LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE NOVEMBRE

Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir

ŒUVRES RÉCENTES

DANIEL DEZEUZE

Du 28 novembre 2025 au 8 mars 2026

Musée Paul Valéry à Sète


Peu porté sur les sentiers battus de la peinture répétitive, Daniel Dezeuze opte pour la pratique du hors piste, entretenant celle du dessin. Le petit-fils du félibre l’Escoutaïre prend très tôt à contre-pied l’enseignement académique, d’abord au sein des déconstructeurs de Supports/Surfaces, supprimant la toile pour créer à partir du châssis ou de matériaux inattendus. De la peinture sur le motif au motif sans la peinture, le plus discret des artistes sétois — depuis que l’outrenoir a perdu son maître — slalome entre assemblages de bois et de métal, rouleaux de stores, planches, ficelles, filets, arcs… Et alors qu’il bricole par séries des objets de récupérations jovialement combinés, son influence s’installe  sereinement parmi les jeunes générations, dans les écoles d’art. 

Les visiteurs découvriront durant trois mois un ensemble exceptionnel couvrant ce premier quart de siècle. Des peintures qui perlent, où les gouttes de couleurs bombent le torse, des diptyques minimalistes que ne renieraient pas les rigoureux rouleaux chinois (peints, pas cuisinés), des tableaux-écrans et tableaux-valises, qui mettent sur la sellette notre rapport à l’image et notre turbulence. Enfin, un chapelet de boucliers et blasons rappelle combien cet habile bricoleur aime croiser le fer avec le symbolisme suranné et le formalisme omniprésent.

(Photo : Une entrée dans le monde 2020 Planches de skis. Courtoisie Galerie Templon © Pierre Schwarz / ADAGP)


Fartage (ou clouage… vernissage risquant d’offenser un allergique à la toile peinte) : samedi 27 novembre à 18h30

Exposition du mardi au dimanche 10h-18h
Contact
04 99 04 76 16

museepaulvalery@ville-sete.fr


Musée Paul Valéry

148 rue François Desnoyer, Sète

Nuits musicales d’Uzès

Chet – A Tribute to Chet Baker

Samedi 15 novembre à 20h30

L’Ombrière à Uzès

Un jeu et une vie à la limite de la rupture. Alternant, pour le premier, léger staccato et legato en de longues phrases sinueuses, sensuelles et vaporeuses. Brûlant, pour la seconde, le bugle par les deux bouts. Chet Baker et son art de la balade vont éclairer les Nuits musicales d’Uzès le temps d’un hommage par deux personnalités rayonnantes de la scène jazz européenne. Le trompettiste français David Enhco et le pianiste suisse Marc Perrenoud retracent le parcours musical et le destin tragique du fondateur du cool jazz, faits de poésie et de lumière, mais aussi d'épreuves et de ténèbres. 


Contact 06 82 88 70 55

info@nuitsmusicalesuzes.com

Réserver


L’Ombrière Pays d'Uzès

Place Croix des Palmiers, Uzès

Natures vivantes de Topolino

Jusqu’au 15 novembre

Le réservoire à Sète


Il ressuscite la nature morte comme un savant fou se demandant quelle est l’essence de la vie, entouré de ses Psychédéliks. Un fort en thème qui a choisi une fois pour toute d’illustrer son quotidien, Topolino, né Marc Combas, se définit sans ambages ni contours comme dessinateur. Et c’est fiévreusement qu’il remplit ses carnets de solides lignes claires au feutre noir vivifiées de couleurs aquarellées.

À peine posé son baluchon au retour d’un Voyage en Haut Aragon, Topo va publier sous ce titre (avec les éditions L’An Demain) un carnet de balades ibériques — monuments, paysages urbains et champêtres, jusqu’à la recette des migas — agrémentées d’un mot du maire d’Ayerbe et de textes descriptifs signés Marc Lugand (en français et espagnol). À venir, une expo-Topo de ces carnets de voyage.


Mardi 14h30-18h30
Mercredi au samedi 10h-13h et 14h30-18h30

Contact 04 67 19 39 04


Le réservoir

45-46 quai de Bosc, Sète

Vivre la guerre en Hérault (1939-1945)

Du 20 novembre 2025 au 9 mai 2026

Domaine de Pierresvives à Montpellier


Offrant un éclairage plus intime sur un quotidien où subsistance et survie sont une priorité, cette exposition ambitieuse donne un visage humain à des atrocités innommables que les jeunes générations ont des difficultés à se représenter. Vivre la guerre en Hérault (1939‑1945) traite de la vie de tous les jours, de la défaite de 1940 jusqu’à la fin de la guerre et de la construction européenne. Le projecteur est particulièrement axé sur le ressenti des populations civiles : l’absence des prisonniers, l’arrivée de populations durant l’exode ou fuyant la zone occupée, les rafles, la peur, les pénuries et l’occupation allemande…Dans un contexte où les conflits sur le sol européen redeviennent réalité, et où l’antisémitisme connaît une recrudescence alarmante, l’éclairage du passé fait écho aux actualités du quotidien.

(Photo : Tract de la Résistance : le nom Laval dans une croix gammée, ADH, 1943,1000 W 424)


Du mardi au samedi 10h-19h

Contact 04 67 67 30 00

Télécharger le dossier pédagogique

Télécharger le programme Pierresvives 2025-2026


Domaine départemental de Pierresvives

907 rue du Professeur Blayac, Montpellier

Dans le cadre de l’anniversaire des 80 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale, une grande collecte nationale a été lancée pour récupérer des lettres, photographies, films ou journaux intimes conservés par les familles héraultaises. Vous, citoyens, êtes invités à verser vos documents personnels aux Archives de l’Hérault afin qu’ils soient mis à la disposition de toutes et tous et valorisés dans le cadre d’expositions, de travaux de recherche historique ou d’actions culturelles et pédagogiques.

Prenez contact : archives@herault.fr

Théâtre :  La blessure et la soif

Samedi 22 novembre à 20h30

L’Ombrière à Uzès


Après quatre années consacrées essentiellement au cinéma, Fanny Ardant est de retour sur scène dans La blessure et la soif, au Théâtre Marigny puis en tournée. Magnifiée par Catherine Schaub à la mise en scène, la comédienne interprète, seule sur les planches, l’héroïne du roman de Laurence Plazenet. Ce très beau texte plonge au cœur de la passion, celle qui dévore les êtres, qui rend incandescents les corps et les âmes, celle aussi qui déchire les humains entre l’aspiration à une transcendance et l’inaccessibilité du divin. Trente années durant, une femme et un homme s’aiment, se perdent, vivent loin de l’autre sans jamais s’oublier. Une unique et dernière rencontre, dans la grange d’un monastère persécuté par Louis XIV, scelle à jamais leur destinée. D’après le roman La blessure et la soif de Laurence Plazenet (Éditions Gallimard).


Tarifs de 21 € à 44 € (à partir de 14 ans)
Durée : 1h30

Réserver


L’Ombrière Pays d'Uzès

Place Croix des Palmiers, Uzès

Art Montpellier
Du 12 au 16 novembre

Foire méditerranéenne des Arts contemporains à Montpellier


Les encartés Supports/Surfaces n’ont pas dit leurs derniers matériaux. Les voilà avec ceux de la Figuration libre, venus aussi faire la foire. Un large plateau artistique, de l’art brut à l’art urbain en passant par l’art africain, l’abstraction sous toutes ses formes. Et des galeries du sud de la France, des autres régions et d’ailleurs : Espagne, Maroc, Italie… Peintres, sculpteurs, graveurs, dessinateurs, photographes, plasticiens… Ce grand marché de l’art éphémère est tout simplement une occasion unique, que vous soyez professionnels, passionnés ou simples curieux, d’acquérir une œuvre d’art de qualité certaine dans un contexte idéal, grâce aux conseils et à l’engagement des galeristes professionnels.


Mercredi 12 novembre 12h30-22h30

Jeudi 13 novembre 11h-19h
Vendredi 14 novembre 11h-22h30
Samedi 15 novembre 10h-20h
Dimanche 16 novembre 10h-19h


Tarif pour la journée de votre choix : 12€ sur place / 11€ en ligne

Pack web entrée + guide 22€ au lieu de 25€ sur place

Tarif réduit 10€ (étudiants, pass métropole & tam)
Entrée gratuite pour les enfants de -16 ans et les personnes à mobilité réduite.

Billetterie

Contact 04 67 17 68 17


Foire méditerranéenne des Arts contemporains - Hall B2

Parc des Expositions de Montpellier - Entrée Sud

Route de la Foire, Pérols

Rendez-Vous des Automn’Halles

avec l’écrivain Didier Amouroux

Samedi 8 novembre à 11h

Bar Le Plateau à Sète


Sous le titre Nous les Guilhems de Montpellier, nos 3 châteaux et la Vierge noire, on découvre un roman historique à l’aube de l’an 1000. Au cœur du Moyen Âge, une dynastie visionnaire, celle des neuf Guilhems et de Marie de Montpellier fonde et fortifie la cité en deux siècles de luttes et d’aventures. Les lecteurs découvriront le brassage des artisans locaux, canabassiers, drapiers, merciers, tonneliers, orfèvres, changeurs, mégissiers sur le Merdanson, apothicaires, épiciers, fripiers, laboureurs, marchands de tous pays, médecins, pèlerins, hommes d’Église… Sortent de terre les châteaux des seigneurs et leurs églises , déambulent les processions de la Vierge qui figure toujours sur le blason de la ville. Né lui-même à Montpellier, Didier Amouroux se lance en littérature en 2003 avec l'écriture de l’Histoire des Caisses d'épargne en Languedoc Roussillon édité par Privat. En 2024, il publie Au Pic Saint Loup, avec ou malgré vous ? chez 5 Sens Éditions.


Exposé historique et photos 

Entrée libre, vente (21€) et dédicace sur place

Nous les Guilhems de Montpellier (éditions Complicités - 2025)

contact@lesautomnhalles.fr


Bar le Plateau

2 rue des 3 Journées, Sète

Mois du Doc

Projection : Voyage de Documentation de Madame Anita Conti

Vendredi 7 novembre

Médiathèque Mitterrand à Sète


Première femme océanographe française, documentariste et photographe, Anita Conti est aujourd’hui un nom inscrit sur de nombreuses façades d’écoles, lycées maritimes, médiathèques, navires, passerelles, rues, places et timbres postaux. Jusqu’à une œuvre symphonique que le compositeur Benoît Menut lui a dédiée. Entre les deux guerres mondiales, elle dresse les premières cartes de pêche, alors qu’on ne disposait que de cartes de navigation. Elle embarque sur les harenguiers ou voiliers-morutiers, photographiant et prenant des notes sur le quotidien des travailleurs de la mer. Pour écrire et réaliser Voyage de documentation d’Anita Conti, la réalisatrice Louise Hémon a puisé dans les vastes ressources de l’océanographe pour les fusionner avec les pratiques de pêche contemporaines et le langage d’une pionnière engagée dans une œuvre protéiforme. Le film (38 mn) est suivi d’une vidéo de présentation (10 min.) et d’un débat avec la compositrice de la musique du film, Julie Normal, l’une des rares en France à jouer des ondes Martenots, un des plus anciens instruments de musique électronique. Réalisé dans le cadre du Mois du Film Documentaire, en partenariat avec l’Association Quais des Docs.


Projection de 17h à 19h, tout public

Visionner la bande-annonce


Médiathèque F. Mitterrand

Boulevard Danielle Casanova, Sète

Héritages, traces et mémoires

Jusqu’au 30 novembre

Jardin antique méditerranéen à Balaruc-les-Bains


Rencontre entre art, mémoire et poésie, cette exposition de Robert Lobet propose, à partir de formes architecturales évocatrices de sites antiques, une méditation poétique sur les livres et les bibliothèques. Les peintures, dessins, gravures au Carborundum et pointe sèche sur vélin d’Arches dialoguent avec les textes de poètes contemporains dans ces ouvrages conçus avec des techniques anciennes d’imprimerie. Voyages en Alexandrie présente l’aboutissement d’un cycle de travail en terre d’Égypte sur des poèmes de Bruno Doucey (édité par le prestigieux Atelier du Livre d’Art et de l’Estampe de l’Imprimerie Nationale).

Mardi 28 octobre (15h-17h), un atelier Calame est organisé en écho à l’exposition Héritage, Traces et Mémoires de Robert Lobet. Avis à tous les petits bricoleurs en herbe, découvrez les outils et supports d’écriture de l’Antiquité et fabriquez le vôtre. Atelier parent-enfant dès 8 ans. Tarif 5€ le binôme sur inscription.


Ouvert du mardi au dimanche 10h-12h et 14h-18h

Contact 04 67 46 47 92 


Jardin antique méditerranéen

Rue du Pioch, Balaruc-les-Bains

Concerts et Master-class
3-7-14-21-29 novembre

Conservatoire Manitas de Plata à Sète


Master-class jazz

Lundi 3 novembre, 18h-20h

À l’occasion de sa venue au Koa Jazz Festival, Gilad Hekselman nous fera l’honneur d’animer une master-class en collaboration avec le département jazz du CRI.

Réserver


Lamatrema

Vendredi 7 novembre, 19h-21h

Concert de restitution, à la suite à d’une résidence de trois jours, de ce projet mêlant percussion et musique électronique. Direction : Carlos Puga Garcia.

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Musique française et piano d’époque

Vendredi 14 novembre, 19h-21h

Pour marquer le 150ᵉ anniversaire de la naissance de Maurice Ravel et les cent ans de la disparition d’Erik Satie, la violoniste Françoise Duffaud et le pianiste Grégory Rattez, directeur du conservatoire, proposent un concert en duo sur le piano de Paul Valéry. En partenariat avec le Musée Paul Valéry de Sète.

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Jaco Pastorius

Vendredi 21 novembre, 19h-21h

Concert en trio Frédéric Monino, Michel Prandi et Patrice Héral Afin de comprendre la révolution musicale conduite par le bassiste Jaco Pastorius (1951-1987), cette conférence-concert dévoilera, au fil de nombreux extraits musicaux illustrés basse en main, les innovations du génial bassiste américain. Direction : Frédéric Monino

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Souffle d’arménie

Samedi 29 novembre, 17h-19h

Le duo Souffle d'Arménie est la rencontre de deux artistes animés par la même passion : le partage de la musique et de la culture arménienne. Sahag Nazarian pianiste, compositeur et arrangeur, et Anne Desbrosses trompettiste vont vous faire voyager au cœur de l’Arménie au son de ses musiques traditionnelles, ajoutant une pointe de swing et de blues. 

Réserver


Auditorium Maurice Ravel

Conservatoire Manitas de Plata

165 rue Louis Izoird - quai des Moulins, Sète

Directeur de la publication : Jean-Renaud Cuaz
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Ce bulletin culturel est publié par Audasud

8 avenue Victor Hugo, 34200 Sète

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par Jean-Renaud Cuaz 1 janvier 2026
Le Désespéré résume fichtrement l’année culturelle écoulée. L’autoportrait de Gustave Courbet, peint dans sa jeunesse vers 1843, propriété privée depuis la mort de l’artiste, fut exfiltré en 2025 entre deux contrats mirobolants de la pétromonarchie et acquis en catimini par la sœur de l’émir du Qatar, surnommée la Culture Queen . C’est surtout, de notre patrimoine culturel, un portrait faisandé à s’en arracher les cheveux. Loin de ces dérèglements rythmés par des mortiers pétaradants à s’en péter les doigts, sur une île foutrement singulière, 25 Figures d’un même tonneau se massaient en… JANVIER au bar du Plateau comme le fera un nouveau contingent ce 24 janvier 2026, dans cet estaminet du Quartier Haut. Parmi ces FS3 qu’on espère présentes, une rameuse, un néo-crooner, un couple de tiellistes, un fossoyeur, un galérien, une fripeuse, des artistes évidemment… Un micro-festival animé par Laurent Cachard, écrivain-sismographe de la sociologie sétoise. Outre-atlantique, alors qu’un ancien président graciait quasiment tout ceux auxquels il a serré la main, un nouveau leader du monde libre, encadré d’Elon et ses Musketaires, prenait place dans son bureau ovale. À l’écoute du discours inaugural, les Groenlandais se découvrent une ressource stratégique sous leurs pieds emmitouflés : une glace qui produit près de 70 % des cas de gelures dans le monde. À propos de délogement… FÉVRIER voit l’Amadeus, ancien morutier copieusement centenaire, quitter l’angle du quai du Grand Pavois pour aller s’amarrer quai de la République. Le doyen des gréements sétois et son capitaine Jean-Christophe Causse y affichent la fierté des derniers témoins de la pêche à la morue, un patrimoine culinaire bien ancré dans notre île singulière. À Paris, un chahut parlementaire s’installe dans un hémicycle forcé de calfeutrer ses persiennes pour couvrir à la manière d’un fumigène les orgues de Staline de nos banlieues. Alors qu’à l’ombre de l’ancien palais consulaire, l’écrivain-philosophe Jean-Louis Cianni faisait revivre le Dernier rêve de René Descartes à la librairie Kailash et que s’éteignait la voix de The First Time Ever I Saw Your Face , en… MARS le label culturel Audasud montrait la face cachée de Ayerbe y Aragón , village et région ibériques, publié avec le talent acharné de l’archéologue et historien local Marc Lugand. Insatiable quand il s’agit de partager notre patrimoine culturel, Audasud livre à la Sehsser et à ses membres le Bulletin de la Sehsser 2024-2025 , dernier-né d’une collection forte de plus de 300 articles sur l’histoire de Sète et sa région. Toujours à Sète, un capitaine, aussi prompt à lever l'ancre que le coude, s’apprête à inaugurer, avec le même label, les Rencontres de l’Amadeus lors d’une conférence média, programmées à partir d’… AVRIL avec en ouverture le désespéré Arthur Roques, bagnard en Guyanne ressuscité par la voix plus qu’habitée de Simone Pons et par un dessin de presse qui annonce : pas besoin de gilets de sauvetage, ici on voyage sans bouger ! Au Plateau du Quartier Haut est servi, par les Rendez-vous des Automn’Halles, la romancière Cécile Gouy-Gilbert et sa Passion d’Arcélie . Une autre passion désespérée jette dans les rues de France cortèges et contre-cortèges dont on a oublié quelle étincelle mit le feu aux mortiers. Au-dessus de ce vacarme, une fusée plus pacifique, ayant décollé du Texas, mit sur orbite un équipage historique de six célébrités féminines pour une mission de… dix minutes. Depuis ce jour, les petites filles lèvent les yeux vers le ciel en rêvant de se fiancer à Jeff Bezos, à défaut de s’imaginer recevoir en… MAI un des prix du Concours de nouvelles 2024 organisé par les Automn’Halles à la médiathèque de Mèze. Plus de 140 candidats avaient répondu à l’appel du thème Grain de mer, grain de sable . L’Amadeus accueille une expo d’Itinérance Foto pour son festival d’artistes photographes, alors que le Festival de Cannes réunissait les fonctionnaires subventionnés du très très long métrage pour parfois parler cinéma. Là où il semble manquer de fonctionnaires, ce sont les tours de contrôle des aéroports qui, année après année, défraient la chronique et donnent de froides sueurs, avec des contrôleurs hors de contrôle, en congés Maldives ou autres lieux de villégiature. À Rome, Le nouveau pontife yankee, dont le nom officiel est Bob Ier, s’engage à canoniser l’équipe entière des White Sox de Chicago qui remporta les World Series, championnat de baseball, en octobre 2005, leur premier titre en 88 ans. Alors que Rodez célèbre à sa manière, en… JUIN l’année de la mer, à un jet de mortier de la Grande bleue. Une explosion de poésie dans l’antre du Grand noir, de souvenirs épars… la plage, les cabanes, les pêcheurs… disséminés façon intime en plus de 100 images et objets. « Je suis curieuse. Point. Je trouve tout très intéressant. La vraie vie. La fausse vie… » , nous dit Agnès Varda. À Sète, les Figures singulières s’affichent en grand et en duos sur les murs d’une médiathèque transformée en promenoir pour rencontres galantes. Pendant que la Maison des Pieds-Noirs se goinfre du grand méchoui annuel qui aurait fait se dresser sur la tête de BB sa célèbre gerbe de blé grisonnante, sept bombardiers furtifs américains B-2, opérant dans le plus grand secret, décollent d’une base toute aussi furtive et, lors d'une attaque surprise qui choque le monde, larguent 14 bombes anti-bunker sur l’Iran, que Trump accuse d’abriter des dossiers compromettants sur ses torrides escapades chez Jeffrey Epstein. Loin des jardins persans, celui de notre Château d’eau fait l’objet de toutes les attentions de notre quotidien régional, en… JUILLET sous le titre Parc Simone Veil : reflet de la culture sétoise . Une double-page nourrie entre autres d’une excursion du président de la Sehsser accompagné de deux jeunes journalistes pendant que se tramaient, en toute digression, deux limogeages à la tête de la société d’études historiques de Sète. Un putsch qui fait sortir de leurs gonds nombre d’adhérents et de son chantier naval les Gréements languedociens pour disperser en l’étang les cendres du Sehsserois Dominique Potié, pourfendeur de ce complot et initiateur de l’éphémère atelier de généalogie, au grand dam de ses participants. Tournant cette sombre page, Audasud inaugure, lors du festival Voix Vives, sa collection L’An Demain Poésie avec trois recueils : Texture 6, l’anthologie poétique 2025 , par les Amis de Michel Baglin, Carte de visite sétoise de Stéphanie Goué Quitté et Des Ans Parés de Lucile Latour. En pleines festivités de la Saint-Louis, à bord de l’Amadeus en… AOÛT Audasud présente Le Concours de pêche et son auteur Loris Chavanette. Perchée sur un bout de quai, une magnifique épopée fait naître les plus belles émotions, devant laquelle le grand Hemingway aurait certainement opiné du béret. Mais l'événement le plus marquant du mois d’août, si ce n'est de tous les temps, c'est l’annonce des fiançailles de Taylor Swift avec son futur époux, qui lui offre une bague de fiançailles considérée comme le premier bijou fabriqué par l'homme visible depuis l’espace. Ce qu’aurait pu observer un astronaute des odyssées Apollo, Jim Lovell, qui rejoint ce mois-ci les étoiles sans avoir pu marcher sur la Lune. Une infortune partagée par l’auteur de La Terre à la Lune . Jules Verne, l’un de nos plus grands écrivains, était à l’honneur en… SEPTEMBRE lors du Festival du livre de Sète, avec son arrière-petit-fils Jean Verne, présent pour célébrer les 150 ans de la parution de l’Île mystérieuse et lancer le concours de nouvelles 2025 dont la clôture des candidatures fut annoncée hier à minuit par les mortiers d’artifice ici, là et là-bas. Le centenaire de la disparition du grand compositeur Erik Satie fut l’occasion d’une ouverture des Automn’Halles animée par le pianiste concertiste Jean-Pierre Armengaud. Pendant les quatre jours qui suivirent, pas moins de 24 invités ont présenté et dédicacé leurs ouvrages. Parmi eux, deux Prix Goncourt : Pascale Roze en 1996, et un futur impétrant, Laurent Mauvignier, qui sera récompensé quelques semaines plus tard. Alors qu’à Paris tombait un nouveau gouvernement, sur la place du Pouffre, lors de la journée réservée aux plumes locales, Yves Marchand était venu dédicacer, au milieu des feuilles tombées des platanes, ses propres Feuilles Mortes publiées par L’An Demain. À quelques jets de fumigène de là, au Théâtre Molière, Patrick Joubert Annibal célébrait ses 60 ans de spectacle entouré des Frenchy Girls de Johanna et de l’orchestre de Didier Lévêque. À la fin du show, l’artiste dédicaça son épaisse autobiographie Lady Bee Story , publié par L’An Demain, qui à peine… OCTOBRE arrivé, allait présenter à toutes jambes au Plateau du quartier Haut Un monde sans Murat , écrit par Laurent Cachard, l’un de ses inconditionnels. À Paris, des monte-en-l’air, à l’aide d’un monte-charge et d’une disqueuse, dérobent en plein jour au musée du Louvre les joyaux de la Couronne de France. Le musée, bénéficiant du même niveau de sécurité qu'un distributeur automatique de boissons, embarrasse profondément ses responsables par ce vol effronté. Leur humiliation ne fait que s'aggraver lorsqu’ils découvrent une autre fuite, d’eau celle-là, endommageant gravement le manuel d’instructions de sécurité pour le bâtiment. Mais les gardiens était trop occupés à prendre des selfies devant les fenêtres du musée pour s’en apercevoir. Désespéré, l’État nomme un nouveau directeur de la sécurité du Louvre en la personne de François Bayrou, afin qu’il puisse bénéficier de quelques émoluments supplémentaires. À propos de grands commis de l’État, les Rendez-vous des Automn’Halles invitent en… NOVEMBRE Nous les Guilhems de Montpellier , l’histoire d’une grande dynastie montpelliéraine racontée sous la forme d’un roman par l’écrivain Didier Amouroux au Plateau du Quartier Haut. Novembre est un mois grave, on commémore le dixième anniversaire des attentats de 2015, on se recueille, on promet plus jamais ça, tout en constatant que ça est devenu plus fréquent. L’écrivain Boualem Sansal est gracié par le dey d’Alger après avoir goûté aux geôles barbaresques. Valentine Schlegel, elle, aurait eu 100 ans ce mois-ci. Un coin de quai transformé en placette porte désormais son nom. Elle vécut en famille dans l’immeuble qui lui fait face quand elle rencontra Agnès Varda avec qui elle vécut plus tard à Paris. Bien plus qu’une simple amitié à laquelle se limite pourtant la bienséance locale. Autre ambiance à Castries, où la communauté américaine célébra Thanksgiving dans le domaine de Fondespierre, qui offre une des plus belles balades le long de l’aqueduc construit par Paul Riquet en 1676. Tout aussi fascinante, une flânerie vous invite en… DÉCEMBRE à redécouvrir le Rugby du grand AS Béziers des années 1960-1984, un quart de siècle relaté et décortiqué par son indéboulonnable n°8, le Sétois Yvan Buonomo. Son livre, À la recherche du Rugby perdu , fait moins référence au temps de son pendant proustien, qu’aux légendaires troisièmes mi-temps biterroises. Yvan retrouva quelques-uns de ses anciens coéquipiers à l’occasion d’une dédicace de son livre publié par l’An Demain, une réédition augmentée de 40 photos historiques. Le temps de se remémorer, autour d’une bière ou deux, quelques matchs d’anthologie à la brasserie La Coupole, le siège d’avant-match des supporters à un jet de pétard de l’antre du Sauclières. À Sète, la médiathèque accueillait Patrick Joubert Annibal pour une présentation de son autobiographie Lady Bee Story , accompagné de son préfacier Éric Sarner, de son postfacier l’éditeur, et d’un clip vidéo de quelques minutes, condensé de son spectacle au Théâtre Molière. Le mois se terminait avec l’exposition-dédicace Voyage en Haut Aragon avec Topolino à l’Espace Félix, un recueil du dessinateur agrémenté de textes de Marc Lugand en français et en espagnol. Ainsi s’achève l’année 2025 avec la disparition d’une icône du cinéma et de la cause animale, assignée à résidence tropézienne pour avoir hébergé une poupée hypersexualisée et pour être… trop française. Les vœux présidentiels prononcés du bout des lèvres, auxquelles étaient suspendus une poignée de téléspectateurs, finissent de nous anesthésier. À écouter d’une oreille distraite l’Astrologue en chef, ils ont pu apprendre que les enfants qui naîtront au cours de cette nouvelle année seront dodus et radieux. Doués pour la reproduction, ils feront remonter la courbe des naissances. Plus tard, ils feront baisser celle de la dette et ne manqueront pas d’exceller à saigner un peu plus le peuple, remplaçant au fur et à mesure les petits hommes gris. Dans leurs bureaux haussmanniens, leur devise s’affichera en lettres d’or, au-dessus de leurs fauteuils capitonnés : Let’s boogie!
par Jean-Renaud Cuaz 24 décembre 2025
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE JANVIER Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 29 novembre 2025
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE DÉCEMBRE Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 13 novembre 2025
De l’obscurité des music-halls à l’obscurantisme des mollah, des Parapluies de Cherbourg aux machettes de boucher, des Tontons flingueurs aux massacreurs du Bataclan… il n’aura fallu qu’une soixantaine d’années. Les justaucorps jacquard et chapeaux melon ont fait place aux amples cafetans et coiffures d’imam qui peinent à cacher le sang d’un islamofrérisme rampant et son faux frère, l’islamo-gauchisme. Il y a quatre-vingts ans, la guerre, lassée de tant de vacarme, s’en est allée finir ailleurs. Les ondes radiophoniques, jusque-là traumatisées par les sirènes, reprennent du service : elles décident de diffuser autre chose que des alertes. Le 26 mai 1945 , on cherche un quatuor vocal pour mettre un peu de facétie. Quatre jeunes gens se présentent, aussi dégingandés qu’enthousiastes. On leur demande leur nom : ils n’en ont pas. — Appelez-nous les Frères Quelque Chose , proposent-ils avec modestie. Un technicien, homme d’un grand sens du hasard, s’écrie Les Frères Jacques ! Et l’affaire est faite, aussi vite qu’un jeu de mots en goguette. Le nom fleure bon la chanson enfantine et la plaisanterie potache, parfait pour faire les pitres avec gravité. Ils chantent, gesticulent, font le Jacques avec l’élégance d’un sémaphore en délire. Un soir, entre deux refrains et trois nœuds papillon, ils croisent Francis Blanche, qui leur écrit des textes où l’intelligence fait des claquettes. Leur premier répertoire ? Un buffet à volonté : folklore, negro spirituals, chants religieux, le tout saupoudré de synchronisation labiale approximative. En 1948 sort leur premier 78 tours, à une époque où la musique tournait plus lentement et durait plus longtemps. Le succès vient, trébuchant mais poli, et c’est Jacques Canetti qui, tel un bon génie en complet sombre, les propulse dans la lumière des projecteurs. Les voilà chantant sur des ondes enfin réconciliées avec l’humanité. Le 3 janvier 1982, un drame national — que dis-je, cosmique — s’est joué au Théâtre de l’Ouest parisien : les Frères Jacques ont décidé d’arrêter de chanter. Les âmes sensibles ont aussitôt crié au scandale, les autres ont continué à mâcher leur cacahuète, car c’était un dimanche. À la fin du spectacle, quatre chapeaux comiques ont salué le public avant de disparaître dans les coulisses. On raconte qu’ils se sont séparés pour vaquer à leurs occupations. J’en ai interrogé un : il comptait élever des silences en batterie. Un autre envisageait d’ouvrir un magasin de chaussettes pour mains, parce que les gants, c’est surfait . Pendant ce temps, leur pianiste Pierre Philippe, brave homme à doigts multiples, a décidé en 1995 de donner son dernier concert... à Saint-Bouize. Lieu prédestiné, car Saint-Bouize, comme son nom l’indique, est la capitale mondiale du soupir discret. En 1996, au Casino de Paris, on leur rend hommage. Cinq-mille spectateurs émus, pas une seule caméra. C’est dire si la télévision sait se tenir. Elle préfère filmer des débats sur la cuisson du flan plutôt que la gloire des artistes. Les années filent ensuite comme des croches sans mesure. Jean-Denis Malclès, tailleur en habits d’humour, quitte ce monde en 2002. François Soubeyran le suit de près, sans doute pour vérifier les coutures de ses ailes. Puis les frères Bellec s’en vont, l’un après l’autre, avec une ponctualité presque suisse. Paul Tourenne, fidèle jusqu’à la dernière note, s’éclipse en 2016 à Montréal — preuve que même les Jacques ont besoin d’un peu d’exil pour mourir tranquilles. Enfin, Hubert Degex, le dernier pianiste, rend les touches en 2021, à 92 ans, après avoir sans doute trouvé une partition d’éternité en ré majeur.
 La Bibliothèque historique de la Ville de Paris conserve leurs chapeaux, leurs partitions et même leurs coupures de presse — tout ce qu’il faut pour organiser un sabbat érudit. Il ne manque que le son de leurs voix et le rire suspendu entre deux couplets. Leur répertoire, quant à lui, relève de la haute voltige intellectuelle : ils ont tout chanté, du général Castagnetas à la confiture , du Complexe de la truite (de Schubert) au derrière du peuple (voir La Digue du cul , œuvre d’intérêt public). Ils ont prouvé qu’on pouvait philosopher en collant des grimaces sur des vers de Prévert, et pleurer d’émotion tout en chantant des sottises. Ainsi s’achève cette chronique du souvenir. Les Frères Jacques ? Des poètes de velours à la boutonnière, des funambules du calembour, des anges qui savaient rimer avec dingue . Et s’ils nous entendent — là-haut, dans la stratosphère mélodique — qu’ils sachent une chose : le monde est bien triste depuis qu’il ne fait plus le Jacques.
par Jean-Renaud Cuaz 30 septembre 2025
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS D’OCTOBRE Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 24 septembre 2025
Fin septembre, les Automn’Halles lanceront leur 16e édition. Seize années qu’un pari un peu fou a pris vie : celui de faire vibrer une île singulière au rythme des mots, de la lecture, de la musique et de la peinture. Depuis quatre ans, la reconnaissance officielle du Centre National du Livre est venue confirmer ce que les Sétois savaient déjà : que ce festival a gagné sa place dans le paysage littéraire national. Des partenaires fidèles — le réseau des Médiathèques de l’Agglo, le musée Paul Valéry, les librairies, le Plateau, l’Amadeus et désormais la Maison Régionale de la Mer — apportent leurs sites, leurs énergies. Grâce à eux, la littérature s’installe partout, elle respire dans chaque recoin de la ville, elle s’offre au plus grand nombre. Durant cinq jours, les auteurs se disperseront comme autant de semeurs de songes. Dans les classes, pour éveiller les élèves à la puissance des mots. Dans les espaces de rencontre, pour échanger directement avec leurs lecteurs. Dans les dédicaces, pour ce moment simple et rare où une phrase manuscrite scelle un souvenir. Le programme est riche, multiple, ouvert. Il accueille des figures déjà consacrées, et des voix nouvelles qui montent, prometteuses et fragiles. Il fait place aux auteurs et éditeurs locaux et régionaux, car la littérature vit aussi des racines qui nourrissent son terreau. Il tend la main aux talents en herbe, avec son Concours de nouvelles. Pendant cinq jours, Sète se transforme en une île de papier et de voix, où chaque rencontre devient une aventure, chaque lecture un voyage, chaque instant une célébration. Nous dédions cette édition des Automn’Halles à un auteur que nous avons accueilli au Crac en 2022. Boualem Sansal est emprisonné depuis plus de dix mois par un pouvoir totalitaire. Condamné pour exercice illégal de… sa liberté de penser et d’écrire. En appel de sa condamnation le 24 juin dernier, l’écrivain âgé et malade lâchait devant un tribunal de façade : « La Constitution garantit la liberté d’expression et de conscience et pourtant je suis là » . Yves Izard animait la rencontre avec l’auteur de Abraham ou La Cinquième Alliance paru aux Éditions Gallimard en 2020. En charge avec une équipe des Automn’Halles des relations avec les écrivains et les éditeurs, Yves va vous dire quelques mots sur cette rencontre à laquelle certains d’entre vous ont assistée. Boualem a dû laissé une belle empreinte dans vos mémoires. Les Automn’Halles… Ce pourrait être un titre-valise inventé par Erik Satie pour une de ses mystérieuses pièces musicales. On entendrait presque dans nos halles, haranguer : mercredi je peux pas, j’ai gymnopédie ! La question que vous êtes en droit de vous poser, c’est… qu’ont donc en commun Erik Satie et la littérature? Outre le fait qu’Alfred Satie, son père, fut un temps éditeur… Noble métier, s’il en est… Je répondrai qu’après tout, nous recevons samedi Hubert Haddad, l’auteur de… la Symphonie atlantique . Pour le clou de ce festival, car Il faut toujours un clou dans un festival qui se respecte, j’hésite entre… Laurent Mauvignier, l’aspirant au Goncourt, et Michel Zambrano, le sauveteur aux ondes courtes… Lequel nous lira des inédits vendredi à bord de l’Amadeus. Laurent Mauvignier, lui, nous fera l’inventaire de la Maison vide à la Maison de la Mer lors du premier grand entretien demain. L’inventaire d’une maison vide, ça devrait être court me direz-vous… Mais comme c’est Laurent Cachard qui se charge de l’animer, vous en aurez pour votre argent, même si l’entrée est gratuite. C’est simple, les Éditions de Minuit ne jurent que par Mauvignier et ne changeraient pas un traitre-mot de leur auteur fétiche. Je rapprocherais Erik Sati de… Jules Verne, dont nous accueillons samedi l’arrière-petit-fils, Jean Verne, pour les 150 ans de la parution de l’Île mystérieuse . Erik Satie prétendait faire de la musique d’ameublement, allant jusqu’à l’assimiler à du papier peint musical. De là à parler de papier peint littéraire il n’y a qu’un lai à tourner, un pas que des érudits franchissent à propos de Jules Verne. On objectera qu’il y a des papiers peints qui font voyager. Mais je préfère laisser les exzézettes , comme on dit ici, s’exprimer. Pianiste-concertiste international et musicologue, Jean-Pierre Armengaud est également l’auteur d’une colossale biographie du compositeur de Parade , que vous pouvez vous procurer ici ou à la librairie Gavaudan. Jean-Pierre Armengaud va nous rythmer cette rencontre par des illustrations musicales de Satie jouées au piano. À ses côtés, Patrice Legay animera cette soirée. Patrice est musicien et préside l’AMA Languedoc, l’association des Musiciens Amateurs du Languedoc. L’AMA Languedoc animera ici même demain de 10h à 12h une Master Classe de Jean-Pierre Armengaud avec des œuvres de Satie jouées au piano et chantées. Puis à la Médiathèque Mitterrand… le concert Erik Satie vendredi de 18h à 19h30 et la clôture des Automn’Halles dimanche à 18h, un Clin d’œil à Satie par le groupe de jazz Les Smiles. Je terminerai par un précepte que je fais mien : « Je ne me reconnais pas le droit d’abuser des instants de mes contemporains » disait le plus littéraire des compositeurs, celui qu’Alphonse Allais appelait Esoterik Satie. Merci et belles Automn’Halles à toutes et à tous ! Jean-Renaud Cuaz Président du Festival du Livre de Sète – Les Automn’Halles
par Jean-Renaud Cuaz 29 août 2025
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE SEPTEMBRE Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 15 août 2025
L’auteur ouvre son Concours de pêche en le dédiant à son ami Toto Neige, à l’origine de ce roman, ainsi qu’à tous ces clochards célestes sans lesquels il manquerait quelque chose au monde . Dans les premières pages, Alex, le narrateur nous invite à le suivre le long d’un quai avec son enfant Jonas qui découvre sous un palmier une dalle avec inscrit « ici a vécu Jonas le pêcheur ». Le Jonas que j’ai connu était l’homme le plus gentil du monde , lui dit-il. Je vais même te dire un secret, c’est grâce à lui si tu t’appelles Jonas . Il lui fait alors la promesse de lui raconter l’histoire de Jonas le pêcheur, plus tard, quand il sera plus grand. L’histoire d’un miracle . Mis sous pression par son boss , Alex croule sous un gros dossier, une de ces tours géantes qu’on aperçoit en atterrissant à Charles-de-Gaulle imaginées pour des gens qui y vivent. Son travail d’architecte c’est de faire en sorte qu’ils y restent le plus longtemps possible . La vie parisienne l’assomme, une vie au milieu de fantômes cravatés, les cernes tirés jusque là, éteints comme des cierges consumés . Un soir qu’il manque l’arrêt de sa station de métro et finit le trajet à pied, il surprend sa compagne à la terrasse d’un restaurant, dans les bras d’un autre, dont elle s’extirpe par un guttural « désolé Alex ! » . Il venait de casser sa tire-lire pour un gros diamant, décidé à lui faire sa demande dans le mois. Cinq années de vie commune partent en sucette et s’en vont valdinguer sur le trottoir. Il reconnaît pourtant qu’elle l’a libéré d’un cachot où il s’était enfermé lui-même à double-tour, en jetant la clé par la fenêtre . Un coup de pouce du destin qui le fera plonger dans l’alcool et enjamber son balcon d’où il tombera… du bon côté. jusqu’à trouver la rédemption auprès d’un réconfort maternel et d’un miroir qui renvoie l’image hirsute d’ un drôle de type . Un amour perdu peut mener à ça, une sorte de clandestinité vis-à-vis de soi-même . Et une résolution, avant que s’ouvre le chapitre paternel, Je vais voir la mer, là où est papa . La disparition du père, parti pêcher seul en mer, est l’occasion pour l’auteur, et pour Jack London, de nous rappeler, que l’on peut partir à la manière de Martin Eden, dans un océan de désespoir qui prend fin quelque part dans les abysses intimes et sourdes . La veille de son ultime sortie en mer, il avait emmené son fils pêcher au phare de Roquerols sur l’étang de Thau (…) Ses yeux étaient mouillés comme la coque d’un bateau flottant à la dérive . À Sète, en pleines festivités de la Saint-Louis, Alex revient loger sous un toit du quai d’Orient, avec sous les yeux le croisement des canaux et des ponts, et le douloureux rappel d’un lointain bonheur familial. À une encablure de là, à la terrasse animée du Barbu (devenu depuis quelques semaines le Bar Muge) Alex fait l’apprentissage auprès d’une autochtone de quelques leçons de savoir-vivre sétois, c’est-à-dire sans savoir-vivre du tout, sinon la gentillesse du cœur , qui, au réveil s’avèrent être tarifées. Plus tard et sans le vouloir, Alex le Parigot se retrouve au beau milieu d’une partie de pêche le long du canal , découvrant à la fois la scène et les acteurs d’une comédie dramatique à la sétoise. Il aura beau faire valoir une naissance des plus locales, Auguste et ses comparses le traiteront comme il se doit en île singulière, un estranger , trahi par le manque d’accent d’ici-bas. À force d’invectives et de fanfaronnades, voilà Auguste qui met au défi le plus vieux d’entre eux, surnommé le Turc , d’accrocher une dorade royale de 5 kilos, pas un de moins, prenant le quai de la République et ses flâneurs à témoins. Le Concours est lancé. L’Ancien sortira de sa torpeur pour une ultime bravade. Pour son Concours de pêche , Loris Chavanette en appelle à l’auteur du Vieil homme et la mer , autant que du vieil homme et l’amertume, ce fil discret comme un goût salé qui persiste et révèle des valeurs hemingwayennes : La perte et la privation . Alex vit avec une blessure d’enfance qui ne s’est jamais refermée : la disparition en mer de son père. Ce vide n’est pas seulement une douleur, c’est aussi une forme d’amertume envers le destin — un sentiment que la vie a triché, qu’elle lui a pris quelque chose de fondamental avant qu’il ait pu se construire. Cette aigreur se renforce au moment de la rupture amoureuse, comme une perte réveille les précédentes. Les affres du temps perdu. Le roman nous dépeint un homme qui, en revenant à Sète, mesure la distance entre ce qu’il aurait pu vivre et ce qu’il vit. Ce constat donne un ton désabusé, teinté d’une mélancolie que semble incarner Jonas l’Ancien, objet de toutes les attentions et de tous les superlatifs. Le concours, en apparence anodin, devient le théâtre de cette confrontation au temps qui passe — un temps qui n’a pas toujours été bien employé, ou qui a filé sans laisser de traces heureuses. L’âpreté des vies cabossées. Jonas, le sans-abri, incarne une autre forme d’amertume : celle des coups reçus par la vie et qui finissent par former une carapace. Derrière son pari du briquet en or, il y a sans doute des pertes, des humiliations, et la nostalgie d’un passé révolu. Ce personnage fait écho à Alex, comme un miroir de ce qu’il aurait pu devenir. Enfin, une amertume adoucie par la rencontre. Même si le roman laisse planer ce goût amer, il ne s’y enferme pas. Les dialogues colorés, les situations cocasses, la tendresse qui se noue entre Alex et Jonas viennent diluer cette sensation. On pourrait dire que le roman n’est pas une plongée dans l’amertume, mais une t entative de la transformer — comme si le sel de la mer pouvait devenir saveur plutôt que blessure. Le Concours de pêche Loris Chavanette Allary Éditions (21 août 2025) Loris Chavanette, historien et romancier, présentera son roman samedi 23 août à 11h, à bord de l’Amadeus, amarré, comme il se doit, quai de la République. Il est l’auteur de La Fantasia (Albin Michel, 2020), prix Méditerranée du premier roman.
par Jean-Renaud Cuaz 28 juillet 2025
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS D’AOÛT Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 11 juillet 2025
L’ŒUVRE DU TEMPS Sète, le 10 juillet 2025 Je veux parler du temps de la destruction gratuite. Ici une affiche mémorielle, là un élan bienveillant pour la promotion de l’histoire locale. Certes, le temps fait son œuvre et nous assène à tous les temps que rien ne dure. Que des valeurs humaines partent à vau l’eau, entrainées par des rivalités internes, des convoitises parmi les plus funestes. Une société d’études historiques voit son Conseil d’administration, réduit comme peau de chagrin à quatre membres, voter l’exclusion d’un président pourtant soutenu par une communauté réduite au silence. Une présidence qui s’est efforcée pendant ces 18 mois de monter avec son équipe de beaux projets. Un vote couperet avant que ne soit proposé l’élargissement du Conseil et du Bureau afin de donner plus de voix aux membres de la Sehsser. Ce déploiement n’a pu se faire, ces nouvelles voix ne pourront se faire entendre. L’ancien président qui a mené l’accusation et les arguments à charge, montre par là qu’il n’a jamais voulu céder les reines à une nouvelle gouvernance plus ouverte et déployée, à l’image des affiches exposées dans nos rues pour les 80 ans de la libération de notre île décidément bien singulière. Jean-Renaud Cuaz, Président de la Sehsser 2024-2025
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