LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE SEPTEMBRE
Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir

3e FESTIVAL AGNÈS VARDA
Du jeudi 19 au dimanche 22 septembre

Foyer Louis Roustan de la Pointe Courte à Sète


Le revoici ! Un festival à taille humaine si l’on prend pour mètre étalon celle à qui cette kermesse est dédiée. Me revoilà nous fait signe Agnès Varda à travers une sélection de films signés de la cinéaste, artiste visuelle… et photographe avec une exposition de clichés inédits de ses tournages sur l’île singulière. À découvrir dans la traverse des Pêcheurs pendant le festival. Le vendredi 20 à 19h30, place au groupe Au bois de mon cœur, un quintet sétois qui en envoie quand il s’agit de rendre hommage au troubadour des Copains d’abord


Les films à (re)voir :

En ouverture, jeudi 19 à 18h : La Pointe courte (1954)

Vendredi 20 à 18h : Jane B. par Agnès V. (1988)

Samedi 21 à 18h : Le Bonheur (1965)

Dimanche 22 à 16h : Les Créatures (1965)

et en clôture à 18h : Les plages d’Agnès (2008)


Entrée gratuite sur réservation au 06 31 00 16 10


Foyer Louis Roustan

61 traverse des Pêcheurs

La Pointe Courte, Sète

Faire signe. Pierre Di Sciullo

Jusqu’au 22 septembre

Musée Champollion à Figeac


L’écriture, marqueur essentiel de nos civilisations, s’est parallèlement développée et enrichie au fil des siècles. Des signes cunéiformes aux capitales romaines et plus tard aux minuscules carolingiennes, on arrive à ces lignes que vous lisez. Depuis, les typographes contemporains, pour se désennuyer, s’attachent à décliner ces formes abouties jusqu’à la limite de la lisibilité. Quand la magie opère, avec Pierre Di Sciullo notamment, une écriture typo-graphique joue les passe-murailles. Deux cents ans après le déchiffrement des hiéroglyphes égyptiens par Champollion dans cette même ville où il naquit en 1790.


Tarif plein 7 € : musée et exposition
Tarif réduit 4 € : musée et exposition
Exposition seule 3 €

Gratuit les 1er dimanches du mois


10h30-12h30 et 14h-18h, tous les jours sauf le lundi

Tél. 05 65 50 31 08

Le musée Champollion


Musée Champollion

Place Champollion, Vigeac

Gabriele Münter, Eudora Welly : Au début, la photographie

Jusqu’au 29 septembre

Pavillon Populaire à Montpellier


Deux photographes du sud des États-Unis des années 1900 confrontent leurs approches, l’une amateure, incarnée par Gabriele Münter, l’autre professionnelle, avec Eudora Welly. Une vision de ce qui l’entoure, une technique réfléchie et sensible, d’un côté. Un œil acéré d’un État, le Mississippi, aussi pauvre que ségrégationniste, de l’autre. Leur renommée viendra plus tard. Par la peinture pour Münter, cofondatrice du groupe expressionniste Le Cavalier bleu (Der Blaue Reiter), et un temps compagne de Vassily Kandinsky. Par la littérature pour Welly, l’une des plus talentueuses écrivaines sudistes américains, dont l’œuvre n’a d’égale que celle de William Faulkner, natif comme elle du Mississippi. Pour leur œuvre photographique, longtemps ignorée, il y a le Pavillon populaire jusqu’à fin septembre.


Entrée gratuite

Du mardi au dimanche 11h-13h et 14h-19h


Pavillon Populaire

Esplanade Charles de Gaulle, Montpellier

Festival des arts de la rue

Festin de Rue

Samedi 14 et dimanche 15 septembre

Saint-Jean-de-Védas


Festin de Rue propose une soixantaine de représentations gratuites d’arts de la rue au cœur de Saint-Jean-de-Védas. Deux temps forts à ne pas manquer : le spectacle de haute-voltige Pigments de la Cie CirkVost et la déambulation Be hop! de danseurs hip-hop. Les Batteurs de Pavés s’approprient le grand classique Les Misérables de manière joviale et entraînante. La représentation féministe haute en couleurs, Josiane ou l’art de la résistance mêle théâtre et cirque. Un spectacle pour toutes les espèces avec la représentation burlesque de Galactica Korp, clown extraterrestre dans un space opéra. Et un moment de délicatesse par le couple circassien Alta Gama avec Mentir lo Minimo. Les enfants, pourront participer activement au festival avec les Ateliers du cirque.


Programme des spectacles

Tél. 04 67 97 83 00

festinderue.com

LES ÉDITEURS

L’An Demain (Éric Béchetoille, Michel Brel, Pierre Ech-Ardour, Jacques Ibanès, François Mottier, Christophe & Djinn Naigeon, Thea Sieger-Girard) Chèvre-feuille (Manuela Parra, Monique Sérot Chaibi, Janine Teisson) Domens (Yves Gourmelon, Bernard Lagarrigue) Kailash Cap Béar (Isabelle Hamet, Janine Léger, Patrick Misse, Alaint Rollat, Yves Rouvière, Francis Vennat)


LES AUTEURS INDÉPENDANTS

Didier Amouroux Mona Azzam Patrice Bourderioux Béatrice Bourrier Cédric Busque Régine Fournon Moni Grego Francine Héry Alain Lasverne Patrick Lebrat Marie-Claire Mir Élisabeth Pacchiano Nathalie Petit Loïc Robinot Moquaden Shomiti

100% Classique

Festival International

Du 13 au 21 septembre

Église Saint-Augustin et Palais des Congrès à La Grande Motte


100% Classique célèbre ses 10 ans en 2024. Pour marquer l’événement, toujours sous la direction artistique d’Alexandre Benderski, l’Orchestre de Chambre du Languedoc et celui de Toulouse joueront des œuvres musicales du XVIIIe au XXe siècle créées dans le monde entier (Argentine, Norvège, Italie…)

Vendredi 13 septembre : Célèbres tangos classiques de concert, interprétés par l’Orchestre de Chambre du Languedoc et quatre solistes (bandoneon, guitares et violon)

Samedi 14 septembre : Bach, Haydn, Mendelssohn par l’Orchestre de Chambre de Toulouse et dirigé par Gilles Collard

Vendredi 20 septembre : Musique italienne par l’Orchestre de Chambre du Languedoc et quatre solistes (contre-ténor, soprano, violons)

Samedi 21 septembre : Classique & Folklore par l’Orchestre de Chambre du Languedoc dirigé par Alexandre Benderski


Directeur artistique : Alexandre Benderski

Infos et Billetterie

orchestredechambredulanguedoc.com

Festival Accordéon Pluriel
Du 13 au 15 septembre

Quartier Celleneuve à Montpellier


Les accordéonistes d’avant faisaient leurs gammes sur leurs pianos à bretelle dans les estaminets et les bals populaires. Une espèce qu’on croyait en voie de disparition. Sauf que le festival Accordéon Pluriel nous offre pour ses 10 ans un superbe démenti. Une programmation de haut vol et dans tous les styles. En témoignent les artistes invités, le one-woman-show de Jet Black Pearl (photo), un ciné-concert avec Benjamin Macke, le duo Histoire d’Eux, Konoz, un bal afro-latin avec Kalangatà… Les boîtes à frissons proposent également des stages d’accordéon chromatique avec Daniel Mille et diatonique animé par Jean-Loup Sacchettini, une initiation aux danses bretonnes, un atelier découverte, L’accordéon, un instrument multiple, avec Virgille Goller, des puces musicales… Une édition bath !


Information Association Montpellier Accordéon

contact@montpellier-accordeon.fr

Tél. 06 52 11 77 67

accordeonpluriel.fr

Réservation sur les lieux d’animation et de concerts (CB non acceptée)

En ligne via la plateforme HelloAsso


Nombre de places limité

Réservations et achats en ligne conseillés

Buvette et petite restauration sur les lieux d'animation et de concerts

à la Maison pour tous Marie Curie (CB non acceptée)

ISO Photo Festival

Samedi 14 et dimanche 15 septembre

Vandémian


Dans la foulée paralympique, la 6e édition du ISO Photo Festival affiche pour thème Le sport à toute épreuve. Et pour valeurs, humanisme et environnement déployées sur grand format à ciel ouvert le temps d’un week-end. Plongée, course à pied, judo… Parcourez, à travers les rues de Vandémian, ces instants de force et de grâce saisis à travers les regards variés de Nicolas Gallon, Océane Guérin, Jean-Baptiste Liautard, Céline Roy… Au programme du festival : ateliers, rencontres, conférences, prix du public, marathon photo, soirée projection & musique live, le pôle Jeunes Talents, découverte du sport Tambourin, la librairie ISO, résultats du concours Le sport dans ma vallée, déambulation en fanfare, concert classique jazz Quintet 5 têtes…


Télécharger le plan du festival

Contact : festival@iso-photo.fr

Solid’Art

Du 20 au 22 septembre

Zénith Sud à Montpellier


Solid’Art, c’est le salon solidaire d’art contemporain du Secours populaire : Une œuvre achetée c'est un sourire pour un enfant ! L’artiste JonOne parraine l’édition 2024 de Solid’Art Montpellier. À ses côtés, 90 artistes exposeront pour soutenir le Secours populaire : peintres, photographes, sculpteurs, street-artistes, sérigraphes… Venez rencontrer les artistes et découvrir leur univers, il y en aura pour tous les goûts et tous les budgets. Solid’Art s’adresse aux amateurs d’art, aux personnes aidées par le Secours Populaire ainsi qu’à tous ceux qui souhaitent connaître l’association et exprimer leur solidarité.


Entrée libre

Vendredi 14h > 22h

Samedi 11h > 20h

Dimanche 10h > 19h

Le site et le catalogue Solid’Art


Zénith Sud

2733 avenue Albert Einstein, Montpellier

Ma vigne en musique

Du 1er septembre au 12 octobre

Narbonne et alentours


Après une première partie en juin, place à l’acte II du 8e Festival Ma Vigne en Musique avec une programmation de haute qualité à vivre sur le territoire narbonnais.
Dimanche 1er septembre : Les talents de demain, deux concerts de violoncelle avec les jeunes Michelle Tang et Léo Ispir

Samedi 21 septembre : récital De Vilnius à Venise avec la pianiste Müza Rubackyté

Dimanche 22 septembre : Strauss & Co avec le quatuor de clarinettes Anches hantées

Vendredi 11 octobre : Alice au pays des merveilles, avec Florent Nagel (compositeur en résidence) et Bona Song, tous deux au piano, et le comédien Yves Penay

Samedi 12 octobre : soirée de clôture avec l’Orchestre de Chambre de Toulouse (direction Gilles Colliard), Cyril Guillotin et Florent Nagel au piano. Au programme, la création mondiale de l’œuvre commandée à Florent Nagel pour piano et orchestre.


Tél. 07 63 18 52 45

narbonne-classic-festival.fr

Être Méditerranée

Jusqu’au 22 septembre

MO.CO. Panacée à Montpellier


40 œuvres invitent à un cabotage visuel le long des côtes méditerranéennes. Les 22 artistes y sont parfois nés, ils y vivent et y travaillent, ou s’en inspirent depuis un ailleurs pour proposer des œuvres aux formes et esthétiques multiples. Trois caps plus ou moins raccordés émergent de leurs réflexions : l’histoire, l'archéologie, le patrimoine matériel et immatériel ; les mémoires et les héritages autour des récits intimes, des contes et des légendes ; les savoir-faire et pratiques ancestrales, réinterrogés ou assimilés par les artistes :

Nelly Agassi, Diana Al-Hadid, Andreas Angelidakis, Chiara Camoni, Ali Cherri, Aysha E Arar, Simone Fattal, Mounir Gouri, Nour Jaouda, Melike Kara, Elias Kurdy, Teresa Lanceta, Sanaa Mejjadi, Mladen Miljanović, Sara Ouhaddou, Adrian Paci, Zoë Paul, Aïcha Snoussi, TARWUK, Elif Uras, Adrien Vescovi, Marina Xenofontos


MO.CO. Panacée

14 rue de l'Ecole de Pharmacie, Montpellier

Directeur de la publication : Jean-Renaud Cuaz
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8 avenue Victor Hugo, 34200 Sète

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par Jean-Renaud Cuaz 8 février 2026
Il est des villes que l’on visite, et d’autres qui vous visitent. Sète appartient à cette seconde espèce, rare et obstinée. Elle n’entre pas par effraction : elle s’insinue. Elle attend que l’on baisse la garde, que l’on pose la valise, que l’on s’asseye un instant face à l’eau, et alors seulement elle s’avance, soyeuse, lumineuse, presque distraite, comme si elle n’était pas sûre d’être désirée. C’est souvent à cet instant que le lien se noue — à notre insu. Sète la Soyeuse n’est pas un livre sur une ville ; c’est un livre dans une ville. Il s’y promène, y flâne, y hésite. Il marche à hauteur d’homme, parfois à hauteur de colombe, parfois au ras des pavés, là où l’ombre et la lumière négocient sans cesse leurs frontières. Ici, rien de la carte postale appuyée ni du folklore empesé. La ville n’est ni décor ni sujet : elle est présence, respiration, partenaire de dialogue. Elle écoute autant qu’elle parle. Il faut accepter d’entrer dans ces pages comme on entre dans un rêve éveillé : sans chercher l’itinéraire le plus court. On y croise des figures — passantes, amicales, fugaces — des voix venues de la littérature, de la mémoire, du vent marin. On y sent la mer, bien sûr. Elle est là comme une sœur ancienne : parfois nourricière, parfois indifférente, toujours souveraine. Et surtout, il y a la lumière. Non pas celle qui flatte, mais celle qui révèle. Une lumière qui polit les façades, fatigue les corps, éclaire les visages de l’intérieur. Une lumière qui semble avoir sa propre mémoire. Ce livre avance par touches, par éclats, par stations sensibles. Il n’explique pas : il accorde. Il accorde le regard du lecteur à celui de l’auteur, comme on accorde un instrument avant de jouer. Alors seulement peut naître cette musique particulière, faite de déambulations, de souvenirs appelés sans être convoqués, de rencontres qui laissent une trace plus durable que bien des certitudes. On comprend peu à peu que Sète n’est pas ici une ville figée dans son histoire, mais un organisme vivant, traversé de couches, de contradictions, de fidélités et d’infidélités assumées. Il y a dans ces pages une tendresse sans mièvrerie, une ironie douce, une liberté de ton rare. François Mottier se permet d’aimer sans posséder, de critiquer sans régler de comptes, de douter sans se retirer. Cette position — ni conquérante ni soumise — est sans doute la seule possible face à une ville comme Sète. Elle ne se donne pas à qui la regarde de haut ; elle s’offre à qui accepte de marcher à son rythme, de se perdre un peu, d’écouter les voix râpeuses des comptoirs, le froissement discret des cimetières, les silences pleins des canaux à l’aube. Lire Sète la Soyeuse , c’est aussi accepter l’idée qu’une ville puisse devenir un état intérieur. Qu’elle puisse agir comme un révélateur, un miroir légèrement déformant, mais juste. Certains appelleront cela un attachement, d’autres un syndrome. Peu importe le mot. Ce qui compte, c’est ce mouvement intime, presque physique, qui pousse à revenir, ou du moins à ne jamais tout à fait partir. Une ville que l’on emporte avec soi, sans s’en rendre compte, dans la poche intérieure de la veste. Nul besoin ici de guider, encore moins d’interpréter. Contentons-nous d’inviter. À la lenteur, à la disponibilité, à cette attention flottante qui permet aux livres — comme aux villes — de faire leur œuvre en nous. On referme Sète la Soyeuse comme on referme une fenêtre après le passage du vent. L’air a changé. La lumière aussi. La ville n’a rien imposé : elle a effleuré, enveloppé, glissé. Et comme la soie, elle demeure, longtemps, dans la mémoire et sous la peau. N.B. : Démêler la plume ébouriffée qui accoucha d’un manuscrit reçu après le décès de l’auteur ne fut pas de tout repos. 58 pages griffonnées, raturées, amendées… Le choix du titre résistait lui aussi au moindre décryptage : LEGx11 - Une histoire de joutes sétoises . Sans aucune mention dans son roman de cette prothèse—sauf dans la note de l’auteur— ou de combats nautiques, fallait-il le conserver, seul, ou l’assortir ?… Un compromis se dessinait. Sète la Soyeuse semblait se tisser en filigrane au fil des pages d’un livre en gestation… Un supplément a été joint au roman : le blog The Goldyssey tenu par l’auteur. Écrit en 2012-2013 , il révèle un poète éperdument vagabond, et contient une sorte d’annexe au texte Une Garbo dans son dédale : Greta & Mauritz décrit une passion tumultueuse mêlant réalité et fiction qui lia, de 1924 à 1928 , la jeune Greta Garbo à Mauritz Stiller, tour à tour pygmalion et amant, metteur en scène extravagant et meurtri, l’homme qui créa littéralement la Divine un siècle avant que François Mottier n’en ait eu l’idée. Titre : Sète la Soyeuse Auteur : François Mottier 20 € | ISBN : 9-782487-131507 Format : 16,5 x 24 cm | 200 pages Date de parution : février 2026 Feuilleter le livre Commander le livre
par Jean-Renaud Cuaz 29 janvier 2026
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE FÉVRIER Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 1 janvier 2026
Le Désespéré résume fichtrement l’année culturelle écoulée. L’autoportrait de Gustave Courbet, peint dans sa jeunesse vers 1843, propriété privée depuis la mort de l’artiste, fut exfiltré en 2025 entre deux contrats mirobolants de la pétromonarchie et acquis en catimini par la sœur de l’émir du Qatar, surnommée la Culture Queen . C’est surtout, de notre patrimoine culturel, un portrait faisandé à s’en arracher les cheveux. Loin de ces dérèglements rythmés par des mortiers pétaradants à s’en péter les doigts, sur une île foutrement singulière, 25 Figures d’un même tonneau se massaient en… JANVIER au bar du Plateau comme le fera un nouveau contingent ce 24 janvier 2026, dans cet estaminet du Quartier Haut. Parmi ces FS3 qu’on espère présentes, une rameuse, un néo-crooner, un couple de tiellistes, un fossoyeur, un galérien, une fripeuse, des artistes évidemment… Un micro-festival animé par Laurent Cachard, écrivain-sismographe de la sociologie sétoise. Outre-atlantique, alors qu’un ancien président graciait quasiment tout ceux auxquels il a serré la main, un nouveau leader du monde libre, encadré d’Elon et ses Musketaires, prenait place dans son bureau ovale. À l’écoute du discours inaugural, les Groenlandais se découvrent une ressource stratégique sous leurs pieds emmitouflés : une glace qui produit près de 70 % des cas de gelures dans le monde. À propos de délogement… FÉVRIER voit l’Amadeus, ancien morutier copieusement centenaire, quitter l’angle du quai du Grand Pavois pour aller s’amarrer quai de la République. Le doyen des gréements sétois et son capitaine Jean-Christophe Causse y affichent la fierté des derniers témoins de la pêche à la morue, un patrimoine culinaire bien ancré dans notre île singulière. À Paris, un chahut parlementaire s’installe dans un hémicycle forcé de calfeutrer ses persiennes pour couvrir à la manière d’un fumigène les orgues de Staline de nos banlieues. Alors qu’à l’ombre de l’ancien palais consulaire, l’écrivain-philosophe Jean-Louis Cianni faisait revivre le Dernier rêve de René Descartes à la librairie Kailash et que s’éteignait la voix de The First Time Ever I Saw Your Face , en… MARS le label culturel Audasud montrait la face cachée de Ayerbe y Aragón , village et région ibériques, publié avec le talent acharné de l’archéologue et historien local Marc Lugand. Insatiable quand il s’agit de partager notre patrimoine culturel, Audasud livre à la Sehsser et à ses membres le Bulletin de la Sehsser 2024-2025 , dernier-né d’une collection forte de plus de 300 articles sur l’histoire de Sète et sa région. Toujours à Sète, un capitaine, aussi prompt à lever l'ancre que le coude, s’apprête à inaugurer, avec le même label, les Rencontres de l’Amadeus lors d’une conférence média, programmées à partir d’… AVRIL avec en ouverture le désespéré Arthur Roques, bagnard en Guyanne ressuscité par la voix plus qu’habitée de Simone Pons et par un dessin de presse qui annonce : pas besoin de gilets de sauvetage, ici on voyage sans bouger ! Au Plateau du Quartier Haut est servi, par les Rendez-vous des Automn’Halles, la romancière Cécile Gouy-Gilbert et sa Passion d’Arcélie . Une autre passion désespérée jette dans les rues de France cortèges et contre-cortèges dont on a oublié quelle étincelle mit le feu aux mortiers. Au-dessus de ce vacarme, une fusée plus pacifique, ayant décollé du Texas, mit sur orbite un équipage historique de six célébrités féminines pour une mission de… dix minutes. Depuis ce jour, les petites filles lèvent les yeux vers le ciel en rêvant de se fiancer à Jeff Bezos, à défaut de s’imaginer recevoir en… MAI un des prix du Concours de nouvelles 2024 organisé par les Automn’Halles à la médiathèque de Mèze. Plus de 140 candidats avaient répondu à l’appel du thème Grain de mer, grain de sable . L’Amadeus accueille une expo d’Itinérance Foto pour son festival d’artistes photographes, alors que le Festival de Cannes réunissait les fonctionnaires subventionnés du très très long métrage pour parfois parler cinéma. Là où il semble manquer de fonctionnaires, ce sont les tours de contrôle des aéroports qui, année après année, défraient la chronique et donnent de froides sueurs, avec des contrôleurs hors de contrôle, en congés Maldives ou autres lieux de villégiature. À Rome, Le nouveau pontife yankee, dont le nom officiel est Bob Ier, s’engage à canoniser l’équipe entière des White Sox de Chicago qui remporta les World Series, championnat de baseball, en octobre 2005, leur premier titre en 88 ans. Alors que Rodez célèbre à sa manière, en… JUIN l’année de la mer, à un jet de mortier de la Grande bleue. Une explosion de poésie dans l’antre du Grand noir, de souvenirs épars… la plage, les cabanes, les pêcheurs… disséminés façon intime en plus de 100 images et objets. « Je suis curieuse. Point. Je trouve tout très intéressant. La vraie vie. La fausse vie… » , nous dit Agnès Varda. À Sète, les Figures singulières s’affichent en grand et en duos sur les murs d’une médiathèque transformée en promenoir pour rencontres galantes. Pendant que la Maison des Pieds-Noirs se goinfre du grand méchoui annuel qui aurait fait se dresser sur la tête de BB sa célèbre gerbe de blé grisonnante, sept bombardiers furtifs américains B-2, opérant dans le plus grand secret, décollent d’une base toute aussi furtive et, lors d'une attaque surprise qui choque le monde, larguent 14 bombes anti-bunker sur l’Iran, que Trump accuse d’abriter des dossiers compromettants sur ses torrides escapades chez Jeffrey Epstein. Loin des jardins persans, celui de notre Château d’eau fait l’objet de toutes les attentions de notre quotidien régional, en… JUILLET sous le titre Parc Simone Veil : reflet de la culture sétoise . Une double-page nourrie entre autres d’une excursion du président de la Sehsser accompagné de deux jeunes journalistes pendant que se tramaient, en toute digression, deux limogeages à la tête de la société d’études historiques de Sète. Un putsch qui fait sortir de leurs gonds nombre d’adhérents et de son chantier naval les Gréements languedociens pour disperser en l’étang les cendres du Sehsserois Dominique Potié, pourfendeur de ce complot et initiateur de l’éphémère atelier de généalogie, au grand dam de ses participants. Tournant cette sombre page, Audasud inaugure, lors du festival Voix Vives, sa collection L’An Demain Poésie avec trois recueils : Texture 6, l’anthologie poétique 2025 , par les Amis de Michel Baglin, Carte de visite sétoise de Stéphanie Goué Quitté et Des Ans Parés de Lucile Latour. En pleines festivités de la Saint-Louis, à bord de l’Amadeus en… AOÛT Audasud présente Le Concours de pêche et son auteur Loris Chavanette. Perchée sur un bout de quai, une magnifique épopée fait naître les plus belles émotions, devant laquelle le grand Hemingway aurait certainement opiné du béret. Mais l'événement le plus marquant du mois d’août, si ce n'est de tous les temps, c'est l’annonce des fiançailles de Taylor Swift avec son futur époux, qui lui offre une bague de fiançailles considérée comme le premier bijou fabriqué par l'homme visible depuis l’espace. Ce qu’aurait pu observer un astronaute des odyssées Apollo, Jim Lovell, qui rejoint ce mois-ci les étoiles sans avoir pu marcher sur la Lune. Une infortune partagée par l’auteur de La Terre à la Lune . Jules Verne, l’un de nos plus grands écrivains, était à l’honneur en… SEPTEMBRE lors du Festival du livre de Sète, avec son arrière-petit-fils Jean Verne, présent pour célébrer les 150 ans de la parution de l’Île mystérieuse et lancer le concours de nouvelles 2025 dont la clôture des candidatures fut annoncée hier à minuit par les mortiers d’artifice ici, là et là-bas. Le centenaire de la disparition du grand compositeur Erik Satie fut l’occasion d’une ouverture des Automn’Halles animée par le pianiste concertiste Jean-Pierre Armengaud. Pendant les quatre jours qui suivirent, pas moins de 24 invités ont présenté et dédicacé leurs ouvrages. Parmi eux, deux Prix Goncourt : Pascale Roze en 1996, et un futur impétrant, Laurent Mauvignier, qui sera récompensé quelques semaines plus tard. Alors qu’à Paris tombait un nouveau gouvernement, sur la place du Pouffre, lors de la journée réservée aux plumes locales, Yves Marchand était venu dédicacer, au milieu des feuilles tombées des platanes, ses propres Feuilles Mortes publiées par L’An Demain. À quelques jets de fumigène de là, au Théâtre Molière, Patrick Joubert Annibal célébrait ses 60 ans de spectacle entouré des Frenchy Girls de Johanna et de l’orchestre de Didier Lévêque. À la fin du show, l’artiste dédicaça son épaisse autobiographie Lady Bee Story , publiée par L’An Demain, qui à peine… OCTOBRE arrivé, allait présenter à toutes jambes au Plateau du quartier Haut Un monde sans Murat , écrit par Laurent Cachard, l’un de ses inconditionnels. À Paris, des monte-en-l’air, à l’aide d’un monte-charge et d’une disqueuse, dérobent en plein jour au musée du Louvre les joyaux de la Couronne de France. Le musée, bénéficiant du même niveau de sécurité qu'un distributeur automatique de boissons, embarrasse profondément ses responsables par ce vol effronté. Leur humiliation ne fait que s'aggraver lorsqu’ils découvrent une autre fuite, d’eau celle-là, endommageant gravement le manuel d’instructions de sécurité pour le bâtiment. Mais les gardiens était trop occupés à prendre des selfies devant les fenêtres du musée pour s’en apercevoir. Désespéré, l’État nomme un nouveau directeur de la sécurité du Louvre en la personne de François Bayrou, afin qu’il puisse bénéficier de quelques émoluments supplémentaires. À propos de grands commis de l’État, les Rendez-vous des Automn’Halles invitent en… NOVEMBRE Nous les Guilhems de Montpellier , l’histoire d’une grande dynastie montpelliéraine racontée sous la forme d’un roman par l’écrivain Didier Amouroux au Plateau du Quartier Haut. Novembre est un mois grave, on commémore le dixième anniversaire des attentats de 2015, on se recueille, on promet plus jamais ça, tout en constatant que ça est devenu plus fréquent. L’écrivain Boualem Sansal est gracié par le dey d’Alger après avoir goûté aux geôles barbaresques. Valentine Schlegel, elle, aurait eu 100 ans ce mois-ci. Un coin de quai transformé en placette porte désormais son nom. Elle vécut en famille dans l’immeuble qui lui fait face quand elle rencontra Agnès Varda avec qui elle vécut plus tard à Paris. Bien plus qu’une simple amitié à laquelle se limite pourtant la bienséance locale. Autre ambiance à Castries, où la communauté américaine célébra Thanksgiving dans le domaine de Fondespierre, qui offre une des plus belles balades le long de l’aqueduc construit par Paul Riquet en 1676. Tout aussi fascinante, une flânerie vous invite en… DÉCEMBRE à redécouvrir le Rugby du grand AS Béziers des années 1960-1984, un quart de siècle relaté et décortiqué par son indéboulonnable n°8, le Sétois Yvan Buonomo. Son livre, À la recherche du Rugby perdu , fait moins référence au temps de son pendant proustien, qu’aux légendaires troisièmes mi-temps biterroises. Yvan retrouva quelques-uns de ses anciens coéquipiers à l’occasion d’une dédicace de son livre publié par l’An Demain, une réédition augmentée de 40 photos historiques. Le temps de se remémorer, autour d’une bière ou deux, quelques matchs d’anthologie à la brasserie La Coupole, le siège d’avant-match des supporters à un jet de pétard de l’antre du Sauclières. À Sète, la médiathèque accueillait Patrick Joubert Annibal pour une présentation de son autobiographie Lady Bee Story , accompagné de son préfacier Éric Sarner, de son postfacier l’éditeur, et d’un clip vidéo de quelques minutes, condensé de son spectacle au Théâtre Molière. Le mois se terminait avec l’exposition-dédicace Voyage en Haut Aragon avec Topolino à l’Espace Félix, un recueil du dessinateur agrémenté de textes de Marc Lugand en français et en espagnol. Ainsi s’achève l’année 2025 avec la disparition d’une icône du cinéma et de la cause animale, assignée à résidence tropézienne pour avoir hébergé une poupée hypersexualisée et pour être… trop française. Les vœux présidentiels prononcés du bout des lèvres, auxquelles étaient suspendus une poignée de téléspectateurs, finissent de nous anesthésier. À écouter d’une oreille distraite l’Astrologue en chef, ils ont pu apprendre que les enfants qui naîtront au cours de cette nouvelle année seront dodus et radieux. Doués pour la reproduction, ils feront remonter la courbe des naissances. Plus tard, ils feront baisser celle de la dette et ne manqueront pas d’exceller à saigner un peu plus le peuple, remplaçant au fur et à mesure les petits hommes gris. Dans leurs bureaux haussmanniens, leur devise s’affichera en lettres d’or, au-dessus de leurs fauteuils capitonnés : Let’s boogie!
par Jean-Renaud Cuaz 24 décembre 2025
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE JANVIER Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 29 novembre 2025
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE DÉCEMBRE Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 13 novembre 2025
De l’obscurité des music-halls à l’obscurantisme des mollah, des Parapluies de Cherbourg aux machettes de boucher, des Tontons flingueurs aux massacreurs du Bataclan… il n’aura fallu qu’une soixantaine d’années. Les justaucorps jacquard et chapeaux melon ont fait place aux amples cafetans et coiffures d’imam qui peinent à cacher le sang d’un islamofrérisme rampant et son faux frère, l’islamo-gauchisme. Il y a quatre-vingts ans, la guerre, lassée de tant de vacarme, s’en est allée finir ailleurs. Les ondes radiophoniques, jusque-là traumatisées par les sirènes, reprennent du service : elles décident de diffuser autre chose que des alertes. Le 26 mai 1945 , on cherche un quatuor vocal pour mettre un peu de facétie. Quatre jeunes gens se présentent, aussi dégingandés qu’enthousiastes. On leur demande leur nom : ils n’en ont pas. — Appelez-nous les Frères Quelque Chose , proposent-ils avec modestie. Un technicien, homme d’un grand sens du hasard, s’écrie Les Frères Jacques ! Et l’affaire est faite, aussi vite qu’un jeu de mots en goguette. Le nom fleure bon la chanson enfantine et la plaisanterie potache, parfait pour faire les pitres avec gravité. Ils chantent, gesticulent, font le Jacques avec l’élégance d’un sémaphore en délire. Un soir, entre deux refrains et trois nœuds papillon, ils croisent Francis Blanche, qui leur écrit des textes où l’intelligence fait des claquettes. Leur premier répertoire ? Un buffet à volonté : folklore, negro spirituals, chants religieux, le tout saupoudré de synchronisation labiale approximative. En 1948 sort leur premier 78 tours, à une époque où la musique tournait plus lentement et durait plus longtemps. Le succès vient, trébuchant mais poli, et c’est Jacques Canetti qui, tel un bon génie en complet sombre, les propulse dans la lumière des projecteurs. Les voilà chantant sur des ondes enfin réconciliées avec l’humanité. Le 3 janvier 1982, un drame national — que dis-je, cosmique — s’est joué au Théâtre de l’Ouest parisien : les Frères Jacques ont décidé d’arrêter de chanter. Les âmes sensibles ont aussitôt crié au scandale, les autres ont continué à mâcher leur cacahuète, car c’était un dimanche. À la fin du spectacle, quatre chapeaux comiques ont salué le public avant de disparaître dans les coulisses. On raconte qu’ils se sont séparés pour vaquer à leurs occupations. J’en ai interrogé un : il comptait élever des silences en batterie. Un autre envisageait d’ouvrir un magasin de chaussettes pour mains, parce que les gants, c’est surfait . Pendant ce temps, leur pianiste Pierre Philippe, brave homme à doigts multiples, a décidé en 1995 de donner son dernier concert... à Saint-Bouize. Lieu prédestiné, car Saint-Bouize, comme son nom l’indique, est la capitale mondiale du soupir discret. En 1996, au Casino de Paris, on leur rend hommage. Cinq-mille spectateurs émus, pas une seule caméra. C’est dire si la télévision sait se tenir. Elle préfère filmer des débats sur la cuisson du flan plutôt que la gloire des artistes. Les années filent ensuite comme des croches sans mesure. Jean-Denis Malclès, tailleur en habits d’humour, quitte ce monde en 2002. François Soubeyran le suit de près, sans doute pour vérifier les coutures de ses ailes. Puis les frères Bellec s’en vont, l’un après l’autre, avec une ponctualité presque suisse. Paul Tourenne, fidèle jusqu’à la dernière note, s’éclipse en 2016 à Montréal — preuve que même les Jacques ont besoin d’un peu d’exil pour mourir tranquilles. Enfin, Hubert Degex, le dernier pianiste, rend les touches en 2021, à 92 ans, après avoir sans doute trouvé une partition d’éternité en ré majeur.
 La Bibliothèque historique de la Ville de Paris conserve leurs chapeaux, leurs partitions et même leurs coupures de presse — tout ce qu’il faut pour organiser un sabbat érudit. Il ne manque que le son de leurs voix et le rire suspendu entre deux couplets. Leur répertoire, quant à lui, relève de la haute voltige intellectuelle : ils ont tout chanté, du général Castagnetas à la confiture , du Complexe de la truite (de Schubert) au derrière du peuple (voir La Digue du cul , œuvre d’intérêt public). Ils ont prouvé qu’on pouvait philosopher en collant des grimaces sur des vers de Prévert, et pleurer d’émotion tout en chantant des sottises. Ainsi s’achève cette chronique du souvenir. Les Frères Jacques ? Des poètes de velours à la boutonnière, des funambules du calembour, des anges qui savaient rimer avec dingue . Et s’ils nous entendent — là-haut, dans la stratosphère mélodique — qu’ils sachent une chose : le monde est bien triste depuis qu’il ne fait plus le Jacques.
par Jean-Renaud Cuaz 25 octobre 2025
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS DE NOVEMBRE Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 30 septembre 2025
LES RENDEZ-VOUS CULTURELS D’OCTOBRE Rencontrer, voir, lire, écouter et ne rien rater dans les semaines à venir
par Jean-Renaud Cuaz 24 septembre 2025
Fin septembre, les Automn’Halles lanceront leur 16e édition. Seize années qu’un pari un peu fou a pris vie : celui de faire vibrer une île singulière au rythme des mots, de la lecture, de la musique et de la peinture. Depuis quatre ans, la reconnaissance officielle du Centre National du Livre est venue confirmer ce que les Sétois savaient déjà : que ce festival a gagné sa place dans le paysage littéraire national. Des partenaires fidèles — le réseau des Médiathèques de l’Agglo, le musée Paul Valéry, les librairies, le Plateau, l’Amadeus et désormais la Maison Régionale de la Mer — apportent leurs sites, leurs énergies. Grâce à eux, la littérature s’installe partout, elle respire dans chaque recoin de la ville, elle s’offre au plus grand nombre. Durant cinq jours, les auteurs se disperseront comme autant de semeurs de songes. Dans les classes, pour éveiller les élèves à la puissance des mots. Dans les espaces de rencontre, pour échanger directement avec leurs lecteurs. Dans les dédicaces, pour ce moment simple et rare où une phrase manuscrite scelle un souvenir. Le programme est riche, multiple, ouvert. Il accueille des figures déjà consacrées, et des voix nouvelles qui montent, prometteuses et fragiles. Il fait place aux auteurs et éditeurs locaux et régionaux, car la littérature vit aussi des racines qui nourrissent son terreau. Il tend la main aux talents en herbe, avec son Concours de nouvelles. Pendant cinq jours, Sète se transforme en une île de papier et de voix, où chaque rencontre devient une aventure, chaque lecture un voyage, chaque instant une célébration. Nous dédions cette édition des Automn’Halles à un auteur que nous avons accueilli au Crac en 2022. Boualem Sansal est emprisonné depuis plus de dix mois par un pouvoir totalitaire. Condamné pour exercice illégal de… sa liberté de penser et d’écrire. En appel de sa condamnation le 24 juin dernier, l’écrivain âgé et malade lâchait devant un tribunal de façade : « La Constitution garantit la liberté d’expression et de conscience et pourtant je suis là » . Yves Izard animait la rencontre avec l’auteur de Abraham ou La Cinquième Alliance paru aux Éditions Gallimard en 2020. En charge avec une équipe des Automn’Halles des relations avec les écrivains et les éditeurs, Yves va vous dire quelques mots sur cette rencontre à laquelle certains d’entre vous ont assistée. Boualem a dû laissé une belle empreinte dans vos mémoires. Les Automn’Halles… Ce pourrait être un titre-valise inventé par Erik Satie pour une de ses mystérieuses pièces musicales. On entendrait presque dans nos halles, haranguer : mercredi je peux pas, j’ai gymnopédie ! La question que vous êtes en droit de vous poser, c’est… qu’ont donc en commun Erik Satie et la littérature? Outre le fait qu’Alfred Satie, son père, fut un temps éditeur… Noble métier, s’il en est… Je répondrai qu’après tout, nous recevons samedi Hubert Haddad, l’auteur de… la Symphonie atlantique . Pour le clou de ce festival, car Il faut toujours un clou dans un festival qui se respecte, j’hésite entre… Laurent Mauvignier, l’aspirant au Goncourt, et Michel Zambrano, le sauveteur aux ondes courtes… Lequel nous lira des inédits vendredi à bord de l’Amadeus. Laurent Mauvignier, lui, nous fera l’inventaire de la Maison vide à la Maison de la Mer lors du premier grand entretien demain. L’inventaire d’une maison vide, ça devrait être court me direz-vous… Mais comme c’est Laurent Cachard qui se charge de l’animer, vous en aurez pour votre argent, même si l’entrée est gratuite. C’est simple, les Éditions de Minuit ne jurent que par Mauvignier et ne changeraient pas un traitre-mot de leur auteur fétiche. Je rapprocherais Erik Sati de… Jules Verne, dont nous accueillons samedi l’arrière-petit-fils, Jean Verne, pour les 150 ans de la parution de l’Île mystérieuse . Erik Satie prétendait faire de la musique d’ameublement, allant jusqu’à l’assimiler à du papier peint musical. De là à parler de papier peint littéraire il n’y a qu’un lai à tourner, un pas que des érudits franchissent à propos de Jules Verne. On objectera qu’il y a des papiers peints qui font voyager. Mais je préfère laisser les exzézettes , comme on dit ici, s’exprimer. Pianiste-concertiste international et musicologue, Jean-Pierre Armengaud est également l’auteur d’une colossale biographie du compositeur de Parade , que vous pouvez vous procurer ici ou à la librairie Gavaudan. Jean-Pierre Armengaud va nous rythmer cette rencontre par des illustrations musicales de Satie jouées au piano. À ses côtés, Patrice Legay animera cette soirée. Patrice est musicien et préside l’AMA Languedoc, l’association des Musiciens Amateurs du Languedoc. L’AMA Languedoc animera ici même demain de 10h à 12h une Master Classe de Jean-Pierre Armengaud avec des œuvres de Satie jouées au piano et chantées. Puis à la Médiathèque Mitterrand… le concert Erik Satie vendredi de 18h à 19h30 et la clôture des Automn’Halles dimanche à 18h, un Clin d’œil à Satie par le groupe de jazz Les Smiles. Je terminerai par un précepte que je fais mien : « Je ne me reconnais pas le droit d’abuser des instants de mes contemporains » disait le plus littéraire des compositeurs, celui qu’Alphonse Allais appelait Esoterik Satie. Merci et belles Automn’Halles à toutes et à tous ! Jean-Renaud Cuaz Président du Festival du Livre de Sète – Les Automn’Halles
par Jean-Renaud Cuaz 29 août 2025
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