LES RENDEZ-VOUS CULTURELS D’OCTOBRE

Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir

QUATRE CONCERTS GITANS

HOMMAGE À MANITAS

Mercredi 1er, jeudi 2, samedi 4 octobre

Parvis des Halles, rue Alsace-Lorraine, place Léon Blum, Conservatoire


Baptiser le Conservatoire à Rayonnement Intercommunal (CRI) du nom d’un guitariste gitan, fut-il un virtuose de notoriété mondiale, c’était un geste… olé-olé. Mais l’inscription sur cette façade fut surtout le prolongement d’un cri du cœur bien légitime de nombreux flamencophiles alentours. Car Ricardo Baliardo, dit Manitas de Plata, a poussé son premier cri non loin de cet ancien entrepôt Dubonnet sur ce quai des Moulins, dans une des caravanes des gens du voyage. Un geste fort pour un lieu traditionnellement associé à un compositeur ou un musicien du répertoire classique, que n’a pas manqué de noter Jean-Christophe Causse, à l’origine de cet hommage. Cet ancien organisateur de spectacles, ami de la famille Baliardo, est aussi l’auteur de Niño raconte : La saga de la famille Baliardo (2023). Pour cette première édition en partenariat avec l’association M28, les grandes musiques gitanes seront offertes au public : le flamenco, le jazz manouche, la rumba catalane et quelques pincées de bossa nova.


Programme musical de l’Hommage à Manitas :

Mercredi 1er octobre, parvis des Halles à 12h : ouverture festive avec Rey Baliardo et ses complices

Jeudi 2 octobre, rue Alsace-Lorraine à 18h : jazz manouche et flamenco fusion avec Steeve Laffont, Dominique Di Piazza et Rudy Rabuffetti

Jeudi 2 octobre, place Léon Blum à 20h : grande soirée gitane avec Gypsy Baliardo, héritier direct du mythe

Samedi 4 octobre, Conservatoire à 20h : Juan Carmona et son orchestre symphonique présentent la Sinfonia Flamenca (Réservation obligatoire)


Conservatoire Manitas de Plata

Quai des Moulins, Sète

Raphaël Ségura

Jusqu’au 25 octobre

Galerie des Flâneurs à Montpellier

Au printemps dernier, l’architecte Garcia Diaz ouvrait deux galeries dans le centre-ville, très proches l’une de l’autre. Après quelques travaux, elles ont rouvert en septembre pour être mises à disposition des artistes gratuitement. La galerie des flâneurs invite en octobre le peintre montpelliérain Raphaël Ségura pour une sorte de mini-rétrospective puisque l’on y retrouvera tant ses peintures que ses dessins, ses livres d’artistes ou ses photographies. Deux séries retiennent l’attention : celle intitulée des Rendez-vous et celle des Poupées. Parmi les livres d’artistes, James Sacré ou Jean Joubert méritent d’être relevés.


Galeries des Flâneurs

9 rue des Balances et 16 rue Roucher, Montpellier

Land Speed Record de Armand lestard

Jusqu’au 18 octobre

La Pop Galerie à Sète


Né en 1965 à Longwy et installé à Montreuil, Armand Lestard s’inspire de son enfance ouvrière et détourne des matériaux industriels – bitume, fer, savon, graisse – pour inventer un langage artistique singulier. Ses sculptures-machines et installations performatives jouent de la tension entre mécanique et poésie, lourdeur et légèreté. Son travail traverse aussi le dessin, la peinture, le modelage et le son, avec des dispositifs tels que l’alphabet vermicelle ou les tambours amplifiés. À travers eux, il met en scène mémoire ouvrière, engagement social et recherche plastique, revendiquant une esthétique low-tech en opposition au triomphe du high-tech.


La Pop Galerie

16 quai du Pavois d’Or, Sète

Fête de la coquille Saint-Jacques

Samedi 4 et dimanche 5 octobre

Criée aux poissons de Sète


Le parking de la Criée vous ouvre ses grilles pour fêter la coquille Saint-Jacques le temps d’un week-end. Un véritable temple sera dressé, dédié aux saveurs maritimes, entre traditions bretonnes et patrimoine culinaire méridional. Au cœur des festivités, la coquille Saint-Jacques de la baie de St-Brieuc, plus grande que sa cousine méditerranéenne, mais tout autant savoureuse, à découvrir en noix entière. On l’appelle aussi peigne de Jacob ou peigne de Jacques. Ce dernier se réfère aux cendres de l’apôtre Jacques ramenées jusqu’à Compostelle, au nord-ouest de l’Espagne dans une coquille Saint-Jacques. La forme de la valve devenue symbole du pèlerinage est remarquable d’élégance, les côtes rayonnantes formant un orbe quasi parfait. Au point de servir d’écrin à La naissance de Vénus, célèbre tableau de la Renaissance italienne peint par Sandro Botticelli. De nombreuses spécialités sétoises vous attendent. concerts, fanfares et déambulations musicales viendront animer la criée tout au long du week-end, dans une ambiance chaleureuse et familiale.


De 10h à 22h

Contact 06 13 02 20 71 

lescopainsdabord7@gmail.com


Criée aux poissons

14 quai Maximin Licciardi, Sète

Trésors marins de Pascal Légitimus

Jusqu’au 8 novembre

Galerie Maïlyn Bruniquel à Sète


Ils se prélassent sur une roche volcanique de l’île Maurice ou une plage mexicaine. Pascal Légitimus les met en scène et en lumière, sublimant la richesse de formes, bigarrées ou parfaites, selon le caprice de la Nature. Il s’y adonne depuis quelques années mais sa collection s’est faite depuis son plus jeune âge. Les œuvres exposées s’accompagnent de titres et de courts textes évocateurs : Pied dans l’eau. On a tous marché sur le sable en laissant nos empreintes. Ce coquillage a choisi de laisser la sienne sur mon pied c’est un partage éphémère que mes yeux n’oublieront pas. Où qu’il aille, entre son métier de comédien et de réalisateur, une dizaine de coquillages l’accompagne. Tino Di Martino l’avait invité en juin 2023, et depuis, a perlé une légitime attraction pour notre île singulière, qu’il trouve charmante et bigarrée, à l’image de ses coquilles.


Contact galeriemailynbruniquel.fr

Le site de l’artiste-photographe


Galerie Maïlyn Bruniquel 

1 quai Adolphe Merle, Sète

L’alphabet incertain de Jean-Marc Saulnier
Jusqu’au 16 octobre

Galerie Borromée à Montpellier


Ardéchois devenu sétois, Jean-Marc Saulnier perturbe nos repères visuels en présentant l’autre côté de la surface peinte attendue. Il procède par découpage, géométrique ou souple, et accorde au vide une place prépondérante. La surface en papier ou carton, est couverte de signes et de couleurs, les deux matériaux de base du vocable peint. Des signes abstraits, ou comme le dit l’artiste, un alphabet. Saulnier pratique également une sculpture rudimentaire, que l’on peut mettre en relation avec les expériences menées naguère par le Land Art. Collectes de débris et tessons qu’il rassemble en un récipient multicolore et hétérogène, auxquelles le travail manuel donne un semblant d’unité. Cet art de recycler les restes parle aussi du temps ramassé dans un modeste volume. On découvre l’acte de résistance face à l’hégémonie numérique et aux nouvelles technologies. La production de Saulnier nous ramène à l’essentiel, à nos racines.


Plus d’infos : galerieborromeo.wixsite.com


Galerie Borromée

968 avenue Xavier de Ricard, Montpellier

Un monde sans Murat de Laurent Cachard

Samedi 11 octobre à 11h

Le Plateau à Sète


Présenté au Plateau de Rebecca et Sarah, Un monde sans Murat est une somme d’articles extraits de son blog LCDT, chroniques de scène d’un chanteur récemment disparu, qu’il a vu en live tout au long de sa carrière. Elle comprend un entretien fictif avec l’artiste, en direct de l’Au-delà, et quatre nouvelles inédites. Laurent Cachard vit et travaille à Sète. Romancier, dramaturge, parolier, portraitiste et diariste, il mène une œuvre tendue vers la musique : après Paco et la guitare flamenca, Girafe lymphatique et son Clair de lune, Contrebrassensiste, une pièce de théâtre sur Pierre Nicolas, un roman sur la première pianiste de Barbara et en parallèle du récit-récital qu’il présente avec la violoncelliste Clara Védèche, il sort en 2024 les Noz d’émeraude, radioscopie du groupe lyonnais le Voyage de Noz.


Le blog de Laurent Cachard

Découvrir Un monde sans Murat aux éditions L’An Demain


Bar Le Plateau

2 rue des Trois Journées, Sète

Retrouvez le bivalve aux 200 yeux dans BÊTES DE SÈTE en vente au stand Audasud / L’An Demain pendant la Fête de la coquille St-Jacques et sur le site audasud.fr

Désormais, vous ne regarderez plus la coquille Saint-Jacques comme avant ! Une étude récente révèle une grande complexité de l’organe visuel du mollusque, sans doute l’un des plus sophistiqués dans la nature… La suite dans BÊTES DE SÈTE.

Café littéraire : rencontre avec Denis Wethoff

Mercredi 15 octobre à 18h

Médiathèque F. Mitterrand à Sète


Dans le cadre de son Café littéraire, Tino Di Martino reçoit le photographe Denis Wethoff, pour sa biographie Sagan et fils publiée aux éditions Stock. Sa mère, décédée en 2004, laisse une dette fiscale de plus d’un million d’euros et une œuvre, composée d’une trentaine de romans et d’une dizaine de pièces de théâtre, sur le point d’être purement et simplement liquidée. Denis Westhoff, son fils unique, décide, en 2006, d’accepter cette succession empoisonnée, hors norme. Un vrai parcours du combattant qui le conduit à repasser sur les traces de ce charmant petit monstre, né sur la scène littéraire et médiatique en 1954 par la grâce de son premier roman, Bonjour tristesse. Cette biographie n’a pas pour ambition de dire la vérité sur Sagan, mais une vérité. Celle d’un fils qui ose enfin dire, avec bonheur et liberté, ce qu’il a vécu auprès d’une mère pas tout à fait comme les autres.


Entrée libre

Dédicace et vente du livre sur place (22 €)


Médiathèque F. Mitterrand

Boulevard Danielle Casanova, Sète

Le Sacre du printemps 

Adams • Liszt • Stravinsky

Vendredi 10 octobre à 19h

Le Corum à Montpellier


Voici, sous la direction énergique de Roderick Cox, un programme explosif mêlant rythmes effrénés, prouesses pianistiques et forces telluriques ! Le concert s’élance avec John Adams dans un tourbillon typique de la minimal music où pulsations électrisantes et couleurs orchestrales vous propulsent à toute vitesse. Une œuvre-éclair, virtuose et jubilatoire, pour ouvrir la saison en trombe ! Puis, place à la poésie et à la bravoure de Franz Liszt  : entre fulgurances diaboliques et cantabile envoûtant, le Concerto pour piano n°1 révèle toute l’étendue du génie lisztien, magnifié par le toucher à la fois scintillant et perlé de l’immense Bertrand Chamayou. Enfin, les harmonies brutales et la force primitive du Sacre du printemps de Igor Stravinsky, nous procurent toujours un choc inévitable. Préparez-vous à une expérience orchestrale puissante, virtuose et inoubliable !


Autour du spectacle

Prélude au concert à 19h, salle Sully 3 / Le Corum

Au Programme

John Adams (né en 1947) : Short Ride in a Fast Machine

Franz Liszt (1811 – 1886) : Concerto pour piano et orchestre n° 1 en mi bémol majeur S.124

Igor Stravinsky (1882 – 1971) : Le Sacre du printemps


Durée : ±1h30 avec entracte
Tarifs : de 26€ à 47€

Réserver


Opéra Berlioz | Le Corum

440 esplanade Charles de Gaulle, Montpellier

Vignobles en scène

Les Journées Vignobles & Découvertes
Du 16 au 19 octobre

Carré d'Art Louis JeanJean à Mèze


Pour le troisième week-end d’octobre, les vignobles de France s’animent et promettent aux visiteurs des expériences uniques gustatives, immersives ou créatives et un banquet insolite en ouverture, jeudi à 19h. Depuis plus de dix ans, Le Fascinant Week-End a su s’imposer comme un rendez-vous incontournable de l’œnotourisme en France. Rebaptisé Vignobles en scène et porté par la Fédération Nationale Vignobles & Découvertes, il propose une expérience immersive et accessible à tous, au cœur des terroirs viticoles. Que l’on soit amateur de vin ou simple curieux, la manifestation invite chacun à (re)découvrir les vignobles autrement. Des dégustations gourmandes et sensorielles : un atelier écaillage, un atelier Noilly Prat, un jeu au casino des Vins. Enfin, un menu exclusif et audacieux avec trois chefs en cuisine : Ben Bogart (Domaine Tarbouriech à Marseillan), Nicolas Gros (Flores’sens à Florensac) et Magali Jego (La Marine Halles & Manger à Sète).


Réserver en ligne


Carré d'Art Louis JeanJean

21 rue Sadi Carnot, Mèze

Directeur de la publication : Jean-Renaud Cuaz
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par Jean-Renaud Cuaz • 26 septembre 2026
Dans Gardien de Muse , Serge Neyrat transforme une fonction que l’on imagine plutôt silencieuse — surveiller les salles du Musée Ingres Bourdelle — en matière poétique. Le recueil rassemble une trentaine de poèmes nés d’une expérience très particulière : passer des journées entières face à des chefs-d’œuvre, sans toujours savoir au départ quoi en penser. Le narrateur se présente volontiers comme un gardien « sans grande culture », débarqué au milieu des toiles de Jean-Auguste-Dominique Ingres et des sculptures de Antoine Bourdelle un peu comme un promeneur entré par hasard dans un temple. Peu à peu pourtant, les œuvres d‘art cessent d’être de simples objets accrochés au mur, posés sur un piédestal : elles deviennent des compagnons de service, presque des collègues de travail. On finit par connaître leurs caprices, leurs bizarreries et leurs réputations. Les poèmes évoquent ainsi avec une ironie bon enfant quelques figures incontournables du musée. La célèbre Grande Odalisque apparaît avec ses courbes « discutables », mais sublimées par l’image en regard du poème. Tandis que l’ombre de Raphaël plane sur les ambitions d’Ingres. Du côté de la sculpture, la puissance de Héraclès archer rappelle que les muscles en bronze peuvent impressionner même un gardien pourtant habitué aux visiteurs turbulents. Mais derrière ces rencontres artistiques se glisse la vie très concrète du musée : les rondes quotidiennes, les visiteurs rêveurs ou distraits, et les longues heures où l’on finit par discuter mentalement avec les tableaux. L’humour affleure souvent, comme si l’auteur s’amusait du contraste entre la grandeur des oeuvres et la modestie du gardien chargé de veiller sur elles. Au fil du recueil, l’art finit pourtant par gagner la partie. Ce qui n’était au départ qu’un travail devient une familiarité presque affectueuse. Et lorsque vient l’heure de penser à la retraite, le gardien réalise qu’il aura passé trente ans à converser, mine de rien, avec quelques génies de l’histoire de l’art. Une chose est sûre : les muses ne sont jamais loin de leur gardien. Ce recueil est né de projets atypiques menés en partage. Celui d’un surveillant de musée qui, entouré d’œuvres d’art durant trente années, devient passeur de mémoire. Celui d’une poétesse qui découvre cet homme discret et son histoire, l’invite à faire de ses souvenirs et réflexions une matière poétique, accompagne cette démarche de son regard et de ses photographies, et qui à son tour, devient passeuse de récit. Celui, enfin, d’un éditeur qui, donnant à cette aventure son titre et une forme palpable, se réjouit de voir un Gardien de Muse cheminer jusqu’à ses lecteurs. Avec le précieux soutien de l’équipe du Musée Ingres Bourdelle, ils offrent ainsi à l’ancien palais épiscopal une destinée inattendue, recueillir des confessions d’un nouveau genre. Celui d’une poésie illustrée qui éclaire le lieu et les œuvres d’une émotion insolite, capable de toucher au-delà d’un parcours muséal. Né à Montauban en 1963, Serge Neyrat est surveillant de salle au musée Ingres Bourdelle depuis plus de trente ans. Ancien boulanger, balayeur puis ripeur, il a trouvé dans les salles du musée un écrin pour son regard et sa poésie. Fidèle compagnon des oeuvres et des visiteurs, « celui qui se déplace toujours avec une chaise » signe aujourd’hui un recueil de trente poèmes. Comme un passeur de mémoire, il nous invite à parcourir le musée de ses rêves, pour en faire le nôtre. Jean-Renaud Cuaz, Éditeur À paraître : Gardien de Muse Trente poèmes d’un Surveillant de salle du Musée Ingres Bourdelle de Montauban 68 pages | Format : 210 x 148 mm 15 € | ISBN 9-782487-131552
par Jean-Renaud Cuaz • 26 septembre 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS D’OCTOBRE Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz • 10 septembre 2026
La Pointe Courte (1955) La photographe Agnès Varda tourna en amateur, à l’aide d’un financement coopératif, son tout premier long métrage de fiction, La Pointe Courte , dont la minuscule péninsule tenait le rôle-titre. Elle disait avoir été fascinée par « la lumière écrasante » de ce « quartier insolite ». Le film aura une influence moins perceptible sur les Pointus que sur les cinéphiles à travers le monde, un film « libre et pur, miraculeux. Le premier son de cloche d’un immense carillon », selon la critique quasi unanime. LA NOUVELLE VAGUE , une fois déferlée, a fait émerger dans l’eau ceux qui nageaient sans maillot. De jeunes Parisiens ordinaires en quête d’amour, d’indépendance et de dialogues simples, ne s’occupant que de leurs petites affaires. Souvent oisifs et ne craignant pas d’enfreindre la loi. Sourds à la société et à la famille qu’ils voient en noir et blanc. À l’origine, le terme nouvelle vague était une expression sociétale, mais très vite, une campagne publicitaire du Centre national de la cinématographie — un fonds public qui transforme les cinéastes en fonctionnaires — lui collera une étiquette exclusivement septième art. Pour résumer l’intrigue, c’est l’histoire d’un groupe de critiques surnommés Jeunes Turcs qui, voulant devenir réalisateurs, ont profité de l’apparition de caméras et magnétophones mobiles aisés à manipuler, créant l’effet miroir du regard caméra cher à ce mouvement, sans passer par le parcours traditionnel de la profession. Submergeant le mal-être d’une jeunesse d’avant 1968 aussi déboussolée que révoltée, la Nouvelle Vague fut considérée par une partie de la critique comme un truquage, voire une escroquerie, lui reprochant de se complaire dans la « monarchie gaulliste ». “Pour les blessures de l’âme, la photographie ne suffisait pas.” Agnès Varda, à propos de La Pointe Courte Galvanisée par la cinégénie des décors et de ses occupants, les presqu’insulaires Pointus, Agnès Varda s’embarqua pour des joutes contre les scénarios littéraires et les jeux d’acteur surannés venus du théâtre. Le film fut dévoilé le 10 mai 1955 au Festival de Cannes, pour une sortie nationale le 4 janvier 1956. Avant celle-ci, il fut présenté en avant-première à Sète au cinéma le Colisée le 27 août 1955. Ce jour-là, la cinéaste avait retenu cette réflexion dans l’assistance : « Ce serait pas mal s’il n’y avait pas ces deux bourriques ! » faisant sans peine allusion à Silvia Monfort et à Philippe Noiret qui débutait au cinéma. Le saviez-vous ? C’est Francis Crouzet , ancien conseiller général, initiateur de la statue L’Ajustaïre du Cadre royal, défenseur de l’environnement et du quartier de la Pointe Courte, qui fut à l’initiative de donner le nom d’Agnès Varda à l’une de ses traverses. Demande entérinée par le maire de l’époque, Yves Marchand. Le film n’a jamais bénéficié d’une véritable distribution commerciale et sa diffusion s’est surtout faite dans les ciné-clubs. Aucune affiche n’a donc été créée en 1955, ni pour sa présentation à Cannes (10 mai), ni pour son avant-première au cinéma Le Colisée de Sète (27 août), ou pour sa sortie nationale le 4 janvier 1956. Seuls des tracts et des annonces étaient distribués ou diffusés. Les affiches du film que l’on peut voir sont donc postérieures. DISTRIBUTION Silvia Monfort elle Philippe Noiret lui Les Pointus eux-mêmes FICHE TECHNIQUE Réalisation, scénario Agnès Varda Chef opérateur Louis Stein Assistants opérateurs Paul Soulignac, Bernard Grasberg, Louis Soulanes Montage Alain Resnais, Henri Colpi Assistante montage Anne Sarraute Musique Pierre Barbaud et thèmes folkloriques locaux Conseiller technique Carlos Vilardebó Conseillère artistique Valentine Schlegel Scripte Jane Vilardebó Régisseur général Jean-Pierre Bonfils
par Jean-Renaud Cuaz • 25 août 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE SEPTEMBRE Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz • 20 août 2026
Mariés, tenez-vous bien, voici la jeunesse qui arrive ! Cette joviale mise en garde accompagnait l’air joué au moment de la charge des jouteurs arc-boutés sur leur tintaine. Une rivalité fondée sur l’état civil et la couleur des deux barques, bleu pour les célibataires, rouge pour les mariés. Avant que les tournois ne s’ouvrent aux demoiselles et aux dames, on compensa ce sectarisme par des prénoms féminins donnés aux barques : Mathilde, Véronique, Fanny, Blanche… Question d’équilibre, là aussi. Il fallut attendre le 30 août 1891 pour voir ce privilège jeté à l’eau par deux Cettoises, les sœurs Élise et Anna Sellier. Et le 18 août 2022 , pour voir naître le premier tournoi féminin de la Saint-Louis, après deux années de réflexion sans joutes, dues à une pandémie dévastatrice, mais somme toute salutaire. Élise et Anna Sellier, pionnières de la Saint-Louis Deux jeunes sœurs originaires du quartier de la Bordigue ont eu l’honneur, le 30 août 1891 , d’ouvrir le Grand Prix de la Saint-Louis. Elle furent autorisées à combattre sur la tintaine sous les regards dubitatifs d’une foule plus habituée à de mâles silhouettes. Sous une apparence frêle et juvénile — Anna, la plus jeune, n’avait que 17 ans — rien ne prêtait à confusion malgré leur sportivité. Un corsage à col marin sur une longue et ample jupe, un chapeau à larges bords relevés sur le devant. Leur poitrine arborait une cocarde aux couleurs de leur barque et une médaille gagnée dans un concours à Marseille. Leur père, Pierre Sellier, pêcheur à la Pointe Courte, les avait endurcies par des sorties sur l’étang parfois houleuses. Une tintaine sur un placide canal, fût-il un Cadre royal plein comme un œuf, ce lundi de la Saint-Louis, n’allait pas les effaroucher. Dans son compte-rendu, le journaliste de l’Éclair écrivit : « C’est la plus jeune des deux sœurs, Mlle Anna, qui, à la deuxième passe, expédia Élise à l'eau. Un exploit jamais réalisé à ce jour par aucun jouteur. En réalité, c'est deux adversaires qu'Anna envoya au bain... sa sœur étant dans une situation intéressante… » Car Élise était aussi tombée… enceinte. Le grand peintre des joutes Toussaint Roussy, turlupiné par cet assortiment, formula un jugement sans appel : « Après cette épreuve, sympathique, mais peu concluante, est-il permis de croire que pareil exemple soit suivi dans le futur ? Aussi pouvons-nous prédire, sans crainte de nous tromper, que le féminisme n’encombrera de longtemps nos jeux populaires, vu que l’effort physique qu’il faut y déployer ne se prête nullement à la constitution de la femme pour si robuste qu’elle soit. Quoiqu’il en soit, ce fait unique et nouveau ne restera dans les annales que comme un souvenir sensationnel et de la plus grande originalité ». Si la représentation du monde des joutes par Toussaint Roussy ne manquait ni de finesse ni de justesse, comme le montrent les pages de ce livre, sa vision de la féminité se révèlera aussi rustique que l’était son Repoutegaïre. Extraits de : Le Grand Livres des Joutes, de 1900 à 1951 Les Palmarès de la Saint-Louis et des tournois régionaux Publié en 2024 à l’occasion de la 280e édition de la Saint-Louis Auteurs : Jean-Louis Cianni et Jean-Renaud Cuaz Portfolio au format 217 x 300 mm comprenant : • la pochette cartonnée avec rabats • le livret de 68 pages (A4) • 16 feuillets (A4) • 2 feuillets triptyques 3 volets (891 x 210 mm) Isbn : 9-782487-131217 (décembre 2024) Prix public : 25 € Feuilleter et commander le Portfolio ici Illustrations de Toussaint Roussy : Élise et Anna Sellier, aquarelle de Anna, dessin du Repoutegaïre (rouspéteur)
par Jean-Renaud Cuaz • 28 juillet 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS D’AOÛT Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz • 17 juillet 2026
La mer, la mer, toujours… recommandée ! Dans cette Histoire des bains de mer à Sète , la grande bleue cesse d’être un simple décor. Françoise Lapeyre nous dévoile ce qu’elle fut au XIXe siècle, après une longue période d’appréhension : un remède. On y venait « prendre la vague » comme on va prendre les eaux à Balaruc. Le vitalisme marin attirait des milliers de curistes vers ce qui allait devenir la plus ancienne station balnéaire de la Méditerranée française. La plage était alors une ordonnance, la houle une embrocation salée, l’air marin un adjuvant contre les miasmes urbains. De nos jours, il suffit de contempler la plage de Sète pour croire que tout a toujours été là : le sable, les plagistes, la baignade et les brise-lames. Pourtant, derrière cette apparence, se cache une histoire fascinante des bains de mer curatifs et récréatifs que l’historienne exhume avec une curiosité d’archéologue et un travail de bénédictin. Si la force de cet ouvrage réside dans l’étendue de son propos et dans la richesse de sa documentation — une mosaïque d’archives et de journaux oubliés, correspondances et cartes anciennes, gravures et photographies — l’autrice ne se contente pas de raconter l’histoire. Elle la reconstitue projet après projet, saison après saison, mode après mode… Surgit ainsi au fil des pages, entre des baigneuses crispées et leurs guides-baigneurs, une galerie de portraits déterminants : entrepreneurs audacieux, médecins visionnaires, hôteliers obligeants… Toute une société reprend vie, du Kursaal à la Corniche et la pointe du Lazaret. Et l’on découvre une ville qui invente peu à peu une vocation balnéaire sans jamais renier son identité portuaire et populaire. Françoise Lapeyre nous offre, en redonnant chair à un passé largement effacé par le temps et les transformations urbaines, bien davantage qu’un livre d’histoire locale : un miroir précieux de notre mémoire collective. Une saga sétoise indispensable pour comprendre le charme et l’attrait de la Reine des plages méditerranéennes qui poussa un poète moustachu à se fendre d’une supplique pour passer sa mort en vacance… le long de cette grève où le sable est si fin. Jean-Renaud Cuaz, éditeur HISTOIRE DES BAINS DE MER À SÈTE Des bains thérapeutiques au tourisme balnéaire, de 1812 à nos jours Autrice : Françoise Lapeyre 25 € | ISBN 9-78248131514 Format 30 x 21 cm | 220 pages Couverture rigide
par Jean-Renaud Cuaz • 24 juin 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE JUILLET Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz • 21 juin 2026
Une fois encore, elle manque le Panthéon. Voilà cent cinquante ans que George Sand a écrasé de sa botte son dernier cigare, et la République hésite encore à lui ouvrir ses portes de bronze quand tant d’hommes s’y sont engouffrés sans pouvoir arborer à la poitrine un chouia de son génie. Mais George avait l’habitude. Toute sa vie, elle aura fait grincer les gonds : pantalons, cigares, amours libres, idées avancées, succès populaire et phénomène médiatique. À Sète, deux Georges ont cultivé une semblable indépendance d’esprit. Georges Bayrou, moins connu du grand public que George, fut tout aussi influent dans un univers footeux en ébullition depuis quelques jours. Ancien joueur international, il prit part à la pire défaite de l’équipe de France — 17 buts encaissés contre le Danemark — le 22 octobre 1908, lors du tournoi olympique de Londres qui se disputa avec 8 sélections d’amateurs, dont 2 formations françaises. L’équipe France A comptait dans ses rangs un ailier sétois : Georges Bayrou. Ce sera son unique sélection en équipe nationale. Pour sa défense, cette année 1908 voit la France enregistrer le pire bilan de son histoire : 5 défaites en 6 matchs, 5 buts marqués pour… 45 encaissés. Devenu président de l’Olympique de Cette puis du F.C. Sète, membre dirigeant de la Fédération française de football, il fut l’un des bâtisseurs du professionnalisme et conduisit le club sétois à ses heures les plus glorieuses. Son nom est encore inscrit sur le vieux stade sétois qui porte sa mémoire. Georges Brassens se méfiait, comme George, des conventions sociales. Les gendarmes, les juges, les cocus et les imbéciles heureux nourrissaient son bréviaire poétique. Il abhorrait l’uniforme, avait coutume d’écorcher le morne costume et de tanner à plate couture ce symbole d’autorité. « Sauf l’uniforme du facteur », disait-il à une époque où l’employé des PTT l’arborait à la manière d’une décoration. Sollicité de toute part pour préfacer livres et disques, un exercice auquel Brassens se soumettait non sans ronchonner, il prit sa plume pour un hommage à un ami, l’accordéoniste Édouard Duleu, et rendit sa préface le 30 septembre 1981, un mois avant qu’il ne signe un recommandé de la Faucheuse. En préfaceur obligé, il écrivait avant d’avaler sa chique : « Si l’enfer existe, on doit y être condamné à faire des préfaces. C’est un exercice qui ne m’enchante pas tellement. Mais comme ce pauvre monde est bourré d’inconséquences, j’ai passé ma vie à préfacer les disques et les livres de mes amis. Ma foi, les copains d’abord, et Édouard Duleu fait partie de la tribu. […] Dans cette région turbulente [NDR, le Nord où Édouard Duleu grandit et entama une carrière de pompier], le seul uniforme qu’on respecte, c’est celui de pompier, sans doute parce que le métier comporte plus de risques que d’avantages, qu’il signifie courage et dévouement, qu’il exclut l’autorité. Un tel uniforme ne vous demande jamais vos papiers. » George rédigeait elle-même ses préfaces, jusqu’à en faire un micro-genre littéraire. Ces avant-propos et dédicaces se lisent comme des vignettes et justifient l’affirmation de l’éditeur Hetzel selon laquelle ils forment « le plus magnifique examen qu’un grand esprit a fait de lui-même ». Le plus savoureux reste que Sand, à en croire ses contemporains, n’était pas une brillante causeuse. Dumas père décocha cette vacherie : «J’aimerais encore mieux lire son livre de dépenses que de causer avec elle ». Le mot aurait certainement amusé Brassens, collectionneur de piques bien tournées. Quant à Bayrou, homme de règlements et de statuts, il se serait plongé avec jubilation dans ces écritures comptables.
par Jean-Renaud Cuaz • 27 mai 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE JUIN Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
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