
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS D’AOÛT
Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir

regard objectif SOULAGES
Christophe Hazemann | Jean-Yves Tayac
Maison des Consuls, Les Matelles
Jusqu’au 27 septembre
Aux Matelles,
Pierre Soulages (1919-2022) n’arrive pas seul. Il débarque accompagné d’un photographe, d’un poète, de cinq eaux-fortes et d’une bonne dose de mystère. Le photographe et compagnon de route de l’univers soulagien,
Christophe Hazemann, connaît si bien l’œuvre du maître de l’Outrenoir qu’il a renoncé à la photographier. Enfin, pas vraiment. Pendant trois ans, il a pris ce qu’il appelle
un pas de côté. Il a saisi les tableaux dans leurs reflets, les miroirs, les mouvements de lumière, jusqu’à ce qu’on ne sache plus très bien ce qu’on voit. Une peinture ? Une flaque d’eau ? Une plaque de métal ? Le visiteur hésite, et c’est précisément le but.
À cette promenade picturale répond celle des mots avec l’ancien boxeur devenu écrivain et poète,
Jean-Yves Tayac. Ses textes dévoilent un Soulages moins colossal que celui des musées, plus proche du voisin de terrasse sétoise. On y découvre un homme qui parle du temps qui passe, de la lumière, de l’amitié et de ce noir qu’il considérait non comme une couleur triste, mais comme une promesse de lumière.
Et puis il y a ces cinq eaux-fortes sorties de l’atelier du peintre. Le cuivre, l’acide, la corrosion : Soulages œuvrait comme un alchimiste fiévreux, accélérant en quelques heures ce que la nature met des siècles à révéler. Photos, textes, gravures, suspensions, vidéos s’entremêlent dans une scénographie limpide. C’est peut-être cela, le vrai charme de l’exposition : on y entre pour voir du noir, on en ressort avec une foule de nuances.
Visite commentée en présence de Christophe Hazemann dimanche 27 septembre à 15h30, suivie d’un atelier photo à 16h30
Tous les jours 10h-13h et 14h-19h
Tarifs : 5 €, gratuit jusqu’à 18 ans
Feuilleter le catalogue de l‘exposition
Renseignements 04 99 63 25 46
Maison des Consuls
Musée d’arts et d’archéologie
Rue des Consuls, Les Matelles

Les pianos du silence
Jusqu’au 30 septembre
Abbaye de Valmagne à Villeveyrac
Les Cisterciens y cultivaient la vigne et le silence. Cet été, l’abbaye de Valmagne accueille pourtant une trentaine de pianos. Soyez rassurés, ils resteront discrets. En fait, Ils le sont depuis longtemps, mais ont encore beaucoup de choses à nous dire. Inspiré de deux voyages au Japon et de quatre années à la recherche de ces instruments abandonnés, le photographe piscénois Romain Thiery a poussé les portes d’écoles désaffectées, d’hôtels et de théâtres en ruines, livrés au temps. Au Japon, sa quête a pris une tournure spirituelle. Là-bas, avant d’atteindre le piano, il faut souvent franchir un Torii, traverser ce portail puis un jardin ou un couloir silencieux. Sous les voûtes cisterciennes de Valmagne, ces images trouvent un écrin naturel. Les pierres séculaires s’accordent à la poussière des claviers, la lumière dialogue avec les ombres et le visiteur avance à pas feutrés, de peur de déranger tant de silence.
Ouvert du mardi au dimanche 10h-19h
Chiens autorisés en laisse
Plein tarif : 11,70€ (visite abbaye et parc, dégustation vin bio, exposition)
Contact 04 67 78 47 32
Abbaye de Valmagne
Villeveyrac

Bissière - Messagier
Jusqu’au 27 septembre
L.A.C. à Sigean
Dans cette ancienne cave viticole reconvertie en temple de l’art contemporain, Roger Bissière (1886-1964) et Jean Messagier (1920-1999) partagent l’affiche estivale, comme deux générations invitées aux mêmes bacchanales. On les dit abstraits, mais ils se méfient des étiquettes. Bissière regarde Braque, les arts premiers et la nature avec une discrétion toute méditative. Chez lui, les titres sont aussi économes que les formes : Vert et Blanc, Brun et Noir… On sent le peintre convaincu qu’un tableau n’a pas besoin de bavarder pour se faire comprendre. Messagier préfère les bourrasques aux chuchotements. Ses paysages semblent emportés par le vent, les vagues ou les herbes folles. On devine les parages sans jamais les voir tout à fait. Mais le LAC ne s'arrête pas là. Mondrian, Geer van Velde, Karel Appel et bien d'autres veillent depuis les étages, tandis que Pierre Mache et Germain Roesz rappellent que l'art contemporain n’a pas dit son dernier mot. Et, suprême tentation, une tombola avec son gros lot de surprise. Allez, on vous le dit. Ce ne sera pas un jambon ou une télévision, mais un morceau de poésie à accrocher dans son salon.
Ouvert du jeudi au dimanche
Août : 15h-19h
Septembre : 14h-18h
Contact 04 68 48 83 62
L.A.C. Narbonne (Lieu d'Art Contemporain)
1 rue de la Berre - Hameau du lac, Sigean

Wabi-Sabi
Molisero.Ceramic
Jusqu’au 13 août
La Poudrière à Narbonne
Il existe un endroit où les fissures sont recherchées, les irrégularités élégantes et les traces du temps décoratives. Non, il ne s’agit pas de la voirie narbonnaise, mais de l’exposition du céramiste Molisero.Ceramic à la salle de la Poudrière. Son credo tient en un mot japonais : wabi-sabi. Une philosophie qui célèbre la beauté de l’imparfait. Au Japon, l’imperfection est un art. Les céramiques de Molisero dialoguent entre deux rivages, les terres antiques du bassin méditerranéen avec l’archipel du soleil levant. Les pièces en raku et en terres sigillées semblent avoir traversé les siècles. Rien n’y est tout à fait lisse, ou symétrique, et c’est précisément ce qui leur donne leur charme. Présentée en écho à l’exposition Rêves de Japon, cette parenthèse invite moins à admirer qu’à contempler… la matière, la lumière, la texture. Et l’on finit par trouver les objets calibrés de nos commerces vaguement fades. (Photo : Vase sigillée, 18x215cm © DR)
Contact 04 68 90 30 65
La Poudrière
30B rue de l’Ancienne Porte Neuve, Narbonne
En avant partout pour la 282e édition de la Saint-Louis dont l’affiche est signée Magali Rhétoré.
Au programme :
Tournois de joutes dans le Cadre royal avec en point d’orgue le tournoi des lourds du lundi 24 août.
Animations, ateliers, spectacles de rue et activités ludiques pour les enfants.
Concours de boules rondes et carrées, grand tournoi de tennis du Mas Viel, traversée de Sète à la nage.
Concerts, spectacles et bodegas chaque soir dans le cœur de ville.

Festival du Vigan
Jusqu’au 25 août
Le Vigan, Arrigas, Assas, Bréau, Valleraugue…
Pendant quelques semaines au Vigan et alentours, temples, églises et châteaux abandonnent leur calme séculaire pour accueillir des musiciens et faire vibrer aussi bien les mélomanes que les vieilles pierres. La cinquantième édition du Festival du Vigan a cette idée simple et délicieuse : pourquoi enfermer la musique dans une salle de concert quand elle peut prendre l’air des Cévennes, le soir, dès 21h30 ? (Photo Christian-Pierre La Marca © Marco Borggreve)
Dimanche 2 août, église St-Genest d’Arrigas
BD Family Quartet, Vincent Beer-Demander, mandoline
Pachelbel, Vivaldi, Bach, Satie, Bartók, Cosma, Vannier, J.-C. Petit
Mercredi 5 août, temple de Bréau
Christian-Pierre La Marca, violoncelle
Dowland, Bach, Rameau, Ligeti, Casals, Chaplin, The Beatles, Sollima
Vendredi 7 août, temple de Valleraugue
Olivier Cesarini, baryton,
Lise Nougier, soprano,
Elsa Bonnet, piano
Airs et duos d’Opéra, Mozart, Rossini, Verdi, Lehár
Dimanche 9 août, château Le Castellas de St-Bonnet-de-Salendrinque
Quatuor de clarinettes
Anches Hantées
Opéra sans Diva, Strauss, Massenet, Wagner, Puccini
Mardi 11 août, Temple du Vigan
Ensemble Dulci Jubilo, chœur
Allegri (Miserere), Tallis, Lotti, Poulenc, Ospital
Jeudi 13 août, église St-Pierre du Vigan
Grand concert avec chœur
Vivaldi – Magnificat et Gloria
Chœurs de l’Abbaye de Sylvanès
Orchestre de chambre de Toulouse
Éva Plouvier, soprano,
Gaëlle Mallada, mezzo-soprano
Vendredi 14 août, château d’Assas
18h : Conférence d’André Peyrègne,
L’histoire de la valse
Dimanche 16 août, église de St-Martial
Récital du pianiste
Sæhyun Kim, Grand prix Concours Long 2025
Schubert, Chopin
Mardi 18 août, château de Mareilles au Vigan
Le trompettiste
Romain Leleu
et son quintette à cordes
Nuit Fantastique Opus 2, Schubert, Dvořák, Rota, Bernstein
Mardi 25 août, temple du Vigan
Noëmi Waysfeld
chante Barbara
Guillaume de Chassy, piano,
Leila Soldevila, contrebasse
Réservations :
Par téléphone 06 08 62 71 64
Sur place au bureau du Festival
Maison de Pays, Place du Marché, Le Vigan
10h30-12h et 17h-18h, tous les jours sauf le dimanche

Exposition Kiki Smith
Être ici | Maintenant | Partout
Jusqu’au 11 octobre
MO.CO. à Montpellier
En sortant du MO.CO., il faudra accepter une évidence : le corps humain est décidément un drôle d’objet. Tantôt féminin, tantôt animal, parfois céleste, il change de peau au fil des œuvres de Kiki Smith, sans jamais perdre son pouvoir de fascination. L’artiste américaine, née en 1954, ne se contente pas de sculpter. Elle grave, dessine, photographie, tisse, imprime, assemble… Chez elle, pas de hiérarchie : une tapisserie peut dialoguer avec une sculpture, un dessin avec un livre d’artiste. Le visiteur chemine parmi plus d’une centaine d’œuvres réparties sur trois étages. Il y croise des corps fragmentés, des silhouettes fragiles, des animaux complices et une nature omniprésente. Rien n’est vraiment inquiétant, rien n’est tout à fait rassurant non plus. C’est un univers où l’on finit par comprendre que nous sommes faits de chair, certes, mais aussi d’imaginaire. Et l’on ressort convaincu d’une chose : notre enveloppe corporelle est peut-être notre premier paysage…
En prenant l’air et en reprenant vos sens, explorez le Jardin des cinq continents, un jardin-atlas imaginé par Bertrand Lavier
Ouvert du mardi au dimanche 11h-1h du matin (2h du matin en août)
Du mardi au dimanche 11h-19h
Télécharger le livret de visite
Télécharger le livret jeune public
MO.CO.
13 rue de la République, Montpellier

Concert Ensemble Musicâme France
Vivaldi, Bach, Piazzolla
Jeudi 20 août à 19h
Église Saint-Pierre à Sète
L’Ensemble Musicâme France est un orchestre de chambre organisé comme un collectif et présent dans plus de cent villes à travers le monde. Soucieux d’offrir à son public une expérience musicale unique, il réunit des musiciens internationaux et locaux de haute volée issus de grandes formations. L’église Saint-Pierre accueille, durant 75 mn, un concert de musique classique porté par six musiciens talentueux : Issam Garfi, flûte, Sébastien Mazoyer, accordéon, Valentin Seignez-Bacquet, violon-solo, Dali Feng deuxième violon, Magali Demesse, alto, Xavier Chatillon, violoncelle.
Au programme : Astor Piazzola, Jean-Sébastien Bach, Carl Philipp Emanuel Bach, Antonio Vivaldi
A. Piazzolla :
Otoño Porteño
J.S. Bach :
Concerto brandebourgeois n° 5 – Allegro
A. Vivaldi :
Concerto pour flûte en sol mineur La Notte
A. Piazzolla :
Adiós Nonino
A. Piazzolla :
Histoire du Tango – Café 1930 & Night Club 1960
J.S. Bach / Reinhardt :
Allegro du Concerto pour deux violons en ré mineur
(version jazz)
A. Piazzolla :
Escualo
C.P.E. Bach :
Concerto pour flûte en la majeur – Allegro assai
A. Piazzolla :
La muerte del ángel
A. Vivaldi :
Les Quatre Saisons – L’Été : Finale (Presto)
31,50€ Placement privilégié au plus près des artistes
26,50€ Placement privilégié 12-25 ans, chercheurs d’emploi, intermittents du spectacle, PMR
26,50€ Placement au centre
21€ Placement 12-25 ans, chercheurs d’emploi, intermittents du spectacle, PMR
Église Saint-Pierre
6 rue du 14 Juillet, Sète

Premières fois, premières photos
Jusqu’au 1er novembre
Pavillon Populaire à Montpellier
Entre sa naissance, il y a 200 ans, et son attelage aux téléphones, drones et lunettes, la photographie a vécu de nombreux tâtonnements. C’est cette joyeuse préhistoire de l’image photographique que le Pavillon Populaire de Montpellier nous raconte. Elle n’est pas née d’un simple déclic, mais d’une flopée d'inventions parfois géniales, souvent saugrenues. Au XIXᵉ siècle, on déposait des milliers de brevets pour capturer d’abord ce qui ne bougeait pas. Puis on confia ses clichés à un cerf-volant, un pigeon voyageur… On imagina des appareils dont les noms – photosiège ou photocycliste – feraient aujourd’hui sourire les ingénieurs de la Silicon Valley. Aux côtés de ces curiosités, les premiers pas de grands photographes comme Julia Margaret Cameron, Martin Parr, Bernard Plossu ou Boris Mikhaïlov rappellent une vérité réconfortante : les premiers clichés hésitent parfois, cherchent leur cadre, inventent leur langage. Sous la houlette de Luce Lebart, le Pavillon Populaire transforme ainsi deux siècles d'histoire photographique en une promenade aussi savante que malicieuse.
Entrée libre
Du mardi au dimanche 11h-19h
Pavillon Populaire
Esplanade Charles-De-Gaulle, Montpellier

Ayana V. Jackson
La bonne nouvelle n’est pas annoncée au sommet des montagnes mais dans les clairières
Jusqu’au 4 octobre
Abbaye de Montmajour à Arles
Dans le réfectoire de cette majestueuse abbaye romane, Ayana V. Jackson fait entrer l’histoire par les clairières. L’artiste américaine, née en 1977, redonne vie à des femmes que les archives avaient jetées dans les fossés. Cavalières, héroïnes, figures oubliées reprennent fièrement leur place sous les voûtes millénaires. Ici, la photographie ne se contente pas d’illustrer le passé, elle rappelle que l’Histoire n’est pas toujours celle qui est racontée. Quelques salles plus loin, changement de registre mais même invitation à réfléchir. Une exposition rend hommage à Marc Bloch, immense historien et résistant, récemment panthéonisé. L’homme, qui martelait que comprendre le passé aide à éclairer le présent, trouve naturellement sa place dans une abbaye fondée il y a près d’un millénaire. À Montmajour, la pierre raconte l’Histoire, l’artiste la questionne, l’historien lui donne du sens. Et le visiteur repart avec davantage de questionnements que de certitudes. C’est peut-être cela le plus beau des pèlerinages.
Exposition produite par les Rencontres d’Arles en collaboration avec Mariane Ibrahim (Paris, Chicago, Mexico).
Horaires d’ouverture : 9h-18h15 (dernière entrée 17h15)
Tarif : 7 € (gratuit pour les – de 26 ans)
Contact : 04 90 54 86 16
Abbaye de Montmajour
Route de Fontvieille, Arles

Pour rêver à Fernande
Aurélie Burette
Jusqu’au 30 août
Espace Georges Brassens à Sète
Sous les doigts d’Aurélie Burette, le papier tourbillonne, se met à danser et semble presque respirer. L’artiste ne force rien. Elle plie, déchire, tend la matière. Les accidents deviennent complices, les déchirures chemins de traverse. Peu à peu surgissent des silhouettes légères, suspendues entre équilibre et chute, comme une chorégraphie figée juste avant le mouvement suivant. Il faut dire qu’Aurélie n’est pas arrivée là par hasard. Ingénieure en mécanique des fluides, spécialiste du jouet à Dubaï, professeur de Pilates au Canada... Son parcours est un récit d’aventures.
Dans ce lieu dédié au poète-musicien, ces personnages de papier forment un petit orchestre silencieux qui suit la cadence d’un Georges gratouillant le nombril de sa guitare. Et l’on ressort étonné que le papier n’ait pas besoin d’une chanson dessus pour donner une âme à un corps. Cerises sur le frescati : deux manuscrits originaux de la chanson Fernande.
Ouvert 10h-18h tous les jours sauf lundi
Tarif : à partir de 6€
Contact 04 99 04 76 26
Espace Georges Brassens
67 boulevard Camille Blanc, Sète

Directeur de la publication :
Jean-Renaud Cuaz
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