Erik Satie pour une de ses mystérieuses pièces musicales. On entendrait presque dans nos halles, haranguer : mercredi je peux pas, j’ai gymnopédie ! La question que vous êtes en droit de vous poser, c’est… qu’ont donc en commun Erik Satie et la littérature? Outre le fait qu’Alfred Satie, son père, fut un temps éditeur… Noble métier, s’il en est… Je répondrai qu’après tout, nous recevons samedi Hubert Haddad, l’auteur de… la Symphonie atlantique . Pour le clou de ce festival, car Il faut toujours un clou dans un festival qui se respecte, j’hésite entre… Laurent Mauvignier, l’aspirant au Goncourt, et Michel Zambrano, le sauveteur aux ondes courtes… Lequel nous lira des inédits vendredi à bord de l’Amadeus. Laurent Mauvignier, lui, nous fera l’inventaire de la Maison vide à la Maison de la Mer lors du premier grand entretien demain. L’inventaire d’une maison vide, ça devrait être court me direz-vous… Mais comme c’est Laurent Cachard qui se charge de l’animer, vous en aurez pour votre argent, même si l’entrée est gratuite. C’est simple, les Éditions de Minuit ne jurent que par Mauvignier et ne changeraient pas un traitre-mot de leur auteur fétiche. Je rapprocherais Erik Sati de… Jules Verne, dont nous accueillons samedi l’arrière-petit-fils, Jean Verne, pour les 150 ans de la parution de l’Île mystérieuse . Erik Satie prétendait faire de la musique d’ameublement, allant jusqu’à l’assimiler à du papier peint musical. De là à parler de papier peint littéraire il n’y a qu’un lai à tourner, un pas que des érudits franchissent à propos de Jules Verne. On objectera qu’il y a des papiers peints qui font voyager. Mais je préfère laisser les exzézettes , comme on dit ici, s’exprimer. Pianiste-concertiste international et musicologue, Jean-Pierre Armengaud est également l’auteur d’une colossale biographie du compositeur de Parade , que vous pouvez vous procurer ici ou à la librairie Gavaudan. Jean-Pierre Armengaud va nous rythmer cette rencontre par des illustrations musicales de Satie jouées au piano. À ses côtés, Patrice Legay animera cette soirée. Patrice est musicien et préside l’AMA Languedoc, l’association des Musiciens Amateurs du Languedoc. L’AMA Languedoc animera ici même demain de 10h à 12h une Master Classe de Jean-Pierre Armengaud avec des œuvres de Satie jouées au piano et chantées. Puis à la Médiathèque Mitterrand… le concert Erik Satie vendredi de 18h à 19h30 et la clôture des Automn’Halles dimanche à 18h, un Clin d’œil à Satie par le groupe de jazz Les Smiles. Je terminerai par un précepte que je fais mien : « Je ne me reconnais pas le droit d’abuser des instants de mes contemporains » disait le plus littéraire des compositeurs, celui qu’Alphonse Allais appelait Esoterik Satie. Merci et belles Automn’Halles à toutes et à tous ! Jean-Renaud Cuaz Président du Festival du Livre de Sète – Les Automn’Halles
par Jean-Renaud Cuaz 29 août 2025
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE SEPTEMBRE Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 15 août 2025
L’auteur ouvre son Concours de pêche en le dédiant à son ami Toto Neige, à l’origine de ce roman, ainsi qu’à tous ces clochards célestes sans lesquels il manquerait quelque chose au monde . Dans les premières pages, Alex, le narrateur nous invite à le suivre le long d’un quai avec son enfant Jonas qui découvre sous un palmier une dalle avec inscrit « ici a vécu Jonas le pêcheur ». Le Jonas que j’ai connu était l’homme le plus gentil du monde , lui dit-il. Je vais même te dire un secret, c’est grâce à lui si tu t’appelles Jonas . Il lui fait alors la promesse de lui raconter l’histoire de Jonas le pêcheur, plus tard, quand il sera plus grand. L’histoire d’un miracle . Mis sous pression par son boss , Alex croule sous un gros dossier, une de ces tours géantes qu’on aperçoit en atterrissant à Charles-de-Gaulle imaginées pour des gens qui y vivent. Son travail d’architecte c’est de faire en sorte qu’ils y restent le plus longtemps possible . La vie parisienne l’assomme, une vie au milieu de fantômes cravatés, les cernes tirés jusque là, éteints comme des cierges consumés . Un soir qu’il manque l’arrêt de sa station de métro et finit le trajet à pied, il surprend sa compagne à la terrasse d’un restaurant, dans les bras d’un autre, dont elle s’extirpe par un guttural « désolé Alex ! » . Il venait de casser sa tire-lire pour un gros diamant, décidé à lui faire sa demande dans le mois. Cinq années de vie commune partent en sucette et s’en vont valdinguer sur le trottoir. Il reconnaît pourtant qu’elle l’a libéré d’un cachot où il s’était enfermé lui-même à double-tour, en jetant la clé par la fenêtre . Un coup de pouce du destin qui le fera plonger dans l’alcool et enjamber son balcon d’où il tombera… du bon côté. jusqu’à trouver la rédemption auprès d’un réconfort maternel et d’un miroir qui renvoie l’image hirsute d’ un drôle de type . Un amour perdu peut mener à ça, une sorte de clandestinité vis-à-vis de soi-même . Et une résolution, avant que s’ouvre le chapitre paternel, Je vais voir la mer, là où est papa . La disparition du père, parti pêcher seul en mer, est l’occasion pour l’auteur, et pour Jack London, de nous rappeler, que l’on peut partir à la manière de Martin Eden, dans un océan de désespoir qui prend fin quelque part dans les abysses intimes et sourdes . La veille de son ultime sortie en mer, il avait emmené son fils pêcher au phare de Roquerols sur l’étang de Thau (…) Ses yeux étaient mouillés comme la coque d’un bateau flottant à la dérive . À Sète, en pleines festivités de la Saint-Louis, Alex revient loger sous un toit du quai d’Orient, avec sous les yeux le croisement des canaux et des ponts, et le douloureux rappel d’un lointain bonheur familial. À une encablure de là, à la terrasse animée du Barbu (devenu depuis quelques semaines le Bar Muge) Alex fait l’apprentissage auprès d’une autochtone de quelques leçons de savoir-vivre sétois, c’est-à-dire sans savoir-vivre du tout, sinon la gentillesse du cœur , qui, au réveil s’avèrent être tarifées. Plus tard et sans le vouloir, Alex le Parigot se retrouve au beau milieu d’une partie de pêche le long du canal , découvrant à la fois la scène et les acteurs d’une comédie dramatique à la sétoise. Il aura beau faire valoir une naissance des plus locales, Auguste et ses comparses le traiteront comme il se doit en île singulière, un estranger , trahi par le manque d’accent d’ici-bas. À force d’invectives et de fanfaronnades, voilà Auguste qui met au défi le plus vieux d’entre eux, surnommé le Turc , d’accrocher une dorade royale de 5 kilos, pas un de moins, prenant le quai de la République et ses flâneurs à témoins. Le Concours est lancé. L’Ancien sortira de sa torpeur pour une ultime bravade. Pour son Concours de pêche , Loris Chavanette en appelle à l’auteur du Vieil homme et la mer , autant que du vieil homme et l’amertume, ce fil discret comme un goût salé qui persiste et révèle des valeurs hemingwayennes : La perte et la privation . Alex vit avec une blessure d’enfance qui ne s’est jamais refermée : la disparition en mer de son père. Ce vide n’est pas seulement une douleur, c’est aussi une forme d’amertume envers le destin — un sentiment que la vie a triché, qu’elle lui a pris quelque chose de fondamental avant qu’il ait pu se construire. Cette aigreur se renforce au moment de la rupture amoureuse, comme une perte réveille les précédentes. Les affres du temps perdu. Le roman nous dépeint un homme qui, en revenant à Sète, mesure la distance entre ce qu’il aurait pu vivre et ce qu’il vit. Ce constat donne un ton désabusé, teinté d’une mélancolie que semble incarner Jonas l’Ancien, objet de toutes les attentions et de tous les superlatifs. Le concours, en apparence anodin, devient le théâtre de cette confrontation au temps qui passe — un temps qui n’a pas toujours été bien employé, ou qui a filé sans laisser de traces heureuses. L’âpreté des vies cabossées. Jonas, le sans-abri, incarne une autre forme d’amertume : celle des coups reçus par la vie et qui finissent par former une carapace. Derrière son pari du briquet en or, il y a sans doute des pertes, des humiliations, et la nostalgie d’un passé révolu. Ce personnage fait écho à Alex, comme un miroir de ce qu’il aurait pu devenir. Enfin, une amertume adoucie par la rencontre. Même si le roman laisse planer ce goût amer, il ne s’y enferme pas. Les dialogues colorés, les situations cocasses, la tendresse qui se noue entre Alex et Jonas viennent diluer cette sensation. On pourrait dire que le roman n’est pas une plongée dans l’amertume, mais une t entative de la transformer — comme si le sel de la mer pouvait devenir saveur plutôt que blessure. Le Concours de pêche Loris Chavanette Allary Éditions (21 août 2025) Loris Chavanette, historien et romancier, présentera son roman samedi 23 août à 11h, à bord de l’Amadeus, amarré, comme il se doit, quai de la République. Il est l’auteur de La Fantasia (Albin Michel, 2020), prix Méditerranée du premier roman.
par Jean-Renaud Cuaz 28 juillet 2025
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS D’AOÛT Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
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