LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE JUILLET

Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir

FESTIVAL VOIX VIVES

Rencontres, lectures, expositions, dédicaces, concerts

Du 17 au 25 juillet à Sète


Pas moins de 70 voix vives du pourtour méditerranéen convergeront vers la palmeraie du Château d’eau et son archipel d’oasis à travers la ville. Voix consacrées, voix émergentes, elles crient toutes l’espoir de paix, la sérénité et les utopies… Installée à l’entrée du village du Festival, la Place du Livre réunit revues de poésie, libraires et éditeurs dont L’An Demain et sa collection L’An Demain poésie. 680 animations programmées sur 9 jours : rencontres, débats, dédicaces, lectures, musiques… déclamées dans l’allégresse et jusque dans les contre-allées.


Le Festival accueille toutes les méditerranées. Les pays du rivage méditerranéen, qui regroupent une large majorité d’auteurs et artistes, et ceux au sein d’une Méditerranée élargie, que l’Histoire a exportée dans le monde. En un Maelstrom de la Mare Nostrum. Parmi les poètes, les Français Francis Combe, Éric Sarner et Jean-Yves Tayac, la Grecque Yannis Doukas et l’Iranienne Roja Chamankar. Sans oublier la conteuse Isabelle Fasquet et les chanteuses Sapho et Michèle Bernard, l'une des créatrices les plus singulières de l'espace francophone.


Les lectures, rencontres et spectacles poétiques et musicaux sont d’accès gratuit. Seuls les spectacles au Théâtre de la Mer et au Jardin du Château d’Eau sont payants.


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Contact 04 67 78 29 18

Les couleurs de Jean Vilar

Du 2 juillet au 8 novembre

Musée Paul Valéry à Sète


Cet été, au musée Paul Valéry, les couleurs montent sur scène. Et quelle distribution ! Sous la houlette de Jean Vilar, près de quarante tableaux, une centaine d’œuvres graphiques, des costumes et des tapisseries racontent une aventure où les peintres ne se contentaient pas de décorer le théâtre : ils l’enflammaient. De Léon Gischia à Édouard Pignon, de Mario Prassinos à Gustave Singier, toute une troupe d’artistes prête à brûler les planches de leurs pinceaux-torches. Ici, un costume devient spectre biscornu, là une oriflamme prend la parole. Les décors s’effacent parfois pour mieux laisser chanter les couleurs. Cette exposition rappelle qu’entre Avignon et la scène française d’après-guerre, la peinture a souvent eu le premier rôle et le dernier mot.

Image : Mario Prassinos (1916-1985) Détail du Diable, Maquette de costume pour Macbetto (Giuseppe Verdi) Mise en scène Jean Vilar, 1964 - Fonds Association Jean Vilar / Maison Jean Vilar, Avignon photo © succession Mario Prassinos / ADAGP, Paris, 2026


Ouvert du mardi au dimanche 10h-18h

Contact museepaulvalery@ville-sete.fr

Du mardi au dimanche de 10h à 18h

Visites commentées pendant les expositions temporaires : mercredi et samedi à 16h

Entrées : plein tarif : 9,90 €

tarif réduit :Jeunes 10-18 ans, étudiants (-de 25 ans) : 5,30 €

Gratuité : enfants moins de 10 ans, demandeurs d’emploi, scolaires ville de Sète, personne en situation de handicap (sur présentation de justificatif); premier dimanche de chaque mois.

Activités : Visite commentée tarif + 1 €

Atelier jeunes (sur inscription) : 10 €

Atelier adultes (sur inscription) : 15 €

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Musée Paul Valéry

148 rue François Desnoyer, Sète

38e Festival du Muscat

Samedi 18 et dimanche 19 juillet

Cœur de ville de Frontignan


À Frontignan, le muscat ne se contente pas de remplir les verres, il remplit aussi les rues de bonne humeur. Pour sa 38e édition, le Festival du Muscat célèbre les 90 ans de l’AOP avec deux journées où le célèbre nectar joue les vedettes. Verre millésimé en main, chacun pourra flâner de stand en stand, comparer les arômes, retrouver ses cuvées préférées ou découvrir de nouveaux coups de cœur directement auprès des vignerons. Mais ici, la dégustation n’est qu’un début. Le muscat arrive même en bateau, sous les coups de canon et les applaudissements, avant de laisser place aux concerts, guinguettes, défilés, karaokés géants, joutes, danses occitanes et autres réjouissances. Pendant tout un week-end, Frontignan pétille comme un muscat spritz qu’on vient d’ouvrir : avec générosité, convivialité et un délicieux parfum de fête.


Trois communes héraultaises peuvent s’enorgueillir d’une plaque commémorative en l’honneur de Thomas Jefferson (1743-1826), troisième Président américain : Montpellier (Maison des relations internationales), Sète (pont Sadi Carnot) et Frontignan (rue Olivier de Serre). Ces plaques des Ponts du Cœur marquent sa venue en 1787 en tant qu’ambassadeur des États-Unis qui, ce 4 juillet 2026, vont célébrer leur 250e anniversaire et commémorer les 200 ans de la mort d’un de leurs pères fondateurs, décédé le 4 juillet 1826 à Monticello (Virginie).

Samedi 4 juillet, 10h30 place de la Liberté : Départ de la Commémoration Thomas Jefferson, avec la confrérie de la Muscarole


Programme du samedi 18 juillet

17h30 : arrivée du Muscat en bateau, quai Voltaire, coup de canon et traditionnel défilé

18h : ouverture officielle, lancement des ventes de kits à 6€, des stands de dégustation et des festivités

18h30 : intronisation de la Commanderie des torsades, place de l’Hôtel de Ville. 

19h30 : karaoké géant Moi je veux vivre à Frontignan, place Jean-Jaurès

20h15-22h15 : concert du groupe frontignanais Les Fussoirs, place Jean-Jaurès

21h : balèti de l’association du Temps Jadis, place Combettes

 

Programme du dimanche 19 juillet

9h : concours de boules carrées, autour de l’Hôtel de Ville

10h : ouverture du festival, des animations et défilé des confréries

10h-12h : déambulations musicales

10h-15h : initiation aux danses traditionnelles occitanes par l’association du Temps Jadis

11h et 14h30 : défilés des jouteurs en cœur ville pour le tournoi lourds / moyens 

12h-15h : déambulations musicales


Contact 04 67 18 50 00


Festival Sur tous les tons

Du 3 juillet au 31 août

Chapelle des Pénitents à Mèze


Le Festival Sur tous les tons porte bien son nom. Pendant tout l’été, la chapelle des Pénitents devient un carrefour où se croisent peinture, musiques du monde, folk celtique, reggae, soul, classiques et chansons populaires. Cette année, l’artiste uruguayen Mauricio Sbarbaro jette l’ancre dans la nef avec des œuvres qui interprètent l’environnement, le simplifiant par des lignes au trait franc. Le soir venu, les notes prennent le relais : des rivages irlandais de Tarann aux rythmes jamaïcains des Steadies, des Beatles revisités par Mister Mustard aux envolées orchestrales de Daniel Tosi. Et le Nicolas Grosso Trio, venu d’outrétang. Nicolas (photo), originaire de Sète, est un fidèle de la Chapelle des Pénitents. Ce concert, vendredi 31 juillet à 21h, marque son retour sur scène, après la sortie de Fausto en 2025, un album personnel inspiré par le cycliste Fausto Coppi. Un concert en deux temps : d’abord ses propres chansons, puis des reprises revisitées à sa manière. Il sera accompagné par Gildas Le Garrec à la contrebasse et Stéphan Notari à la batterie.


Réservations obligatoires
Contact 06 24 80 08 61

Télécharger le programme complet


Chapelle des Pénitents

Place Monseigneur Hiral, Mèze

Un autre regard sur Sète

Exposition photographique Michel Brel

11, 12, 13, 14 juillet

Foyer de la Pointe Courte à Sète


Enfant de la Pointe-Courte, dont il est le biographe quasi officiel, Michel Brel porte sur son quartier historique un regard à la fois tendre et vigilant. Ici, ses photographies, prises du ciel au fil de ses déambulations, dialoguent avec des images anciennes issues de sa collection personnelle. Ici, c’est toute l’Île Singulière qu’il célèbre avec enthousiasme, entre mémoire et présent. Une invitation à redécouvrir Sète à travers les yeux d’un amoureux fidèle, dont chaque image encadrée raconte un fragment d’âme sétoise. Des pages d’éloges homériques, de son calendrier à son compte facebook qu’il anime à coup de vidéos pour l’amour de Sète (en Méditerranée).


Entrée libre

10h-12h et 14h-19h


Espace de l’amitié Louis Roustan,

Traverse des Pêcheurs de la Pointe-Courte, Sète

Raymond Depardon RURAL
Jusqu’au 31 octobre

Musée du Gévaudan à Mende


Il faut parfois parcourir le monde pour mieux regarder un champ, une grange ou un visage. Avec RURAL, le photographe et réalisateur Raymond Depardon revient à ses racines : celles d’un monde paysan en voie d’extinction. Le musée du Gévaudan réunit pour la première fois en France l’intégralité de cette série devenue emblématique : 86 photographies en noir et blanc, dont près de la moitié prises en Lozère. Ici, pas d’effets spectaculaires ni de grands discours. Des fermes, des paysages, des femmes et des hommes saisis avec une infinie délicatesse. Chaque image semble chuchoter plutôt que parler. On y entend presque le silence des plateaux, le souffle du vent et le temps qui passe. Une exposition rare, précieuse, qui regarde la ruralité avec tendresse et lui redonne toute sa dignité.


Entrée libre

Ouvert du mercredi au dimanche 14h-18h

Fermé les jours fériés

Contact 04 66 49 85 85

Télécharger le dossier presse des expositions


Musée du Gévaudan

3 rue de l’Épine, Mende

Claude Viallat

Retours en boucles

Du 10 juillet au 30 août

Espace Michèle Goalard à La Grande Motte


La Grande Motte vous invite à un voyage dans l’univers de Claude Viallat, figure majeure de l’art contemporain français et cofondateur du mouvement Supports/Surfaces. Avec Retours en boucles, l’artiste dévoile une facette moins connue de son œuvre, à travers un dialogue fascinant entre ses débuts figuratifs et ses créations les plus emblématiques. Point d’orgue de l’exposition : un ensemble exceptionnel de panneaux peints en 1963 pour le village d’Aubais, où apparaissent déjà les thèmes qui irrigueront toute sa carrière. Courses camarguaises, taureaux, couleurs vibrantes et gestes puissants annoncent la naissance de la célèbre forme répétée à l’infini qui fera sa renommée et celle des éponges imbibées. Toiles libres, tissus imprimés, sculptures de bois flottés et matériaux de récupération complètent ce parcours où la Camargue, la Méditerranée et l’abstraction se répondent. Une belle occasion de redécouvrir un artiste qui n’a jamais cessé d’explorer les liens entre mémoire, territoire et liberté de création.


Entrée libre

10h-13h et 15h-19h

Contact 06 28 04 88 41


Espace Michèle Goalard

Capitainerie du Port

Avenue du Golf, La Grande Motte

Sète, cité-portuaire méditerranéenne, célèbre le saint patron de ses pêcheurs à travers cinq jours de festivités mêlant tradition, religion, musique, joutes nautiques et convivialité. La cérémonie religieuse, la procession en mer de la flottille, le village des pêcheurs à la Criée aux Poissons, les tournois de joutes… autant de moments forts qui rassemblent habitants, pêcheurs et visiteurs dans une même ferveur.

La fête s’ouvre le JEUDI avec l’ouverture de la fête foraine, un tournoi junior de joutes challenge et une soirée avec Éric Monte à la Criée aux Poissons. Le VENDREDI, la statue de Saint-Pierre est transférée en cortège depuis la chapelle des Pénitents jusqu’à la décanale Saint-Louis, avec bénédiction et grand concert du ténor international Kevin Amiel, accompagné de l’Harmonie Rognonaise, de l’Harmonie Bédaricienne, de la Peña Bella Ciao, de la soprano Virginie Milano, de la violoncelliste Laurence Allalah (Orchestre national de Montpellier) et du violoniste Jean-Guillaume Cuaz, sous la direction de Jean-Michel Balester, Maître de Chapelle. Le SAMEDI, pavoisement de la flottille, tournoi de boules carrées, concert gratuit à la chapelle des Pénitents avec le ténor Loïc Amatore, soirée avec l’orchestre Effervescence à la Criée, puis grande procession de la grande barque de Saint-Pierre avec bénédiction de la flottille par les prêtres de la paroisse. Le DIMANCHE, réception officielle à la mairie, grand-messe en la décanale Saint-Louis, procession du cortège religieux et civil vers la Criée aux Poissons, procession en mer de la flottille avec dépôt de gerbes en hommage aux marins disparus, puis tournoi de joutes lourds. Soirée au village des pêcheurs. Le LUNDI clôture les festivités avec le tournoi des écoles de joutes, suivi du repas de l’amitié (sur invitation) et d’une dernière soirée à la Criée aux Poissons.

Festival Résurgence

Du 16 au 19 juillet

Cœur de ville de Lodève


Voilà une belle manière de rappeler que la culture, lorsqu’elle descend dans la rue, appartient vraiment à tout le monde. Avec Résurgence, la ville entière devient une scène à ciel ouvert où le théâtre, le cirque, la danse et la musique s’invitent au coin des places, sous les arches, dans les cours d’école ou au pied du clocher. Pendant quatre jours, les grands éclats de rire côtoient les émotions plus discrètes. On y parle d’eau, de migration, de liberté, mais toujours avec cette volonté de rassembler plutôt que de diviser. Ici, les spectacles surgissent là où on ne les attend pas, transformant le quotidien en aventure. Festival populaire, créatif et engagé, Résurgence cultive aussi son attention à l’environnement et à l’inclusion. 


Renseignements 04 67 44 24 60

resurgence@lodevoisetlarzac.fr

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Conférence-Concert Thelonious Monk

Jeudi 16 juillet à 11h

Médiathèque Mitterrand à Sète


Quarante ans après sa disparition, l’énigmatique pianiste Thelonious Monk demeure l’une des figures les plus fascinantes du jazz moderne, aussi admirée qu’insaisissable. À la médiathèque François-Mitterrand, cette conférence-concert propose de partir sur les traces de ce jazzman hors norme. Le journaliste musical Lionel Eskenazi racontera la vie de ce génie aux harmonies imprévisibles, tandis que les musiciens Rémi Ploton au piano et Rémi Fox au saxophone donneront chair à son univers. Entre anecdotes, éclairages musicaux et interprétations en direct, la rencontre promet de révéler quelques clés sans dissiper complètement le mystère. Car avec Monk, une part d’énigme demeure toujours. Et c’est peut-être ce qui rend sa musique si irrésistible. En partenariat avec Jazz À Sète.


Jeudi 16 juillet à 11h

Sur réservation : 04 67 46 05 06

conference@jazzasete.com


Médiathèque F. Mitterrand

Boulevard Danielle Casanova, Sète

Jazz à Junas

Rencontre avec la Pologne

Du 22 au 25 juillet

Carrières de Junas


Le jazz, c’est aussi l’art (extra)ordinaire de l’improvisation. Le festival Jazz à Junas en donne une belle démonstration, fidèle à son esprit de liberté, de découverte et de partage. Depuis ses débuts, il défend un jazz ouvert sur le monde, curieux de toutes les cultures et accessible à tous les publics. L’édition 2026 ne déroge pas à la règle avec une programmation généreuse où se croisent figures internationales et talents d’aujourd’hui. Cette année, la Pologne est l’invitée d’honneur. Entre les envolées d’Avishai Cohen, les explorations d’Anne Paceo, les couleurs de Marcin Wasilewski ou l’énergie de Motion Trio, les frontières s’effacent au profit de la musique.

À faire entre deux impros : le sentier d’interprétation Pierre vivante, à la découverte des Carrières du Bon Temps. Plus de 2000 ans d’extraction de la roche selon une méthode manuelle inchangée depuis l’époque gallo-romaine jusqu’au milieu du XXe siècle. Quand la roche présentait des failles la rendant impropre à la construction, les carriers devaient abandonner des laisses ressemblant à des cierges. Un écrin somptueux aux divers spectacles proposés pendant la saison estivale, notamment les Rencontres de la Pierre qui réunissent des tailleurs de pierre de toute l’Europe et un festival de jazz à la renommée internationale…


Contact 04 86 80 30 27

Billetterie


Les Carrières du Bon Temps

Chemin du Bon Temps, Junas

Directeur de la publication :

Jean-Renaud Cuaz
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par Jean-Renaud Cuaz 28 juillet 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS D’AOÛT Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 17 juillet 2026
La mer, la mer, toujours… recommandée ! Dans cette Histoire des bains de mer à Sète , la grande bleue cesse d’être un simple décor. Françoise Lapeyre nous dévoile ce qu’elle fut au XIXe siècle, après une longue période d’appréhension : un remède. On y venait « prendre la vague » comme on va prendre les eaux à Balaruc. Le vitalisme marin attirait des milliers de curistes vers ce qui allait devenir la plus ancienne station balnéaire de la Méditerranée française. La plage était alors une ordonnance, la houle une embrocation salée, l’air marin un adjuvant contre les miasmes urbains. De nos jours, il suffit de contempler la plage de Sète pour croire que tout a toujours été là : le sable, les plagistes, la baignade et les brise-lames. Pourtant, derrière cette apparence, se cache une histoire fascinante des bains de mer curatifs et récréatifs que l’historienne exhume avec une curiosité d’archéologue et un travail de bénédictin. Si la force de cet ouvrage réside dans l’étendue de son propos et dans la richesse de sa documentation — une mosaïque d’archives et de journaux oubliés, correspondances et cartes anciennes, gravures et photographies — l’autrice ne se contente pas de raconter l’histoire. Elle la reconstitue projet après projet, saison après saison, mode après mode… Surgit ainsi au fil des pages, entre des baigneuses crispées et leurs guides-baigneurs, une galerie de portraits déterminants : entrepreneurs audacieux, médecins visionnaires, hôteliers obligeants… Toute une société reprend vie, du Kursaal à la Corniche et la pointe du Lazaret. Et l’on découvre une ville qui invente peu à peu une vocation balnéaire sans jamais renier son identité portuaire et populaire. Françoise Lapeyre nous offre, en redonnant chair à un passé largement effacé par le temps et les transformations urbaines, bien davantage qu’un livre d’histoire locale : un miroir précieux de notre mémoire collective. Une saga sétoise indispensable pour comprendre le charme et l’attrait de la Reine des plages méditerranéennes qui poussa un poète moustachu à se fendre d’une supplique pour passer sa mort en vacance… le long de cette grève où le sable est si fin. Jean-Renaud Cuaz, éditeur HISTOIRE DES BAINS DE MER À SÈTE Des bains thérapeutiques au tourisme balnéaire, de 1812 à nos jours Autrice : Françoise Lapeyre 25 € | ISBN 9-78248131514 Format 30 x 21 cm | 220 pages Couverture rigide
par Jean-Renaud Cuaz 21 juin 2026
Une fois encore, elle manque le Panthéon. Voilà cent cinquante ans que George Sand a écrasé de sa botte son dernier cigare, et la République hésite encore à lui ouvrir ses portes de bronze quand tant d’hommes s’y sont engouffrés sans pouvoir arborer à la poitrine un chouia de son génie. Mais George avait l’habitude. Toute sa vie, elle aura fait grincer les gonds : pantalons, cigares, amours libres, idées avancées, succès populaire et phénomène médiatique. À Sète, deux Georges ont cultivé une semblable indépendance d’esprit. Georges Bayrou, moins connu du grand public que George, fut tout aussi influent dans un univers footeux en ébullition depuis quelques jours. Ancien joueur international, il prit part à la pire défaite de l’équipe de France — 17 buts encaissés contre le Danemark — le 22 octobre 1908, lors du tournoi olympique de Londres qui se disputa avec 8 sélections d’amateurs, dont 2 formations françaises. L’équipe France A comptait dans ses rangs un ailier sétois : Georges Bayrou. Ce sera son unique sélection en équipe nationale. Pour sa défense, cette année 1908 voit la France enregistrer le pire bilan de son histoire : 5 défaites en 6 matchs, 5 buts marqués pour… 45 encaissés. Devenu président de l’Olympique de Cette puis du F.C. Sète, membre dirigeant de la Fédération française de football, il fut l’un des bâtisseurs du professionnalisme et conduisit le club sétois à ses heures les plus glorieuses. Son nom est encore inscrit sur le vieux stade sétois qui porte sa mémoire. Georges Brassens se méfiait, comme George, des conventions sociales. Les gendarmes, les juges, les cocus et les imbéciles heureux nourrissaient son bréviaire poétique. Il abhorrait l’uniforme, avait coutume d’écorcher le morne costume et de tanner à plate couture ce symbole d’autorité. « Sauf l’uniforme du facteur », disait-il à une époque où l’employé des PTT l’arborait à la manière d’une décoration. Sollicité de toute part pour préfacer livres et disques, un exercice auquel Brassens se soumettait non sans ronchonner, il prit sa plume pour un hommage à un ami, l’accordéoniste Édouard Duleu, et rendit sa préface le 30 septembre 1981, un mois avant qu’il ne signe un recommandé de la Faucheuse. En préfaceur obligé, il écrivait avant d’avaler sa chique : « Si l’enfer existe, on doit y être condamné à faire des préfaces. C’est un exercice qui ne m’enchante pas tellement. Mais comme ce pauvre monde est bourré d’inconséquences, j’ai passé ma vie à préfacer les disques et les livres de mes amis. Ma foi, les copains d’abord, et Édouard Duleu fait partie de la tribu. […] Dans cette région turbulente [NDR, le Nord où Édouard Duleu grandit et entama une carrière de pompier], le seul uniforme qu’on respecte, c’est celui de pompier, sans doute parce que le métier comporte plus de risques que d’avantages, qu’il signifie courage et dévouement, qu’il exclut l’autorité. Un tel uniforme ne vous demande jamais vos papiers. » George rédigeait elle-même ses préfaces, jusqu’à en faire un micro-genre littéraire. Ces avant-propos et dédicaces se lisent comme des vignettes et justifient l’affirmation de l’éditeur Hetzel selon laquelle ils forment « le plus magnifique examen qu’un grand esprit a fait de lui-même ». Le plus savoureux reste que Sand, à en croire ses contemporains, n’était pas une brillante causeuse. Dumas père décocha cette vacherie : «J’aimerais encore mieux lire son livre de dépenses que de causer avec elle ». Le mot aurait certainement amusé Brassens, collectionneur de piques bien tournées. Quant à Bayrou, homme de règlements et de statuts, il se serait plongé avec jubilation dans ces écritures comptables.
par Jean-Renaud Cuaz 27 mai 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE JUIN Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 24 avril 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE MAI Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 21 avril 2026
C’est peut-être là le dernier bastion d’un ordre ancien. On a déconstruit le récit, éclaté les genres, hybridé les supports. Le roman n’est plus tout à fait un roman, l’essai se rêve fiction, la poésie se fait visuelle, sonore, performée. Mais la phrase, elle, persiste à commencer à gauche pour finir à droite, comme si elle ignorait tout du chaos environnant. On imagine que les récents séismes éditoriaux emporteraient aussi ce réflexe millénaire. Qu’après avoir bouleversé la forme, le fond, le modèle économique, on ose attaquer la direction. On lit bien en diagonale. Pourquoi pas en spirale ? Ou mieux encore : en tous sens à la fois, comme ces installations où le spectateur devient lecteur, marcheur, acrobate. Mais non. Nous restons sagement alignés, l’œil rivé à une trajectoire plate. À l’échelle du monde, pourtant, ce cheminement n’est pas à sens unique. D’autres civilisations ont tracé d’autres routes, tout aussi anciennes, tout aussi cohérentes. L’hébreu et l’arabe déroulent leurs phrases de droite à gauche, inversant le mouvement sans troubler la pensée. Le chinois classique, le japonais traditionnel, ont longtemps préféré la verticalité, déroulant le texte de haut en bas, colonne après colonne, comme une pluie de signes. Là aussi, la révolution numérique n’a pas tout balayé : ces systèmes persistent, s’adaptent, cohabitent avec les formats dominants. Mais pour qui a appris à lire de gauche à droite, ces autres directions conservent quelque chose d’exotique, presque déroutant, comme si le sens lui-même changeait avec le sens du regard. Il faut dire que chaque direction impose une discipline typographique particulière. La qualité d’une page ne tient pas seulement à ses mots, mais à la manière dont ils occupent l’espace. En Occident, la tradition a longuement poli l’art de la ligne : justification, césures, interlignage, équilibre des marges. Une bonne typographie se reconnaît à sa discrétion, à cette capacité à se faire oublier pour laisser passer le texte. Mais elle est aussi le produit d’un sens de lecture précis, d’une mécanique du regard. Inversez la direction, et tout est à repenser : les alignements, les rythmes, les blancs. La beauté d’une page hébraïque ou arabe ne repose pas sur les mêmes équilibres ; la verticalité asiatique invente d’autres respirations, d’autres tensions. Et pourtant, partout, la même exigence : que la forme serve le fond, sans jamais l’entraver. Les ingénieurs, les designers, les stratèges du numérique ont bien tenté quelques audaces. Le défilement vertical, d’abord, qui a failli tout bouleverser. Quelle idée étrange : lire de haut en bas ! On a cru un instant que le mouvement allait s’imposer, qu’il reléguerait la lecture horizontale au rang de curiosité historique. Mais très vite, l’horizontale est revenue par la bande. Les lignes restent orientées de gauche à droite, même si l’ensemble descend vers le bas, accentué par la lecture sur écran, le vôtre aujourd’hui… Comme si l’on ne pouvait pas totalement renoncer à cette vieille habitude, sorte de squelette invisible du texte. Et puis il y a les livres numériques, ces objets sans pages qui auraient pu tout permettre. Là encore, occasion manquée. On aurait pu imaginer des textes qui se déploient autrement, qui s’organisent selon des logiques nouvelles, libérés de leur reliure, et libérant le lecteur de cette contrainte directionnelle. Mais la plupart du temps, le livre numérique imite le livre papier avec une fidélité presque touchante. On tourne des pages virtuelles, on simule des marges, on conserve les lignes bien sages, de gauche à droite — ou de droite à gauche quand la langue l’exige — mais sans véritable réinvention formelle. Comme si, au moment de tout réinventer, on avait décidé de ne rien changer d’essentiel. Avec un sens du timing remarquable, intervient la proposition d’une clause de conscience pour auteurs désabusés. Puisque tout vacille, pourquoi ne pas leur offrir le droit de se retirer si l’orientation du contexte heurte leurs convictions profondes ? Refuser une publication au motif que la ligne éditoriale ne va pas dans le bon sens, exiger une diagonale éthique, revendiquer une verticalité engagée. On imagine déjà les contrats : « L’auteur se réserve le droit de rompre en cas d’alignement jugé contraire à son orientation intime. » Après tout, si la forme conditionne le sens, pourquoi ne pas faire de la direction une affaire morale ? Ce serait pousser la logique contemporaine jusqu’à son point d’ironie le plus pur : transformer un geste typographique en question de conscience. Il y a sans doute une part de paresse dans cette persistance. Réapprendre à lire serait une entreprise vertigineuse. Cela supposerait de reconfigurer notre rapport au langage, à la syntaxe, au temps même de la lecture. Car lire de gauche à droite, ce n’est pas seulement une convention graphique : c’est une manière de penser. Une progression, une logique, une causalité. On commence, on développe, on conclut. On suit un fil. On avance. Changer de direction, ce serait peut-être aussi changer de pensée. Et ça, c’est une autre affaire. Mais il y a aussi, dans cette obstination, quelque chose de comique. On imagine volontiers un futur proche où les livres seraient entièrement immersifs, où les textes flotteraient dans l’espace, où le lecteur naviguerait littéralement à l’intérieur des phrases. Et pourtant, même dans ce décor futuriste, il y aurait sans doute quelqu’un pour organiser les mots en lignes, bien alignées, dans un sens ou dans un autre, avec le même souci presque maniaque de l’équilibre typographique, de la régularité, de cette fameuse « couleur » de la page que traquent les typographes. Les éditeurs eux-mêmes, pourtant si prompts à annoncer des ruptures radicales, semblent étrangement silencieux sur cette question. On les entend parler de diversification, d’innovation, de nouvelles écritures, mais jamais — ou presque — de renverser le sens de lecture. Comme si cela relevait de l’impensable, du tabou. On peut tout changer, sauf ça. Il y a des limites à la révolution, et elles passent peut-être par des détails aussi discrets qu’un alignement de texte ou une direction de ligne. Et le lecteur, dans tout cela ? Il s’adapte à tout, ou presque. Il lit sur papier de toute taille, sur écran, sur téléphone. Il accepte les notifications, les distractions, les interruptions permanentes. Il lit par fragments, par bribes, par à-coups. Mais il lit toujours selon une direction apprise, intériorisée, presque corporelle. Comme une fidélité obstinée, presque émouvante. On pourrait y voir une forme de résistance : dans un monde qui change trop vite, garder au moins une chose intacte. Ou bien est-ce l’inverse : une preuve que, malgré toutes les proclamations de rupture, rien n’a vraiment changé en profondeur ? Peut-être que le véritable conservatisme de l’édition ne se situe pas là où on le croit — dans les catalogues, les genres, les auteurs — mais dans ce geste minuscule et quotidien, ce glissement du regard selon un axe donné. Une habitude si profondément ancrée qu’elle échappe à toute remise en question, même quand tout le reste vacille. Il est tentant, finalement, de pousser l’ironie plus loin. Et si ce fameux séisme éditorial n’était qu’un tremblement de surface ? Un bruit, une agitation, une série de transformations visibles, mais qui laissent intacte la structure la plus intime de la lecture ? Comme ces villes reconstruites après un tremblement de terre, où les bâtisses changent mais où les rues conservent le même tracé. Car après tout, lire dans un sens donné, qu’il soit horizontal ou vertical, c’est peut-être la véritable infrastructure du livre. Ce qui ne se voit pas, mais qui conditionne tout le reste. On peut changer les matériaux, les formats, les supports… les directeurs, mais tant que cette direction subsiste — et avec elle une certaine idée de la bonne forme typographique — quelque chose de fondamental demeure. Une continuité discrète, presque invisible, mais tenace. Alors oui, le monde de l’édition tremble. Oui, les repères bougent, les certitudes s’effritent, un abysse isole les cafés de Flore et des Deux Magots du reste de la planète. Mais au milieu de ce cataclysme germanopratin, nos yeux poursuivent leur chemin tranquille, fidèles à une trajectoire apprise — qu’elle aille de gauche à droite, de droite à gauche ou de haut en bas. Et c’est peut-être là, au fond, la grande ironie : dans un univers qui se rêve en perpétuelle révolution, le geste le plus banal, le plus automatique, reste désespérément inchangé. Comme si, pour continuer à avancer de gauche à droite, il nous fallait paradoxalement tourner les pages de droite à gauche. Jean-Renaud Cuaz, éditeur & typographiste
par Jean-Renaud Cuaz 26 mars 2026
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par Jean-Renaud Cuaz 25 février 2026
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par Jean-Renaud Cuaz 8 février 2026
Il est des villes que l’on visite, et d’autres qui vous visitent. Sète appartient à cette seconde espèce, rare et obstinée. Elle n’entre pas par effraction : elle s’insinue. Elle attend que l’on baisse la garde, que l’on pose la valise, que l’on s’asseye un instant face à l’eau, et alors seulement elle s’avance, soyeuse, lumineuse, presque distraite, comme si elle n’était pas sûre d’être désirée. C’est souvent à cet instant que le lien se noue — à notre insu. Sète la Soyeuse n’est pas un livre sur une ville ; c’est un livre dans une ville. Il s’y promène, y flâne, y hésite. Il marche à hauteur d’homme, parfois à hauteur de colombe, parfois au ras des pavés, là où l’ombre et la lumière négocient sans cesse leurs frontières. Ici, rien de la carte postale appuyée ni du folklore empesé. La ville n’est ni décor ni sujet : elle est présence, respiration, partenaire de dialogue. Elle écoute autant qu’elle parle. Il faut accepter d’entrer dans ces pages comme on entre dans un rêve éveillé : sans chercher l’itinéraire le plus court. On y croise des figures — passantes, amicales, fugaces — des voix venues de la littérature, de la mémoire, du vent marin. On y sent la mer, bien sûr. Elle est là comme une sœur ancienne : parfois nourricière, parfois indifférente, toujours souveraine. Et surtout, il y a la lumière. Non pas celle qui flatte, mais celle qui révèle. Une lumière qui polit les façades, fatigue les corps, éclaire les visages de l’intérieur. Une lumière qui semble avoir sa propre mémoire. Ce livre avance par touches, par éclats, par stations sensibles. Il n’explique pas : il accorde. Il accorde le regard du lecteur à celui de l’auteur, comme on accorde un instrument avant de jouer. Alors seulement peut naître cette musique particulière, faite de déambulations, de souvenirs appelés sans être convoqués, de rencontres qui laissent une trace plus durable que bien des certitudes. On comprend peu à peu que Sète n’est pas ici une ville figée dans son histoire, mais un organisme vivant, traversé de couches, de contradictions, de fidélités et d’infidélités assumées. Il y a dans ces pages une tendresse sans mièvrerie, une ironie douce, une liberté de ton rare. François Mottier se permet d’aimer sans posséder, de critiquer sans régler de comptes, de douter sans se retirer. Cette position — ni conquérante ni soumise — est sans doute la seule possible face à une ville comme Sète. Elle ne se donne pas à qui la regarde de haut ; elle s’offre à qui accepte de marcher à son rythme, de se perdre un peu, d’écouter les voix râpeuses des comptoirs, le froissement discret des cimetières, les silences pleins des canaux à l’aube. Lire Sète la Soyeuse , c’est aussi accepter l’idée qu’une ville puisse devenir un état intérieur. Qu’elle puisse agir comme un révélateur, un miroir légèrement déformant, mais juste. Certains appelleront cela un attachement, d’autres un syndrome. Peu importe le mot. Ce qui compte, c’est ce mouvement intime, presque physique, qui pousse à revenir, ou du moins à ne jamais tout à fait partir. Une ville que l’on emporte avec soi, sans s’en rendre compte, dans la poche intérieure de la veste. Nul besoin ici de guider, encore moins d’interpréter. Contentons-nous d’inviter. À la lenteur, à la disponibilité, à cette attention flottante qui permet aux livres — comme aux villes — de faire leur œuvre en nous. On referme Sète la Soyeuse comme on referme une fenêtre après le passage du vent. L’air a changé. La lumière aussi. La ville n’a rien imposé : elle a effleuré, enveloppé, glissé. Et comme la soie, elle demeure, longtemps, dans la mémoire et sous la peau. N.B. : Démêler la plume ébouriffée qui accoucha d’un manuscrit reçu après le décès de l’auteur ne fut pas de tout repos. 58 pages griffonnées, raturées, amendées… Le choix du titre résistait lui aussi au moindre décryptage : LEGx11 - Une histoire de joutes sétoises . Sans aucune mention dans son roman de cette prothèse—sauf dans la note de l’auteur— ou de combats nautiques, fallait-il le conserver, seul, ou l’assortir ?… Un compromis se dessinait. Sète la Soyeuse semblait se tisser en filigrane au fil des pages d’un livre en gestation… Un supplément a été joint au roman : le blog The Goldyssey tenu par l’auteur. Écrit en 2012-2013 , il révèle un poète éperdument vagabond, et contient une sorte d’annexe au texte Une Garbo dans son dédale : Greta & Mauritz décrit une passion tumultueuse mêlant réalité et fiction qui lia, de 1924 à 1928 , la jeune Greta Garbo à Mauritz Stiller, tour à tour pygmalion et amant, metteur en scène extravagant et meurtri, l’homme qui créa littéralement la Divine un siècle avant que François Mottier n’en ait eu l’idée. Titre : Sète la Soyeuse Auteur : François Mottier 20 € | ISBN : 9-782487-131507 Format : 16,5 x 24 cm | 200 pages Date de parution : février 2026 Feuilleter le livre Commander le livre
par Jean-Renaud Cuaz 29 janvier 2026
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