LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE SEPTEMBRE

Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir

4e FESTIVAL AGNÈS VARDA

Du jeudi 17 au dimanche 20 septembre

Foyer Louis Roustan de la Pointe Courte à Sète


Un festival Agnès Varda à la Pointe Courte, quoi de plus naturel ? C’est là autant un hommage à la cinéaste qu’à ce presqu’îlot de pêcheurs qui paraît posé sur l’étang pour les artistes. C’est là aussi un retour aux sources. À la source de la Nouvelle Vague, une forme de cinéma — mélange de fiction et de documentaire — qui en fera d’Agnès Varda l’initiatrice et l’une des figures majeures. En 1954, une jeune photographe presque inconnue vient tourner ici son premier film, La Pointe courte, dans ce décor d’exception qui y tient le rôle-titre. Il ouvre chaque édition du festival depuis sa création en 2022 par Michel Brel, ancien pêcheur-conchyliculteur et natif de la Pointe. (Photo : Agnès Varda entre Philippe Noiret et Silvia Monfort sur le tournage de La Pointe courte en 1954 © Agnès Varda / Succession Agnès Varda)


Les films à (re)voir, séances de 10h, 14h, 18h :

En ouverture, jeudi 17 : La Pointe courte (1954)

Vendredi 18 : Les Cent et Une Nuits de Simon Cinéma (1995)

Samedi 19 : Le Bonheur (1965)

Dimanche 20 : Les Plages d’Agnès (2008)


Entrée gratuite sur réservation au 06 31 00 16 10

Exposition de photographies d’Agnès Varda pendant le festival

Animation musicale vendredi 18 à 19h


Foyer Louis Roustan

61 traverse des Pêcheurs

La Pointe Courte, Sète

Françoise Pétrovitch

Mémoires vives

Jusqu’au 27 mai 2027

Musée Ingres Bourdelle à Montauban


Dans les profondeurs du musée Ingres Bourdelle, la salle du Prince Noir accueille cet été un drôle de peuple venu d’un ailleurs incertain. Françoise Pétrovitch fait surgir de ses Mémoires vives, sous les voûtes médiévales, de grandes créatures hybrides, mi-humaines, mi-animales, aussi fragiles qu’inquiétantes. Elles apparaissent, disparaissent, flottent dans la pénombre. Avec le vidéaste Hervé Plumet, l’artiste transforme la salle en un théâtre d’ombres où l’on ne sait plus très bien qui observe qui. Le dessin, pratique essentielle chez Pétrovitch, poursuit le dialogue avec Ingres au deuxième étage. Quelques-unes de ses œuvres prennent place parmi les tiroirs habituellement réservés au maître de Montauban. Une intrusion délicate, loin d’être anodine. Et puisque le peintre de la Grande Odalisque savait aussi habiller les corps, on ne manquera pas Ingres et la mode, exposition de quelque 200 pièces consacrée à son obsession pour les étoffes. Entre créatures troublantes et soieries somptueuses, le MIB offre un étonnant dialogue entre deux artistes réunis par deux siècles.


Ouvert du mardi au dimanche 10h-19h
Le jeudi jusqu’à 21h

Contact 05 63 22 12 91


Musée Ingres Bourdelle

19 rue de l’Hôtel de Ville, Montauban

Émergences

Du 11 au 13 septembre

Château d’Aramon


Surplombant le Rhône, l’ancienne forteresse d’Aramon a été la propriété des comtes de Toulouse au XIIe siècle. Il reste de cette époque le donjon du XIIIe siècle qui a appartenu, à partir de 1551, à Diane de Poitiers, une largesse intime du roi Henri II, qui en fit pousser les murs. C’est dans ce cadre historique que la jeune pianiste malaisienne Bridget Yee donnera un récital dans la cour du château. Une artiste à suivre, remarquée pour ses interprétations à la fois imaginatives, intenses et profondément sensibles. Son programme fera voyager de Rameau à Gershwin, de Scriabine à Chopin. Quatre univers, quatre manières de faire chanter le clavier, entre élégance française, swing américain et vertige russe. Mais la soirée ne s’arrêtera pas là. Après l’entracte (20 mn), le pianiste et chanteur Walid Ben Selim prendra le relais, ouvrant la musique classique vers d’autres horizons. Deux artistes, deux approches du piano et une même invitation romantique à faire émerger la musique au bord du Rhône. (Photo © Anna Szklener)


Vendredi 11 septembre à 20h30 

Soirée en deux parties :
20h30 : Bridget Yee, piano classique (50mn)
21h30 : Walid Ben Selim, piano et chant (50 mn)

Cour du château

Plein tarif 18€, tarif réduit 12€


Château d’Aramon (Gard)

Journées européennes du patrimoine

Samedi 19 et dimanche 20 septembre

Théâtre Molière à Sète


Il arrive que notre patrimoine lève le rideau pour nous raconter ses petites histoires. Pendant les Journées européennes du patrimoine, le Théâtre Molière sera justement un des lieux où l’on pourra regarder derrière le rideau de scène. Pendant tout le week-end, visites libres, projections et expositions permettront de redécouvrir ce théâtre à la française sous toutes ses coutures. Et notamment de s’intéresser à son imposant lustre, explorer les secrets de la sécurité incendie ou suivre une visite guidée pour découvrir les recoins habituellement réservés aux artistes et aux techniciens. Le dimanche, une rencontre consacrée à l’envers du décor vous fera même pénétrer dans l’antre de la technique : car sans régisseurs, machinistes et techniciens, pas de magie sur scène ! Ces Journées feront également la part belle aux artistes sétois avec l’exposition consacrée à René-François Gregogna, à l’occasion de Gregogna, 100 ans de multitudes, et au projet Art d’Identité, mené avec de jeunes artistes exilés. Et pour ceux qui préfèrent prendre un peu de hauteur, les phares Saint-Louis et Saint-Clair ouvriront eux aussi leurs portes.


Théâtre Molière 

Scène Nationale Archipel de Thau

Avenue Victor Hugo, Sète

Sur les traces du sculpteur Paul Dardé

Dimanche 20 septembre

Musée de Lodève


Le sculpteur Paul Dardé a laissé dans Lodève davantage que des blocs rocheux : une véritable présence, inscrite dans les rues, les bâtiments et la mémoire de la ville. Élève furtif des ateliers parisiens de Injalbert et de Rodin, il retourne à Lodève, fuyant l’autorité et le conformisme. Mobilisé pour la Der des Ders alors qu’il attaquait sa première commande publique, il se retrouve brancardier sur le front pour avoir brocardé ses supérieurs. Une expérience qui l’anéantit et dont il rapportera des dessins épouvantés. il fuit la guerre en sautant d’un train. Interné en psychiatrie, il évite d’être fusillé pour désertion et vivra dans un grand dénuement le restant de sa vie. Ses monuments aux morts, un art prolifique de l’après-guerre, ne portent pas vraiment aux nues la patrie, mais dénoncent l’absurdité de la guerre. Cette visite des Journées européennes du patrimoine propose de suivre une piste lapidaire à partir du musée. On y découvre les œuvres majeures du sculpteur, dont le grand Faune, source de critiques élogieuses lors de sa présentation au Salon du Grand Palais, en 1920. Le parcours conduit à la découverte d’œuvres intégrées au paysage urbain, à la Halle Dardé et au plus poignant de ses sept monuments aux morts.


Dimanche 20 septembre à 10h30 : visite commentée limitée à 25 personnes (gratuit)

Réservation obligatoire

Contact 04 67 88 86 44


Halle Dardé

Place de la Halle Dardé, Lodève


Musée de Lodève

Square Georges Auric, Lodève

MUJŌ L’art du geste et de l’instant
Jusqu’au 23 septembre

La Poudrière à Narbonne


Avec MUJŌ, la calligraphe narbonnaise Shunkō invite à regarder l’encre noire, le geste du pinceau et surtout… le blanc du papier. Mujō signifie l’impermanence : cette idée, profondément japonaise, que toute chose est appelée à changer et à disparaître. Chez Shunkō, elle devient geste. Un trait de pinceau, parfois vif, parfois suspendu, suffit à faire naître une forme qui semble avoir toujours été là et qui, pourtant, pourrait s’effacer l’instant suivant. Rien de décoratif dans cette calligraphie : chaque mouvement compte, chaque retenue aussi. L’exposition réserve également une jolie surprise avec les Hane kimonos réalisés à partir de soies anciennes venues d’Hiroshima. Des étoffes, qui auraient pu rester enfermées derrière des portes coulissantes, retrouvent à la Poudrière une nouvelle vie, entre tradition japonaise et création contemporaine. Une exposition à découvrir à pas feutrés.


Entrée gratuite

Du mercredi au dimanche 10h-12h30 et 14h-18h

Contact 04 68 90 26 38


Quartier de l’Europe - La Poudrière

Galerie d’art

30 B rue de l'Ancienne Porte Neuve, Narbonne

Solid’art

90 artistes solidaires

25-26-27 septembre

Zénith Sud à Montpellier


Pour la 9e édition du Salon Solid’Art Montpellier du Secours Populaire, 90 artistes, sélectionnés par un comité artistique, exposeront durant trois jours pour soutenir la campagne sourire de l’association. Peintres, photographes, sculpteurs, street-artistes, sérigraphes… Venez rencontrer les artistes et découvrir leurs univers, il y en aura pour tous les goûts et tous les budgets. Une œuvre achetée, c’est un sourire pour un enfant !


Entrée et parking gratuits

Horaires d'ouverture :

Vendredi 25 : 14h-22h

Samedi 26 : 11h-20h

Dimanche 27 : 10h-19h

Entrée et parking gratuits
Restauration sur place et ateliers pour enfants


Artistes exposants : Leloluce, marraine (photo) • Tristan Adelen • Sébastien Allart • Amadéo (Daniel Garcia) • Marie Amédro • Anagruz • Pamela Araújo • Artaetas Lézarts urbain • Aujuste le juste • Géraldine Auret • Bella Bah • Claire Bonnet-Masimbert • Lucile Callegari • Catzpunk • Audrey Chiono • Gilles Chrétien • Claks • Clodius • Pierre Colmain • Wayne Danza • Damien Demaiter • Thibaut Derien • Frédérique Detraux • Claire Dodin • Dr Speed • David Ferreira • Fonk • Fragments • Lison Gangloff • Gargo • Gripe • Hersk • Honck • Kuro 222 • Clara Langelez • David Law • Gwendoline Le Ray • Myriam Louvel • Aude Machefer • Majéon • Isabelle Marsala • Laurent Martin • Diego Menendez • Mr Lemdi • Mr Strange • Nasty • Jan Noah • Niko Inko • Oups • Pamelito • Camille Poli • Pomme de boue • Prooz • Julien Raynaud • Sodade (Axelle Teixeira) • Sunra • Sarah Tassier • Textured • Romain Thiery • Nui Vagab • Grégory Valentin • Marion Vallerin • Laëtitia Vasseur • Wawapod

Éditions Anagraphis : Aurel • François Boisrond • Robert Crumb • Hervé Di Rosa • Errö • Lady.K • Maye • Mezzo • Mist • Fanck Noto • Ernest Pignon-Ernest…
Galerie Laurent Rigail : C215 • Charlélie Couture • Guy Denning • L’Atlas • Levalet • Mad C • M. Chat • Jérôme Mesnager • Miss Tic • Monkeybird • Nasty • Obey • Fabien Verschaere…
Édition Lézarts urbain x Artaétas : Jonone

Parcelle473 : Voglio Bene • Le D • Jordy Le Bruchec • Fahrenheit…

Galerie At Down : Gum • Jérôme Mesnager • Mist • Nasty • Smole

Espace Solid’art : Jace • Jef Aérosol • Jonone • Vincent Lelièvre • Lorem • Luke Newton • Sandrot • Speedy Graphito…

Live painting / dédicaces : Léloluce • Maye • Oups • Prooz  • Sunra • et le dessinateur Dadou

Ateliers : Anagraphis (sérigraphie) • Cssjpg Jenfi & Vincent Lelièvre (œuvre participative)…


Zénith Sud

Domaine de Grammont
2733 avenue Albert Einstein, Montpellier

Exposition Issanka Couleurs 2017-2026

Du 10 au 23 septembre

Église Saint-Hippolyte à Loupian


L’artiste-peintre Madeleine Molinier Sergio  témoigne d’une fidélité constante à la peinture et d’une sensibilité où la couleur et la lumière occupent une place essentielle. Elle a construit, au fil des années, un univers personnel nourri par les émotions et par un regard attentif porté sur le monde. Ici, pas de démonstration tapageuse : la peinture devient un espace de recherche et d’équilibre. Chaque œuvre témoigne d’une volonté de traduire une sensation, une atmosphère, parfois une émotion fugitive. En réunissant les étapes de ces dix dernières années, cette exposition permet de mesurer l’évolution de son travail tout en retrouvant les fils conducteurs qui l’ont toujours accompagnée : la couleur, la lumière et cette recherche d’une harmonie jamais tout à fait définitive. Une invitation à découvrir une artiste qui, tableau après tableau, nous montre un monde sans avoir l’obsession de l’élucider.


Vernissage mercredi 9 septembre à 18h30

Permanences 10h-12h et 18h-19h30

Contact 04 67 43 82 07


Église Saint-Hippolyte

Place Charles de Gaulle, Loupian

Christian Lacroix

Dessins, gribouillages et graffitis

Jusqu’au 4 octobre

Musée Réattu à Arles


Et si, derrière le grand couturier Christian Lacroix, se cachait surtout… un dessinateur ? C’est ce que suggère avec malice l’exposition présentée au musée Réattu, qui nous entraîne bien loin des podiums et des défilés. Tout commence dans l’enfance arlésienne de l’artiste, avec des croquis réalisés dès l’âge de six ans. Puis viennent les silhouettes de mode, les costumes de théâtre et d’opéra, les illustrations, les collages, les aquarelles et les maquettes. Crayon, feutre, encre, gouache, palette graphique, jusqu’à la peinture et la céramique. Lacroix semble incapable de laisser un support tranquille. Le plus savoureux est peut-être de découvrir ses carnets improvisés, enveloppes, post-it ou boîtes de médicaments transformés en surfaces de dessin. Car chez lui, l’inspiration ne prévient pas. Arles, la Provence, la Camargue, les taureaux, les matadors, l’histoire du costume : tout nourrit ce trait immédiatement reconnaissable, volontiers baroque, drôle et théâtral. Une exposition qui révèle un Lacroix plus intime, plus libre et, finalement, plus étonnant que le couturier que l’on croyait connaître. (Illustration : Christian Lacroix, Autoportrait, vers 2020, dessin à la palette graphique © Monsieur Christian Lacroix 2026)


Réservation

0490493758

reattu.reservation@ville-arles.fr


Musée Réattu

10 rue du Grand Prieuré, Arles

Nîmes Métropole Jazz Festival

Du 11 septembre au 17 octobre

Dans les villages et les vignes


Le jazz aime décidément les lieux inattendus. Pour ses vingt ans, le Nîmes Métropole Jazz Festival ne se contente pas de jouer dans une grande salle de Nîmes, il part en itinérance dans les communes de l’agglomération, les jardins et même les domaines viticoles. Le prologue de septembre est particulièrement séduisant. Le 11, Nik West donnera aux Jardins de la Fontaine une soirée d’ouverture gratuite placée sous le signe du funk. Le lendemain, direction le Château de Nages, à Caissargues, pour Roberto Fonseca et Vincent Ségal, accompagnés de Franck Nicolas. Puis le 13, Jî Drû, Sandra Nkaké et Justine Blue investiront le Château de Campuget, à Manduel. Ce qui mérite le détour n’est donc pas seulement la qualité musicale : c’est la géographie du festival. Le jazz sort de son club, quitte ses assises feutrées à la rencontre du terroir viticole de la Costière. On passe ainsi de la musique à la vigne, du concert à la dégustation, du patrimoine au patrimoine. Et pour terminer septembre, le festival propose même, le 29, la finale du Tremplin Jazz70 au Théâtre Christian Liger : trois jeunes groupes régionaux, un jury et un prix du public.


Toute la programmation

Billetterie

Télécharger le Communiqué média du Cercle généalogique de Languedoc - Sète

Directeur de la publication :

Jean-Renaud Cuaz
Copyright © 2026 Audasud
Tous droits réservés
Vous recevez cet emailing car vous êtes abonné via notre site Internet

Ce bulletin culturel est publié par Audasud

8 avenue Victor Hugo, 34200 Sète

Vous souhaitez changer la façon dont vous recevez cet emailing ?
Vous pouvez 
mettre à jour vos préférences ou vous désabonner

par Jean-Renaud Cuaz 20 août 2026
Mariés, tenez-vous bien, voici la jeunesse qui arrive ! Cette joviale mise en garde accompagnait l’air joué au moment de la charge des jouteurs arc-boutés sur leur tintaine. Une rivalité fondée sur l’état civil et la couleur des deux barques, bleu pour les célibataires, rouge pour les mariés. Avant que les tournois ne s’ouvrent aux demoiselles et aux dames, on compensa ce sectarisme par des prénoms féminins donnés aux barques : Mathilde, Véronique, Fanny, Blanche… Question d’équilibre, là aussi. Il fallut attendre le 30 août 1891 pour voir ce privilège jeté à l’eau par deux Cettoises, les sœurs Élise et Anna Sellier. Et le 18 août 2022 , pour voir naître le premier tournoi féminin de la Saint-Louis, après deux années de réflexion sans joutes, dues à une pandémie dévastatrice, mais somme toute salutaire. Élise et Anna Sellier, pionnières de la Saint-Louis Deux jeunes sœurs originaires du quartier de la Bordigue ont eu l’honneur, le 30 août 1891 , d’ouvrir le Grand Prix de la Saint-Louis. Elle furent autorisées à combattre sur la tintaine sous les regards dubitatifs d’une foule plus habituée à de mâles silhouettes. Sous une apparence frêle et juvénile — Anna, la plus jeune, n’avait que 17 ans — rien ne prêtait à confusion malgré leur sportivité. Un corsage à col marin sur une longue et ample jupe, un chapeau à larges bords relevés sur le devant. Leur poitrine arborait une cocarde aux couleurs de leur barque et une médaille gagnée dans un concours à Marseille. Leur père, Pierre Sellier, pêcheur à la Pointe Courte, les avait endurcies par des sorties sur l’étang parfois houleuses. Une tintaine sur un placide canal, fût-il un Cadre royal plein comme un œuf, ce lundi de la Saint-Louis, n’allait pas les effaroucher. Dans son compte-rendu, le journaliste de l’Éclair écrivit : « C’est la plus jeune des deux sœurs, Mlle Anna, qui, à la deuxième passe, expédia Élise à l'eau. Un exploit jamais réalisé à ce jour par aucun jouteur. En réalité, c'est deux adversaires qu'Anna envoya au bain... sa sœur étant dans une situation intéressante… » Car Élise était aussi tombée… enceinte. Le grand peintre des joutes Toussaint Roussy, turlupiné par cet assortiment, formula un jugement sans appel : « Après cette épreuve, sympathique, mais peu concluante, est-il permis de croire que pareil exemple soit suivi dans le futur ? Aussi pouvons-nous prédire, sans crainte de nous tromper, que le féminisme n’encombrera de longtemps nos jeux populaires, vu que l’effort physique qu’il faut y déployer ne se prête nullement à la constitution de la femme pour si robuste qu’elle soit. Quoiqu’il en soit, ce fait unique et nouveau ne restera dans les annales que comme un souvenir sensationnel et de la plus grande originalité ». Si la représentation du monde des joutes par Toussaint Roussy ne manquait ni de finesse ni de justesse, comme le montrent les pages de ce livre, sa vision de la féminité se révèlera aussi rustique que l’était son Repoutegaïre. Extraits de : Le Grand Livres des Joutes, de 1900 à 1951 Les Palmarès de la Saint-Louis et des tournois régionaux Publié en 2024 à l’occasion de la 280e édition de la Saint-Louis Auteurs : Jean-Louis Cianni et Jean-Renaud Cuaz Portfolio au format 217 x 300 mm comprenant : • la pochette cartonnée avec rabats • le livret de 68 pages (A4) • 16 feuillets (A4) • 2 feuillets triptyques 3 volets (891 x 210 mm) Isbn : 9-782487-131217 (décembre 2024) Prix public : 25 € Feuilleter et commander le Portfolio ici Illustrations de Toussaint Roussy : Élise et Anna Sellier, aquarelle de Anna, dessin du Repoutegaïre (rouspéteur)
par Jean-Renaud Cuaz 28 juillet 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS D’AOÛT Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 17 juillet 2026
La mer, la mer, toujours… recommandée ! Dans cette Histoire des bains de mer à Sète , la grande bleue cesse d’être un simple décor. Françoise Lapeyre nous dévoile ce qu’elle fut au XIXe siècle, après une longue période d’appréhension : un remède. On y venait « prendre la vague » comme on va prendre les eaux à Balaruc. Le vitalisme marin attirait des milliers de curistes vers ce qui allait devenir la plus ancienne station balnéaire de la Méditerranée française. La plage était alors une ordonnance, la houle une embrocation salée, l’air marin un adjuvant contre les miasmes urbains. De nos jours, il suffit de contempler la plage de Sète pour croire que tout a toujours été là : le sable, les plagistes, la baignade et les brise-lames. Pourtant, derrière cette apparence, se cache une histoire fascinante des bains de mer curatifs et récréatifs que l’historienne exhume avec une curiosité d’archéologue et un travail de bénédictin. Si la force de cet ouvrage réside dans l’étendue de son propos et dans la richesse de sa documentation — une mosaïque d’archives et de journaux oubliés, correspondances et cartes anciennes, gravures et photographies — l’autrice ne se contente pas de raconter l’histoire. Elle la reconstitue projet après projet, saison après saison, mode après mode… Surgit ainsi au fil des pages, entre des baigneuses crispées et leurs guides-baigneurs, une galerie de portraits déterminants : entrepreneurs audacieux, médecins visionnaires, hôteliers obligeants… Toute une société reprend vie, du Kursaal à la Corniche et la pointe du Lazaret. Et l’on découvre une ville qui invente peu à peu une vocation balnéaire sans jamais renier son identité portuaire et populaire. Françoise Lapeyre nous offre, en redonnant chair à un passé largement effacé par le temps et les transformations urbaines, bien davantage qu’un livre d’histoire locale : un miroir précieux de notre mémoire collective. Une saga sétoise indispensable pour comprendre le charme et l’attrait de la Reine des plages méditerranéennes qui poussa un poète moustachu à se fendre d’une supplique pour passer sa mort en vacance… le long de cette grève où le sable est si fin. Jean-Renaud Cuaz, éditeur HISTOIRE DES BAINS DE MER À SÈTE Des bains thérapeutiques au tourisme balnéaire, de 1812 à nos jours Autrice : Françoise Lapeyre 25 € | ISBN 9-78248131514 Format 30 x 21 cm | 220 pages Couverture rigide
par Jean-Renaud Cuaz 24 juin 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE JUILLET Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 21 juin 2026
Une fois encore, elle manque le Panthéon. Voilà cent cinquante ans que George Sand a écrasé de sa botte son dernier cigare, et la République hésite encore à lui ouvrir ses portes de bronze quand tant d’hommes s’y sont engouffrés sans pouvoir arborer à la poitrine un chouia de son génie. Mais George avait l’habitude. Toute sa vie, elle aura fait grincer les gonds : pantalons, cigares, amours libres, idées avancées, succès populaire et phénomène médiatique. À Sète, deux Georges ont cultivé une semblable indépendance d’esprit. Georges Bayrou, moins connu du grand public que George, fut tout aussi influent dans un univers footeux en ébullition depuis quelques jours. Ancien joueur international, il prit part à la pire défaite de l’équipe de France — 17 buts encaissés contre le Danemark — le 22 octobre 1908, lors du tournoi olympique de Londres qui se disputa avec 8 sélections d’amateurs, dont 2 formations françaises. L’équipe France A comptait dans ses rangs un ailier sétois : Georges Bayrou. Ce sera son unique sélection en équipe nationale. Pour sa défense, cette année 1908 voit la France enregistrer le pire bilan de son histoire : 5 défaites en 6 matchs, 5 buts marqués pour… 45 encaissés. Devenu président de l’Olympique de Cette puis du F.C. Sète, membre dirigeant de la Fédération française de football, il fut l’un des bâtisseurs du professionnalisme et conduisit le club sétois à ses heures les plus glorieuses. Son nom est encore inscrit sur le vieux stade sétois qui porte sa mémoire. Georges Brassens se méfiait, comme George, des conventions sociales. Les gendarmes, les juges, les cocus et les imbéciles heureux nourrissaient son bréviaire poétique. Il abhorrait l’uniforme, avait coutume d’écorcher le morne costume et de tanner à plate couture ce symbole d’autorité. « Sauf l’uniforme du facteur », disait-il à une époque où l’employé des PTT l’arborait à la manière d’une décoration. Sollicité de toute part pour préfacer livres et disques, un exercice auquel Brassens se soumettait non sans ronchonner, il prit sa plume pour un hommage à un ami, l’accordéoniste Édouard Duleu, et rendit sa préface le 30 septembre 1981, un mois avant qu’il ne signe un recommandé de la Faucheuse. En préfaceur obligé, il écrivait avant d’avaler sa chique : « Si l’enfer existe, on doit y être condamné à faire des préfaces. C’est un exercice qui ne m’enchante pas tellement. Mais comme ce pauvre monde est bourré d’inconséquences, j’ai passé ma vie à préfacer les disques et les livres de mes amis. Ma foi, les copains d’abord, et Édouard Duleu fait partie de la tribu. […] Dans cette région turbulente [NDR, le Nord où Édouard Duleu grandit et entama une carrière de pompier], le seul uniforme qu’on respecte, c’est celui de pompier, sans doute parce que le métier comporte plus de risques que d’avantages, qu’il signifie courage et dévouement, qu’il exclut l’autorité. Un tel uniforme ne vous demande jamais vos papiers. » George rédigeait elle-même ses préfaces, jusqu’à en faire un micro-genre littéraire. Ces avant-propos et dédicaces se lisent comme des vignettes et justifient l’affirmation de l’éditeur Hetzel selon laquelle ils forment « le plus magnifique examen qu’un grand esprit a fait de lui-même ». Le plus savoureux reste que Sand, à en croire ses contemporains, n’était pas une brillante causeuse. Dumas père décocha cette vacherie : «J’aimerais encore mieux lire son livre de dépenses que de causer avec elle ». Le mot aurait certainement amusé Brassens, collectionneur de piques bien tournées. Quant à Bayrou, homme de règlements et de statuts, il se serait plongé avec jubilation dans ces écritures comptables.
par Jean-Renaud Cuaz 27 mai 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE JUIN Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 24 avril 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE MAI Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 21 avril 2026
C’est peut-être là le dernier bastion d’un ordre ancien. On a déconstruit le récit, éclaté les genres, hybridé les supports. Le roman n’est plus tout à fait un roman, l’essai se rêve fiction, la poésie se fait visuelle, sonore, performée. Mais la phrase, elle, persiste à commencer à gauche pour finir à droite, comme si elle ignorait tout du chaos environnant. On imagine que les récents séismes éditoriaux emporteraient aussi ce réflexe millénaire. Qu’après avoir bouleversé la forme, le fond, le modèle économique, on ose attaquer la direction. On lit bien en diagonale. Pourquoi pas en spirale ? Ou mieux encore : en tous sens à la fois, comme ces installations où le spectateur devient lecteur, marcheur, acrobate. Mais non. Nous restons sagement alignés, l’œil rivé à une trajectoire plate. À l’échelle du monde, pourtant, ce cheminement n’est pas à sens unique. D’autres civilisations ont tracé d’autres routes, tout aussi anciennes, tout aussi cohérentes. L’hébreu et l’arabe déroulent leurs phrases de droite à gauche, inversant le mouvement sans troubler la pensée. Le chinois classique, le japonais traditionnel, ont longtemps préféré la verticalité, déroulant le texte de haut en bas, colonne après colonne, comme une pluie de signes. Là aussi, la révolution numérique n’a pas tout balayé : ces systèmes persistent, s’adaptent, cohabitent avec les formats dominants. Mais pour qui a appris à lire de gauche à droite, ces autres directions conservent quelque chose d’exotique, presque déroutant, comme si le sens lui-même changeait avec le sens du regard. Il faut dire que chaque direction impose une discipline typographique particulière. La qualité d’une page ne tient pas seulement à ses mots, mais à la manière dont ils occupent l’espace. En Occident, la tradition a longuement poli l’art de la ligne : justification, césures, interlignage, équilibre des marges. Une bonne typographie se reconnaît à sa discrétion, à cette capacité à se faire oublier pour laisser passer le texte. Mais elle est aussi le produit d’un sens de lecture précis, d’une mécanique du regard. Inversez la direction, et tout est à repenser : les alignements, les rythmes, les blancs. La beauté d’une page hébraïque ou arabe ne repose pas sur les mêmes équilibres ; la verticalité asiatique invente d’autres respirations, d’autres tensions. Et pourtant, partout, la même exigence : que la forme serve le fond, sans jamais l’entraver. Les ingénieurs, les designers, les stratèges du numérique ont bien tenté quelques audaces. Le défilement vertical, d’abord, qui a failli tout bouleverser. Quelle idée étrange : lire de haut en bas ! On a cru un instant que le mouvement allait s’imposer, qu’il reléguerait la lecture horizontale au rang de curiosité historique. Mais très vite, l’horizontale est revenue par la bande. Les lignes restent orientées de gauche à droite, même si l’ensemble descend vers le bas, accentué par la lecture sur écran, le vôtre aujourd’hui… Comme si l’on ne pouvait pas totalement renoncer à cette vieille habitude, sorte de squelette invisible du texte. Et puis il y a les livres numériques, ces objets sans pages qui auraient pu tout permettre. Là encore, occasion manquée. On aurait pu imaginer des textes qui se déploient autrement, qui s’organisent selon des logiques nouvelles, libérés de leur reliure, et libérant le lecteur de cette contrainte directionnelle. Mais la plupart du temps, le livre numérique imite le livre papier avec une fidélité presque touchante. On tourne des pages virtuelles, on simule des marges, on conserve les lignes bien sages, de gauche à droite — ou de droite à gauche quand la langue l’exige — mais sans véritable réinvention formelle. Comme si, au moment de tout réinventer, on avait décidé de ne rien changer d’essentiel. Avec un sens du timing remarquable, intervient la proposition d’une clause de conscience pour auteurs désabusés. Puisque tout vacille, pourquoi ne pas leur offrir le droit de se retirer si l’orientation du contexte heurte leurs convictions profondes ? Refuser une publication au motif que la ligne éditoriale ne va pas dans le bon sens, exiger une diagonale éthique, revendiquer une verticalité engagée. On imagine déjà les contrats : « L’auteur se réserve le droit de rompre en cas d’alignement jugé contraire à son orientation intime. » Après tout, si la forme conditionne le sens, pourquoi ne pas faire de la direction une affaire morale ? Ce serait pousser la logique contemporaine jusqu’à son point d’ironie le plus pur : transformer un geste typographique en question de conscience. Il y a sans doute une part de paresse dans cette persistance. Réapprendre à lire serait une entreprise vertigineuse. Cela supposerait de reconfigurer notre rapport au langage, à la syntaxe, au temps même de la lecture. Car lire de gauche à droite, ce n’est pas seulement une convention graphique : c’est une manière de penser. Une progression, une logique, une causalité. On commence, on développe, on conclut. On suit un fil. On avance. Changer de direction, ce serait peut-être aussi changer de pensée. Et ça, c’est une autre affaire. Mais il y a aussi, dans cette obstination, quelque chose de comique. On imagine volontiers un futur proche où les livres seraient entièrement immersifs, où les textes flotteraient dans l’espace, où le lecteur naviguerait littéralement à l’intérieur des phrases. Et pourtant, même dans ce décor futuriste, il y aurait sans doute quelqu’un pour organiser les mots en lignes, bien alignées, dans un sens ou dans un autre, avec le même souci presque maniaque de l’équilibre typographique, de la régularité, de cette fameuse « couleur » de la page que traquent les typographes. Les éditeurs eux-mêmes, pourtant si prompts à annoncer des ruptures radicales, semblent étrangement silencieux sur cette question. On les entend parler de diversification, d’innovation, de nouvelles écritures, mais jamais — ou presque — de renverser le sens de lecture. Comme si cela relevait de l’impensable, du tabou. On peut tout changer, sauf ça. Il y a des limites à la révolution, et elles passent peut-être par des détails aussi discrets qu’un alignement de texte ou une direction de ligne. Et le lecteur, dans tout cela ? Il s’adapte à tout, ou presque. Il lit sur papier de toute taille, sur écran, sur téléphone. Il accepte les notifications, les distractions, les interruptions permanentes. Il lit par fragments, par bribes, par à-coups. Mais il lit toujours selon une direction apprise, intériorisée, presque corporelle. Comme une fidélité obstinée, presque émouvante. On pourrait y voir une forme de résistance : dans un monde qui change trop vite, garder au moins une chose intacte. Ou bien est-ce l’inverse : une preuve que, malgré toutes les proclamations de rupture, rien n’a vraiment changé en profondeur ? Peut-être que le véritable conservatisme de l’édition ne se situe pas là où on le croit — dans les catalogues, les genres, les auteurs — mais dans ce geste minuscule et quotidien, ce glissement du regard selon un axe donné. Une habitude si profondément ancrée qu’elle échappe à toute remise en question, même quand tout le reste vacille. Il est tentant, finalement, de pousser l’ironie plus loin. Et si ce fameux séisme éditorial n’était qu’un tremblement de surface ? Un bruit, une agitation, une série de transformations visibles, mais qui laissent intacte la structure la plus intime de la lecture ? Comme ces villes reconstruites après un tremblement de terre, où les bâtisses changent mais où les rues conservent le même tracé. Car après tout, lire dans un sens donné, qu’il soit horizontal ou vertical, c’est peut-être la véritable infrastructure du livre. Ce qui ne se voit pas, mais qui conditionne tout le reste. On peut changer les matériaux, les formats, les supports… les directeurs, mais tant que cette direction subsiste — et avec elle une certaine idée de la bonne forme typographique — quelque chose de fondamental demeure. Une continuité discrète, presque invisible, mais tenace. Alors oui, le monde de l’édition tremble. Oui, les repères bougent, les certitudes s’effritent, un abysse isole les cafés de Flore et des Deux Magots du reste de la planète. Mais au milieu de ce cataclysme germanopratin, nos yeux poursuivent leur chemin tranquille, fidèles à une trajectoire apprise — qu’elle aille de gauche à droite, de droite à gauche ou de haut en bas. Et c’est peut-être là, au fond, la grande ironie : dans un univers qui se rêve en perpétuelle révolution, le geste le plus banal, le plus automatique, reste désespérément inchangé. Comme si, pour continuer à avancer de gauche à droite, il nous fallait paradoxalement tourner les pages de droite à gauche. Jean-Renaud Cuaz, éditeur & typographiste
par Jean-Renaud Cuaz 26 mars 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS D’AVRIL Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 25 février 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE MARS Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
PLUS DE NOTES