LES RENDEZ-VOUS CULTURELS D’OCTOBRE

Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir

INGRES ET LA MODE

Jusqu’au 8 novembre

Musée Ingres Bourdelle à Montauban


Ce natif de Montauban avait visiblement un faible pour tout ce qui accroche la lumière. Drapés, velours, soieries, mousselines, satins… Ce goût très particulier lui venait sans doute de sa formation dans l’atelier de David, où le jeune Jean-Auguste Dominique Ingres (1780-1867) apprend que, pour réussir une grande peinture d’histoire, il faut savoir faire parler les étoffes. Mais le grand maître du néoclassicisme va pousser l’affaire beaucoup plus loin. Toute sa vie, il peindra lui-même les vêtements de ses modèles. Pas question de laisser cette tâche aux assistants ! Le mobilier, le décor ? Pourquoi pas. Mais la robe, le châle ou le turban, c’est son affaire. Et c’est tout l’intérêt de cette exposition, regarder Ingres autrement, par le bout du tissu. Peintures, dessins, textiles, accessoires et documents d’époque montrent comment la mode de son temps nourrit son regard et sa composition. Et, surprise, le mouvement fonctionne aussi dans l’autre sens. L’Ingres des portraits et des étoffes ne cesse d’inspirer les créateurs de mode des XXe et XXIe siècles.


Horaires :

Mardi, mercredi, vendredi, samedi, dimanche : 10h-19h

Jeudi : 10h-21h

Plein tarif : 10€

Tarif réduit : 5€
Tarifs & conditions de gratuité

Billetterie en ligne

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Musée Ingres Bourdelle

19 rue de l’Hôtel de Ville, Montauban

Fête de la coquille St-Jacques

Samedi 10 et dimanche 11 octobre

Criée aux poissons à Sète


À Sète, quand la coquille Saint-Jacques débarque, elle ne vient jamais seule. Depuis 2022, la Fête de la Coquille et des produits d’exception de la Méditerranée, imaginée par l’association Les Copains d’Abord avec le soutien de la Ville, transforme le parking de la criée en joyeux comptoir des saveurs. Pour sa cinquième édition, les Bretons de la baie de Saint-Brieuc feront le voyage avec leurs précieuses coquilles, mais aussi quelques spécialités de leur terroir. Face à eux, les producteurs, artistes et créateurs sétois défendront les couleurs locales : parce qu’à Sète, le patrimoine se déguste aussi bien qu’il se raconte. Au programme : musique, restauration, buvette et, surtout, une bonne excuse pour se retrouver autour d’une brochette que n’aurait pas désavouée Pacheco.


Entrée gratuite

Animation musicale

Buvette-restauration sur place 

Samedi 10h-22h

Dimanche 10h-17h

Contact 06 13 02 20 71


Criée aux poissons

14 quai Maximin Licciardi, Sète

Fête votive camarguaise

Du 3 au 11 et du 16 au 18 octobre

Aigues-Mortes


Douze jours en Camargue. En octobre, Aigues-Mortes troque quelque peu ses remparts de carte postale pour l’ambiance survoltée de sa grande fête votive. Douze jours durant, la cité camarguaise vit au rythme des taureaux, des chevaux et des traditions, dans une joyeuse agitation qui commence dès le matin dans les prés. C’est là que les gardians trient les taureaux à cheval, comme on trie les haricots à pied. Avant un petit-déjeuner aux prés qui vaut déjà le déplacement. Puis la fête gagne la ville avec les abrivados, les bandidos et les courses dans le fameux plan, arène éphémère installée au pied du Rempart Sud. Une particularité qui ajoute au spectacle : ses théâtres, les estrades, appartiennent aux familles aigues-mortaises. Et lorsque les chevaux regagnent les prés, la fête continue : concours de boules, musique et fête foraine prennent le relais au galop. (Photo © Cécile Domens)


Exposition permanente : 

Entre les murs, les prisonnières de la tour de Constance (1715-1768)

Derrière ses murs, près d’une centaine de femmes protestantes furent emprisonnées entre 1715 et 1768, certaines pendant plusieurs décennies, pour avoir refusé d’abjurer leur foi. L’exposition permanente raconte leur histoire, mais surtout leur quotidien—privations, maladies, solidarité—et celui des enfants, du travail, et des différentes formes de résistance. Faute de registre d’écrou, leur existence se reconstitue patiemment à partir d’archives parfois contradictoires. Dans cette prison sans évasion, certaines resteront enfermées plus de quarante ans. Parmi elles, Marie Durand, devenue icône, la figure emblématique de ces prisonnières protestantes. Une histoire de foi, de courage, d’entraide et de dignité, que les murs de la tour semblent avoir conservée intacte.


Tous les parkings d’Aigues-Mortes sont gratuits durant la fête votive

Les parkings P1, P2 et P9 sont fermés

Château de Lumières

Lumières de Castries

Samedi 3 et 10 octobre

Château de Castries


Il faut parfois franchir une porte pour changer complètement d’époque. À Castries, le château, qui domine le village depuis plus de quatre siècles, en sait quelque chose. Édifié à partir de 1565, transformé au XVIIe siècle avec des jardins dessinés par André Le Nôtre et un aqueduc signé Pierre-Paul Riquet, il fut longtemps surnommé le petit Versailles du Languedoc. Mais aujourd’hui, le château ne se contente plus de raconter son passé, avec Château de Lumières, il accueille une expérience où patrimoine et création contemporaine jouent à cache-cache avec la lumière. Les salons, les salles et les œuvres s’animent au fil d’installations lumineuses qui transforment l’architecture en décor vivant. 


Le jour, le château de Castries raconte quatre siècles d’histoire. La nuit, il semble décidé à en inventer quelques-uns de plus. Avec Les Lumières de Castries, le monument se transforme en théâtre nocturne où la pierre, l’image et la lumière entrent en scène. Dans la cour, la façade monumentale devient un gigantesque écran pour un spectacle de vidéomapping. Les pierres s’animent, les formes se déplacent, les motifs apparaissent et l’histoire du château se raconte autrement. Puis la visite se poursuit à l’intérieur, où les salles patrimoniales et les expositions permanentes se parent à leur tour d’effets lumineux.


À partir de 21h

Tarif adulte : 19,50€ 

Tarif jeune (11–17 ans) : 16€

Billetterie en ligne


Château de Castries 

Rue du Château, Castries

Dans Gardien de Muse, Serge Neyrat transforme une fonction que l’on imagine plutôt silencieuse — surveiller les salles du Musée Ingres Bourdelle — en matière poétique. Le recueil rassemble une trentaine de poèmes nés d’une expérience très particulière : passer des journées entières face à des chefs-d’œuvre, sans toujours savoir au départ quoi en penser.

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Un après-midi au fil de l’eau

Samedi 17 octobre

Galerie La Cure d’Aumessas


Pour le Bicentenaire de la Photographie, Aumessas propose une après-midi où l’eau se regarde, se raconte et se photographie. À 14h30, Isabelle Curti emmènera les participants pour une balade sensible d’une heure et demie maximum dans le village, à la recherche des traces de l’eau et de ce qu’elle raconte du territoire. Une promenade en partenariat avec l’association Eaux Communes, en écho à la résidence Jeune photographie documentaire et transition écologique d’ImageSingulières. À 16h, retour à La Cure pour découvrir librement No agua, no vida de John Trotter. Depuis près de vingt ans, le photographe américain documente la crise écologique du Colorado et les conséquences de la surexploitation de son fleuve. Enfin, à 16h30, place aux jeunes photographes avec la présentation des résidences cévenoles : projections de Caroline Andrivon et Théo Combes, puis découverte du projet de Clément Marion. À 17h30 conférence Procédés photographiques historiques et pratiques expérimentales écologiques. Pour finir, à 19h, avec l’apéro-papote. Une demi-journée où l’objectif est clair : regarder l’eau autrement. (photo © John Trotter / MAPS)


Contact 04 67 82 03 57

contact@aumessas.fr 

www.imagesingulieres.com


La Cure d’Aumessas

7 rue Tra l’Église, Aumessas

Fête de l’anguille
Samedi 17 octobre

Place du Théâtre à Marseillan


À la provençale, persillée, en bourride ou même en ravioles. Quatre façons de découvrir ce poisson autrefois incontournable de la lagune, que l’on croise rarement sur les étals. Ici, le circuit court est des plus courts : du pêcheur à l’assiette, sans détour, ni roche où se tapir… Pour sa 11e édition, la journée permettra aussi de découvrir les savoir-faire liés à cette pêche traditionnelle, démonstrations de fumage, promenades en bateau. Ajoutez quelques dégustations de vins, la Peña Bella Ciao et une entrée libre. Quelle que soit la formule choisie, elle donne accès gratuit à toutes les animations de la journée : un ticket à 6€, récupérable sur place, pour 3 dégustations. Une formule à 2,50€ pour une dégustation unique.


10h-21h Place du Théâtre, Marseillan-Ville

Stands des producteurs, dégustations, vente à emporter, animation musicale par la Peña Bella Ciao.


11h-18h Port de Marseillan

Promenades en bateau : départs depuis le port de Marseillan, toutes les heures. Accès compris dans la formule de dégustation.


12h et 18h Place du Théâtre, Marseillan-Ville

Ateliers de fumage d'anguille : démonstration de fumage suivie d’une dégustation.


Place du Théâtre, Marseillan

Conférence Pierre-Auguste Renoir

Mercredi 7 octobre à 19h

Château de Flaugergues à Montpellier


Dans la salle des Baumelles du château, Odile Gancédo, historienne de l’art, présentera la vie et l’œuvre de Pierre-Auguste Renoir (1841-1919), le peintre du bonheur. Elle mettra en évidence son extraordinaire production de peintures, de dessins et d’aquarelles, mais aussi ses luttes et ses doutes qui le poussent, à plusieurs reprises, à changer son style. Compagnon d'armes d'autres jeunes peintres, il participe avec eux à la création de ce qu'on appellera bientôt l'impressionnisme. Mais Renoir, insatisfait, cherche, jusqu'à la fin de sa vie, à trouver une nouvelle forme d’art qui lui permette de traduire sa vision personnelle du monde, faite de lumière et de chaleur, exprimée avec une touche toute sensuelle.


Tarif normal : 10€

Tarif réduit : 7€

Moins de 12 ans : gratuit

Contact 04 99 52 66 37
accueil@flaugergues.com
www.flaugergues.com


Château de Flaugergues

1744 avenue Albert Einstein, Montpellier

Foire internationale de Montpellier

Du 9 au 19 octobre

Parc des Expositions à Pérols


Onze jours pour flâner, comparer, découvrir, ou l’art de vouloir repartir avec quelque chose. Et se demander comment on a pu vivre si longtemps sans cet indispensable appareil qui coupe les légumes en spirale. La Foire internationale de Montpellier revient avec ses grands classiques : maison, jardin, gastronomie, shopping, produits locaux, artisanat et le Canada invité d’honneur parmi les nations du monde. Les projets sérieux sont évidemment les bienvenus : cuisine à rénover, terrasse à aménager, fauteuil à remplacer. Mais la Foire sait aussi cultiver le plaisir parfaitement gratuit de regarder des démonstrateurs accomplir des prouesses avec des ustensiles dont on ignorait hier encore l’existence. Et pour éviter que les enfants ne réclament l’évacuation immédiate, plus de 50 animations sont prévues.


Découvrez les animations

Plein tarif : 6€

Billetterie en ligne

Conservez votre billet acheté, il vous donne le droit de revenir autant de fois que vous le souhaitez du 9 au 19 octobre 2026


Parc des Expositions

Route de la Foire, Pérols

Peinture, céramique et sculpture

Jusqu’au 4 octobre

Domaine de Mortiès à Saint-Jean-de-Cuculles


Une famille, cinq artistes, un Pic Saint-Loup. Au pied du massif, les familles transmettent une maison, une recette de cuisine ou un vieux buffet. Chez les Verchuren-Gombert, on se transmet le goût de créer. Le domaine de Mortiès réunit cinq artistes sur deux générations. Tout commence en 1960, lorsque Stavy Verchuren et Micki Gombert quittent Paris pour le Midi et construisent eux-mêmes leur maison-atelier face au Pic. Peinture, céramique, rencontres avec écrivains et artistes : leurs trois filles grandissent dans un environnement où il semble assez naturel de transformer la terre, la couleur ou le paysage en œuvre d’art. Aujourd’hui, Isabelle, Sophie et Tania suivent chacune leur chemin, entre céramique, sculpture et peinture. Une exposition familiale, donc, mais surtout cinq univers très personnels. (Peinture : Le Pique-nique ou le jugement de Pâris par Tania Bruzs)


Samedi et dimanche 10h-19h

En semaine 14h-19h ou sur rendez-vous

Vernissage samedi 26 septembre 10h-19h

Dégustation des vins du domaine

Apportez votre pique-nique ou vos grillades, un barbecue aux ceps de vigne sera mis à disposition

Contact 04 67 55 11 12

contact@morties.com


Domaine de Mortiès

Route de Cazevieille

Saint-Jean-de-Cuculles

Biennale du Verre

Samedi 3 et dimanche 4 octobre

Salle polyvalente à Claret


La troisième Biennale du Verre s’installe au cœur du fameux Chemin des Verriers et réunit une vingtaine d’artistes venus de France et d’ailleurs. Deux jours pour découvrir un matériau qui, contrairement aux idées reçues, ne se contente pas de finir en bouteille ou en fenêtre. Soufflage, filage, fusing, thermoformage, vitrail, sculpture, sablage : le verre se plie ici à toutes les fantaisies. L’édition 2026 met notamment à l’honneur Marisa et Alain Bégou, qui travaillent depuis plus de quarante ans le verre soufflé, entre maîtrise technique et inspiration de la nature. Une belle occasion de rappeler que ce territoire fut autrefois parcouru par les porteurs de verre. (Photo : Petit fossile thermoformage et sablage © Elise Dufour)


Plus d’infos

En 2026, la Halle du Verre est exceptionnellement fermée au public pour rénovation. Réouverture prévue : avril 2027


Salle polyvalente à Claret

37 avenue du Nouveau Monde, Claret

Directeur de la publication :

Jean-Renaud Cuaz
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par Jean-Renaud Cuaz • 26 septembre 2026
Dans Gardien de Muse , Serge Neyrat transforme une fonction que l’on imagine plutôt silencieuse — surveiller les salles du Musée Ingres Bourdelle — en matière poétique. Le recueil rassemble une trentaine de poèmes nés d’une expérience très particulière : passer des journées entières face à des chefs-d’œuvre, sans toujours savoir au départ quoi en penser. Le narrateur se présente volontiers comme un gardien « sans grande culture », débarqué au milieu des toiles de Jean-Auguste-Dominique Ingres et des sculptures de Antoine Bourdelle un peu comme un promeneur entré par hasard dans un temple. Peu à peu pourtant, les œuvres d‘art cessent d’être de simples objets accrochés au mur, posés sur un piédestal : elles deviennent des compagnons de service, presque des collègues de travail. On finit par connaître leurs caprices, leurs bizarreries et leurs réputations. Les poèmes évoquent ainsi avec une ironie bon enfant quelques figures incontournables du musée. La célèbre Grande Odalisque apparaît avec ses courbes « discutables », mais sublimées par l’image en regard du poème. Tandis que l’ombre de Raphaël plane sur les ambitions d’Ingres. Du côté de la sculpture, la puissance de Héraclès archer rappelle que les muscles en bronze peuvent impressionner même un gardien pourtant habitué aux visiteurs turbulents. Mais derrière ces rencontres artistiques se glisse la vie très concrète du musée : les rondes quotidiennes, les visiteurs rêveurs ou distraits, et les longues heures où l’on finit par discuter mentalement avec les tableaux. L’humour affleure souvent, comme si l’auteur s’amusait du contraste entre la grandeur des oeuvres et la modestie du gardien chargé de veiller sur elles. Au fil du recueil, l’art finit pourtant par gagner la partie. Ce qui n’était au départ qu’un travail devient une familiarité presque affectueuse. Et lorsque vient l’heure de penser à la retraite, le gardien réalise qu’il aura passé trente ans à converser, mine de rien, avec quelques génies de l’histoire de l’art. Une chose est sûre : les muses ne sont jamais loin de leur gardien. Ce recueil est né de projets atypiques menés en partage. Celui d’un surveillant de musée qui, entouré d’œuvres d’art durant trente années, devient passeur de mémoire. Celui d’une poétesse qui découvre cet homme discret et son histoire, l’invite à faire de ses souvenirs et réflexions une matière poétique, accompagne cette démarche de son regard et de ses photographies, et qui à son tour, devient passeuse de récit. Celui, enfin, d’un éditeur qui, donnant à cette aventure son titre et une forme palpable, se réjouit de voir un Gardien de Muse cheminer jusqu’à ses lecteurs. Avec le précieux soutien de l’équipe du Musée Ingres Bourdelle, ils offrent ainsi à l’ancien palais épiscopal une destinée inattendue, recueillir des confessions d’un nouveau genre. Celui d’une poésie illustrée qui éclaire le lieu et les œuvres d’une émotion insolite, capable de toucher au-delà d’un parcours muséal. Né à Montauban en 1963, Serge Neyrat est surveillant de salle au musée Ingres Bourdelle depuis plus de trente ans. Ancien boulanger, balayeur puis ripeur, il a trouvé dans les salles du musée un écrin pour son regard et sa poésie. Fidèle compagnon des oeuvres et des visiteurs, « celui qui se déplace toujours avec une chaise » signe aujourd’hui un recueil de trente poèmes. Comme un passeur de mémoire, il nous invite à parcourir le musée de ses rêves, pour en faire le nôtre. Jean-Renaud Cuaz, Éditeur À paraître : Gardien de Muse Trente poèmes d’un Surveillant de salle du Musée Ingres Bourdelle de Montauban 68 pages | Format : 210 x 148 mm 15 € | ISBN 9-782487-131552
par Jean-Renaud Cuaz • 10 septembre 2026
La Pointe Courte (1955) La photographe Agnès Varda tourna en amateur, à l’aide d’un financement coopératif, son tout premier long métrage de fiction, La Pointe Courte , dont la minuscule péninsule tenait le rôle-titre. Elle disait avoir été fascinée par « la lumière écrasante » de ce « quartier insolite ». Le film aura une influence moins perceptible sur les Pointus que sur les cinéphiles à travers le monde, un film « libre et pur, miraculeux. Le premier son de cloche d’un immense carillon », selon la critique quasi unanime. LA NOUVELLE VAGUE , une fois déferlée, a fait émerger dans l’eau ceux qui nageaient sans maillot. De jeunes Parisiens ordinaires en quête d’amour, d’indépendance et de dialogues simples, ne s’occupant que de leurs petites affaires. Souvent oisifs et ne craignant pas d’enfreindre la loi. Sourds à la société et à la famille qu’ils voient en noir et blanc. À l’origine, le terme nouvelle vague était une expression sociétale, mais très vite, une campagne publicitaire du Centre national de la cinématographie — un fonds public qui transforme les cinéastes en fonctionnaires — lui collera une étiquette exclusivement septième art. Pour résumer l’intrigue, c’est l’histoire d’un groupe de critiques surnommés Jeunes Turcs qui, voulant devenir réalisateurs, ont profité de l’apparition de caméras et magnétophones mobiles aisés à manipuler, créant l’effet miroir du regard caméra cher à ce mouvement, sans passer par le parcours traditionnel de la profession. Submergeant le mal-être d’une jeunesse d’avant 1968 aussi déboussolée que révoltée, la Nouvelle Vague fut considérée par une partie de la critique comme un truquage, voire une escroquerie, lui reprochant de se complaire dans la « monarchie gaulliste ». “Pour les blessures de l’âme, la photographie ne suffisait pas.” Agnès Varda, à propos de La Pointe Courte Galvanisée par la cinégénie des décors et de ses occupants, les presqu’insulaires Pointus, Agnès Varda s’embarqua pour des joutes contre les scénarios littéraires et les jeux d’acteur surannés venus du théâtre. Le film fut dévoilé le 10 mai 1955 au Festival de Cannes, pour une sortie nationale le 4 janvier 1956. Avant celle-ci, il fut présenté en avant-première à Sète au cinéma le Colisée le 27 août 1955. Ce jour-là, la cinéaste avait retenu cette réflexion dans l’assistance : « Ce serait pas mal s’il n’y avait pas ces deux bourriques ! » faisant sans peine allusion à Silvia Monfort et à Philippe Noiret qui débutait au cinéma. Le saviez-vous ? C’est Francis Crouzet , ancien conseiller général, initiateur de la statue L’Ajustaïre du Cadre royal, défenseur de l’environnement et du quartier de la Pointe Courte, qui fut à l’initiative de donner le nom d’Agnès Varda à l’une de ses traverses. Demande entérinée par le maire de l’époque, Yves Marchand. Le film n’a jamais bénéficié d’une véritable distribution commerciale et sa diffusion s’est surtout faite dans les ciné-clubs. Aucune affiche n’a donc été créée en 1955, ni pour sa présentation à Cannes (10 mai), ni pour son avant-première au cinéma Le Colisée de Sète (27 août), ou pour sa sortie nationale le 4 janvier 1956. Seuls des tracts et des annonces étaient distribués ou diffusés. Les affiches du film que l’on peut voir sont donc postérieures. DISTRIBUTION Silvia Monfort elle Philippe Noiret lui Les Pointus eux-mêmes FICHE TECHNIQUE Réalisation, scénario Agnès Varda Chef opérateur Louis Stein Assistants opérateurs Paul Soulignac, Bernard Grasberg, Louis Soulanes Montage Alain Resnais, Henri Colpi Assistante montage Anne Sarraute Musique Pierre Barbaud et thèmes folkloriques locaux Conseiller technique Carlos Vilardebó Conseillère artistique Valentine Schlegel Scripte Jane Vilardebó Régisseur général Jean-Pierre Bonfils
par Jean-Renaud Cuaz • 25 août 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE SEPTEMBRE Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz • 20 août 2026
Mariés, tenez-vous bien, voici la jeunesse qui arrive ! Cette joviale mise en garde accompagnait l’air joué au moment de la charge des jouteurs arc-boutés sur leur tintaine. Une rivalité fondée sur l’état civil et la couleur des deux barques, bleu pour les célibataires, rouge pour les mariés. Avant que les tournois ne s’ouvrent aux demoiselles et aux dames, on compensa ce sectarisme par des prénoms féminins donnés aux barques : Mathilde, Véronique, Fanny, Blanche… Question d’équilibre, là aussi. Il fallut attendre le 30 août 1891 pour voir ce privilège jeté à l’eau par deux Cettoises, les sœurs Élise et Anna Sellier. Et le 18 août 2022 , pour voir naître le premier tournoi féminin de la Saint-Louis, après deux années de réflexion sans joutes, dues à une pandémie dévastatrice, mais somme toute salutaire. Élise et Anna Sellier, pionnières de la Saint-Louis Deux jeunes sœurs originaires du quartier de la Bordigue ont eu l’honneur, le 30 août 1891 , d’ouvrir le Grand Prix de la Saint-Louis. Elle furent autorisées à combattre sur la tintaine sous les regards dubitatifs d’une foule plus habituée à de mâles silhouettes. Sous une apparence frêle et juvénile — Anna, la plus jeune, n’avait que 17 ans — rien ne prêtait à confusion malgré leur sportivité. Un corsage à col marin sur une longue et ample jupe, un chapeau à larges bords relevés sur le devant. Leur poitrine arborait une cocarde aux couleurs de leur barque et une médaille gagnée dans un concours à Marseille. Leur père, Pierre Sellier, pêcheur à la Pointe Courte, les avait endurcies par des sorties sur l’étang parfois houleuses. Une tintaine sur un placide canal, fût-il un Cadre royal plein comme un œuf, ce lundi de la Saint-Louis, n’allait pas les effaroucher. Dans son compte-rendu, le journaliste de l’Éclair écrivit : « C’est la plus jeune des deux sœurs, Mlle Anna, qui, à la deuxième passe, expédia Élise à l'eau. Un exploit jamais réalisé à ce jour par aucun jouteur. En réalité, c'est deux adversaires qu'Anna envoya au bain... sa sœur étant dans une situation intéressante… » Car Élise était aussi tombée… enceinte. Le grand peintre des joutes Toussaint Roussy, turlupiné par cet assortiment, formula un jugement sans appel : « Après cette épreuve, sympathique, mais peu concluante, est-il permis de croire que pareil exemple soit suivi dans le futur ? Aussi pouvons-nous prédire, sans crainte de nous tromper, que le féminisme n’encombrera de longtemps nos jeux populaires, vu que l’effort physique qu’il faut y déployer ne se prête nullement à la constitution de la femme pour si robuste qu’elle soit. Quoiqu’il en soit, ce fait unique et nouveau ne restera dans les annales que comme un souvenir sensationnel et de la plus grande originalité ». Si la représentation du monde des joutes par Toussaint Roussy ne manquait ni de finesse ni de justesse, comme le montrent les pages de ce livre, sa vision de la féminité se révèlera aussi rustique que l’était son Repoutegaïre. Extraits de : Le Grand Livres des Joutes, de 1900 à 1951 Les Palmarès de la Saint-Louis et des tournois régionaux Publié en 2024 à l’occasion de la 280e édition de la Saint-Louis Auteurs : Jean-Louis Cianni et Jean-Renaud Cuaz Portfolio au format 217 x 300 mm comprenant : • la pochette cartonnée avec rabats • le livret de 68 pages (A4) • 16 feuillets (A4) • 2 feuillets triptyques 3 volets (891 x 210 mm) Isbn : 9-782487-131217 (décembre 2024) Prix public : 25 € Feuilleter et commander le Portfolio ici Illustrations de Toussaint Roussy : Élise et Anna Sellier, aquarelle de Anna, dessin du Repoutegaïre (rouspéteur)
par Jean-Renaud Cuaz • 28 juillet 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS D’AOÛT Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz • 17 juillet 2026
La mer, la mer, toujours… recommandée ! Dans cette Histoire des bains de mer à Sète , la grande bleue cesse d’être un simple décor. Françoise Lapeyre nous dévoile ce qu’elle fut au XIXe siècle, après une longue période d’appréhension : un remède. On y venait « prendre la vague » comme on va prendre les eaux à Balaruc. Le vitalisme marin attirait des milliers de curistes vers ce qui allait devenir la plus ancienne station balnéaire de la Méditerranée française. La plage était alors une ordonnance, la houle une embrocation salée, l’air marin un adjuvant contre les miasmes urbains. De nos jours, il suffit de contempler la plage de Sète pour croire que tout a toujours été là : le sable, les plagistes, la baignade et les brise-lames. Pourtant, derrière cette apparence, se cache une histoire fascinante des bains de mer curatifs et récréatifs que l’historienne exhume avec une curiosité d’archéologue et un travail de bénédictin. Si la force de cet ouvrage réside dans l’étendue de son propos et dans la richesse de sa documentation — une mosaïque d’archives et de journaux oubliés, correspondances et cartes anciennes, gravures et photographies — l’autrice ne se contente pas de raconter l’histoire. Elle la reconstitue projet après projet, saison après saison, mode après mode… Surgit ainsi au fil des pages, entre des baigneuses crispées et leurs guides-baigneurs, une galerie de portraits déterminants : entrepreneurs audacieux, médecins visionnaires, hôteliers obligeants… Toute une société reprend vie, du Kursaal à la Corniche et la pointe du Lazaret. Et l’on découvre une ville qui invente peu à peu une vocation balnéaire sans jamais renier son identité portuaire et populaire. Françoise Lapeyre nous offre, en redonnant chair à un passé largement effacé par le temps et les transformations urbaines, bien davantage qu’un livre d’histoire locale : un miroir précieux de notre mémoire collective. Une saga sétoise indispensable pour comprendre le charme et l’attrait de la Reine des plages méditerranéennes qui poussa un poète moustachu à se fendre d’une supplique pour passer sa mort en vacance… le long de cette grève où le sable est si fin. Jean-Renaud Cuaz, éditeur HISTOIRE DES BAINS DE MER À SÈTE Des bains thérapeutiques au tourisme balnéaire, de 1812 à nos jours Autrice : Françoise Lapeyre 25 € | ISBN 9-78248131514 Format 30 x 21 cm | 220 pages Couverture rigide
par Jean-Renaud Cuaz • 24 juin 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE JUILLET Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz • 21 juin 2026
Une fois encore, elle manque le Panthéon. Voilà cent cinquante ans que George Sand a écrasé de sa botte son dernier cigare, et la République hésite encore à lui ouvrir ses portes de bronze quand tant d’hommes s’y sont engouffrés sans pouvoir arborer à la poitrine un chouia de son génie. Mais George avait l’habitude. Toute sa vie, elle aura fait grincer les gonds : pantalons, cigares, amours libres, idées avancées, succès populaire et phénomène médiatique. À Sète, deux Georges ont cultivé une semblable indépendance d’esprit. Georges Bayrou, moins connu du grand public que George, fut tout aussi influent dans un univers footeux en ébullition depuis quelques jours. Ancien joueur international, il prit part à la pire défaite de l’équipe de France — 17 buts encaissés contre le Danemark — le 22 octobre 1908, lors du tournoi olympique de Londres qui se disputa avec 8 sélections d’amateurs, dont 2 formations françaises. L’équipe France A comptait dans ses rangs un ailier sétois : Georges Bayrou. Ce sera son unique sélection en équipe nationale. Pour sa défense, cette année 1908 voit la France enregistrer le pire bilan de son histoire : 5 défaites en 6 matchs, 5 buts marqués pour… 45 encaissés. Devenu président de l’Olympique de Cette puis du F.C. Sète, membre dirigeant de la Fédération française de football, il fut l’un des bâtisseurs du professionnalisme et conduisit le club sétois à ses heures les plus glorieuses. Son nom est encore inscrit sur le vieux stade sétois qui porte sa mémoire. Georges Brassens se méfiait, comme George, des conventions sociales. Les gendarmes, les juges, les cocus et les imbéciles heureux nourrissaient son bréviaire poétique. Il abhorrait l’uniforme, avait coutume d’écorcher le morne costume et de tanner à plate couture ce symbole d’autorité. « Sauf l’uniforme du facteur », disait-il à une époque où l’employé des PTT l’arborait à la manière d’une décoration. Sollicité de toute part pour préfacer livres et disques, un exercice auquel Brassens se soumettait non sans ronchonner, il prit sa plume pour un hommage à un ami, l’accordéoniste Édouard Duleu, et rendit sa préface le 30 septembre 1981, un mois avant qu’il ne signe un recommandé de la Faucheuse. En préfaceur obligé, il écrivait avant d’avaler sa chique : « Si l’enfer existe, on doit y être condamné à faire des préfaces. C’est un exercice qui ne m’enchante pas tellement. Mais comme ce pauvre monde est bourré d’inconséquences, j’ai passé ma vie à préfacer les disques et les livres de mes amis. Ma foi, les copains d’abord, et Édouard Duleu fait partie de la tribu. […] Dans cette région turbulente [NDR, le Nord où Édouard Duleu grandit et entama une carrière de pompier], le seul uniforme qu’on respecte, c’est celui de pompier, sans doute parce que le métier comporte plus de risques que d’avantages, qu’il signifie courage et dévouement, qu’il exclut l’autorité. Un tel uniforme ne vous demande jamais vos papiers. » George rédigeait elle-même ses préfaces, jusqu’à en faire un micro-genre littéraire. Ces avant-propos et dédicaces se lisent comme des vignettes et justifient l’affirmation de l’éditeur Hetzel selon laquelle ils forment « le plus magnifique examen qu’un grand esprit a fait de lui-même ». Le plus savoureux reste que Sand, à en croire ses contemporains, n’était pas une brillante causeuse. Dumas père décocha cette vacherie : «J’aimerais encore mieux lire son livre de dépenses que de causer avec elle ». Le mot aurait certainement amusé Brassens, collectionneur de piques bien tournées. Quant à Bayrou, homme de règlements et de statuts, il se serait plongé avec jubilation dans ces écritures comptables.
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