LES RENDEZ-VOUS CULTURELS D’AOÛT
Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir

280e édition de la Saint-Louis

Place aux JOutes olympiennes et leurs anneaux bleu et rouge !
Du jeudi 22 au mardi 27 août

Canal du Cadre royal à Sète


Après le bourdonnement olympique, viendra le temps du lourd et du proverbial. La fête de la Saint-Louis attaquera sa 280e édition, excusez du peu, d'ici un petit mois qui va paraître une éternité. Une place du Pouffre survoltée sonnera alors le branle-bas et sortira de leur moite torpeur les moins attentifs de ses fidèles. Charpenté comme une catalane, ce programme 2024, où l’homérique le dispute à l’insolite, est bâti à grand renfort de défilés, de musiques, d’animations, avec en étrave, 4 jours de joutes dans un Cadre plus Royal que jamais. En avant partout !


Les grandes lignes du programme : JEUDI 22 AOÛT Sacro-sainte ouverture des barquanales depuis le balcon d’honneur de la mairie. Discours lu par le maire avant que le redoutable canon tire à boulets rouges et bleus. Suivra la moins redoutée nuée de confettis lâchés sur la foule, devenue sourde. Premiers défilés et tournoi des petits jouteurs sur chariots dans le Cadre royal, suivi du tournoi des joutes féminines et de la presse. VENDREDI 23 AOÛT Défilé des jeunes jouteurs et des juniors de la gare au Cadre royal. Tournoi de la Coupe d'Or Gaston Macone en soirée. SAMEDI 24 AOÛT Les mi-moyens défilent de la place Léon-Blum au Cadre royal. Remise des prix des vainqueurs à l'issue du tournoi, suivi d’une fantaisie musicale déambulante. DIMANCHE 25 AOÛT Prise des pavois des jouteurs juniors devant le théâtre Molière et grand défilé des moyens, des lourds et des quartiers de la ville jusqu’à la décanale Saint-Louis pour la grand-messe. Tournoi des moyens suivi du Grand Prix de rame de la Saint-Louis, avec Cettarames. LUNDI 26 AOÛT La journée la plus épaisse s’ouvre avec la Traversée de Sète à la nage suivie du défilé des lourds depuis le théâtre Molière et de la place Léon Blum avant d’attraper lances et pavois. Tournoi final des lourds suivi du gala lyrique au parc Simone Veil. MARDI 27 AOÛT Feu d’artifice de clôture avant la prochaine édition.

Festival lyrique de Lamalou-les-Bains

Jusqu’au 18 août

Théâtre municipal


L’enchantement opère, année après année, depuis sa première édition en… 1880. Le plus grand festival lyrique consacré à l’opérette et l’opéra-comique dans un cadre enchanteur. Un patrimoine culturel français unique en 5 grands spectacles avec orchestre, costumes, décors, chœurs et solistes, dans la grande tradition de l’opérette et 5 concerts à travers le Grand Orb. En clôture, La vie parisienne, opéra bouffe d’Offenbach, avec ses dandys désœuvrés, ses touristes floués, ses domestiques déguisés… Sous les froufrous tournicotants, une satire de l’intemporelle contemporanéité. Elle vous transportera bien plus que cette tympanisante horde de festivals…


Tarifs pour les 5 représentations payantes :

Fosse centrale : 45€

Fosse latérale et balcon : 30€


Réservations et billetterie

Par téléphone : 04 67 95 63 07 

Par email : billetterie@mairielamalou.fr


Sur réservation :

Dimanche 4 août à 15h : Gipsy

Mercredi 7 août à 18h : Paris Champagne

Dimanche 11 août à 15h : Belle Hélène

Mercredi 14 août à 18h : Les mousquetaires au couvent

Dimanche 18 août à 15h : La vie parisienne

Offerts : lundi 5, mardi 6, lundi 12, mardi 13 août : Concerts Grand Orb


Théâtre Municipal

24 avenue de la République, Lamalou-les-Bains

Jean-Pierre Blanche Garrigue et lumière

Jusqu’au 15 septembre

Chapelle des Pénitents à Aniane


Disparu en 2022, Jean-Pierre Blanche fréquente les beaux-arts de Montpellier puis à Paris où se révèle sa vocation et se déploie sa technique. Il remporte le Prix Abd-El-Tif en 1956, lequel lui ouvre les portes de 2 années de résidence de création en Algérie. Avec la Casa de Velázquez et la villa Médicis, la villa Abd-el-Tif, ancien palais dominant Alger, formait la trilogie des fondations nationales. À son retour, le désir de revoir les paysages du Languedoc le conduit dans l’arrière-pays montpelliérain où il s’installe dans un mas proche du village de Puéchabon. Il s’établira ensuite à Aix-en-Provence, mais restera très attaché aux paysages de l’Hérault.


Ouvert le mercredi, jeudi, vendredi, samedi 15h30-19h30

Dimanche 10h30-12h30 et 15h30-19h30


Chapelle des Pénitents

10 place des Pénitents, Aniane

Nazanin Pouyandeh Désobéissantes

Jusqu’au 9 novembre

Fondation GGL à Montpellier


Artiste contemporaine d’origine iranienne, Nazanin Pouyandeh s’affirme comme une voix singulière et influente de la scène artistique française. Inspirée par son histoire personnelle et sa lutte pour la liberté des femmes, l’artiste jette le voile, tient tête et s’affranchit effrontément du carcan des règles. Une bouffée de liberté où triomphe l’expression et la création. En résulte une œuvre érudite, dans laquelle, dans une profusion jubilatoire, s’entremêlent éléments religieux et puisés au sein de rituels païens, figures mythologiques et appartenant à l’histoire de l’art.


Contact 04 99 66 18 21

contact@fondation-ggl.com


Fondation GGL

Hôtel Richer de Belleval

Place de la Canourgue, Montpellier

Qui mieux qu’un commissaire de police sétois pour nous faire découvrir, par des faits divers — et variés dans leurs intrigues et leurs décors — une île drôlement singulière ? De la Pointe Courte aux Pierres Blanches, entre mer et étang, suivez à l’imper, de fil en anguille, ce poulardin nommé Maska.

Dans l’atelier de… JonOne

Jusqu’au 13 octobre

Parcelle473 à Montpellier


De son nom extra-muros John Andrew Perello, l’artiste américain d’origine dominicaine JonOne débutait en bombant les trains et les murs du quartier new yorkais qui l’a vu grandir, Harlem. De macule en giclée, le graffeur saute vitement de la frénésie urbaine à la toile, paisible et… monnayable. Installé à Paris depuis plus de 30 ans, l’artiste s’est fait connaître du grand public par ses création murales en faveur des sans-toit.


Du mercredi au samedi 11h-18h
Dimanche et mardi 14h-18h

Tarifs : 4€

Inscription, billetterie ou réservation

contact@parcelle473.com

06 66 02 69 29


Parcelle473

425 avenue des Frères Bühler, Montpellier

Jean-Luc Favéro Supernature
Jusqu’au 1er décembre

Maison des Consuls aux Matelles


Après avoir eu vent de la catastrophe de Fukushima et croisé un cerf mort lors d’une promenade forestière, Jean-Luc Favéro se pose la question, somme toute partagée, d’une nature altérée. Mais cet examen de conscience sera, pour lui, fécond et créatif, à force de dessins au brou de noix et à la cambrousse. Il conjure le sort et redonne vie à son cher cerf en le transfigurant : l’œuvre fera forte impression à l’Espace culturel Louis Vuitton en 2014. Elle occupe, à la Maison des Consuls, un espace entièrement dédié. Cuirassée de métal grillagé, elle projette à la fois grandeur, grâce et délicatesse. Nature et peintures animent un second espace, exposant ses portraits d’arbres nervurés et ses vues du pic Saint-Loup. La troisième partie ne vient pas contredire l’amour de l’artiste pour les animaux, avec ces chevaux blancs sur fond noir et une monumentale sculpture martelée sur de la tôle de récupération.


Tous les jours d’août 10h-13h et 14h-19h

À partir de septembre du mercredi au dimanche 14h-17h

Contact 04 99 63 25 46


Maison des Consuls

Rue des Consul, Les Matelles

Cinéma de la Mer

Du 16 au 20 août

Théâtre de la Mer à Sète


En clôture du cinéma de la Mer : mardi 20 août

Le Comte de Monte-Cristo au théâtre de la mer, c’est une expérience quasi immersive dans cet ancien fort Saint-Pierre surplombant la grande bleue. De celles que l’on imagine, comme revoir La Pointe Courte au foyer Louis Roustan dans la traverse des Pêcheurs. La rudesse de vos assises vous transportera au Château d’If où, sur une litière du même bois, Edmond Dantès rongeait tantôt son frein, tantôt celui de l’abbé Faria.

Adaptation d’un des plus célèbres romans d’aventure de la littérature française, par Matthieu Delaporte & Alexandre de la Patellière, avec Pierre Niney dans le rôle titre.


Ouverture des portes à 20h15 

Début des projections à 21h30

Réservation sur véo


Théâtre de la Mer

Promenade Maréchal Leclerc, Sète

Bonnard et le Japon

Jusqu’au 6 octobre

Caumont Centre d’Art à Aix-en-Provence


La première participation du Japon à l’Exposition universelle de 1867, année de naissance de Pierre Bonnard, allait voir pendant près d’un demi-siècle, une folie pour tout ce qui vient du pays du Soleil-Levant déferler en France puis en Angleterre. Surnommé le Nabi très japonard par la critique, l’artiste se détourne du naturalisme et de l’impressionnisme pour adopter une esthétique faite de souplesse dans les mouvements, de contraste dans les couleurs et de lignes en arabesque. L’espace s’aplanit, le décor envahit ses toiles. Dès lors, son style est véritablement empreint de japonisme.

Les œuvres de Bonnard exposées font face à une sélection d’estampes japonaises afin de bien comprendre comment son style fut marqué jusqu’au bout par les concepts et l’esthétique nippone.


Tous les jours 10h-19h

Dernière admission 30 minutes avant la fermeture du musée

Billetterie


Visite du Centre d’Art (jardins, salons historiques et film Cézanne) + exposition

Plein tarif 15,50€

Tarif sénior (plus de 65 ans) 14,50 €

Tarif réduit (étudiants, porteurs du Pass Education et demandeurs d’emploi) 12,50€

Tarif jeune (7-25 ans) 10€

Tarif famille (2 adultes et 2 enfants de 7 à 25 ans) 45€

Visite commentée tous les jours à 17h : entrée + 7,50€


Caumont Centre d’Art

Hôtel de Caumont

3 rue Joseph Cabassol, Aix-en-Provence

Gérard Calvet prémices d’une œuvre (1945-1955)

Jusqu’au 3 novembre

Musée de Vulliod-Saint-Germain à Pézenas


Chambre rue 4 vents de 1949 est le titre de l'une des 30 toiles retrouvées enroulées dans un cagibi. Le poêle, peint au centre, n'existait pas. Gérard Calvet, en l’imaginant, espérait réchauffer ses doigts engourdis, tant il souffrait du froid dans ces années d’après-guerre. Une vieille clef étiquetée Cagibi révéla ce rouleau poussiéreux—quelques années après le décès du peintre sétois en 2017—au fond d'un couloir sans lumière, derrière une vieille porte. Coutil de matelas, toile de jute de sac de pommes de terre envoyées par sa mère… Support/Surface n’était pas encore un mouvement artistique, mais un défi quotidien pour y coucher des couleurs chèrement payées. Ces œuvres, parmi les toutes premières réalisées par l’artiste, sont inédites. Les circonstances hasardeuses de leur découverte, en 2021, ajoutées à la relative modestie de ce superbe musée piscénois dépourvu de conservateur, en font une destination précieuse. Fondateur de l’École de Sète avec André Blondel et François Desnoyer, Gabriel Couderc adhéra avec ce dernier au groupe Montpellier-Sète et fut curateur du musée Paul Valéry où son œuvre est abondamment représentée.


Contact 04 67 98 90 59


Musée de Vulliod Saint-Germain

3 rue Albert-Paul Alliès, Pézenas

Les Costières de l’art

Jusqu’au 15 août

Costières de Nîmes


6 grands domaines des Costières invitent 20 artistes plasticiens à exposer dans les vignes, les chais et les salles de dégustation. Les Costières de l’Art sont le meilleur moyen de découvrir la région des Costières de Nîmes. Passez une demi-journée mémorable en vous laissant guider par votre passion pour le vin, l’art contemporain, la nature et le patrimoine. Elles mettent à l’honneur les artistes plasticiens ayant développé une technique, un geste ou un savoir-faire unique, et valorisent des univers créatifs en résonance avec les paysages exceptionnels des Costières de Nîmes.


3 Pass exclusifs :

Pass TOUTES EXPOS : accès libre aux expositions et œuvres de Land art du 1er juillet au 15 août, 1 dégustation de vin par domaine et 10% de remise sur le vin acheté. Options disponibles : location vélo et/ou vernissage privé.

Pass UNE EXPO : accès à une exposition spécifique avec dégustation de vins du domaine.

Pass GRATUIT : pour les mineurs de moins de 18 ans.

Réserver

contact@costieresdelart.com

costieresdelart.fr


•⁠ ⁠Domaine de Poulvarel : du lundi au samedi 10h-12h et 14h-19h
•⁠ ⁠Château Beaubois : le lundi 9h-17h30, du mardi au vendredi 9h-18h, et le samedi 10h-18h
•⁠ ⁠Château Mourgues du Grès : du lundi au vendredi de 9h30 à 12h et de 13h30 à 18h30, et le samedi de 10h à 12h30 et 13h30-18h
•⁠ ⁠Gallician-Signature : du lundi au samedi 10h-12h et 14h-18h
•⁠ Château Guiot : en accès libre toute la journée
•⁠ Noria Gassier Mas Beck : en accès libre toute la journée

Directeur de la publication : Jean-Renaud Cuaz
Copyright © 2024 Audasud
Tous droits réservés
Vous recevez cet emailing car vous êtes abonné via notre site Internet

Ce bulletin culturel est publié par Audasud

8 avenue Victor Hugo, 34200 Sète

Vous souhaitez changer la façon dont vous recevez cet emailing ?
Vous pouvez 
mettre à jour vos préférences ou vous désabonner

par Jean-Renaud Cuaz 20 août 2026
Mariés, tenez-vous bien, voici la jeunesse qui arrive ! Cette joviale mise en garde accompagnait l’air joué au moment de la charge des jouteurs arc-boutés sur leur tintaine. Une rivalité fondée sur l’état civil et la couleur des deux barques, bleu pour les célibataires, rouge pour les mariés. Avant que les tournois ne s’ouvrent aux demoiselles et aux dames, on compensa ce sectarisme par des prénoms féminins donnés aux barques : Mathilde, Véronique, Fanny, Blanche… Question d’équilibre, là aussi. Il fallut attendre le 30 août 1891 pour voir ce privilège jeté à l’eau par deux Cettoises, les sœurs Élise et Anna Sellier. Et le 18 août 2022 , pour voir naître le premier tournoi féminin de la Saint-Louis, après deux années de réflexion sans joutes, dues à une pandémie dévastatrice, mais somme toute salutaire. Élise et Anna Sellier, pionnières de la Saint-Louis Deux jeunes sœurs originaires du quartier de la Bordigue ont eu l’honneur, le 30 août 1891 , d’ouvrir le Grand Prix de la Saint-Louis. Elle furent autorisées à combattre sur la tintaine sous les regards dubitatifs d’une foule plus habituée à de mâles silhouettes. Sous une apparence frêle et juvénile — Anna, la plus jeune, n’avait que 17 ans — rien ne prêtait à confusion malgré leur sportivité. Un corsage à col marin sur une longue et ample jupe, un chapeau à larges bords relevés sur le devant. Leur poitrine arborait une cocarde aux couleurs de leur barque et une médaille gagnée dans un concours à Marseille. Leur père, Pierre Sellier, pêcheur à la Pointe Courte, les avait endurcies par des sorties sur l’étang parfois houleuses. Une tintaine sur un placide canal, fût-il un Cadre royal plein comme un œuf, ce lundi de la Saint-Louis, n’allait pas les effaroucher. Dans son compte-rendu, le journaliste de l’Éclair écrivit : « C’est la plus jeune des deux sœurs, Mlle Anna, qui, à la deuxième passe, expédia Élise à l'eau. Un exploit jamais réalisé à ce jour par aucun jouteur. En réalité, c'est deux adversaires qu'Anna envoya au bain... sa sœur étant dans une situation intéressante… » Car Élise était aussi tombée… enceinte. Le grand peintre des joutes Toussaint Roussy, turlupiné par cet assortiment, formula un jugement sans appel : « Après cette épreuve, sympathique, mais peu concluante, est-il permis de croire que pareil exemple soit suivi dans le futur ? Aussi pouvons-nous prédire, sans crainte de nous tromper, que le féminisme n’encombrera de longtemps nos jeux populaires, vu que l’effort physique qu’il faut y déployer ne se prête nullement à la constitution de la femme pour si robuste qu’elle soit. Quoiqu’il en soit, ce fait unique et nouveau ne restera dans les annales que comme un souvenir sensationnel et de la plus grande originalité ». Si la représentation du monde des joutes par Toussaint Roussy ne manquait ni de finesse ni de justesse, comme le montrent les pages de ce livre, sa vision de la féminité se révèlera aussi rustique que l’était son Repoutegaïre. Extraits de : Le Grand Livres des Joutes, de 1900 à 1951 Les Palmarès de la Saint-Louis et des tournois régionaux Publié en 2024 à l’occasion de la 280e édition de la Saint-Louis Auteurs : Jean-Louis Cianni et Jean-Renaud Cuaz Portfolio au format 217 x 300 mm comprenant : • la pochette cartonnée avec rabats • le livret de 68 pages (A4) • 16 feuillets (A4) • 2 feuillets triptyques 3 volets (891 x 210 mm) Isbn : 9-782487-131217 (décembre 2024) Prix public : 25 € Feuilleter et commander le Portfolio ici Illustrations de Toussaint Roussy : Élise et Anna Sellier, aquarelle de Anna, dessin du Repoutegaïre (rouspéteur)
par Jean-Renaud Cuaz 28 juillet 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS D’AOÛT Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 17 juillet 2026
La mer, la mer, toujours… recommandée ! Dans cette Histoire des bains de mer à Sète , la grande bleue cesse d’être un simple décor. Françoise Lapeyre nous dévoile ce qu’elle fut au XIXe siècle, après une longue période d’appréhension : un remède. On y venait « prendre la vague » comme on va prendre les eaux à Balaruc. Le vitalisme marin attirait des milliers de curistes vers ce qui allait devenir la plus ancienne station balnéaire de la Méditerranée française. La plage était alors une ordonnance, la houle une embrocation salée, l’air marin un adjuvant contre les miasmes urbains. De nos jours, il suffit de contempler la plage de Sète pour croire que tout a toujours été là : le sable, les plagistes, la baignade et les brise-lames. Pourtant, derrière cette apparence, se cache une histoire fascinante des bains de mer curatifs et récréatifs que l’historienne exhume avec une curiosité d’archéologue et un travail de bénédictin. Si la force de cet ouvrage réside dans l’étendue de son propos et dans la richesse de sa documentation — une mosaïque d’archives et de journaux oubliés, correspondances et cartes anciennes, gravures et photographies — l’autrice ne se contente pas de raconter l’histoire. Elle la reconstitue projet après projet, saison après saison, mode après mode… Surgit ainsi au fil des pages, entre des baigneuses crispées et leurs guides-baigneurs, une galerie de portraits déterminants : entrepreneurs audacieux, médecins visionnaires, hôteliers obligeants… Toute une société reprend vie, du Kursaal à la Corniche et la pointe du Lazaret. Et l’on découvre une ville qui invente peu à peu une vocation balnéaire sans jamais renier son identité portuaire et populaire. Françoise Lapeyre nous offre, en redonnant chair à un passé largement effacé par le temps et les transformations urbaines, bien davantage qu’un livre d’histoire locale : un miroir précieux de notre mémoire collective. Une saga sétoise indispensable pour comprendre le charme et l’attrait de la Reine des plages méditerranéennes qui poussa un poète moustachu à se fendre d’une supplique pour passer sa mort en vacance… le long de cette grève où le sable est si fin. Jean-Renaud Cuaz, éditeur HISTOIRE DES BAINS DE MER À SÈTE Des bains thérapeutiques au tourisme balnéaire, de 1812 à nos jours Autrice : Françoise Lapeyre 25 € | ISBN 9-78248131514 Format 30 x 21 cm | 220 pages Couverture rigide
par Jean-Renaud Cuaz 24 juin 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE JUILLET Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 21 juin 2026
Une fois encore, elle manque le Panthéon. Voilà cent cinquante ans que George Sand a écrasé de sa botte son dernier cigare, et la République hésite encore à lui ouvrir ses portes de bronze quand tant d’hommes s’y sont engouffrés sans pouvoir arborer à la poitrine un chouia de son génie. Mais George avait l’habitude. Toute sa vie, elle aura fait grincer les gonds : pantalons, cigares, amours libres, idées avancées, succès populaire et phénomène médiatique. À Sète, deux Georges ont cultivé une semblable indépendance d’esprit. Georges Bayrou, moins connu du grand public que George, fut tout aussi influent dans un univers footeux en ébullition depuis quelques jours. Ancien joueur international, il prit part à la pire défaite de l’équipe de France — 17 buts encaissés contre le Danemark — le 22 octobre 1908, lors du tournoi olympique de Londres qui se disputa avec 8 sélections d’amateurs, dont 2 formations françaises. L’équipe France A comptait dans ses rangs un ailier sétois : Georges Bayrou. Ce sera son unique sélection en équipe nationale. Pour sa défense, cette année 1908 voit la France enregistrer le pire bilan de son histoire : 5 défaites en 6 matchs, 5 buts marqués pour… 45 encaissés. Devenu président de l’Olympique de Cette puis du F.C. Sète, membre dirigeant de la Fédération française de football, il fut l’un des bâtisseurs du professionnalisme et conduisit le club sétois à ses heures les plus glorieuses. Son nom est encore inscrit sur le vieux stade sétois qui porte sa mémoire. Georges Brassens se méfiait, comme George, des conventions sociales. Les gendarmes, les juges, les cocus et les imbéciles heureux nourrissaient son bréviaire poétique. Il abhorrait l’uniforme, avait coutume d’écorcher le morne costume et de tanner à plate couture ce symbole d’autorité. « Sauf l’uniforme du facteur », disait-il à une époque où l’employé des PTT l’arborait à la manière d’une décoration. Sollicité de toute part pour préfacer livres et disques, un exercice auquel Brassens se soumettait non sans ronchonner, il prit sa plume pour un hommage à un ami, l’accordéoniste Édouard Duleu, et rendit sa préface le 30 septembre 1981, un mois avant qu’il ne signe un recommandé de la Faucheuse. En préfaceur obligé, il écrivait avant d’avaler sa chique : « Si l’enfer existe, on doit y être condamné à faire des préfaces. C’est un exercice qui ne m’enchante pas tellement. Mais comme ce pauvre monde est bourré d’inconséquences, j’ai passé ma vie à préfacer les disques et les livres de mes amis. Ma foi, les copains d’abord, et Édouard Duleu fait partie de la tribu. […] Dans cette région turbulente [NDR, le Nord où Édouard Duleu grandit et entama une carrière de pompier], le seul uniforme qu’on respecte, c’est celui de pompier, sans doute parce que le métier comporte plus de risques que d’avantages, qu’il signifie courage et dévouement, qu’il exclut l’autorité. Un tel uniforme ne vous demande jamais vos papiers. » George rédigeait elle-même ses préfaces, jusqu’à en faire un micro-genre littéraire. Ces avant-propos et dédicaces se lisent comme des vignettes et justifient l’affirmation de l’éditeur Hetzel selon laquelle ils forment « le plus magnifique examen qu’un grand esprit a fait de lui-même ». Le plus savoureux reste que Sand, à en croire ses contemporains, n’était pas une brillante causeuse. Dumas père décocha cette vacherie : «J’aimerais encore mieux lire son livre de dépenses que de causer avec elle ». Le mot aurait certainement amusé Brassens, collectionneur de piques bien tournées. Quant à Bayrou, homme de règlements et de statuts, il se serait plongé avec jubilation dans ces écritures comptables.
par Jean-Renaud Cuaz 27 mai 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE JUIN Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 24 avril 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE MAI Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 21 avril 2026
C’est peut-être là le dernier bastion d’un ordre ancien. On a déconstruit le récit, éclaté les genres, hybridé les supports. Le roman n’est plus tout à fait un roman, l’essai se rêve fiction, la poésie se fait visuelle, sonore, performée. Mais la phrase, elle, persiste à commencer à gauche pour finir à droite, comme si elle ignorait tout du chaos environnant. On imagine que les récents séismes éditoriaux emporteraient aussi ce réflexe millénaire. Qu’après avoir bouleversé la forme, le fond, le modèle économique, on ose attaquer la direction. On lit bien en diagonale. Pourquoi pas en spirale ? Ou mieux encore : en tous sens à la fois, comme ces installations où le spectateur devient lecteur, marcheur, acrobate. Mais non. Nous restons sagement alignés, l’œil rivé à une trajectoire plate. À l’échelle du monde, pourtant, ce cheminement n’est pas à sens unique. D’autres civilisations ont tracé d’autres routes, tout aussi anciennes, tout aussi cohérentes. L’hébreu et l’arabe déroulent leurs phrases de droite à gauche, inversant le mouvement sans troubler la pensée. Le chinois classique, le japonais traditionnel, ont longtemps préféré la verticalité, déroulant le texte de haut en bas, colonne après colonne, comme une pluie de signes. Là aussi, la révolution numérique n’a pas tout balayé : ces systèmes persistent, s’adaptent, cohabitent avec les formats dominants. Mais pour qui a appris à lire de gauche à droite, ces autres directions conservent quelque chose d’exotique, presque déroutant, comme si le sens lui-même changeait avec le sens du regard. Il faut dire que chaque direction impose une discipline typographique particulière. La qualité d’une page ne tient pas seulement à ses mots, mais à la manière dont ils occupent l’espace. En Occident, la tradition a longuement poli l’art de la ligne : justification, césures, interlignage, équilibre des marges. Une bonne typographie se reconnaît à sa discrétion, à cette capacité à se faire oublier pour laisser passer le texte. Mais elle est aussi le produit d’un sens de lecture précis, d’une mécanique du regard. Inversez la direction, et tout est à repenser : les alignements, les rythmes, les blancs. La beauté d’une page hébraïque ou arabe ne repose pas sur les mêmes équilibres ; la verticalité asiatique invente d’autres respirations, d’autres tensions. Et pourtant, partout, la même exigence : que la forme serve le fond, sans jamais l’entraver. Les ingénieurs, les designers, les stratèges du numérique ont bien tenté quelques audaces. Le défilement vertical, d’abord, qui a failli tout bouleverser. Quelle idée étrange : lire de haut en bas ! On a cru un instant que le mouvement allait s’imposer, qu’il reléguerait la lecture horizontale au rang de curiosité historique. Mais très vite, l’horizontale est revenue par la bande. Les lignes restent orientées de gauche à droite, même si l’ensemble descend vers le bas, accentué par la lecture sur écran, le vôtre aujourd’hui… Comme si l’on ne pouvait pas totalement renoncer à cette vieille habitude, sorte de squelette invisible du texte. Et puis il y a les livres numériques, ces objets sans pages qui auraient pu tout permettre. Là encore, occasion manquée. On aurait pu imaginer des textes qui se déploient autrement, qui s’organisent selon des logiques nouvelles, libérés de leur reliure, et libérant le lecteur de cette contrainte directionnelle. Mais la plupart du temps, le livre numérique imite le livre papier avec une fidélité presque touchante. On tourne des pages virtuelles, on simule des marges, on conserve les lignes bien sages, de gauche à droite — ou de droite à gauche quand la langue l’exige — mais sans véritable réinvention formelle. Comme si, au moment de tout réinventer, on avait décidé de ne rien changer d’essentiel. Avec un sens du timing remarquable, intervient la proposition d’une clause de conscience pour auteurs désabusés. Puisque tout vacille, pourquoi ne pas leur offrir le droit de se retirer si l’orientation du contexte heurte leurs convictions profondes ? Refuser une publication au motif que la ligne éditoriale ne va pas dans le bon sens, exiger une diagonale éthique, revendiquer une verticalité engagée. On imagine déjà les contrats : « L’auteur se réserve le droit de rompre en cas d’alignement jugé contraire à son orientation intime. » Après tout, si la forme conditionne le sens, pourquoi ne pas faire de la direction une affaire morale ? Ce serait pousser la logique contemporaine jusqu’à son point d’ironie le plus pur : transformer un geste typographique en question de conscience. Il y a sans doute une part de paresse dans cette persistance. Réapprendre à lire serait une entreprise vertigineuse. Cela supposerait de reconfigurer notre rapport au langage, à la syntaxe, au temps même de la lecture. Car lire de gauche à droite, ce n’est pas seulement une convention graphique : c’est une manière de penser. Une progression, une logique, une causalité. On commence, on développe, on conclut. On suit un fil. On avance. Changer de direction, ce serait peut-être aussi changer de pensée. Et ça, c’est une autre affaire. Mais il y a aussi, dans cette obstination, quelque chose de comique. On imagine volontiers un futur proche où les livres seraient entièrement immersifs, où les textes flotteraient dans l’espace, où le lecteur naviguerait littéralement à l’intérieur des phrases. Et pourtant, même dans ce décor futuriste, il y aurait sans doute quelqu’un pour organiser les mots en lignes, bien alignées, dans un sens ou dans un autre, avec le même souci presque maniaque de l’équilibre typographique, de la régularité, de cette fameuse « couleur » de la page que traquent les typographes. Les éditeurs eux-mêmes, pourtant si prompts à annoncer des ruptures radicales, semblent étrangement silencieux sur cette question. On les entend parler de diversification, d’innovation, de nouvelles écritures, mais jamais — ou presque — de renverser le sens de lecture. Comme si cela relevait de l’impensable, du tabou. On peut tout changer, sauf ça. Il y a des limites à la révolution, et elles passent peut-être par des détails aussi discrets qu’un alignement de texte ou une direction de ligne. Et le lecteur, dans tout cela ? Il s’adapte à tout, ou presque. Il lit sur papier de toute taille, sur écran, sur téléphone. Il accepte les notifications, les distractions, les interruptions permanentes. Il lit par fragments, par bribes, par à-coups. Mais il lit toujours selon une direction apprise, intériorisée, presque corporelle. Comme une fidélité obstinée, presque émouvante. On pourrait y voir une forme de résistance : dans un monde qui change trop vite, garder au moins une chose intacte. Ou bien est-ce l’inverse : une preuve que, malgré toutes les proclamations de rupture, rien n’a vraiment changé en profondeur ? Peut-être que le véritable conservatisme de l’édition ne se situe pas là où on le croit — dans les catalogues, les genres, les auteurs — mais dans ce geste minuscule et quotidien, ce glissement du regard selon un axe donné. Une habitude si profondément ancrée qu’elle échappe à toute remise en question, même quand tout le reste vacille. Il est tentant, finalement, de pousser l’ironie plus loin. Et si ce fameux séisme éditorial n’était qu’un tremblement de surface ? Un bruit, une agitation, une série de transformations visibles, mais qui laissent intacte la structure la plus intime de la lecture ? Comme ces villes reconstruites après un tremblement de terre, où les bâtisses changent mais où les rues conservent le même tracé. Car après tout, lire dans un sens donné, qu’il soit horizontal ou vertical, c’est peut-être la véritable infrastructure du livre. Ce qui ne se voit pas, mais qui conditionne tout le reste. On peut changer les matériaux, les formats, les supports… les directeurs, mais tant que cette direction subsiste — et avec elle une certaine idée de la bonne forme typographique — quelque chose de fondamental demeure. Une continuité discrète, presque invisible, mais tenace. Alors oui, le monde de l’édition tremble. Oui, les repères bougent, les certitudes s’effritent, un abysse isole les cafés de Flore et des Deux Magots du reste de la planète. Mais au milieu de ce cataclysme germanopratin, nos yeux poursuivent leur chemin tranquille, fidèles à une trajectoire apprise — qu’elle aille de gauche à droite, de droite à gauche ou de haut en bas. Et c’est peut-être là, au fond, la grande ironie : dans un univers qui se rêve en perpétuelle révolution, le geste le plus banal, le plus automatique, reste désespérément inchangé. Comme si, pour continuer à avancer de gauche à droite, il nous fallait paradoxalement tourner les pages de droite à gauche. Jean-Renaud Cuaz, éditeur & typographiste
par Jean-Renaud Cuaz 26 mars 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS D’AVRIL Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 25 février 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE MARS Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
PLUS DE NOTES