LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE JUILLET

Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir

FESTIVAL VOIX VIVES

Rencontres, lectures, expositions, dédicaces, concerts

Du 17 au 25 juillet à Sète


Pas moins de 70 voix vives du pourtour méditerranéen convergeront vers la palmeraie du Château d’eau et son archipel d’oasis à travers la ville. Voix consacrées, voix émergentes, elles crient toutes l’espoir de paix, la sérénité et les utopies… Installée à l’entrée du village du Festival, la Place du Livre réunit revues de poésie, libraires et éditeurs dont L’An Demain et sa collection L’An Demain poésie. 680 animations programmées sur 9 jours : rencontres, débats, dédicaces, lectures, musiques… déclamées dans l’allégresse et jusque dans les contre-allées.


Le Festival accueille toutes les méditerranées. Les pays du rivage méditerranéen, qui regroupent une large majorité d’auteurs et artistes, et ceux au sein d’une Méditerranée élargie, que l’Histoire a exportée dans le monde. En un Maelstrom de la Mare Nostrum. Parmi les poètes, les Français Francis Combe et Julien Blaine, la Grecque Yannis Doukas et l’Iranienne Roja Chamankar. Sans oublier la conteuse Isabelle Fasquet et les chanteuses Sapho et Michèle Bernard, l'une des créatrices les plus singulières de l'espace francophone.


Les lectures, rencontres et spectacles poétiques et musicaux sont d’accès gratuit. Seuls les spectacles au Théâtre de la Mer et au Jardin du Château d’Eau sont payants.


Programme sur sete.voixvivesmediterranee.com

Contact 04 67 78 29 18

Les couleurs de Jean Vilar

Du 2 juillet au 8 novembre

Musée Paul Valéry à Sète


Cet été, au musée Paul Valéry, les couleurs montent sur scène. Et quelle distribution ! Sous la houlette de Jean Vilar, près de quarante tableaux, une centaine d’œuvres graphiques, des costumes et des tapisseries racontent une aventure où les peintres ne se contentaient pas de décorer le théâtre : ils l’enflammaient. De Léon Gischia à Édouard Pignon, de Mario Prassinos à Gustave Singier, toute une troupe d’artistes prête à brûler les planches de leurs pinceaux-torches. Ici, un costume devient spectre biscornu, là une oriflamme prend la parole. Les décors s’effacent parfois pour mieux laisser chanter les couleurs. Cette exposition rappelle qu’entre Avignon et la scène française d’après-guerre, la peinture a souvent eu le premier rôle et le dernier mot.

Image : Mario Prassinos (1916-1985) Détail du Diable, Maquette de costume pour Macbetto (Giuseppe Verdi) Mise en scène Jean Vilar, 1964 - Fonds Association Jean Vilar / Maison Jean Vilar, Avignon photo © succession Mario Prassinos / ADAGP, Paris, 2026


Ouvert du mardi au dimanche 10h-18h

Contact museepaulvalery@ville-sete.fr

Du mardi au dimanche de 10h à 18h

Visites commentées pendant les expositions temporaires : mercredi et samedi à 16h

Entrées : plein tarif : 9,90 €

tarif réduit :Jeunes 10-18 ans, étudiants (-de 25 ans) : 5,30 €

Gratuité : enfants moins de 10 ans, demandeurs d’emploi, scolaires ville de Sète, personne en situation de handicap (sur présentation de justificatif); premier dimanche de chaque mois.

Activités : Visite commentée tarif + 1 €

Atelier jeunes (sur inscription) : 10 €

Atelier adultes (sur inscription) : 15 €

Télécharger le dossier de presse


Musée Paul Valéry

148 rue François Desnoyer, Sète

38e Festival du Muscat

Samedi 18 et dimanche 19 juillet

Cœur de ville de Frontignan


À Frontignan, le muscat ne se contente pas de remplir les verres, il remplit aussi les rues de bonne humeur. Pour sa 38e édition, le Festival du Muscat célèbre les 90 ans de l’AOP avec deux journées où le célèbre nectar joue les vedettes. Verre millésimé en main, chacun pourra flâner de stand en stand, comparer les arômes, retrouver ses cuvées préférées ou découvrir de nouveaux coups de cœur directement auprès des vignerons. Mais ici, la dégustation n’est qu’un début. Le muscat arrive même en bateau, sous les coups de canon et les applaudissements, avant de laisser place aux concerts, guinguettes, défilés, karaokés géants, joutes, danses occitanes et autres réjouissances. Pendant tout un week-end, Frontignan pétille comme un muscat spritz qu’on vient d’ouvrir : avec générosité, convivialité et un délicieux parfum de fête.


Programme du samedi

17h30 : arrivée du Muscat en bateau, quai Voltaire, coup de canon et traditionnel défilé

18h : ouverture officielle, lancement des ventes de kits à 6€, des stands de dégustation et des festivités

18h30 : intronisation de la Commanderie des torsades, place de l’Hôtel de Ville. 

19h30 : karaoké géant Moi je veux vivre à Frontignan, place Jean-Jaurès

20h15-22h15 : concert du groupe frontignanais Les Fussoirs, place Jean-Jaurès

21h : balèti de l’association du Temps Jadis, place Combettes

 

Programme du dimanche

9h : concours de boules carrées, autour de l’Hôtel de Ville

10h : ouverture du festival, des animations et défilé des confréries

10h-12h : déambulations musicales

10h-15h : initiation aux danses traditionnelles occitanes par l’association du Temps Jadis

11h et 14h30 : défilés des jouteurs en cœur ville pour le tournoi lourds / moyens 

12h-15h : déambulations musicales


Contact 04 67 18 50 00

Festival Sur tous les tons

Du 3 juillet au 31 août

Chapelle des Pénitents à Mèze


Le Festival Sur tous les tons porte bien son nom. Pendant tout l’été, la chapelle des Pénitents devient un carrefour où se croisent peinture, musiques du monde, folk celtique, reggae, soul, classiques et chansons populaires. Cette année, l’artiste uruguayen Mauricio Sbarbaro jette l’ancre dans la nef avec des œuvres qui interprètent l’environnement, le simplifiant par des lignes au trait franc. Le soir venu, les notes prennent le relais : des rivages irlandais de Tarann aux rythmes jamaïcains des Steadies, des Beatles revisités par Mister Mustard aux envolées orchestrales de Daniel Tosi. Et le Nicolas Grosso Trio, venu d’outrétang. Nicolas (photo), originaire de Sète, est un fidèle de la Chapelle des Pénitents. Ce concert, vendredi 31 juillet à 21h, marque son retour sur scène, après la sortie de Fausto en 2025, un album personnel inspiré par le cycliste Fausto Coppi. Un concert en deux temps : d’abord ses propres chansons, puis des reprises revisitées à sa manière. Il sera accompagné par Gildas Le Garrec à la contrebasse et Stéphan Notari à la batterie.


Réservations obligatoires
Contact 06 24 80 08 61

Télécharger le programme complet


Chapelle des Pénitents

Place Monseigneur Hiral, Mèze

Un autre regard sur Sète

Exposition photographique Michel Brel

11, 12, 13, 14 juillet

Foyer de la Pointe Courte à Sète


Enfant de la Pointe-Courte, dont il est le biographe quasi officiel, Michel Brel porte sur son quartier historique un regard à la fois tendre et vigilant. Ici, ses photographies, prises du ciel au fil de ses déambulations, dialoguent avec des images anciennes issues de sa collection personnelle. Ici, c’est toute l’Île Singulière qu’il célèbre avec enthousiasme, entre mémoire et présent. Une invitation à redécouvrir Sète à travers les yeux d’un amoureux fidèle, dont chaque image encadrée raconte un fragment d’âme sétoise. Des pages d’éloges homériques, de son calendrier à son compte facebook qu’il anime à coup de vidéos pour l’amour de Sète (en Méditerranée).


Entrée libre

10h-12h et 14h-19h


Espace de l’amitié Louis Roustan,

Traverse des Pêcheurs de la Pointe-Courte, Sète

Raymond Depardon RURAL
Jusqu’au 31 octobre

Musée du Gévaudan à Mende


Il faut parfois parcourir le monde pour mieux regarder un champ, une grange ou un visage. Avec RURAL, le photographe et réalisateur Raymond Depardon revient à ses racines : celles d’un monde paysan en voie d’extinction. Le musée du Gévaudan réunit pour la première fois en France l’intégralité de cette série devenue emblématique : 86 photographies en noir et blanc, dont près de la moitié prises en Lozère. Ici, pas d’effets spectaculaires ni de grands discours. Des fermes, des paysages, des femmes et des hommes saisis avec une infinie délicatesse. Chaque image semble chuchoter plutôt que parler. On y entend presque le silence des plateaux, le souffle du vent et le temps qui passe. Une exposition rare, précieuse, qui regarde la ruralité avec tendresse et lui redonne toute sa dignité.


Entrée libre

Ouvert du mercredi au dimanche 14h-18h

Fermé les jours fériés

Contact 04 66 49 85 85

Télécharger le dossier presse des expositions


Musée du Gévaudan

3 rue de l’Épine, Mende

Claude Viallat

Retours en boucles

Du 10 juillet au 30 août

Espace Michèle Goalard à La Grande Motte


La Grande Motte vous invite à un voyage dans l’univers de Claude Viallat, figure majeure de l’art contemporain français et cofondateur du mouvement Supports/Surfaces. Avec Retours en boucles, l’artiste dévoile une facette moins connue de son œuvre, à travers un dialogue fascinant entre ses débuts figuratifs et ses créations les plus emblématiques. Point d’orgue de l’exposition : un ensemble exceptionnel de panneaux peints en 1963 pour le village d’Aubais, où apparaissent déjà les thèmes qui irrigueront toute sa carrière. Courses camarguaises, taureaux, couleurs vibrantes et gestes puissants annoncent la naissance de la célèbre forme répétée à l’infini qui fera sa renommée et celle des éponges imbibées. Toiles libres, tissus imprimés, sculptures de bois flottés et matériaux de récupération complètent ce parcours où la Camargue, la Méditerranée et l’abstraction se répondent. Une belle occasion de redécouvrir un artiste qui n’a jamais cessé d’explorer les liens entre mémoire, territoire et liberté de création.


Entrée libre

10h-13h et 15h-19h

Contact 06 28 04 88 41


Espace Michèle Goalard

Capitainerie du Port

Avenue du Golf, La Grande Motte

Sète, cité-portuaire méditerranéenne, célèbre le saint patron de ses pêcheurs à travers cinq jours de festivités mêlant tradition, religion, musique, joutes nautiques et convivialité. La cérémonie religieuse, la procession en mer de la flottille, le village des pêcheurs à la Criée aux Poissons, les tournois de joutes… autant de moments forts qui rassemblent habitants, pêcheurs et visiteurs dans une même ferveur.

La fête s’ouvre le JEUDI avec l’ouverture de la fête foraine, un tournoi junior de joutes challenge et une soirée avec Éric Monte à la Criée aux Poissons. Le VENDREDI, la statue de Saint-Pierre est transférée en cortège depuis la chapelle des Pénitents jusqu’à la décanale Saint-Louis, avec bénédiction et grand concert du ténor international Kevin Amiel, accompagné de l’Harmonie Rognonaise, de l’Harmonie Bédaricienne, de la Peña Bella Ciao, de la soprano Virginie Milano, de la violoncelliste Laurence Allalah (Orchestre national de Montpellier) et du violoniste Jean-Guillaume Cuaz, sous la direction de Jean-Michel Balester, Maître de Chapelle. Le SAMEDI, pavoisement de la flottille, tournoi de boules carrées, concert gratuit à la chapelle des Pénitents avec le ténor Loïc Amatore, soirée avec l’orchestre Effervescence à la Criée, puis grande procession de la grande barque de Saint-Pierre avec bénédiction de la flottille par les prêtres de la paroisse. Le DIMANCHE, réception officielle à la mairie, grand-messe en la décanale Saint-Louis, procession du cortège religieux et civil vers la Criée aux Poissons, procession en mer de la flottille avec dépôt de gerbes en hommage aux marins disparus, puis tournoi de joutes lourds. Soirée au village des pêcheurs. Le LUNDI clôture les festivités avec le tournoi des écoles de joutes, suivi du repas de l’amitié (sur invitation) et d’une dernière soirée à la Criée aux Poissons.

Festival Résurgence

Du 16 au 19 juillet

Cœur de ville de Lodève


Voilà une belle manière de rappeler que la culture, lorsqu’elle descend dans la rue, appartient vraiment à tout le monde. Avec Résurgence, la ville entière devient une scène à ciel ouvert où le théâtre, le cirque, la danse et la musique s’invitent au coin des places, sous les arches, dans les cours d’école ou au pied du clocher. Pendant quatre jours, les grands éclats de rire côtoient les émotions plus discrètes. On y parle d’eau, de migration, de liberté, mais toujours avec cette volonté de rassembler plutôt que de diviser. Ici, les spectacles surgissent là où on ne les attend pas, transformant le quotidien en aventure. Festival populaire, créatif et engagé, Résurgence cultive aussi son attention à l’environnement et à l’inclusion. 


Renseignements 04 67 44 24 60

resurgence@lodevoisetlarzac.fr

Télécharger le programme complet

Conférence-Concert Thelonious Monk

Jeudi 16 juillet à 11h

Médiathèque Mitterrand à Sète


Quarante ans après sa disparition, l’énigmatique pianiste Thelonious Monk demeure l’une des figures les plus fascinantes du jazz moderne, aussi admirée qu’insaisissable. À la médiathèque François-Mitterrand, cette conférence-concert propose de partir sur les traces de ce jazzman hors norme. Le journaliste musical Lionel Eskenazi racontera la vie de ce génie aux harmonies imprévisibles, tandis que les musiciens Rémi Ploton au piano et Rémi Fox au saxophone donneront chair à son univers. Entre anecdotes, éclairages musicaux et interprétations en direct, la rencontre promet de révéler quelques clés sans dissiper complètement le mystère. Car avec Monk, une part d’énigme demeure toujours. Et c’est peut-être ce qui rend sa musique si irrésistible. En partenariat avec Jazz À Sète.


Jeudi 16 juillet à 11h

Sur réservation : 04 67 46 05 06

conference@jazzasete.com


Médiathèque F. Mitterrand

Boulevard Danielle Casanova, Sète

Jazz à Junas

Rencontre avec la Pologne

Du 22 au 25 juillet

Carrières de Junas


Le jazz, c’est aussi l’art (extra)ordinaire de l’improvisation. Le festival Jazz à Junas en donne une belle démonstration, fidèle à son esprit de liberté, de découverte et de partage. Depuis ses débuts, il défend un jazz ouvert sur le monde, curieux de toutes les cultures et accessible à tous les publics. L’édition 2026 ne déroge pas à la règle avec une programmation généreuse où se croisent figures internationales et talents d’aujourd’hui. Cette année, la Pologne est l’invitée d’honneur. Entre les envolées d’Avishai Cohen, les explorations d’Anne Paceo, les couleurs de Marcin Wasilewski ou l’énergie de Motion Trio, les frontières s’effacent au profit de la musique.

À faire entre deux impros : le sentier d’interprétation Pierre vivante, à la découverte des Carrières du Bon Temps. Plus de 2000 ans d’extraction de la roche selon une méthode manuelle inchangée depuis l’époque gallo-romaine jusqu’au milieu du XXe siècle. Quand la roche présentait des failles la rendant impropre à la construction, les carriers devaient abandonner des laisses ressemblant à des cierges. Un écrin somptueux aux divers spectacles proposés pendant la saison estivale, notamment les Rencontres de la Pierre qui réunissent des tailleurs de pierre de toute l’Europe et un festival de jazz à la renommée internationale…


Contact 04 86 80 30 27

Billetterie


Les Carrières du Bon Temps

Chemin du Bon Temps, Junas

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Jean-Renaud Cuaz
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par Jean-Renaud Cuaz 21 juin 2026
Une fois encore, elle manque le Panthéon. Voilà cent cinquante ans que George Sand a écrasé de sa botte son dernier cigare, et la République hésite encore à lui ouvrir ses portes de bronze quand tant d'hommes s’y sont engouffrés sans pouvoir arborer à la poitrine un chouia de son génie. Mais George avait l'habitude. Toute sa vie, elle aura fait grincer les gonds : pantalons, cigares, amours libres, idées avancées, succès populaire et phénomène médiatique. À Sète, deux Georges ont cultivé une semblable indépendance d'esprit. Georges Bayrou, moins connu du grand public que Gorge, fut tout aussi influent dans un univers footeux en ébullition depuis quelques jours. Ancien international français, il prit part, à la pire défaite de l’équipe de France — 17 buts encaissés contre le Danemark — le 22 octobre 1908, lors du tournoi olympique de Londres qui se disputa avec 8 sélections d’amateurs, dont 2 formations françaises. L’équipe France A comptait dans ses rangs un ailier sétois : Georges Bayrou. Ce sera son unique sélection en équipe nationale. Pour sa défense, cette année 1908 voit la France enregistrer le pire bilan de son histoire : 5 défaites en 6 matchs, 5 buts marqués pour… 45 encaissés. Devenu président de l'Olympique de Cette puis du F.C. Sète, membre dirigeant de la Fédération française de football, il fut l'un des bâtisseurs du professionnalisme et conduisit le club sétois à ses heures les plus glorieuses. Son nom est encore inscrit sur le vieux stade sétois qui porte sa mémoire. Georges Brassens se méfiait, comme George, des conventions sociales. Les gendarmes, les juges, les cocus et les imbéciles heureux nourrissaient son bréviaire poétique. Il abhorrait l’uniforme, avait coutume d’écorcher le morne costume et de tanner à plate couture ce symbole d’autorité. « Sauf l’uniforme du facteur », disait-il à une époque où l’employé des PTT l’arborait, à la manière d’une décoration. Sollicité de toute part pour préfacer livres et disques, un exercice auquel Brassens se soumettait non sans ronchonner, il prit sa plume pour un hommage à un ami, l’accordéoniste Édouard Duleu, et rendit sa préface le 30 septembre 1981, un mois avant qu’il ne signe un envoi recommandé de la Faucheuse. En préfaceur obligé, il écrivait avant d’avaler sa chique : « Si l’enfer existe, on doit y être condamné à faire des préfaces. C’est un exercice qui ne m’enchante pas tellement. Mais comme ce pauvre monde est bourré d’inconséquences, j’ai passé ma vie à préfacer les disques et les livres de mes amis. Ma foi, les copains d’abord, et Édouard Duleu fait partie de la tribu. […] Dans cette région turbulente [NDR, le Nord où Édouard Duleu grandit et entama une carrière de pompier], le seul uniforme qu’on respecte, c’est celui de pompier, sans doute parce que le métier comporte plus de risques que d’avantages, qu’il signifie courage et dévouement, qu’il exclut l’autorité. Un tel uniforme ne vous demande jamais vos papiers. » George rédigeait elle-même ses préfaces, jusqu’à en faire un micro-genre littéraire. Ces avant-propos et dédicaces se lisent comme des vignettes et justifient l’affirmation de l’éditeur Hetzel selon laquelle ils forment « le plus magnifique examen qu’un grand esprit a fait de lui-même ». Le plus savoureux reste que Sand, à en croire ses contemporains, n'était pas une brillante causeuse. Dumas père décocha cette vacherie : «J'aimerais encore mieux lire son livre de dépenses que de causer avec elle.» Le mot aurait certainement amusé Brassens, collectionneur de piques bien tournées. Quant à Bayrou, homme de règlements et de statuts, il se serait plongé avec jubilation dans ce livre de dépenses.
par Jean-Renaud Cuaz 27 mai 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE JUIN Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 24 avril 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE MAI Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 21 avril 2026
C’est peut-être là le dernier bastion d’un ordre ancien. On a déconstruit le récit, éclaté les genres, hybridé les supports. Le roman n’est plus tout à fait un roman, l’essai se rêve fiction, la poésie se fait visuelle, sonore, performée. Mais la phrase, elle, persiste à commencer à gauche pour finir à droite, comme si elle ignorait tout du chaos environnant. On imagine que les récents séismes éditoriaux emporteraient aussi ce réflexe millénaire. Qu’après avoir bouleversé la forme, le fond, le modèle économique, on ose attaquer la direction. On lit bien en diagonale. Pourquoi pas en spirale ? Ou mieux encore : en tous sens à la fois, comme ces installations où le spectateur devient lecteur, marcheur, acrobate. Mais non. Nous restons sagement alignés, l’œil rivé à une trajectoire plate. À l’échelle du monde, pourtant, ce cheminement n’est pas à sens unique. D’autres civilisations ont tracé d’autres routes, tout aussi anciennes, tout aussi cohérentes. L’hébreu et l’arabe déroulent leurs phrases de droite à gauche, inversant le mouvement sans troubler la pensée. Le chinois classique, le japonais traditionnel, ont longtemps préféré la verticalité, déroulant le texte de haut en bas, colonne après colonne, comme une pluie de signes. Là aussi, la révolution numérique n’a pas tout balayé : ces systèmes persistent, s’adaptent, cohabitent avec les formats dominants. Mais pour qui a appris à lire de gauche à droite, ces autres directions conservent quelque chose d’exotique, presque déroutant, comme si le sens lui-même changeait avec le sens du regard. Il faut dire que chaque direction impose une discipline typographique particulière. La qualité d’une page ne tient pas seulement à ses mots, mais à la manière dont ils occupent l’espace. En Occident, la tradition a longuement poli l’art de la ligne : justification, césures, interlignage, équilibre des marges. Une bonne typographie se reconnaît à sa discrétion, à cette capacité à se faire oublier pour laisser passer le texte. Mais elle est aussi le produit d’un sens de lecture précis, d’une mécanique du regard. Inversez la direction, et tout est à repenser : les alignements, les rythmes, les blancs. La beauté d’une page hébraïque ou arabe ne repose pas sur les mêmes équilibres ; la verticalité asiatique invente d’autres respirations, d’autres tensions. Et pourtant, partout, la même exigence : que la forme serve le fond, sans jamais l’entraver. Les ingénieurs, les designers, les stratèges du numérique ont bien tenté quelques audaces. Le défilement vertical, d’abord, qui a failli tout bouleverser. Quelle idée étrange : lire de haut en bas ! On a cru un instant que le mouvement allait s’imposer, qu’il reléguerait la lecture horizontale au rang de curiosité historique. Mais très vite, l’horizontale est revenue par la bande. Les lignes restent orientées de gauche à droite, même si l’ensemble descend vers le bas, accentué par la lecture sur écran, le vôtre aujourd’hui… Comme si l’on ne pouvait pas totalement renoncer à cette vieille habitude, sorte de squelette invisible du texte. Et puis il y a les livres numériques, ces objets sans pages qui auraient pu tout permettre. Là encore, occasion manquée. On aurait pu imaginer des textes qui se déploient autrement, qui s’organisent selon des logiques nouvelles, libérés de leur reliure, et libérant le lecteur de cette contrainte directionnelle. Mais la plupart du temps, le livre numérique imite le livre papier avec une fidélité presque touchante. On tourne des pages virtuelles, on simule des marges, on conserve les lignes bien sages, de gauche à droite — ou de droite à gauche quand la langue l’exige — mais sans véritable réinvention formelle. Comme si, au moment de tout réinventer, on avait décidé de ne rien changer d’essentiel. Avec un sens du timing remarquable, intervient la proposition d’une clause de conscience pour auteurs désabusés. Puisque tout vacille, pourquoi ne pas leur offrir le droit de se retirer si l’orientation du contexte heurte leurs convictions profondes ? Refuser une publication au motif que la ligne éditoriale ne va pas dans le bon sens, exiger une diagonale éthique, revendiquer une verticalité engagée. On imagine déjà les contrats : « L’auteur se réserve le droit de rompre en cas d’alignement jugé contraire à son orientation intime. » Après tout, si la forme conditionne le sens, pourquoi ne pas faire de la direction une affaire morale ? Ce serait pousser la logique contemporaine jusqu’à son point d’ironie le plus pur : transformer un geste typographique en question de conscience. Il y a sans doute une part de paresse dans cette persistance. Réapprendre à lire serait une entreprise vertigineuse. Cela supposerait de reconfigurer notre rapport au langage, à la syntaxe, au temps même de la lecture. Car lire de gauche à droite, ce n’est pas seulement une convention graphique : c’est une manière de penser. Une progression, une logique, une causalité. On commence, on développe, on conclut. On suit un fil. On avance. Changer de direction, ce serait peut-être aussi changer de pensée. Et ça, c’est une autre affaire. Mais il y a aussi, dans cette obstination, quelque chose de comique. On imagine volontiers un futur proche où les livres seraient entièrement immersifs, où les textes flotteraient dans l’espace, où le lecteur naviguerait littéralement à l’intérieur des phrases. Et pourtant, même dans ce décor futuriste, il y aurait sans doute quelqu’un pour organiser les mots en lignes, bien alignées, dans un sens ou dans un autre, avec le même souci presque maniaque de l’équilibre typographique, de la régularité, de cette fameuse « couleur » de la page que traquent les typographes. Les éditeurs eux-mêmes, pourtant si prompts à annoncer des ruptures radicales, semblent étrangement silencieux sur cette question. On les entend parler de diversification, d’innovation, de nouvelles écritures, mais jamais — ou presque — de renverser le sens de lecture. Comme si cela relevait de l’impensable, du tabou. On peut tout changer, sauf ça. Il y a des limites à la révolution, et elles passent peut-être par des détails aussi discrets qu’un alignement de texte ou une direction de ligne. Et le lecteur, dans tout cela ? Il s’adapte à tout, ou presque. Il lit sur papier de toute taille, sur écran, sur téléphone. Il accepte les notifications, les distractions, les interruptions permanentes. Il lit par fragments, par bribes, par à-coups. Mais il lit toujours selon une direction apprise, intériorisée, presque corporelle. Comme une fidélité obstinée, presque émouvante. On pourrait y voir une forme de résistance : dans un monde qui change trop vite, garder au moins une chose intacte. Ou bien est-ce l’inverse : une preuve que, malgré toutes les proclamations de rupture, rien n’a vraiment changé en profondeur ? Peut-être que le véritable conservatisme de l’édition ne se situe pas là où on le croit — dans les catalogues, les genres, les auteurs — mais dans ce geste minuscule et quotidien, ce glissement du regard selon un axe donné. Une habitude si profondément ancrée qu’elle échappe à toute remise en question, même quand tout le reste vacille. Il est tentant, finalement, de pousser l’ironie plus loin. Et si ce fameux séisme éditorial n’était qu’un tremblement de surface ? Un bruit, une agitation, une série de transformations visibles, mais qui laissent intacte la structure la plus intime de la lecture ? Comme ces villes reconstruites après un tremblement de terre, où les bâtisses changent mais où les rues conservent le même tracé. Car après tout, lire dans un sens donné, qu’il soit horizontal ou vertical, c’est peut-être la véritable infrastructure du livre. Ce qui ne se voit pas, mais qui conditionne tout le reste. On peut changer les matériaux, les formats, les supports… les directeurs, mais tant que cette direction subsiste — et avec elle une certaine idée de la bonne forme typographique — quelque chose de fondamental demeure. Une continuité discrète, presque invisible, mais tenace. Alors oui, le monde de l’édition tremble. Oui, les repères bougent, les certitudes s’effritent, un abysse isole les cafés de Flore et des Deux Magots du reste de la planète. Mais au milieu de ce cataclysme germanopratin, nos yeux poursuivent leur chemin tranquille, fidèles à une trajectoire apprise — qu’elle aille de gauche à droite, de droite à gauche ou de haut en bas. Et c’est peut-être là, au fond, la grande ironie : dans un univers qui se rêve en perpétuelle révolution, le geste le plus banal, le plus automatique, reste désespérément inchangé. Comme si, pour continuer à avancer de gauche à droite, il nous fallait paradoxalement tourner les pages de droite à gauche. Jean-Renaud Cuaz, éditeur & typographiste
par Jean-Renaud Cuaz 26 mars 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS D’AVRIL Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 25 février 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE MARS Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 8 février 2026
Il est des villes que l’on visite, et d’autres qui vous visitent. Sète appartient à cette seconde espèce, rare et obstinée. Elle n’entre pas par effraction : elle s’insinue. Elle attend que l’on baisse la garde, que l’on pose la valise, que l’on s’asseye un instant face à l’eau, et alors seulement elle s’avance, soyeuse, lumineuse, presque distraite, comme si elle n’était pas sûre d’être désirée. C’est souvent à cet instant que le lien se noue — à notre insu. Sète la Soyeuse n’est pas un livre sur une ville ; c’est un livre dans une ville. Il s’y promène, y flâne, y hésite. Il marche à hauteur d’homme, parfois à hauteur de colombe, parfois au ras des pavés, là où l’ombre et la lumière négocient sans cesse leurs frontières. Ici, rien de la carte postale appuyée ni du folklore empesé. La ville n’est ni décor ni sujet : elle est présence, respiration, partenaire de dialogue. Elle écoute autant qu’elle parle. Il faut accepter d’entrer dans ces pages comme on entre dans un rêve éveillé : sans chercher l’itinéraire le plus court. On y croise des figures — passantes, amicales, fugaces — des voix venues de la littérature, de la mémoire, du vent marin. On y sent la mer, bien sûr. Elle est là comme une sœur ancienne : parfois nourricière, parfois indifférente, toujours souveraine. Et surtout, il y a la lumière. Non pas celle qui flatte, mais celle qui révèle. Une lumière qui polit les façades, fatigue les corps, éclaire les visages de l’intérieur. Une lumière qui semble avoir sa propre mémoire. Ce livre avance par touches, par éclats, par stations sensibles. Il n’explique pas : il accorde. Il accorde le regard du lecteur à celui de l’auteur, comme on accorde un instrument avant de jouer. Alors seulement peut naître cette musique particulière, faite de déambulations, de souvenirs appelés sans être convoqués, de rencontres qui laissent une trace plus durable que bien des certitudes. On comprend peu à peu que Sète n’est pas ici une ville figée dans son histoire, mais un organisme vivant, traversé de couches, de contradictions, de fidélités et d’infidélités assumées. Il y a dans ces pages une tendresse sans mièvrerie, une ironie douce, une liberté de ton rare. François Mottier se permet d’aimer sans posséder, de critiquer sans régler de comptes, de douter sans se retirer. Cette position — ni conquérante ni soumise — est sans doute la seule possible face à une ville comme Sète. Elle ne se donne pas à qui la regarde de haut ; elle s’offre à qui accepte de marcher à son rythme, de se perdre un peu, d’écouter les voix râpeuses des comptoirs, le froissement discret des cimetières, les silences pleins des canaux à l’aube. Lire Sète la Soyeuse , c’est aussi accepter l’idée qu’une ville puisse devenir un état intérieur. Qu’elle puisse agir comme un révélateur, un miroir légèrement déformant, mais juste. Certains appelleront cela un attachement, d’autres un syndrome. Peu importe le mot. Ce qui compte, c’est ce mouvement intime, presque physique, qui pousse à revenir, ou du moins à ne jamais tout à fait partir. Une ville que l’on emporte avec soi, sans s’en rendre compte, dans la poche intérieure de la veste. Nul besoin ici de guider, encore moins d’interpréter. Contentons-nous d’inviter. À la lenteur, à la disponibilité, à cette attention flottante qui permet aux livres — comme aux villes — de faire leur œuvre en nous. On referme Sète la Soyeuse comme on referme une fenêtre après le passage du vent. L’air a changé. La lumière aussi. La ville n’a rien imposé : elle a effleuré, enveloppé, glissé. Et comme la soie, elle demeure, longtemps, dans la mémoire et sous la peau. N.B. : Démêler la plume ébouriffée qui accoucha d’un manuscrit reçu après le décès de l’auteur ne fut pas de tout repos. 58 pages griffonnées, raturées, amendées… Le choix du titre résistait lui aussi au moindre décryptage : LEGx11 - Une histoire de joutes sétoises . Sans aucune mention dans son roman de cette prothèse—sauf dans la note de l’auteur— ou de combats nautiques, fallait-il le conserver, seul, ou l’assortir ?… Un compromis se dessinait. Sète la Soyeuse semblait se tisser en filigrane au fil des pages d’un livre en gestation… Un supplément a été joint au roman : le blog The Goldyssey tenu par l’auteur. Écrit en 2012-2013 , il révèle un poète éperdument vagabond, et contient une sorte d’annexe au texte Une Garbo dans son dédale : Greta & Mauritz décrit une passion tumultueuse mêlant réalité et fiction qui lia, de 1924 à 1928 , la jeune Greta Garbo à Mauritz Stiller, tour à tour pygmalion et amant, metteur en scène extravagant et meurtri, l’homme qui créa littéralement la Divine un siècle avant que François Mottier n’en ait eu l’idée. Titre : Sète la Soyeuse Auteur : François Mottier 20 € | ISBN : 9-782487-131507 Format : 16,5 x 24 cm | 200 pages Date de parution : février 2026 Feuilleter le livre Commander le livre
par Jean-Renaud Cuaz 29 janvier 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE FÉVRIER Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 1 janvier 2026
Le Désespéré résume fichtrement l’année culturelle écoulée. L’autoportrait de Gustave Courbet, peint dans sa jeunesse vers 1843, propriété privée depuis la mort de l’artiste, fut exfiltré en 2025 entre deux contrats mirobolants de la pétromonarchie et acquis en catimini par la sœur de l’émir du Qatar, surnommée la Culture Queen . C’est surtout, de notre patrimoine culturel, un portrait faisandé à s’en arracher les cheveux. Loin de ces dérèglements rythmés par des mortiers pétaradants à s’en péter les doigts, sur une île foutrement singulière, 25 Figures d’un même tonneau se massaient en… JANVIER au bar du Plateau comme le fera un nouveau contingent ce 24 janvier 2026, dans cet estaminet du Quartier Haut. Parmi ces FS3 qu’on espère présentes, une rameuse, un néo-crooner, un couple de tiellistes, un fossoyeur, un galérien, une fripeuse, des artistes évidemment… Un micro-festival animé par Laurent Cachard, écrivain-sismographe de la sociologie sétoise. Outre-atlantique, alors qu’un ancien président graciait quasiment tout ceux auxquels il a serré la main, un nouveau leader du monde libre, encadré d’Elon et ses Musketaires, prenait place dans son bureau ovale. À l’écoute du discours inaugural, les Groenlandais se découvrent une ressource stratégique sous leurs pieds emmitouflés : une glace qui produit près de 70 % des cas de gelures dans le monde. À propos de délogement… FÉVRIER voit l’Amadeus, ancien morutier copieusement centenaire, quitter l’angle du quai du Grand Pavois pour aller s’amarrer quai de la République. Le doyen des gréements sétois et son capitaine Jean-Christophe Causse y affichent la fierté des derniers témoins de la pêche à la morue, un patrimoine culinaire bien ancré dans notre île singulière. À Paris, un chahut parlementaire s’installe dans un hémicycle forcé de calfeutrer ses persiennes pour couvrir à la manière d’un fumigène les orgues de Staline de nos banlieues. Alors qu’à l’ombre de l’ancien palais consulaire, l’écrivain-philosophe Jean-Louis Cianni faisait revivre le Dernier rêve de René Descartes à la librairie Kailash et que s’éteignait la voix de The First Time Ever I Saw Your Face , en… MARS le label culturel Audasud montrait la face cachée de Ayerbe y Aragón , village et région ibériques, publié avec le talent acharné de l’archéologue et historien local Marc Lugand. Insatiable quand il s’agit de partager notre patrimoine culturel, Audasud livre à la Sehsser et à ses membres le Bulletin de la Sehsser 2024-2025 , dernier-né d’une collection forte de plus de 300 articles sur l’histoire de Sète et sa région. Toujours à Sète, un capitaine, aussi prompt à lever l'ancre que le coude, s’apprête à inaugurer, avec le même label, les Rencontres de l’Amadeus lors d’une conférence média, programmées à partir d’… AVRIL avec en ouverture le désespéré Arthur Roques, bagnard en Guyanne ressuscité par la voix plus qu’habitée de Simone Pons et par un dessin de presse qui annonce : pas besoin de gilets de sauvetage, ici on voyage sans bouger ! Au Plateau du Quartier Haut est servi, par les Rendez-vous des Automn’Halles, la romancière Cécile Gouy-Gilbert et sa Passion d’Arcélie . Une autre passion désespérée jette dans les rues de France cortèges et contre-cortèges dont on a oublié quelle étincelle mit le feu aux mortiers. Au-dessus de ce vacarme, une fusée plus pacifique, ayant décollé du Texas, mit sur orbite un équipage historique de six célébrités féminines pour une mission de… dix minutes. Depuis ce jour, les petites filles lèvent les yeux vers le ciel en rêvant de se fiancer à Jeff Bezos, à défaut de s’imaginer recevoir en… MAI un des prix du Concours de nouvelles 2024 organisé par les Automn’Halles à la médiathèque de Mèze. Plus de 140 candidats avaient répondu à l’appel du thème Grain de mer, grain de sable . L’Amadeus accueille une expo d’Itinérance Foto pour son festival d’artistes photographes, alors que le Festival de Cannes réunissait les fonctionnaires subventionnés du très très long métrage pour parfois parler cinéma. Là où il semble manquer de fonctionnaires, ce sont les tours de contrôle des aéroports qui, année après année, défraient la chronique et donnent de froides sueurs, avec des contrôleurs hors de contrôle, en congés Maldives ou autres lieux de villégiature. À Rome, Le nouveau pontife yankee, dont le nom officiel est Bob Ier, s’engage à canoniser l’équipe entière des White Sox de Chicago qui remporta les World Series, championnat de baseball, en octobre 2005, leur premier titre en 88 ans. Alors que Rodez célèbre à sa manière, en… JUIN l’année de la mer, à un jet de mortier de la Grande bleue. Une explosion de poésie dans l’antre du Grand noir, de souvenirs épars… la plage, les cabanes, les pêcheurs… disséminés façon intime en plus de 100 images et objets. « Je suis curieuse. Point. Je trouve tout très intéressant. La vraie vie. La fausse vie… » , nous dit Agnès Varda. À Sète, les Figures singulières s’affichent en grand et en duos sur les murs d’une médiathèque transformée en promenoir pour rencontres galantes. Pendant que la Maison des Pieds-Noirs se goinfre du grand méchoui annuel qui aurait fait se dresser sur la tête de BB sa célèbre gerbe de blé grisonnante, sept bombardiers furtifs américains B-2, opérant dans le plus grand secret, décollent d’une base toute aussi furtive et, lors d'une attaque surprise qui choque le monde, larguent 14 bombes anti-bunker sur l’Iran, que Trump accuse d’abriter des dossiers compromettants sur ses torrides escapades chez Jeffrey Epstein. Loin des jardins persans, celui de notre Château d’eau fait l’objet de toutes les attentions de notre quotidien régional, en… JUILLET sous le titre Parc Simone Veil : reflet de la culture sétoise . Une double-page nourrie entre autres d’une excursion du président de la Sehsser accompagné de deux jeunes journalistes pendant que se tramaient, en toute digression, deux limogeages à la tête de la société d’études historiques de Sète. Un putsch qui fait sortir de leurs gonds nombre d’adhérents et de son chantier naval les Gréements languedociens pour disperser en l’étang les cendres du Sehsserois Dominique Potié, pourfendeur de ce complot et initiateur de l’éphémère atelier de généalogie, au grand dam de ses participants. Tournant cette sombre page, Audasud inaugure, lors du festival Voix Vives, sa collection L’An Demain Poésie avec trois recueils : Texture 6, l’anthologie poétique 2025 , par les Amis de Michel Baglin, Carte de visite sétoise de Stéphanie Goué Quitté et Des Ans Parés de Lucile Latour. En pleines festivités de la Saint-Louis, à bord de l’Amadeus en… AOÛT Audasud présente Le Concours de pêche et son auteur Loris Chavanette. Perchée sur un bout de quai, une magnifique épopée fait naître les plus belles émotions, devant laquelle le grand Hemingway aurait certainement opiné du béret. Mais l'événement le plus marquant du mois d’août, si ce n'est de tous les temps, c'est l’annonce des fiançailles de Taylor Swift avec son futur époux, qui lui offre une bague de fiançailles considérée comme le premier bijou fabriqué par l'homme visible depuis l’espace. Ce qu’aurait pu observer un astronaute des odyssées Apollo, Jim Lovell, qui rejoint ce mois-ci les étoiles sans avoir pu marcher sur la Lune. Une infortune partagée par l’auteur de La Terre à la Lune . Jules Verne, l’un de nos plus grands écrivains, était à l’honneur en… SEPTEMBRE lors du Festival du livre de Sète, avec son arrière-petit-fils Jean Verne, présent pour célébrer les 150 ans de la parution de l’Île mystérieuse et lancer le concours de nouvelles 2025 dont la clôture des candidatures fut annoncée hier à minuit par les mortiers d’artifice ici, là et là-bas. Le centenaire de la disparition du grand compositeur Erik Satie fut l’occasion d’une ouverture des Automn’Halles animée par le pianiste concertiste Jean-Pierre Armengaud. Pendant les quatre jours qui suivirent, pas moins de 24 invités ont présenté et dédicacé leurs ouvrages. Parmi eux, deux Prix Goncourt : Pascale Roze en 1996, et un futur impétrant, Laurent Mauvignier, qui sera récompensé quelques semaines plus tard. Alors qu’à Paris tombait un nouveau gouvernement, sur la place du Pouffre, lors de la journée réservée aux plumes locales, Yves Marchand était venu dédicacer, au milieu des feuilles tombées des platanes, ses propres Feuilles Mortes publiées par L’An Demain. À quelques jets de fumigène de là, au Théâtre Molière, Patrick Joubert Annibal célébrait ses 60 ans de spectacle entouré des Frenchy Girls de Johanna et de l’orchestre de Didier Lévêque. À la fin du show, l’artiste dédicaça son épaisse autobiographie Lady Bee Story , publiée par L’An Demain, qui à peine… OCTOBRE arrivé, allait présenter à toutes jambes au Plateau du quartier Haut Un monde sans Murat , écrit par Laurent Cachard, l’un de ses inconditionnels. À Paris, des monte-en-l’air, à l’aide d’un monte-charge et d’une disqueuse, dérobent en plein jour au musée du Louvre les joyaux de la Couronne de France. Le musée, bénéficiant du même niveau de sécurité qu'un distributeur automatique de boissons, embarrasse profondément ses responsables par ce vol effronté. Leur humiliation ne fait que s'aggraver lorsqu’ils découvrent une autre fuite, d’eau celle-là, endommageant gravement le manuel d’instructions de sécurité pour le bâtiment. Mais les gardiens était trop occupés à prendre des selfies devant les fenêtres du musée pour s’en apercevoir. Désespéré, l’État nomme un nouveau directeur de la sécurité du Louvre en la personne de François Bayrou, afin qu’il puisse bénéficier de quelques émoluments supplémentaires. À propos de grands commis de l’État, les Rendez-vous des Automn’Halles invitent en… NOVEMBRE Nous les Guilhems de Montpellier , l’histoire d’une grande dynastie montpelliéraine racontée sous la forme d’un roman par l’écrivain Didier Amouroux au Plateau du Quartier Haut. Novembre est un mois grave, on commémore le dixième anniversaire des attentats de 2015, on se recueille, on promet plus jamais ça, tout en constatant que ça est devenu plus fréquent. L’écrivain Boualem Sansal est gracié par le dey d’Alger après avoir goûté aux geôles barbaresques. Valentine Schlegel, elle, aurait eu 100 ans ce mois-ci. Un coin de quai transformé en placette porte désormais son nom. Elle vécut en famille dans l’immeuble qui lui fait face quand elle rencontra Agnès Varda avec qui elle vécut plus tard à Paris. Bien plus qu’une simple amitié à laquelle se limite pourtant la bienséance locale. Autre ambiance à Castries, où la communauté américaine célébra Thanksgiving dans le domaine de Fondespierre, qui offre une des plus belles balades le long de l’aqueduc construit par Paul Riquet en 1676. Tout aussi fascinante, une flânerie vous invite en… DÉCEMBRE à redécouvrir le Rugby du grand AS Béziers des années 1960-1984, un quart de siècle relaté et décortiqué par son indéboulonnable n°8, le Sétois Yvan Buonomo. Son livre, À la recherche du Rugby perdu , fait moins référence au temps de son pendant proustien, qu’aux légendaires troisièmes mi-temps biterroises. Yvan retrouva quelques-uns de ses anciens coéquipiers à l’occasion d’une dédicace de son livre publié par l’An Demain, une réédition augmentée de 40 photos historiques. Le temps de se remémorer, autour d’une bière ou deux, quelques matchs d’anthologie à la brasserie La Coupole, le siège d’avant-match des supporters à un jet de pétard de l’antre du Sauclières. À Sète, la médiathèque accueillait Patrick Joubert Annibal pour une présentation de son autobiographie Lady Bee Story , accompagné de son préfacier Éric Sarner, de son postfacier l’éditeur, et d’un clip vidéo de quelques minutes, condensé de son spectacle au Théâtre Molière. Le mois se terminait avec l’exposition-dédicace Voyage en Haut Aragon avec Topolino à l’Espace Félix, un recueil du dessinateur agrémenté de textes de Marc Lugand en français et en espagnol. Ainsi s’achève l’année 2025 avec la disparition d’une icône du cinéma et de la cause animale, assignée à résidence tropézienne pour avoir hébergé une poupée hypersexualisée et pour être… trop française. Les vœux présidentiels prononcés du bout des lèvres, auxquelles étaient suspendus une poignée de téléspectateurs, finissent de nous anesthésier. À écouter d’une oreille distraite l’Astrologue en chef, ils ont pu apprendre que les enfants qui naîtront au cours de cette nouvelle année seront dodus et radieux. Doués pour la reproduction, ils feront remonter la courbe des naissances. Plus tard, ils feront baisser celle de la dette et ne manqueront pas d’exceller à saigner un peu plus le peuple, remplaçant au fur et à mesure les petits hommes gris. Dans leurs bureaux haussmanniens, leur devise s’affichera en lettres d’or, au-dessus de leurs fauteuils capitonnés : Let’s boogie!
par Jean-Renaud Cuaz 24 décembre 2025
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE JANVIER Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
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