LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE JUIN

Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir

Autour du génocide des Tutsi au Rwanda (7 avril-17 juillet 1994)

Exposition, lecture théâtralisée, rencontre, projection

Du 27 mai au 27 juin à la Médiathèque F. Mitterrand à Sète


Dans le cadre des commémorations du génocide des Tutsi au Rwanda, la médiathèque F. Mitterrand organise une exposition du 27 mai au 27 juin et un temps fort du 27 au 30 mai, en partenariat avec le lycée Paul Valéry de Sète.


Exposition de planches originales de BD

Du 27 mai (17h) au 27 juin

Une mise en images imaginée par les élèves de terminale du lycée Paul Valéry du témoignage de Yvonne Mukantaganda, survivante du génocide, dans le cadre des cours d'Histoire-Géopraphie. Ces planches ont été éditées sous forme de récit graphique publié par les éditions Audasud sous le titre Parce que je suis née Tutsi. Tout public, entrée libre.

Vernissage de l'exposition, mercredi 27 mai à 17h


Lecture théâtralisée

Mercredi 27 mai 18h-19h

La comédienne Agnès Sajaloli propose une lecture théâtralisée de plusieurs extraits de la trilogie de Jean Hatzfeld, Récits des marais rwandais : Dans le nu de la vie, Une saison de machettes, La stratégie des antilopes, parue en 2014 aux Éditions du Seuil, Collection Fiction & Cie. Tout public, entrée libre.


Rencontre Bibliothèques vivantes

Vendredi 29 mai 17h-19h

Rencontre-témoignage avec Yvonne Mukantaganda, rescapée du génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda, et l’association Ibuka France. Tout public, entrée libre.


Projection-Rencontre

Samedi 30 mai 17h-19h

Projection du film documentaire Médiatrice, Revivre au Rwanda de Bernard Mangiante, suivie d’une rencontre avec le réalisateur. Ce documentaire, produit par le CFRT et Zadig production, a obtenu le Prix spécial Jacques Hamel qui récompense un travail journalistique mettant en lumière les initiatives en faveur de la paix. Tout public, entrée libre.


Médiathèque F. Mitterrand

Boulevard Danielle Casanova, Sète

Exposition Sylvain Wlad

Du 17 au 24 juin

Église Saint-Hippolyte à Loupian


Il y a des gens qui prennent des photos. Et puis il y a ceux qui regardent vraiment les autres. Depuis l’âge de 12 ans, Sylvain Wlad appartient à cette seconde famille, plus rare, celle des chasseurs d’émotions discrètes et des collectionneurs de regards fugaces. Chez lui, l’appareil photo n’est jamais une barrière. C’est presque l’inverse : un prétexte à la rencontre. On imagine facilement le silence avant le déclic, les hésitations qui tombent, les visages qui se détendent peu à peu. Ses portraits ne cherchent ni l’effet spectaculaire ni la pose parfaite. Ils préfèrent les vérités simples : une lumière qui glisse sur un front, une main un peu nerveuse, un sourire qui arrive en retard. Chaque cliché semble dire qu’un visage est déjà une histoire entière, inutile d’en rajouter. Cette exposition ressemble ainsi moins à une galerie qu’à une promenade humaine. On y passe de regard en regard comme on feuillette un carnet de rencontres. Et dans une époque pressée de tout classer en quelques secondes, ces photographies rappellent doucement qu’il faut parfois ralentir pour vraiment voir quelqu’un.


Tous les jours 10h-12h et 18h-19h30

Vernissage le Vendredi 17 Juin à 18h30


Église Saint-Hippolyte

5 rue Anatole France, Loupian

More Candles, More Troubles

Exposition Baptiste Eybert

Jusqu’au 24 juillet

Espace Le Kiasma à Castelnau-le-Lez


Baptiste Eybert pratique les coutures, les accrocs, les tissus fatigués et les vêtements oubliés. Dans ses mains, une manche usée peut devenir un paysage mental, un vieux drap une apparition, un morceau de tissu une mémoire qui refuse de disparaître. Ses collages textiles ressemblent à des rêves qu’on aurait recousus au réveil. On y croise des silhouettes incomplètes, des fragments flottants, des formes qui hésitent entre le corps et le fantôme. Le surréalisme n’est jamais loin, mais un surréalisme domestique, presque intime, né d’objets qui ont déjà vécu une autre vie avant d’entrer dans l’atelier. Chez ce fripeur, recycler n’a rien d’un simple geste écologique. C’est une manière de sauver des traces, de transformer les restes du quotidien en archéologie sensible. Chaque couture semble relier plusieurs temps à la fois : celui du vêtement porté autrefois, celui du geste artistique, et celui du regardeur qui tente de recomposer l’histoire. Ses nouvelles sculptures prolongent cette étrange poésie des vestiges. On dirait des fossiles élégants, des parures venues d’une civilisation rêvée, des reliques contemporaines échappées d’un futur ancien. Avec More Candles, More Troubles, première exposition monographique de Baptiste Eybert, le MO.CO. Montpellier Contemporain et Kiasma ouvrent une porte vers un monde où les matières usées continuent discrètement de rêver.


Entrée Libre
Du mardi au vendredi 14h-18h, samedi 9h-12h30 (hors vacances scolaires).
Contact 04 67 14 19 06 


Espace Le Kiasma

1 Rue de la Crouzette, Castelnau-le-Lez

Un autre regard sur Sète

Exposition photographique Michel Brel

Samedi 6 et dimanche 7 juin

Foyer de la Pointe Courte à Sète


Le Pointu Michel Brel photographie Sète comme d’autres parlent d’un amour ancien : avec fidélité, malice et une légère obsession. Il faut dire qu’il vient de la Pointe-Courte, ce bout du monde sétois où le vent connaît les noms des habitants et où les filets de pêche semblent encore raconter des histoires. Il y a gardé un regard tourné vers l’eau et la lumière. Mais Michel Brel ne se contente pas de marcher dans Sète : il la survole. Ses photographies aériennes offrent à l’Île singulière des airs de maquette vivante, coincée entre ciel et mer, entre géométrie des quais et désordre poétique des toits. Mises en parallèle les images anciennes semblent ralentir le temps. Les ombres s’allongent, les rues retrouvent quelque chose du vieux cinéma méditerranéen. Entre nostalgie légère et mémoire populaire, Michel Brel compose un dialogue permanent entre la ville d’hier et celle d’aujourd’hui. Son exposition ressemble finalement à une promenade menée par un amoureux incurable de Sète. Un guide affectueux, un peu rêveur, qui nous rappelle qu’ici chaque quartier possède son accent, chaque canal son humeur et chaque vue aérienne un parfum d’évasion.


Entrée libre

10h-12h et 13h-19h


Espace de l’amitié Louis Roustan,

Traverse des Pêcheurs de la Pointe-Courte, Sète

Feuilletez et commander La véritable histoire de la Tiella de Gaète Feuilleter et commander La cuisine sétoise de Jean Brunelin

Le design selon Pierre Paulin (1927-2009)

Du 27 juin au 1er novembre

Musée Fabre à Montpellier


Il suffit parfois d’un fauteuil pour raconter une époque. Avec Pierre Paulin, les sièges ressemblent à des sculptures futuristes tombées dans le salon des Trente Glorieuses. Ses célèbres Mushroom, Ribbon ou Tongue Chair ont beau dater des années 60, elles semblent encore sorties d’un film de science-fiction optimiste où l’on imaginait que le futur serait souple, coloré et confortable. Le Musée Fabre consacre aujourd’hui sa première grande exposition au design avec un parcours aussi élégant que ludique. On y découvre un Pierre Paulin inventeur de formes, mais aussi observateur attentif des nouvelles façons de vivre, de s’asseoir, de recevoir et même de rêver. Le fumoir de l’Élysée, exceptionnellement présenté hors de Paris, dialogue avec des installations immersives et un étonnant Vidéo Barnum imaginé comme une expérience sensorielle avant l’heure. Entre pop culture, modernité présidentielle et utopies domestiques, l’exposition rappelle qu’un bon designer ne dessine pas seulement des meubles : il dessine aussi nos habitudes, nos gestes et parfois même notre idée du bonheur.


Ouvert du mardi au dimanche 11h-18h

Plein tarif 12€

Pass métro et tarif réduit 9€
Billetterie

Contact 04 67 14 83 00
musee.fabre@montpellier.fr


Musée Fabre

Boulevard Bonne Nouvelle, Montpellier

Zaha Hadid & Gerhard Richter
Jusqu’au 31 mars 2027

La Tour LUMA à Arles


À LUMA Arles, une exposition nous rappelle que Zaha Hadid ne construisait pas seulement des bâtiments spectaculaires. Elle dessinait des futurs possibles, à coups de courbes audacieuses et de peintures presque en apesanteur. Carnets, esquisses, archives et vidéos dévoilent une créatrice qui pensait l’architecture comme un terrain de jeu expérimental, bien avant que les ordinateurs ne suivent ses idées. Entre art contemporain et science-fiction élégante, le parcours ressemble à une traversée mentale où les villes flottent, les perspectives basculent et les murs refusent obstinément de rester sages. 

Avec Gerhard Richter, un paysage, un portrait de famille ou un souvenir de vacances peuvent soudain recevoir une coulée de peinture, un voile gris, une trace imprévisible qui brouille tout. Et c’est précisément là que commence le trouble. Dans ses célèbres Overpainted Photographs, Richter transforme des images ordinaires en objets incertains, quelque part entre peinture et photographie, mémoire et effacement. On croit reconnaître une scène, puis la couleur surgit, glisse, cache ou révèle autre chose. L’exposition montre combien Richter aime déranger notre regard avec douceur. Ses œuvres ressemblent à nos souvenirs : fragmentaires, mouvants, parfois flous, mais étrangement persistants.


Réservez

La Tour, Galerie des Archives Vivantes, Niveau -2

La Tour, Galerie du Cerisier, Niveau -2

Ouvert du mercredi au lundi 10h-18h
Fermé les mardis


LUMA Arles

Parc des Ateliers,
35 avenue Victor Hugo, Arles

Les Estivales de Fabrègues

Du 2 au 30 juin

Place de la Mairie à Fabrègues


À Fabrègues, le mois de juin commence à sentir doucement l’été, les coquillages et les concerts en plein air. Chaque mardi soir, la place de la mairie se transforme en grande tablée conviviale où l’on vient autant pour grignoter que pour refaire le monde entre voisins, amis et inconnus devenus compagnons d’apéritif. Les Estivales mélangent avec bonheur les saveurs d’ici et d’ailleurs : encornets en persillade, fougasses, fromages fermiers, cuisine végétale, hamburgers ou douceurs sucrées. Le tout accompagné de vins et bières héraultais qui rappellent que, dans le sud, la convivialité est un sport local. Ajoutez un groupe de musique différent chaque semaine, quelques tables apportées de la maison, des enfants qui courent entre les stands et un ciel de juin qui tarde à s’éteindre… et vous obtenez l’une des plus agréables façons d’entrer dans l’été.


Animations de 19h à 23h :

Mardi 2 juin : Sweet Melody

Mardi 9 juin : Octane

Mardi 16 juin : La Kémia de la palmeraie

Mardi 23 juin : K-Hello

Mardi 30 juin : Soirée surprise !


Place de la Mairie

Rue de la Mairie, Fabrègues

Sorolla, Maître de la lumière

Jusqu’au 13 septembre

Hôtel d’Assézat à Toulouse


Entrer dans l’exposition consacrée à Joaquín Sorolla, c’est un peu comme ouvrir soudain les volets en plein été méditerranéen. À la Collection Bemberg, la lumière éclabousse les toiles, les robes blanches flottent au vent, les enfants jouent au bord de l’eau et les jardins semblent respirer sous le soleil espagnol. Surnommé le peintre de la lumière, Sorolla avait ce talent rare : rendre la chaleur visible. Chez lui, l’ombre n’est jamais triste et même les scènes les plus simples prennent des airs de vacances éternelles. Portraits de famille, plages baignées de soleil, silhouettes saisies dans un éclat fugitif… tout semble vivant, presque en mouvement. Le décor ajoute encore au charme. Installée dans le somptueux Hôtel d'Assézat, joyau Renaissance imaginé par Nicolas Bachelier en 1555-1557, l’exposition crée un dialogue élégant entre la pierre toulousaine et la Méditerranée de Sorolla.


Du mardi au dimanche 10h-18h

Billetterie


Fondation Bemberg

Hôtel d’Assézat

Place d’Assezat, Toulouse

Jiang Qiong Er

Le souffle du temps

À partir du 19 mai

Narbo Via à Narbonne


Le musée Narbo Via souffle ses cinq bougies avec panache et un joli sens de la fête. Pour l’occasion, l’Antiquité sort de sa réserve et invite l’art contemporain à la danse. Résultat : un anniversaire où statues romaines et créatures mythiques imaginées par Jiang Qiong Er cohabitent avec grâce et curiosité. On déambule entre passé et présent, guidé par un parcours artistique plein de symboles et de poésie. Et soudain, surprise : la danse s’en mêle. Avec le chorégraphe Sylvain Groud, le musée devient scène vivante, les visiteurs spectateurs… et parfois danseurs. Clou du spectacle : un bal participatif où chacun peut entrer dans le mouvement. Ici, on ne se contente pas de regarder l’histoire, on la vit. Une célébration joyeuse, où patrimoine et création s’accordent pour souffler un vent résolument vivant.


Bal participatif gratuit : mardi 19 mai 19h-22h

Ouvert du mardi au dimanche 10h-18h

Contact : 04 68 90 28 90


Narbo Via

2 avenue André Mècle, Narbonne

Carte blanche à Ernest Pignon-Ernest

Jusqu’au 15 novembre

Musée Ziem à Martigues


Depuis plus de soixante ans, Ernest Pignon-Ernest transforme les murs en pages de mémoire. Pas besoin de musée à ciel fermé pour lui : les rues, les façades décrépites, les ruelles populaires ou les murs d’usines lui suffisent largement. Ses silhouettes grandeur nature apparaissent comme des fantômes bienveillants venus réveiller les consciences, rappeler une lutte, un poème ou une blessure collective. Au Musée Ziem, cette grande rétrospective retrace un parcours où l’art et l’engagement avancent toujours main dans la main. Des premiers collages contre la force nucléaire sur le plateau d’Albion jusqu’à Haïti, Soweto ou le Proche-Orient, Ernest Pignon-Ernest n’a cessé de faire dialoguer le dessin avec l’histoire humaine. L’exposition possède aussi une saveur particulière à Martigues, où subsistent encore les traces de ses interventions des années 1980. Entre archives inédites, photographies, sérigraphies et témoignages d’habitants, le visiteur découvre un artiste qui travaille autant avec le papier qu’avec la mémoire collective. Chez lui, l’éphémère laisse décidément de très longues traces.


Ouvert du mercredi au dimanche 14h-18h

Contact 04 42 41 39 60

musee@ville-martigues.fr


Musée Ziem

9 boulevard du 14 juillet, Martigues

Directeur de la publication : Jean-Renaud Cuaz
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par Jean-Renaud Cuaz • 7 octobre 2026
Quand la grande bleue, lourde et tourmentée, s’agitait au loin et qu’au-dessus, immobile et menaçant, un grain de mer orageux souillait le ciel, remontait à la surface le souvenir du naufrage de ce voilier démâté. Deux couples de plaisanciers avaient lancé un appel de détresse, rudoyés par la furie des flots. Un de ces coups de tabac qui se jouent de votre caboteur comme d’un fétu de pirogue. Il le revivait dans ces moments-là, à l’aube, quand il pensait ne pas être dérangé dans le bureau de la snsm *, au bout du môle, du moins par les visites inopinées. Il ouvrait l’armoire métallique pour en saisir le même dossier. D’où il tirait son rapport d’enquête, consigné de mots simples dépourvus d’ornements. Ses photos prises à la volée qu’il étalait sous ses yeux. Ces trois visages saisis entre deux paquets de mer hantaient ses nuits depuis ce jour. Un regard en particulier qui vient de croiser la mort, glacial, muet, qui semble vous questionner. Vous faire regretter de n’être pas arrivé plus tôt, assez tôt pour les secourir. Tous. Cette silhouette venue de nul part s’était vite aperçue qu’un des leurs manquait à bord, quand ça secouait dur, quand les drisses crissaient avant de céder. Les voiles déchirées, le moteur noyé ne présageaient rien de bon malgré la passe du port pourtant proche. Tourmentées par de violents ressacs, trois vies humaines, impuissantes à refouler les déferlements de vagues, écopaient leurs assauts en attendant le canot tous temps des sauveteurs en mer. Pour cet équipage en sursis, l’attente d’une main-forte leur jetant un cordage. Pour lui, l’espoir d’arriver sur zone au plus vite et ramener les survivants. Pour ensuite, de retour au port, consigner le quotidien du sauvetage. Il s’éloignait de son bureau et de sa radio vhs quand la mer somnolait. La plage de la Corniche lui tendait ses bras langoureux et salés. Il aimait l’arpenter de long en long, seulement détourné de son cap par une vaguelette qui lui léchait les semelles et semblait lui dire : tu vois, je sais aussi être bienveillante… Ce matin-là, dans un élan d’amertume, elle avait jeté sur le sable une forme humaine. Soudainement, dans sa tête, les ondes courtes recrachaient l’appel de détresse se mêlant à la sirène du Sémaphore. Les coups de butoir de la mer se réveillaient pour se confondre avec les martèlements de son cœur. Il sortit son portable de la poche et cliqua du pouce, parmi les favoris, le numéro du commissariat de police. « Il me faut une trousse aux morts, plage de la Baleine » . Il aimait désigner ainsi les sacs mortuaires à usage unique, à fermeture éclair. Un clin d’œil à son Hitchcock préféré, et à l’énigmatique Eva Marie Saint. Il redoutait toujours cet instant, malgré son trait d’humour noirci d’amertume… À l’issue d’une autopsie dont il devinait le résultat, il faudra contacter ce visage qui dévorait ses nuits toujours plus courtes. Le corps de son Eva va lui être rendu et pourra rejoindre les siens au cimetière des Saintes-Maries. Le ronflement d’un Canadair se rapprochant lui fit lever la tête. Il l’avait aperçu un peu plus tôt au-dessus des salins. L’appareil le survola, lui fit signe d’un battement d’ailes, puis vira à gauche vers le large pour revenir à la perpendiculaire de la côte, en direction de l’étang. En rase motte, le délicat survol soulevait le sable sur son passage, à quelques mètres des lignes à haute tension. C’était la période d’exercices des bombardiers d’eau, du remplissage de cuve dans les plans d’eau au largage sur cible. Il rendit le salut au pilote d’un battement de bras. C’était son fils qui venait de rejoindre l’escadrille du Sdis 34 **, et se préparait à affronter la saison des feux, toujours plus longue. Fierté d’un père pêcheur de vies pour un fils au destin parallèle. Seulement séparés par l’altitude, accolés quand l’avion effleure les flots de son étrave jaune et rouge. Instinctivement, comme pour évacuer une émotion qu’il ne pouvait saisir, il se mit à courir le long de la grève en attendant l’ambulance. De retour au quartier des Quilles, il gara sa voiture au parking souterrain, près du bac à sable incendie. Il y plongerait volontiers sa main si les mégots accumulés ne l’obligeaient à refouler cet instinct juvénile. Résignés à un sombre destin, ces infortunés fragments de coquillages patientent en attendant d’étouffer un départ d’incendie à coups de pelle. Un de ces mégots mal éteints, une nappe d’huile et ils rejoindront les flots, poussés vers un avaloir par de bienveillants jets d’eau. Ici-bas, ils égrènent leur chapelet, cloitrés dans leur cachot de béton en attendant le retour à la mer patrie, qui les fera à nouveau voyager au gré de ses courants et du caprice des vents. * La Société Nationale de Sauvetage en Mer, seule orga­ni­sa­tion agréée dédiée au sauve­tage en mer en France. ** Le Service Départemental d’Incendie et de Secours de l’Hérault. Photo : La Mort aux trousses (North by Northwest), Cary Grant et Eva Marie Saint
par Jean-Renaud Cuaz • 3 octobre 2026
C’ÉTAIT IA OU MOURIR Un être humain vient de publier C’était ça ou mourir , roman relatant le parcours d’un migrant haïtien qui traverse une douzaine de pays avant d’atteindre le Canada. La critique applaudit à juste titre . Les lecteurs suivirent. La télévision s’en mêla. L’éditeur imagina les bandeaux de couverture pour un prix littéraire alors que le Goncourt inscrivait le livre sur sa liste. Bref, tout était parfaitement normal dans le monde merveilleux de l’édition parisienne. Jusqu’à ce qu’une intelligence artificielle décide de mettre son grain de sel. Ou plutôt que des humains demandent à des intelligences artificielles de déterminer si un humain avait écrit son propre livre. Il fallait y penser. Depuis des siècles, la littérature avait pourtant trouvé un moyen relativement simple de juger les écrivains : on lisait leurs livres. On pouvait les trouver magnifiques, médiocres, prétentieux, bouleversants, illisibles ou géniaux. On pouvait même — luxe suprême — ne pas être d’accord. Mais nous vivons désormais à une époque où lire ne suffit plus. Il faut authentifier. Le roman fut donc passé à la machine. Puis à une autre machine. Puis à une troisième, histoire de donner à l’affaire toute la solennité scientifique nécessaire. Pangram conclut que l’intelligence artificielle avait probablement participé à l’écriture des 34 chapitres. GPTZero arriva à une conclusion similaire. Winston , lui, fut beaucoup plus nuancé, puisqu’il trouva des passages allant de 12 % à 66 % susceptibles d’être humains. La page des remerciements, en revanche, rallia les suffrages : 100 % humaine. On attend désormais avec impatience le premier prix littéraire décerné au meilleur paragraphe de remerciements. Il y a quelque chose, sinon de pourri au royaume du bookmark , du moins d’irrésistiblement comique dans cette affaire. L’auteur affirme avoir commencé son livre en 2017 et terminé un premier manuscrit en 2019. C’est-à-dire à une époque où l’intelligence artificielle générative n’avait pas encore envahi nos écrans, nos bureaux, nos écoles, nos entreprises et nos conversations. Mais peu importe. L’algorithme soupçonne. Donc l’homme doit se justifier. Bienvenue dans la littérature médico-légale. Demain, avant de publier un roman, l’auteur devra probablement déposer son manuscrit chez un laboratoire agréé. On analysera son ADN stylistique, la fréquence de ses adjectifs, la longueur moyenne de ses phrases et la proportion de ses métaphores naturellement produites par son cerveau. Un expert pourra alors déclarer : « Après analyse approfondie, nous estimons que ce paragraphe est humain à 73,4 %. » 73,4 % ! Le reste ? Mystère. Peut-être la machine. Peut-être le stagiaire. Les spécialistes reconnaissent pourtant que les détecteurs d’IA sont loin d’être infaillibles. Certains sont particulièrement fragiles lorsqu’ils analysent des textes qui ne sont pas en anglais. Le patron de Pangram avance un taux de faux positifs extraordinairement faible, tout en reconnaissant que ce taux n’a pas été confirmé par des études indépendantes. Ce qui n’empêche évidemment personne de s’en servir comme d’un détecteur de mensonges littéraire. Après tout, pourquoi faire compliqué ? Il suffit désormais de demander à une machine si une autre machine a écrit le livre d’un homme. Et si la machine dit oui, l’homme est prié de produire les preuves du contraire. On comprend que le monde de l’édition soit quelque peu nerveux. Car l’IA menace évidemment de bouleverser la profession. Les éditeurs redoutent les « livres parasites », les auteurs s’interrogent sur ce qu’ils auront encore le droit de demander à une machine, et certains songent déjà à apposer sur leurs couvertures un label garantissant une œuvre « 100 % humaine ». Ah, le merveilleux concept du 100 % humain… Il faudra donc désormais certifier l’écrivain comme on certifie un produit alimentaire. Sans IA. Sans conservateur. Sans colorant. Sans algorithme. Élevé en liberté dans un bureau à la campagne. Nourri au café. Écrit à la main entre deux crises existentielles. On pourrait même imaginer une nouvelle réglementation : pour obtenir le label, l’auteur devra signer une déclaration sur l’honneur certifiant qu’il n’a jamais demandé à une IA de trouver un synonyme, de corriger une faute, de proposer un titre ou de lui expliquer pourquoi son troisième chapitre était complètement raté. Car voilà le paradoxe : l’IA est déjà partout, mais la littérature voudrait encore croire qu’elle pourra installer une frontière hermétique entre l’homme et la machine. Bonne chance. L’affaire aura au moins révélé quelque chose de beaucoup plus intéressant que la seule question de savoir qui a écrit quoi : notre époque commence à avoir peur de ne plus savoir reconnaître l’humain. Et cette peur est peut-être plus révélatrice que les résultats des détecteurs. Car si un texte nous bouleverse, faut-il vraiment savoir si son auteur a utilisé un logiciel pour chercher un mot ? Si un roman raconte une expérience humaine, doit-on désormais vérifier la composition moléculaire de chaque phrase avant de décider si elle mérite d’être lue ? La littérature risque ainsi de devenir une discipline assez particulière : on ne demandera bientôt plus à l’auteur « Pourquoi avez-vous écrit ce livre ? », mais « Pouvez-vous prouver que vous l’avez écrit ? » Et peut-être qu’un jour, au Goncourt, le jury ne lira même plus les manuscrits. Il les fera scanner. Une machine donnera son verdict. Une autre vérifiera le verdict. Une troisième certifiera que les deux premières sont bien des machines. Puis un quatrième algorithme évaluera leur degré d’humanité. Et pendant ce temps, quelque part, un écrivain écrira tranquillement une phrase. Une phrase imparfaite, inutile. Une phrase magnifique. Que personne n’aura pensé à demander à une machine de valider. Ce jour-là, peut-être, il sera définitivement trop tard. Car C’était ça ou mourir aura changé de sens. Ce n’était plus seulement l’histoire d’un homme qui devait fuir pour survivre. C’était l’histoire d’un écrivain qui devait prouver qu’il était encore vivant. Et dans le grand tintamarre de l’intelligence artificielle, il ne restera bientôt plus qu’une question à poser : Qui, de l’homme ou de la machine, aura finalement le dernier mot ? On peut toujours demander à ChatGPT . Mais attention. Il faudra d’abord vérifier qu’on est bien humain. L’autre jour, en me connectant à Doctolib , l’interface m’a demandé de cocher la case Je suis humain . Ceci afin d’éviter, sur le point de choisir une date de rendez-vous, qu’un robot souffreteux ne prenne ma place. (Illustration : Leon Tolstoï à son bureau par Ilya Repin (1891)
par Jean-Renaud Cuaz • 26 septembre 2026
Dans Gardien de Muse , Serge Neyrat transforme une fonction que l’on imagine plutôt silencieuse — surveiller les salles du Musée Ingres Bourdelle — en matière poétique. Le recueil rassemble une trentaine de poèmes nés d’une expérience très particulière : passer des journées entières face à des chefs-d’œuvre, sans toujours savoir au départ quoi en penser. Le narrateur se présente volontiers comme un gardien « sans grande culture », débarqué au milieu des toiles de Jean-Auguste-Dominique Ingres et des sculptures de Antoine Bourdelle un peu comme un promeneur entré par hasard dans un temple. Peu à peu pourtant, les œuvres d‘art cessent d’être de simples objets accrochés au mur, posés sur un piédestal : elles deviennent des compagnons de service, presque des collègues de travail. On finit par connaître leurs caprices, leurs bizarreries et leurs réputations. Les poèmes évoquent ainsi avec une ironie bon enfant quelques figures incontournables du musée. La célèbre Grande Odalisque apparaît avec ses courbes « discutables », mais sublimées par l’image en regard du poème. Tandis que l’ombre de Raphaël plane sur les ambitions d’Ingres. Du côté de la sculpture, la puissance de Héraclès archer rappelle que les muscles en bronze peuvent impressionner même un gardien pourtant habitué aux visiteurs turbulents. Mais derrière ces rencontres artistiques se glisse la vie très concrète du musée : les rondes quotidiennes, les visiteurs rêveurs ou distraits, et les longues heures où l’on finit par discuter mentalement avec les tableaux. L’humour affleure souvent, comme si l’auteur s’amusait du contraste entre la grandeur des oeuvres et la modestie du gardien chargé de veiller sur elles. Au fil du recueil, l’art finit pourtant par gagner la partie. Ce qui n’était au départ qu’un travail devient une familiarité presque affectueuse. Et lorsque vient l’heure de penser à la retraite, le gardien réalise qu’il aura passé trente ans à converser, mine de rien, avec quelques génies de l’histoire de l’art. Une chose est sûre : les muses ne sont jamais loin de leur gardien. Ce recueil est né de projets atypiques menés en partage. Celui d’un surveillant de musée qui, entouré d’œuvres d’art durant trente années, devient passeur de mémoire. Celui d’une poétesse qui découvre cet homme discret et son histoire, l’invite à faire de ses souvenirs et réflexions une matière poétique, accompagne cette démarche de son regard et de ses photographies, et qui à son tour, devient passeuse de récit. Celui, enfin, d’un éditeur qui, donnant à cette aventure son titre et une forme palpable, se réjouit de voir un Gardien de Muse cheminer jusqu’à ses lecteurs. Avec le précieux soutien de l’équipe du Musée Ingres Bourdelle, ils offrent ainsi à l’ancien palais épiscopal une destinée inattendue, recueillir des confessions d’un nouveau genre. Celui d’une poésie illustrée qui éclaire le lieu et les œuvres d’une émotion insolite, capable de toucher au-delà d’un parcours muséal. Né à Montauban en 1963, Serge Neyrat est surveillant de salle au musée Ingres Bourdelle depuis plus de trente ans. Ancien boulanger, balayeur puis ripeur, il a trouvé dans les salles du musée un écrin pour son regard et sa poésie. Fidèle compagnon des oeuvres et des visiteurs, « celui qui se déplace toujours avec une chaise » signe aujourd’hui un recueil de trente poèmes. Comme un passeur de mémoire, il nous invite à parcourir le musée de ses rêves, pour en faire le nôtre. Jean-Renaud Cuaz, Éditeur À paraître : Gardien de Muse Trente poèmes d’un Surveillant de salle du Musée Ingres Bourdelle de Montauban 68 pages | Format : 210 x 148 mm 15 € | ISBN 9-782487-131552
par Jean-Renaud Cuaz • 26 septembre 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS D’OCTOBRE Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz • 10 septembre 2026
La Pointe Courte (1955) La photographe Agnès Varda tourna en amateur, à l’aide d’un financement coopératif, son tout premier long métrage de fiction, La Pointe Courte , dont la minuscule péninsule tenait le rôle-titre. Elle disait avoir été fascinée par « la lumière écrasante » de ce « quartier insolite ». Le film aura une influence moins perceptible sur les Pointus que sur les cinéphiles à travers le monde, un film « libre et pur, miraculeux. Le premier son de cloche d’un immense carillon », selon la critique quasi unanime. LA NOUVELLE VAGUE , une fois déferlée, a fait émerger dans l’eau ceux qui nageaient sans maillot. De jeunes Parisiens ordinaires en quête d’amour, d’indépendance et de dialogues simples, ne s’occupant que de leurs petites affaires. Souvent oisifs et ne craignant pas d’enfreindre la loi. Sourds à la société et à la famille qu’ils voient en noir et blanc. À l’origine, le terme nouvelle vague était une expression sociétale, mais très vite, une campagne publicitaire du Centre national de la cinématographie — un fonds public qui transforme les cinéastes en fonctionnaires — lui collera une étiquette exclusivement septième art. Pour résumer l’intrigue, c’est l’histoire d’un groupe de critiques surnommés Jeunes Turcs qui, voulant devenir réalisateurs, ont profité de l’apparition de caméras et magnétophones mobiles aisés à manipuler, créant l’effet miroir du regard caméra cher à ce mouvement, sans passer par le parcours traditionnel de la profession. Submergeant le mal-être d’une jeunesse d’avant 1968 aussi déboussolée que révoltée, la Nouvelle Vague fut considérée par une partie de la critique comme un truquage, voire une escroquerie, lui reprochant de se complaire dans la « monarchie gaulliste ». “Pour les blessures de l’âme, la photographie ne suffisait pas.” Agnès Varda, à propos de La Pointe Courte Galvanisée par la cinégénie des décors et de ses occupants, les presqu’insulaires Pointus, Agnès Varda s’embarqua pour des joutes contre les scénarios littéraires et les jeux d’acteur surannés venus du théâtre. Le film fut dévoilé le 10 mai 1955 au Festival de Cannes, pour une sortie nationale le 4 janvier 1956. Avant celle-ci, il fut présenté en avant-première à Sète au cinéma le Colisée le 27 août 1955. Ce jour-là, la cinéaste avait retenu cette réflexion dans l’assistance : « Ce serait pas mal s’il n’y avait pas ces deux bourriques ! » faisant sans peine allusion à Silvia Monfort et à Philippe Noiret qui débutait au cinéma. Le saviez-vous ? C’est Francis Crouzet , ancien conseiller général, initiateur de la statue L’Ajustaïre du Cadre royal, défenseur de l’environnement et du quartier de la Pointe Courte, qui fut à l’initiative de donner le nom d’Agnès Varda à l’une de ses traverses. Demande entérinée par le maire de l’époque, Yves Marchand. Le film n’a jamais bénéficié d’une véritable distribution commerciale et sa diffusion s’est surtout faite dans les ciné-clubs. Aucune affiche n’a donc été créée en 1955, ni pour sa présentation à Cannes (10 mai), ni pour son avant-première au cinéma Le Colisée de Sète (27 août), ou pour sa sortie nationale le 4 janvier 1956. Seuls des tracts et des annonces étaient distribués ou diffusés. Les affiches du film que l’on peut voir sont donc postérieures. DISTRIBUTION Silvia Monfort elle Philippe Noiret lui Les Pointus eux-mêmes FICHE TECHNIQUE Réalisation, scénario Agnès Varda Chef opérateur Louis Stein Assistants opérateurs Paul Soulignac, Bernard Grasberg, Louis Soulanes Montage Alain Resnais, Henri Colpi Assistante montage Anne Sarraute Musique Pierre Barbaud et thèmes folkloriques locaux Conseiller technique Carlos Vilardebó Conseillère artistique Valentine Schlegel Scripte Jane Vilardebó Régisseur général Jean-Pierre Bonfils
par Jean-Renaud Cuaz • 25 août 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE SEPTEMBRE Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz • 20 août 2026
Mariés, tenez-vous bien, voici la jeunesse qui arrive ! Cette joviale mise en garde accompagnait l’air joué au moment de la charge des jouteurs arc-boutés sur leur tintaine. Une rivalité fondée sur l’état civil et la couleur des deux barques, bleu pour les célibataires, rouge pour les mariés. Avant que les tournois ne s’ouvrent aux demoiselles et aux dames, on compensa ce sectarisme par des prénoms féminins donnés aux barques : Mathilde, Véronique, Fanny, Blanche… Question d’équilibre, là aussi. Il fallut attendre le 30 août 1891 pour voir ce privilège jeté à l’eau par deux Cettoises, les sœurs Élise et Anna Sellier. Et le 18 août 2022 , pour voir naître le premier tournoi féminin de la Saint-Louis, après deux années de réflexion sans joutes, dues à une pandémie dévastatrice, mais somme toute salutaire. Élise et Anna Sellier, pionnières de la Saint-Louis Deux jeunes sœurs originaires du quartier de la Bordigue ont eu l’honneur, le 30 août 1891 , d’ouvrir le Grand Prix de la Saint-Louis. Elle furent autorisées à combattre sur la tintaine sous les regards dubitatifs d’une foule plus habituée à de mâles silhouettes. Sous une apparence frêle et juvénile — Anna, la plus jeune, n’avait que 17 ans — rien ne prêtait à confusion malgré leur sportivité. Un corsage à col marin sur une longue et ample jupe, un chapeau à larges bords relevés sur le devant. Leur poitrine arborait une cocarde aux couleurs de leur barque et une médaille gagnée dans un concours à Marseille. Leur père, Pierre Sellier, pêcheur à la Pointe Courte, les avait endurcies par des sorties sur l’étang parfois houleuses. Une tintaine sur un placide canal, fût-il un Cadre royal plein comme un œuf, ce lundi de la Saint-Louis, n’allait pas les effaroucher. Dans son compte-rendu, le journaliste de l’Éclair écrivit : « C’est la plus jeune des deux sœurs, Mlle Anna, qui, à la deuxième passe, expédia Élise à l'eau. Un exploit jamais réalisé à ce jour par aucun jouteur. En réalité, c'est deux adversaires qu'Anna envoya au bain... sa sœur étant dans une situation intéressante… » Car Élise était aussi tombée… enceinte. Le grand peintre des joutes Toussaint Roussy, turlupiné par cet assortiment, formula un jugement sans appel : « Après cette épreuve, sympathique, mais peu concluante, est-il permis de croire que pareil exemple soit suivi dans le futur ? Aussi pouvons-nous prédire, sans crainte de nous tromper, que le féminisme n’encombrera de longtemps nos jeux populaires, vu que l’effort physique qu’il faut y déployer ne se prête nullement à la constitution de la femme pour si robuste qu’elle soit. Quoiqu’il en soit, ce fait unique et nouveau ne restera dans les annales que comme un souvenir sensationnel et de la plus grande originalité ». Si la représentation du monde des joutes par Toussaint Roussy ne manquait ni de finesse ni de justesse, comme le montrent les pages de ce livre, sa vision de la féminité se révèlera aussi rustique que l’était son Repoutegaïre. Extraits de : Le Grand Livres des Joutes, de 1900 à 1951 Les Palmarès de la Saint-Louis et des tournois régionaux Publié en 2024 à l’occasion de la 280e édition de la Saint-Louis Auteurs : Jean-Louis Cianni et Jean-Renaud Cuaz Portfolio au format 217 x 300 mm comprenant : • la pochette cartonnée avec rabats • le livret de 68 pages (A4) • 16 feuillets (A4) • 2 feuillets triptyques 3 volets (891 x 210 mm) Isbn : 9-782487-131217 (décembre 2024) Prix public : 25 € Feuilleter et commander le Portfolio ici Illustrations de Toussaint Roussy : Élise et Anna Sellier, aquarelle de Anna, dessin du Repoutegaïre (rouspéteur)
par Jean-Renaud Cuaz • 28 juillet 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS D’AOÛT Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz • 17 juillet 2026
La mer, la mer, toujours… recommandée ! Dans cette Histoire des bains de mer à Sète , la grande bleue cesse d’être un simple décor. Françoise Lapeyre nous dévoile ce qu’elle fut au XIXe siècle, après une longue période d’appréhension : un remède. On y venait « prendre la vague » comme on va prendre les eaux à Balaruc. Le vitalisme marin attirait des milliers de curistes vers ce qui allait devenir la plus ancienne station balnéaire de la Méditerranée française. La plage était alors une ordonnance, la houle une embrocation salée, l’air marin un adjuvant contre les miasmes urbains. De nos jours, il suffit de contempler la plage de Sète pour croire que tout a toujours été là : le sable, les plagistes, la baignade et les brise-lames. Pourtant, derrière cette apparence, se cache une histoire fascinante des bains de mer curatifs et récréatifs que l’historienne exhume avec une curiosité d’archéologue et un travail de bénédictin. Si la force de cet ouvrage réside dans l’étendue de son propos et dans la richesse de sa documentation — une mosaïque d’archives et de journaux oubliés, correspondances et cartes anciennes, gravures et photographies — l’autrice ne se contente pas de raconter l’histoire. Elle la reconstitue projet après projet, saison après saison, mode après mode… Surgit ainsi au fil des pages, entre des baigneuses crispées et leurs guides-baigneurs, une galerie de portraits déterminants : entrepreneurs audacieux, médecins visionnaires, hôteliers obligeants… Toute une société reprend vie, du Kursaal à la Corniche et la pointe du Lazaret. Et l’on découvre une ville qui invente peu à peu une vocation balnéaire sans jamais renier son identité portuaire et populaire. Françoise Lapeyre nous offre, en redonnant chair à un passé largement effacé par le temps et les transformations urbaines, bien davantage qu’un livre d’histoire locale : un miroir précieux de notre mémoire collective. Une saga sétoise indispensable pour comprendre le charme et l’attrait de la Reine des plages méditerranéennes qui poussa un poète moustachu à se fendre d’une supplique pour passer sa mort en vacance… le long de cette grève où le sable est si fin. Jean-Renaud Cuaz, éditeur HISTOIRE DES BAINS DE MER À SÈTE Des bains thérapeutiques au tourisme balnéaire, de 1812 à nos jours Autrice : Françoise Lapeyre 25 € | ISBN 9-78248131514 Format 30 x 21 cm | 220 pages Couverture rigide
par Jean-Renaud Cuaz • 24 juin 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE JUILLET Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
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